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DURE-MÈRE

Le point important, diiiis l'ouverture du nicliis, est de faire porter le trait de scie sur la jonction des lames avec les apophyses transverses et articulaires.

Pour bien voir la continuité de la duremère rachidienne avec la dure-mère crânienne, il faut, au moyen de deux traits de scie qui viennent tomber sur l'occiput, réunir les coupes du crâne et du rachis.

20 Dure-mère crânienne. Inciser crucialement, ou seulement d'avant en arrière, les téguments du crâne ; renverser les lambeaux, en ayant soin d'enlever le périoste en même temps que le cuir chevelu.

Les os du crâne étant mis à nu, on peut enlever la votite, soit avec le marteauhachette, soit avec la scie. Le marteauhachette est le moyen le plus expéditif et le meilleur. L'ébranlement et la déchirure du cerveau qu'on lui a reprochés, ne sont nullement à redouter lorsque l'instrument est convenablement manié. L'inconvénient d'entamer le cerveau est presque inévitable quand on a recours à la scie, qui n'a sur le marteau-hachette d'autre avantage que la nette' é de la section. La coupe doit être circulaire, horizontale, et pratiquée à un travers de doigt au-dessus des arcades orbitaires. On enlève la voiîte à l'aide de l'extrémité étroite du marteau-hachette, ou mieux à l'aide d'un crochet, qu'on peut adapter à l'extrémité libre du manche de cet instrument.

Si, dans la préparation, on se résout à sacrifier le cerveau, on s'y prendra d'Une manière un peu différente. Deux traits de scie parallèles seront dirigés de chaque côté du sinus longitudinal supérieur et dans toute la longueur de ce sinus. Les extrémités antérieure et postérieure de ces deux traits de scie seront réunies par un Irait de scie horizontal. Les segments d'ellipsoïde interceptés par la coupe horizontale seront enlevés ; il restera une zone osseuse intermédiaire, d'un pouce environ de largeur, étendue de la bosse nasale à la protubérance occipitale, et qui formera

(') D. m., dure-mèvc crânienne. — Sin. l. s., sinus longiludinat supérieur. — Sin. L, sinus latéral. — Sin. occ, sinus occipital, —mén.p., artère méningée postérieure. — mcn. m., artère méningée moyenne. — vert, artère vertébrale.— br.ant., branclic antérieure des nerfs rachidiens. — br. post., branche postérieure. — gnn. sp., ganglions spinaui

(Fig. 861 n

Sin.J

Sitrfii>;eexténeureaetadure-mÉre;plani)')stérieur {d'après L. Hirsdifeld).

■ NÉVROLOGIE,

comme l'anse de Jn lôte. On divisera la dure-mère le long des bords décolle anse nour enlevor ensuite le cerveau et le cervelet. ^

Dans le cas où on ne voudrait pas sacrifier le cerveau et le cervelet, il faudrait après avoir enlevé la voûte crânienne de la manière accoutumée, diviser la dure-mère circulairoment, au niveau de la coupe du crâne; couper ensuite, à l'aide de ciseaux, l'extrémité antérieure de la faux du cerveau, et renverser d'avant en arrière toute la calotte fibreuse

On peut encore, et je préfère ce dernier mode de préparation, inciser la dure-mère de chaque côté du sinus longitudinal supérieur, et diviser ensuite l'extrémité antérieure de la faux, qu'on renversera d'avant en arrière.

Une belle préparation sèche de la dure-mère consiste à enlever sur le même sujet • 1» la voûte et les parties latérales du crâne ; 2» la totalité de l'arc vertébral postérieur: le cerveau et la moi lie seront enlevés par des incisions faciles à masquer. On remplit de suif la cavité de la dure-mère, et, plus tard, on se débarrasse du suif à l'aide de l'huile essentielle de térébenthine. On peut encore arriver plus facilement au même résultat, en remplissant de sable fin la dure-mère ainsi détachée.

Onre-mëre racliidieune.

Capacité de la duremère rachidienue.

Surface externe.

Tissu adipeux spinal.

Prolongements fibreux.

La dure-mère rachidienne (fig. 86) est un long cylindre fibreux, une sorte de fourreau étendu depuis le trou occipital jusqu'à la fin du canal sacré (1).

Pour bien apprécier la capacité de cette gaîne fibreuse, il faut préalablement la distendre par une injection faite dans sa cavité : alors on voit que cette membrane représente un cylindre infundibuliforme, très-considérable à la région cervicale, qui se rétrécit à la région dorsale, s'élargit à la région lombaire, et se termine à la région sacrée, en se subdivisant en plusieurs gaines destinées aux nerfs sacrés, La capacité de la dure-mère, bien supérieure au volume de la moelle épinière, est telle que, dans son état de distension, elle remplit, à peu de chose près, le cylindre osseux formé par la colonne vertébrale (2).

La dure-mère rachidienne adhère à peine, par sa surface externe, aux parois du canal rachidien, et ce défaut d'adhérence est en harmonie avec les mouvements qui ont lieu entre les diverses pièces qui constituent la colonne vertébrale. Entourée d'un réseau veineux en arriére, elle n'adhère nullement à l'arc postérieur des vertèbres et aux ligaments jaunes : une graisse fluide, rougeâtre, entremêlée de vaisseaux veineux, toujours infiltrée de sérosité chez le fœtus et dans l'enfance, remplit les vides. Cette graisse, qui se trouve surtout en abondance à la région sacrée, peut être comparée, pour l'aspect, au tissu médullaire des os longs.

Fm avant, la dure -mère tient au ligament vertébral commun postérieur par des prolongements fibreux qui se détachent de ce ligament de distance en distance ; ces prolongements, qui manquent presque entièrement à la région dorsale, sont nombreux et très-longs à la région lombaire, beaucoup plus nombreux à la région cervicale, où ils deviennent plus serrés et moins longs.

(1) D'après une idée ingénieuse, conQrmée par l'étude du développement, la dure-mère crânienne, en pénétrant dans le rachis, se diviserait en ses deux feuillets, dont l'externe servirait de périoste interne aux vertèbres, et dont l'interne seul constituerait l'enveloppe de la moelle.

(2) Pourquoi la dure-mère a-t-elle une capacité supérieure au volume de la moelle? La solution de ce problème, qui avait exerce la sagacité de presque tous les anatomlstes, a été donnée par Colugno et par Magendie (a) : c'est pour contenir un liquide séreux.

/aj Recherches sur le liquide céphalo-rachidien. Taris, 1842.

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