MUSCLES DE L’ABDOMEN
§ Ier. Région abdominale. •
Elle se composé des grand et petit obliques, du transverse , du droit et du pyramidal.
Muscle grand oblique abdominal. Mince, trèslarge , superficiel , irrégulièrement quadrilatère , recourbé en arrière , occupant le côté et le devant de l’abdomen. Ses fibres charnues ont deux origines : i°. en arrière, aux deux tiers antérieurs àpeu-près de la crête iliaque , par de courtes aponévroses qui se continuent en bas avec celles du fascialata ; 2°. en devant, à une grande aponévrose occupant presque toute la partie antérieure de l’abdomen , mince, allongée, plus étroite au milieu qu’en haut, et surtout qu’en bas , où elle s’élargit beaucoup, composée de fibres obliques, parallèles pour le plus grand nombre , croisées cependant en certains endroits , et laissant parfois entre elles des intervalles plus ou moins sensibles dont le siège varie , mais qui ordinairement sont inférieurs. Continue en haut avec l’insertion inférieure du grand pectoral , réunie en dedans avec celle du côté opposé pour concourir à formqj* la ligne blanche , intimement unie en arrière avec celle du petit oblique, cette aponévrose se termine en bas' par un repli nommé ligament de Fallope , étendu entre l’épine iliaque antérieure et supérieure, et le pubis , très-marqué en dedans , peu prononcé
DES MUSCLES ET DE LEURS DEPENDANCES. i/jT
au-dehors , plus long chez la femme que chez l’homme , et qui se continue avec le fascia-lata. L’ouverture qu’il complète paroît triangulaire lorsqu’on l’examine en arrière , après avoir ouvert le ventre et enlevé le péritoine. Ce ligament forme le côté antérieur du triangle dont le tendon des psoas et iliaque compose l’externe, et la branche horizontale du pubis l’interne. Les vaisseaux et nerfs fémoraux traversent cette ouverture au niveau de ce dernier. Près et au-dessus du pubis, l’aponévrose du grand oblique forme par l’écartement de ses fibres , l’anneau inguinal , trou ovalaire dirigé de haut en bas et de dehors et dedans , à deux bords saillans qu’on nomme piliers , et dont l’interne, plus mince , s’entre-croise devant le pubis avec celui du côté opposé, et l’externe, plus épais, se fixe à l’épine pubienne. Leur réunion supérieure est fortifiée par quelques fibres transversales qui semblent naître de la partie externe de l’arcade crurale et de l’épine iliaque supérieure , et qui se répandent d’une manière variable sur tout le bas de l’aponévrose du grand oblique. A travers l’anneau, qui est pfus grand chez l’homme que chez la femme , passent , dans le premier , le cordon des vaisseaux spermatiques et le crémaster; dans la seconde, le ligament rond delà matrice. Cette ouverture est tellement disposée relativement à l’aponévrose du petit oblique qui est postérieure , que celle-ci répond à plus de sa moitié interne et supérieure, en sorte que les déplacemens des viscères qui tendroient à se faire de dedans en dehors ou directement d’arrière en avant, ne pourroient avoir heu sans pousser en devant cette dernière , qui ne ce-
l/f-2 appareils de la locomotion/ dant pas les rendroit très-difficiles : ils ne peuvent guère avoir lieu que de dehors en dedans, selon le trajet des vaisseaux spermatiques. Les chirurgiens n’ont point eu egard , dans l’explication du mécanisme des hernies , à ce rapport de l’aponévrose du petit oblique avec l’anneau, rapport que les anatomistes ne leur avoient point en effet indiqué.
C’est du bord externe de l’aponévrose que nous venons de décrire , que naît le plus grand nombre des fibres charnues. Nous avons déjà vu qu’une partie droit son origine de la crête iliaque. Or, voici comment les unes et les autres se comportent : i °. celle» de cette dernière insertion se portent , dans une direction presque verticale, aux deux dernières et un peu à la troisième côtes abdominales , au bord inférieur desquelles elles s’attachent par des digitations que recouvrent et que croisent les fibres du grand dorsal. 2°. Les fibres venant de l’aponévrose, d’autant plus courtes et plus obliques qu’elles sont plus supérieures , continues aux précédentes , se portent aux troisième , deuxième et première côtes abdominales , aux septième , sixième et souvent cinquième sternales , où elles se terminent par des languettes anguleuses , très-distinctes , isolées , qui s’attachent à la face externe des côtes, sur une ligne oblique audessus de laquelle se fixent les languettes du grand dentelé , de manière qu’il y a entre les unes et les autres un entre-croisement sensible. Chaque languette se termine par une espèce de petit tendon plus ou moins prolongé , et fixé au bord inférieur de la côte. L’insertion du grand oblique aux côtes représente une ligne courbe à concavité inférieure ; ce qui dépend
de l’étendue des languettes moyennes, plus grande que celle des supérieures et inférieures , qui sont aussi moins larges.
Le grand oblique , recouvert par la peau et quelquefois un peu en arrière par le grand dorsal , qui laisse d’autres fois entre son bord postérieur et lui un espace triangulaire où se voit le petit oblique , est appliqué sur le devant des sept ou huit dernières côtes, de leurs cartilages, et des intercostaux correspondans.
Muscle petit oblique abdominal. Large , mince , irrégulièrement quadrilatère , plus étendu en devant qu’en arrière , placé sous le précédent. Il a en arrière et en bas trois insertions : i°. à une aponévrose mince , assez large , continue en haut avec celle du petit dentelé inférieur , unie intimement à celle du grand dorsal , fixée en arrière aux dernières apophyses épineuses lombaires , au sacrum et à la partie postérieure de la crête iliaque ; 2°. aux deux tiers antérieurs à-peu-près de cette crête, par de courtes aponévroses , entre le grand oblique et le transverse. 3°. Enfin beaucoup de fibres tirent leur origine de la partie postérieure du ligament de Fallope. De celte triple insertion , les fibres charnues se dirigent ainsi qu’il suit : celles de l’aponévrose , qui sont peu nombreuses, presque perpendiculairement en haut; les suivantes, nées de la crête, dans une direction d’autant plus oblique qu’on les examine plus en devant , en sorte que les plus antérieures près l’épine supérieure sont liorizontales ; celles qui viennent du ligament de Fallope , obliquement en bas. Les premières et la moitié à-peu-près des
1 44 APPAREILS de la locomotion.
secondes se terminent , par de courtes fibres aponévrotiques , aux bords inférieurs des cartilages des quatre dernières cotes abdominales , et se confondent avec les intercostaux dans l’intervalle de la troisième avec la quatrième , et de celle-ci avec la cinquième. La moitié antérieure des fibres nées de la crête iliaque, et la plupart de celles du ligament de Fallope, viennent donner naissance à une aponévrose mince , subjacente à celle du grand oblique dont on peut d’abord la séparer , et qui , après un court trajet , se divise , au niveau du muscle droit et dans ses trois quarts supérieurs, en deux feuillets , dont l’antérieur, plus étendu, intimement uni à l’aponévrose du grand oblique , occupe toute la longueur du muscle droit, sur lequel il est immédiatement appliqué, si ce n’est en bas; le postérieur passe devant l’aponévrose du transverse et derrière ce muscle , mais ne correspond qu’à ses trois quarts supérieurs environ. Ces deux feuillets, parvenus à la ligne blanche, se réunissent de nouveau, se confondent avec les autres aponévroses qui concourent à sa formation, et forment ainsi une véritable gaîne au muscle droit. Quelques-unes des fibres nées du ligament de Fallope constituent par leur réunion un petit muscle particulier , qui accompagne le cordon des vaisseaux spermatiques sous le nom de crémastev , et dont la description sera faite ailleurs.
Le petit oblique , recouvert par le grand dorsal et le grand oblique, est appliqué sur la masse commune des sacro-lombaire et long dorsal , sur le transverse et le droit.
Muscle transverse abdominal. Large, mince, de
même forme que le précédent, sous lequel il est situé, il a trois origines en arrière : i°. une supérieure, d’abord aux cartilages des deux dernières côtes sternales et des trois premières abdominales , par des di étalions qui s’entre-croisent. avec celles du diaphragme , puis au bord inférieur d’une partie de la quatrième et de toute la cinquième , par des fibres tendineuses très-pronôncées , et en se continuant avec le diaphragme dans les deux derniers espaces intercostaux : 2°; une inférieure , en dedans du petit oblique , aux trois quarts antérieurs à-peu-près de la crête iliaque , et à la portion voisine du ligament de Fallope : 3°. une moyenne, à la colonne vertébrale , par une aponévrose qui est simple du côté des libres charnues, mais qui, au niveau du carré lombaire , se partage en trois feuillets, dont l’antérieur, très-mince, passe devant ce muscle, et vient s’implanter à la base des apophyses transverses lombaires ; le moyen, qui est plus épais, glisse entré ce même muscle et la niasse des sacro-lombaire et long dorsal pour se terminer au sommet des mêmes apophyses; le postérieur, uni intimement à l’aponévrose du petit oblique , va s’insérer avec elle au sommet des apophyses épineuses lombaires.
De celle triple insertion, toutes les libres charnues se portent dans une direction horizontale. Les movennes sont les plus longues, puis elles deviennent d’autant plus courtes quelles sont plus supérieures ou inférieures. Parvenues près le muscle droit, elles donnent naissance à une aponévrose dont le bord décrit, à cette origine, une ligne courbe à concavité antérieure , et qui bientôt se fend- horizontalement en
1 46 APPAREILS DE LA LOCOMOTION, deux portions : l’une, plus grande, passe derrière les trois quarts supérieurs du muscle droit, dont la sépare le feuillet postérieur de l’aponévrose du petit oblique; l’autre, plus courte, se porte au-devant du quart infé rieur du meme muscle, entre lui et le feuillet postérieur de l’aponévrose du petit oblique , avec lequel elle se confond; en sorte que le quart inférieur du muscle droit est immédiatement appliqué sur le péritoine. Ces deux portions de l’aponévrose du transverse se perdent ensuite dans la ligne blanche.
Ce muscle correspond en dehors au petit oblique , en dedans au péritoine. Ces rapports doivent être pris pour sa portion charnue ; car ceux de son aponévrose postérieure à triple feuillet , et de l’antérieure qui est fendue , ont été assignés en décrivant l’une et l’autre.
Muscle droit abdominal. Long , aplati , assez épais , placé à la partie antérieure des parois abdominales. 11 s'insère à l’os iliaque, près la symphyse pubienne, par un tendon aplati, un peu plus long en dehors qu’en dedans ; puis il monte , en s’élargissant, dans une direction verticale, séparé de celui du côté opposé par la ligne blanche, et un peu plus écarté de lui en haut qu’en bas. 11 parvient ainsi à la base de la poitrine, où il se divise assez manifestement en trois portions dont l’interne, épaisse mais peu large , se fixe au bas et au-devant du cartilage de la septième côte , et au ligament costo-xiphoïdien ; la moyenne, plus large et plus mince, au bord inférieur et à la face interne du cartilage de la sixième; l’externe, très-large, au bas de celui de la cinquième par des libres aponévrotiques assez sensibles. Dans
des muscles et de leurs DÉPENDANCES. 1 47 son trajet , le muscle droit offre , de distances en distances , des intersections aponévrotiques , qui sont en nombre variable depuis trois jusqu’à cinq. I] y en a constamment plus au-dessus qu’au-dessous de l\>mbilic. Tantôt elles occupent toute l’épaisseur du muscle, tantôt on ne les voit qu’en devant, disposition plus commune , et qui fait que les fibres postérieures sont, en général, plus longues que les antérieures. Chez les uns , ces intersections île coupent le muscle que dans la moitié ou le tiers de sa largeur ; chez les autres elles le divisent en totalité. Quels que soient et leur nombre et leur manière d’être , aucune des fibres charnues ne va d’une attache à l’autre sans être coupée au moins par une de ces intersections , qui n’affectent jamais une direction bien horizontale , sont souvent obliques , et parfois disposées en zigzag.
Le muscle droit est logé dans une gaine aponévrolique formée en devant par l’aponévrose du grand oblique , par le feuillet antérieur de celle du petit , et par la portion inférieure de celle du transi verse ; en arrière par le feuillet postérieur de l’aponévrose du petit oblique et par celle du transverse , qui correspondent avec ses trois quarts supérieurs seulement, son quart inférieur étant immédiatement contigu au péritoine. A l’endroit dos intersections, l’adhérence de cette gaîne avec elles est très- marquée en devant , où il y a continuité de fibres aponévrotiques. Cette adhérence est peu sensible au ni- ' veau de la portion charnue.
Muscle pyramidal. Petit, allongé, arrondi, trian- | gulaire , situé au bas et au-devant des parois abdo*
48 appareils de la locomotion* minales. Il naît inférieurement , par de courtes fibres aponévrotiques , du pubis et des Jigamens qui l’unissent au pubis opposé ; puis montant en convergeant , et séparé, par la ligne blanche , de son semblable, il vient , après un trajet d’un pouce ou un pouce et demi environ , se terminer par un tendon grêle , qui se perd dans l’épaisseur de celle ligne. Ce muscle, dont l’existence n’est pas très-constante, et qui varie quelquefois en nombre quand il existe, a en devant les mêmes rapports que le droit, sur lequel il est appliqué en arrière.
Apon. abdominale. D’après l’exposé des muscles précédens, on voit que la partie antérieure de l’abdomen , spécialement aponévrolique , offre une espèce de membrane résistante, qui s’oppose puissamment aux efforts des viscères gastriques. Cette membrane antérieure est simple sur la ligne médiane , où elle constitue ce qu’on nomme la ligne blanche. Celle-ci est une bande aponévrotique formée par le concours des aponévroses des deux obliques et du transverse ; bornée latéralement par les deux droits , plus large par conséquent en haut qu’en bas , fixée à l’appendice xipboïde dans le premier sens, au pubis dans le second , et percée au-dessous de sa partie moyenne d’une ouverture nommée ombilic , qui, très-marquée chez le fœtus, où elle donne passage aux vaisseaux ombilicaux, est resserrée sur elle-même chez l’adulte. Cette ouverture adhère intimement à la peau, qui est ouverte aussi en cet endroit. Cette adhérence fait que, lorsque celle-ci s’écarte ailleurs des aponévroses par la graisse intermédiaire , elle y reste unie ici ; l’ombilic s’enfonce et redevient saillant
dans la maigreur. Son contour est forme de libres reployées sur elles-mêmes. La ligne blanche , trèsforte , très-résistante, représente une espèce de ligament qui unit le pubis au sternum , qui borne les mouvemens de la poitrine en arrière , qui empêche quelle ne s’écarte trop du bassin , et qui, d’une autre part, fournit un appui aux muscles abdominaux pour leurs contractions.
Les parties latérales de la ligne blanche , aponévrotiques comme elle , sont divisées , ainsi que nous l’avons observé , en deux feuillets qui embrassent le muscle droit dans leur écartement, et qui se rejoignent ensuite pour offrir à la plupart des abdominaux leur terminaison. Cet écartement donne moins de résistance aux aponévroses abdominales en cet endroit , qu’au niveau de la ligne blanche ; mais le muscle droit y supplée.
L’action des muscles abdominaux doit se considérer sous deux rapports : i°. ils garantissent les organes gastriques ; 2°. ils exercent différens mouvemens qui se rapportent surtout à la poitrine , au bassin et au ventre.
Envisagés comme simples parois , ils doivent leur résistance antérieurement aux aponévroses nombreuses qui les terminent , et qui , comme toutes celles d’enveloppe , ont un muscle tenseur , le pyramidal, place a 1 endroit de leur concours, au bas de la ligne blanche , et qui proportionne le degré de leur tension a la résistance qu elles doivent offrit
l5o .APPAREILS DE L A LOCOMOTION, quand les fibres charnues prennent sur elles leur point fixe. Sur les côtés , où tout est musculaire , la résistance des parois abdominales aux viscères gastriques qui tendent à agir contre elles , dépend surtout des directions différentes des fibres des deux obliques et du transverse, qui, se croisant en trois sens , se laissent moins facilement pénétrer par les viscères qui tendent à s’insinuer entre leurs fibres , que si celles-ci éloient toutes parallèles. En arrière , les muscles des gouttières vertébrales , le carré lombaire , les aponévroses du petit oblique et du transverse, donnent aux parois abdominales une résistance qui n’est jamais surmontée , comme il arrive quelquefois sur les côtés , et même en devant sur la ligne blanche. On sait, en effet, que si les hernies ombilicales passent toujours par l’ombilic lui- même chez les enfans , elles font saillie fréquemment chez l’adulte à travers les fibres aponévroliques écartées accidentellement. Quand le grand dorsal ne recouvre pas en arrière le grand oblique, il y a dans cet endroit un défaut de résistance favorable aux hernies , que Petit y a observées.
Considérées comme agens de mouvement , les parois abdominales s’exercent d’abord sur l’abdomen lui-même. Pour agir efficacement sur lui , il faut que le bassin , et surtout la poitrine , préliminairement fixés, ne puissent obéir à leur action; alors en se contractant elles resserrent la cavité, et pressent les viscères qui s’y trouvent. Ce sont surtout le transverse et la portion du petit oblique terminée à l’aponévrose , qui agissent puissamment dans ce cas : car quand le droit, le pyramidal , et la portion des fibres
des muscles et de leurs dépendances.' i5i des deux obliques qui du bassin s’étend aux côtes , ont pris une direction exactement perpendiculaire à leur insertion , ils ne peuvent plus s’enfoncer du côté du ventre. On peut dire même qu’ils n’agissent qu’accessoirement dans le resserrement de cette cavité.
Au contraire, ils sont puissamment en exercice dans les mouvemens de la poitrine et du bassin ; ils ont deux modes d’action sur la première. i°. Quand la colonne vertébrale, fixée en arrière par les muscles, ne se prête à aucune inclinaison ; alors ils sont abaisseurs des côtes , et concourent puissamment à l’expiration lorsqu’elle est poussée au - delà du degré ordinaire , ce que peut faire aussi le transverse , mais dans un sens différent , c’est-à-dire en resserrant la circonférence inférieure de la poitrine. 2°. Quand la colonne vertébrale n’est pas fixée; alors la poitrine se fléchit, les côtés conservant à-peu-près le même rapport. La flexion est directe si les muscles droits et pyramidaux se contractent ensemble ou isolément, et s’il y a contraction simultanée des obliques des deux côtes. Mais si ceux d’un seul côté entrent en action , alors la flexion est latérale , et le sternum est dirigé du côté opposé à celui de la contraction si c’est le grand oblique , du même côté si c’est le petit.
Les muscles abdominaux agissent dans deux circonstances sur le bassin. i°. Quand le tronc est horizontal et que la poitrine est fixée , il peut être fléchi sur cette cavité , ou directement , ou obliquement , selon que le droit , le pyramidal, et les obliques des deux côtés, ou bien seulement ces derniers d’un seul côté , entrent en action. 20. Quand le tronc est
i52 APPAREILS DE LA LOCOMOTION'."' suspendu en l’air , comme quand on est fixé par le bras à une branche d’arbre , etc. , ils peuvent aussi incliner, mais non élever sur la poitrine le bassin, qui se dirige alors aussi directement ou obliquement. Dans l’action de se lever de dessus un siège , de sauter dessus les fesses quand on est assis, de trébucher sur la tête d’abord fixée , etc. , ces muscles agissent aussi plus ou moins sensiblement.
§n. Région lombaire.
Elle comprend les deux psoas , l’iliaque , le carré et les inter-transversaires lombaires.
Muscle grand psoas. Allongé , épais et arrondi dans son milieu , plus mince en haut , tendineux en bas , étendu obliquement entre les lombes et la partie supérieure de la cuisse. 11 s’implante par de courtes aponévroses, i°. sur les parties latérales du corps de la dernière vertèbre dorsale et des quatre premières lombaires , ainsi qu’aux substances intervertébrales ; 2°. à la base des apophyses transverses correspondantes. De ces deux insertions , entre lesquelles reste un intervalle qui loge les branches du plexus lombaire , parlent les fibres charnues, qui forment un faisceau d’abord aplati et presque vertical , puis arrondi , convergeant et oblique en quittant la colonne vertébrale pour se porter sur les côtés du détroit supérieur , et dégénérer , avant de parvenir à l’arcade crurale, en un tendon trèsfort , caché dans les fibres charnues depuis la colonne vertébrale , continuant à en recevoir encore du côté interne , recevant en dehors toutes celles de 1 iliaque, f.t qui passe ensuite sous celte arcade , entre lémi-
DES MÜSCLES ET DE LEURS DEPENDANCES. ï55 nence ilio-pectine'e et l’épine antérieure-inférietire. Sorti du bassin , le tendon des psoas et iliaque réunis ( car on doit le regarder comme commun à ces • deux muscles ) continue à descendre en dedans et .en arrière sur la capsule du fémur, à laquelle il n’est que contigu , et parvient au petit trochanter où il se termine en l’embrassant.
Les rapports du psoas sont différens dans ses trois portions lombaire , pelvienne et crurale. La première correspond en devant et en dehors , d’abord au diaphragme , puis au péritoine , au rein et au petit psoas quand il existe; en arrière, aux apophyses transverses et au carré des lombes , dont l’isolent le feuillet antérieur du transverse et les nerfs lombaires ; en dedans , à la colonne vertébrale , dont la séparent les vaisseaux lombaires et les branches des nerfs de même nom. La seconde , appliquée en arrière sur le ligament ilio-lombaire et le muscle iliaque, répond en devant aux vaisseaux iliaques externes et au péritoine ; en dedans , au bassin , dont elle rétrécit le détroit supérieur. La troisième portion correspond en devant au tissu cellulaire qui occupe le pli de l’aîne ; en arrière , à la capsule du fémur et à la branche du pubis , dont la sépare une synoviale. Celle-ci , remarquable par son étendue , par le peu de synovie qu’elle contient communément , et par sa disposition constante , embrasse d’une part la partie postérieure du tendon commun , de ] autre I os iliaque et la capsule , et va presque jusqu’au petit trochanter , en formant un sac allongé et sans ouverture.
Muscle iliaque. Large, épais, triangulaire, oeem
pant la fosse iliaque et la partie antérieure et supérieure de la cuisse. Il naît , par des aponévroses isolées à peine sensibles , des trois quarts supérieurs environ de la fosse iliaque , des deux épines antérieures, des deux tiers antérieurs de la crête iliaque sur sa lèvre interne , et du ligament ilio-lombaire. Delà , ses fibres se portent , les internes verticalement, pour se terminer en haut et en dehors du tendon commun , les suivantes , dans une direction d’autant plus oblique en bas et en dedans qu’on les observe plus près des épines antérieures , pour s’insérer successivement le long du tendon commun ; quelquesunes même des plus externes s’étendent avec lui jusqu’au petit trochanter.
La portion abdominale de l’iliaque est appliquée sur la fosse de même nom , dont la sépare du tissu cellulaire au-dessous de ces insertions. Le péritoine , le cæcum à droite et l’S du colon à gauche , la recouvrent. Quant à sa portion crurale , elle répond en dehors au couturier; en dedans, au pecliné et aux vaisseaux cruraux ; en devant , au tissu cellulaire du pli de l’aîne ; en arrière , à la capsule précédente et au tendon du droit fémoral.
Muscle petit psoas. Grêle , allongé , placé au-devant du grand psoas , ayant une existence tres-variable , mais une forme assez constante. 11 s inséré en haut , par de courtes aponévroses , sur la partie inférieure du corps de la dernière vertèbre dorsale, et sur le fibro-cartilage suivant ; forme ensuite un faisceau charnu , allongé , qui descend obliquement en dehors , et dégénère, au niveau de l’avant-dermere vertèbre lombaire , en un tendon aplati , d’abord an-
des muscles et de leurs dépendances. i55 teneur , puis interne au grand psoas , et qui , parvenu vers l’arcade crurale , se termine à l’éminence ilio-pectinée , en envoyant par son bord antérieur un prolongement aponéyrotique , large et mince , qui descend sur le tendon commun des psoas et iliaque , et se perd dans l'aponévrose du fascia-lata. Recouvert par le diaphragme, les vaisseaux rénaux , le péritoine et l’artère iliaque , ce muscle est appliqué dans toute son étendue sur le grand psoas.
Muscle carré lombaire. Aplati , assez épais , irrégulièrement quadrilatère , situé aux lombes sur les côtés de la colonne vertébrale. 11 s’attache inférieurement , i°. par des aponévroses distinctes , prolongées surtout sur son bord externe et coupées par des fibres transversales très-sensibles , en arrière de l’interstice de la crête iliaque , dans l’espace d’un pouce à-peu-près ; 2°. à tout le ligament ilio-lombaire. Les fibres charnues de la première insertion , qui sont les plus longues , montent presque verticalement à la dernière côte , où elles se terminent par des fibres aponévrotiques assez sensibles. Celles de la seconde diminuent de longueur à mesure qu’elles sont plus internes , affectent une direction de plus en plus oblique en haut et en dedans, et se terminent par quatre languettes aponevrotiques , distinctes de bonne heure sur la partie anterieure du muscle, et continues par leurs bords au-devant de la base des quatre premières apophyses transverses lombaires. Souvent un plan musculeux distinct naît de la partie antérieure du sommet de la troisième et de la quatrième vertèbies lombaires , monte ep dehors et se confond ensuite avec le reste du muscle.
i56 appareils de la locomotion.
Le carré lombaire correspond en devant , d’abord au diaphragme, puis au rein, au grand psoas et au colon , par l’intermède du feuillet antérieur de l’aponévrose du transverse. Le feuillet moyen le sépare, en arrière , de la masse commune des sacro-lombaire et long dorsal , en sorte qu’il se trouve véritablement, comme le droit abdominal , dans une gaine aponévrotique.
Muscles inter-transversaires lombaires. Petits plans musculeux, aplatis, minces , quadrilatères , remplissant les intervalles des apophyses transverses des lombes. Le premier est entre la dernière dorsale et la première lombaire ; le dernier, entre la quatrième et la cinquième lombaires. Fixés en haut et en bas des deux apophyses correspondantes , ils avoisinent en devant le carré , en arrière le sacro-lombaire.
Mouvemens.
Les muscles de cette région n’ont point un but commun dans leur action , comme ceux de la précédente ; ils agissent isolément , excepté le psoas et l'iliaque.
Ces deux muscles , prenant en haut leur point fixe , fléchissent la cuisse sur le bassin en portant un peu en dehors la pointe du pied. C’est principalement. dans la progression qu’ils sont en action : ce sont eux qui détachent à chaque pas le membre inférieur du sol , en le rendant plus court. Dans la station , au contraire , ils prennent en bas leur point fixe, et retiennent en devant, l’un le bassin , l’autre l’épine , qui lendroient quelquefois avec le tronc à s’incliner un peu en arrière , vu que l'articulation
DES MUSCLES et DE LEURS DÉPENDANCES. i57 du fémur est très-antérieure. Si la contraction est alors portée au-delà du degré ordinaire , il y a flexion du tronc sur le bassin , et du bassin sur la cuisse. Cette flexion est directe s’il y a simultanéité d’action des muscles des deux côtés : elle est oblique dans le cas contraire.
Le petit psoas fléchit la colonne vertébrale sur le bassin , obliquement ou directement , suivant qu’il agit seul ou avec son semblable. S’il prend son point fixe en haut , il agit légèrement sur le bassin , qu’il incline , et tend l’aponévrose qui se perd sur le tendon commun des muscles précédons, de manière à favoriser l’action de ces muscles , et à empêcher qu’ils n’agissent sur les vaisseaux fémoraux.
Le carré lombaire incline latéralement la colonne vertébrale par sa portion interne , ou sert à la fixer s’il agit concurremment avec son semblable. 11 abaisse la première côte par sa portion externe : il est ainsi le premier mobile des fortes expirations ; car la dernière côte est par lui un point fixe sur lequel s’abaissent successivement les autres par l’action des intercostaux , qui peuvent , comme je l’ai dit , être alternativement élévateurs ou abaisseurs , suivant que la poitrine est fixée en haut ou en bas. Sous ce rapport , le carré est l’antagoniste des sealènes. Dans la station sur les deux pieds , il n’agit point sur le bassin; dans celle sur un seul , il peut l’incliner de son côté, ainsi que dans la prostration horizontale.
Les inter-transversaires inclinent le tronc dans toutes les stations , mais d’une manière peu sensible, à cause de leur peu de force et de leur voisinage du point d’appui.
l58 APPAR E IL S DE LA LOCOMOTION-.
Tous les muscles de celte région n’ont que peu d'action sur les viscères gastriques.
§ III. Région anale.
On y trouve les muscles releveur, constricteur de l’anus , et ischio-coccygien.
Muscle releveur de l’anus. Mince , large , aplati , irrégulièrement quadrilatère , un peu recourbé en dedans , formant une cloison qui bouche en bas le bassin et complète la cavité abdominale. Ses origines, étendues depuis le pubis jusqu’à l’épine sciatique, se font , en avant, derrière le pubis et un peu au-dessus du trou sous - pubien , par de très-courtes fibres aponévrotiques ; en arrière , à une large et mince aponévrose qui recouvre l’obturateur interne , se continue quelquefois en haut avec une lame détachée du petit psoas , et se prolonge un peu en bas sur les fibres charnues. Ces dernières se dirigent ainsi qu’il suit : celles de la première insertion , obliquement en arrière et en dedans , pour se perdre sur la prostate et sur les côtés du rectum , où elles s’entrelacent avec le constricteur ; celles de la seconde , d’abord dans la direction des premières pour venir s'unir à angle aigu avec celles du muscle opposé entre le coccyx et le rectum, sur une ligne postérieurement aponévrotique , puis , de dehors en dedans, pour venir se fixer sur les parties latérales du coccyx.
Les rapports du releveur sont , en dehors, avec l’obturateur interne , le grand fessier, le transverse , et plus bas avec la grande quantité de tissu cellulaire qui avoisine l’anus ; en dedans, avec la vessie r la prostate et le rectum.
DES MUSCLES ET DE LEURS DEPENDANCES- 1 5g
Muscle ischio-coccfgien. Mince, aplati, triangulaire bouchant en arrière le bassin , conjointement avec le releveur de l’anus, auquel il est continu et fait pour ainsi dire suite. Il s’insère à la lèvre interne de l’épine sciatique , se porte de là en s’élargissant à toute la longueur du bord du coccyx , au bas de celui du sacrum, et un peu sur la face antérieure de ces deux os. Il est entremêlé d’un grand nombre de fibres ligamenteuses, qui sont en proportion presque égale avec les charnues. Le rectum et le tissu cellulaire environnant en haut, en bas le grand et le petit ligamens sacro -sciatiques , forment les rapports de ce muscle.
Muscle constricteur de T anus. Mince , aplati , arrondi , fendu dans le milieu pour embrasser l’anus , inséré postérieurement à l’extrémité du coccyx , et à un tissu dense et serré qui en part et qui se trouve au-dessous de la réunion des deux releveurs , par une espèce de pointe charnue, laquelle s’élargit en s’avançant vers l’anus où ce muscle se partage en deux faisceaux aplatis qui embrassent cette ouverture, et qui, se réunissant au-devant d’elle, viennent former une autre pointe charnue, dont les fibres s’entrelacent en partie avec le bulbo-caverneux , et se perdent en partie dans le tissu cellulaire, de manière à rester isolées après la dissection.
Les légumens en bas , en haut le releveur de l’anus avec lequel il y a entrelacement, le bulbo-caverneux „ les transverses , et beaucoup de tissu cellulaire, forment les rapports de ce muscle.
Les anatomistes traitent ici du constricteur interne ou intestinal ~} mais la description de ce dernier appar-
i6o APP areils de la locomotion.
lient évidemment à celle du rectum , aux fibres circulaires duquel il fait suite*
Mouvement.
Les muscles de cette région ont deux buts principaux ; i°. les mouvemens de tous les viscères pelviens en général; 2°. ceux du rectum en particulier. Le releveur de l’anus et l’ischio-coccygien ont spécialement rapport au premier but. En effet , ils représentent une véritable cloison charnue , susceptible de s’élever, de s’abaisser, et de porter en divers sens les organes quelle supporte. Cette cloison est opposée à celle du diaphragme , en sorte qu’aux deux extrémités du diamètre perpendiculaire de l’abdomen se trouvent deux plans charnus , concaves en sens opposé , et susceptibles de rétrécir ou d’agrandir, au gré de l’animal , ce diamètre. Le rétrécissement le plus grand a lieu dans les efforts violens pour l’expulsion des matières fécales , des urines , etc. L’agrandissement le plus marqué se fait dans les fortes expirations, dans les toux violentes , l’éternuement , etc. En général, c’est toujours bien plus le diaphragme qui rétrécit l’abdomen de haut en bas, en se déprimant, que le releveur de l’anus et l’ischio-coccygien , en se relevant. Ceux-ci soutiennent les efforts du premier plutôt qu’ils n’en exercent eux-mêmes de bien efficaces : on peut faire cette remarque en plaçant la main au périné pendant tous les grands mouvemens de l’abdomen. Ce phénomène dépend, en arrière, de ce que l’iscbio-coccygien, ayant deux insertions presque immobiles, ne sauroit avoir que des mouvemens peu marqués.
jDÜS MUSCLES ET DE LEURS DEPENDANCES. iGl
Je remarque, à l’égard de l’usage qu’ont les muscles de cette région de servir de cloison inférieure à l’abdomen, qu’ils opposent moins de résistance que ceux des parois abdominales, vu qu’ils n’offrent pas comme eux plusieurs plans superposés et à direction différente ; disposition relative aux efforts moindres qu’ils ont à supporter, attendu que les parois osseuses du bassin soutiennent en partie ces efforts. Si ces parois éloient charnues , et susceptibles de se resserrer pat' conséquent , la résistance inférieure seroit plus forte. J’observe ensuite que cet usage de servir de cloison n’est réel qu’en arrière , attendu qu’en devant il reste un espace très-marqué, qu’occupent le bas du rectum, celui de la vessie chez l’homme , et de plus la matrice chez la femme.
Quant aux destinations particulières des muscles de cette région relatives au rectum , le constricteur a l’usage évident de le tenir constamment fermé. A cet égard je ferai une remarque, savoir, que Cette ouverture n’est jamais habituellement ouverte, comme celles de la bouche et des yeux, qui sont cependant aussi garnies de constricteurs : c’est que dans celles-ci il y a divers muscles antagonistes de ces constricteurs , comme le zygomatique , le releveur de la lèvre supérieure , l’abaisseur de l’inférieure et de l’angle pour la bouche , l’élévateur de la paupière et le frontal pour l’œil , muscles qui agissent sans cesse en sens opposé. Or, à l’anus , il n’y a presque rien de semblable. On peut bien considérer un peu comme cause de dilatation quelques libres du releveur et les postérieures du bulbo-caverneux ; mais pour peu qu’on examine bien le mécanisme de leur action , M* J I
ïÔ2 APPAREILS PIE LA LOCOMOTION,
on verra que cet usage est extrêmement borné , que peut-être même il est entièrement nul. Les véritables antagonistes du constricteur externe , ce sont les fibres circulaires et longitudinales du rectum, qui poussant de haut en bas les matières fécales , les vents, etc., forcent la résistance de ce muscle; ce sont aussi les muscles abdominaux , dans leur action auxiliaire de celle des intestins. On conçoit tout
l’avantage de cette constriction habituelle de l’extrémité inférieure du rectum pour retenir les matières. L’irritation de la peau qui recouvre le constricteur le fait contracter d’une manière sensible , et presque involontairement.. C’est même de tous les muscles sous-cutanés celui dont l’action se rapproche le plus de celle des muscles intérieurs de la vie organique. Lorsqu’il est paralysé , il y a incontinence de matières fécales. Plus celles-ci sont dures et en masse considérable, moins leur excrétion est facile, parce qu’il faut surmonter une résistance plus grande vers ce muscle. Celte résistance est moindre lorsqu’elles sont très-fluides , parce qu’il faut moins de dilatation. Il peut même y avoir un suintement très-sensible par l’anus sans aucune dilatation du constricteur , parce que celui-ci, en se resserrant, fait rider la peau qui le recouvre : or, ces rides laissent toujours entr'elles de petites fentes par où peut se faire l’issue des substances fluides. En général , il y a de grandes différences, suivant les individus, relativement à la force des fibres du rectum comparée à celle des fibres du constricteur: tantôt ce sont les unes, tantôt c’est l’autre qui prédomine. Les excrémens ne sont pas long-temps retenus dans le premier cas j ils séjournent longuement dans le second.
DÈS MUSCLÉS ET DÈ J.EUÈS IjÉPELVDAINOES. l6j
Pendant que les excrémens , ceux surtout qui çnt de la solidité , sont expulsés , le rectum descend un peu, poussé et par la contraction de ses fibres propres , et par les viscères gastriques qui agissent sur lui. Le releveur de l’anus le ramène ensuite à son niveau naturel. 11 ne faut pas confondre cette descente, qui est de totalité, avec la sortie d’une petite portion de la surface muqueuse , qui paroît assez souvent au dehors à chaque excrétion un peu pénible , et qui dépend de ce que , pendant l’action des fibres charnues , celte surface muqueuse , qui n’est pas contractile , fait des plis intérieurs que ces mêmes fibres tendent à faire descendre avec les matières. On observe souvent cette saillie de la membrane muqueuse dans les anus contre nature, à chaque fois que les excrémens s’échappent par ces ouvertures; je l’ai vue sur les animaux vivans, à l’orifice de l’iléon dans le cæcum , que j’avois ouvert à la fin de la digestion. Je ne l’ai point observée au pylore, dans plusieurs expériences consécutives, après que j’ai eu ouvert sur des chiens l'intestin duodénum , sans doute parce que , trop large à proportion de celle de cet intestin , la capacité de ce viscère s’y opposoit. Mais on observe manifestement ce phénomène lorsque, l’estomac étant ouvert dans un animal , on pousse dans l’œsophage des alimens qu’on y retient en fermant la bouche, et qu’on force ainsi à descendre dans la poche ouverte. 11 y a eu à l’hospice de la Charité une femme dont l’estomac , percé depuis long-temps d’une large ouverture , laissoit voir très -distinctement l’entrée des alimens par le cardia , lequel présentoit le même
164 APPAREILS DE LA LOCOMOTION, phénomène, que j’ai eu occasion d’observer avec MM. Halle, Duméril et Dupuytren. Je puis donc établir ici, comme un fait général , que toutes les fois qu’un canal charnu tapissé par une surface muqueuse s ouvre sur une surface un peu large, à chaque fois que le mouvement péristaltique dont il est le siège pousse avec un peu d’effort les substances solides qu’il contient, les replis inférieurs que forme cette membrane tendent à sortir , et forment le bourrelet saillant qu’on remarque dans ces sortes de cas.
§ IV. Région génitale.
Cette région offre des différences marquées dans l’homme et dans la femme , à cause de la conformation différente de l’un et l’autre sexe. Dans le premier , on trouve l’ischio-caverneux , le bulbo-caverneux , le transverse périnéen , et de plus le crémaster dont nous parlerons ailleurs.
Muscle ischio-caverneux . Petit, allongé, aplati, embrassant l’origine du corps caverneux. Fixé au côté interne de la tubérosité de l’ischion , il se porte en devant et en dedans , s’applique sur le corps caverneux, et s’identifie avec sa membrane fibreuse au-delà du niveau du bulbe , par une aponévrose assez long-temps distincte, blanchâtre, à fibres parallèles et dirigées comme les charnues.
Séparé, en dedans, du transverse et du bulbo-caverneux, par un espace triangulaire dont il forme le côté externe , xet que remplissent du tissu cellulaire graisseux , des vaisseaux et nerfs , ce muscle correspond en dehors à l’ischion et au corps caverneux.
DES MUSCLES ET DE LEURS DEPENDANCES. ï65
Muscle ira ns ver se périnêen. Petit faisceau irrégulier , de forme très-variable ; ordinairement triangulaire , implanté en dehors à l’ischion , et à la branche pubienne au-dessus du précédent ; confondu en dedans avec son semblable , avec le bulbo-caverneux et même avec le constricteur de l’anus ; incliné sensiblement en devant ; à fibres parallèles plus longues en arrière et en bas qu’en devant et en haut ; répondant , en devant , à l’espace triangulaire compris entre lui , l’ischio-caverneux et le bulbo-caverneux ; en arrière , au releveur de l’anus , dont le sépare partout du tissu cellulaire , et de plus en dehors une branche de la honteuse interne.
Muscle bulbo-caverneux. Allongé , aplati , assez épais, plus large en arrière qu’en devant. Ses fibres naissent d’abord d’un entre-croisement charnu qui, placé entre l’anus et le bulbe de l’urètre , est commun à lui , au transverse , au constricteur , et même en haut au releveur de l’anus ; puis d’un raphé plus ou moins, sensiblement tendineux , qui l’unit sous le bulbe à celui du côté opposé : de là, elles se dirigent en avant et en dehors , et viennent s’attacher , les postérieures , courtes et presque transversales , sur les côtés du bulbe; les antérieures, plus longues, au-dessous de la partie voisine du corps caverneux , en formant une espece de languette distincte que termine une aponévrose sensible , et qui laisse , en s’écartant de l’opposée, un angle rentrant où se voit l’urètre.
Le bulbe , le commencement de la portion spongieuse de 1 uretre , et un peu le corps caverneux en haut ; en bas, beaucoup de tissu cellulaire, l’ex-*-
i66 appareils de la locomotion.
trémité du constricteur cl les tégumens : voilà les rapports do ce muscle.
Chez la femme , les muscles des parties génitales présentent les différences suivantes :
L 'ischio-caverneux est à-peu-près disposé comme chez l’homme , à la différence près de son volume, qui est proportionné à celui du corps caverneux du. clitoris.
Le transverse est , en général , très-peu sensible ; souvent on n’en trouve presque aucun vestige. Mais, plusieurs fois j’ai vu d’une manière très-distincte ses libres se porter de l’ischion à l’intervalle qui sépare la vulve d’avec l’anus.
Muscle constricteur cle la vulve. Il représente àpeu-près le bulbo-caverneux de l’homme , quoique très-différent par ses usages. 11 est composé de deux plans qui , nés dans l’intervalle de la vulve à l’anus d’une espèce d’entre-croisement charnu commun au transverse et au constricteur de l’anus , se portent de chaque côté , en se contournant autour de l’orifice du vagin , au-dessus des grandes lèvres , puis viennent se terminer en devant par de courtes aponévroses qui se perdent dans la membrane du corps caverneux du clitoris. Le vagin en dehors , en dedans une plus ou moins grande quantité de tissu graisseux qui le sépare de la peau , forment ses rapports.
Chez les femmes qui ont peu usé du coït , il est très-marqué. Quand l'orifice du vagin est trèsdilaté, surtout à la suite de plusieurs grossesses, on le trouve difficilement ; quelquefois ses libres semblent avoir alors entièrement disparu.
Mouvemens .
Les mouvemens de celte région sont peu marqués et presque ignorés dans leur usage général. D’une part, imprimer une secousse au corps caverneux , le comprimer légèrement , exprimer de derrière en avant le sang qu’il contient , le gonfler par conséquent un peu en devant , le tirer en même temps un peu en bas et en arrière; d’une autre part, exercer une légère compression sur le bulbe de l’urètre et sur ce canal, favoriser par là le mouvement de l’urine et de la semence ; voilà l’effet de la contraction desischioet bülbo-caverneux* Mais quel en est le but ! Il faudroit , pour le savoir , bien connoître le mode circulatoire des corps caverneux et du bulbe. Tendre en sens opposé l’entrelacement charnu commun au bulbo-caverneux , au constricteur de l’anus , et à quelques fibres du releveur , assurer parla un point fixe à ces muscles, voilà quel paroît être l’usage principal du transverse , qui agit aussi un peu sur l’urètre par ses fibres supérieures.
Chez la femme , le constricteur de la vulve peut rétrécir l’orifice du vagin ; mais ce mouvement est foible , parce que les fibres du muscle sont peu prononcées ; il est même presque nul chez la plupart des femmes ; dans d’autres , il est assez prononcé. Aussi ce constricteur ne doit-il point être placé sur la même ligne que les autres muscles de ce genre. Il n’a point d’antagoniste : son action est d’autant plus foible , que 1 ouverture du vagiii est plus élargie,.
ï6$ APPAREILS de LA LOCOMOTION,
! IRçmarques sur les Mouvemens de ï Abdomen,
Les mouvemens généraux de l’abdomen sont principalement dépendans des ijmscles de la région abdominale proprement clite, de ceux du diaphragme, de la région anale , un peu de ceux de la région lombaire,, et nullement de ceux de la région génitale. Entourée de tous côtés de muscle^ extensibles , surtout en avant , sur les côtés et en haut , la cavité du ventre diffère sous ce rapport de celle de la poitrine , qui ne peut s’agrandir4 très-sensiblement que de liaut en bas , et de celle de la tête où tout agrandissement est impossible. Cette différence de structure clans les trois grandes cavités du corps est accom-. modée à la différence des usages des \iscères qu’elles renferm'ent. Remarquez, en effet,,quela plupart de ceux de l’abdomen sont sujets à des dilatations très-considérables , soit cpie ces dilatations soient rapides dans leur développement , comme à l'estomac , aux intestins et à la vessie; soit que , comme à la matrice , dans les engorgemens du foie, etc. , elles affectent une marche plus lente.
J’ai déjà parlé de la résistance des parois abdomirnales ; j’observe de plus ici que , dans l’état de relâchement des muscles , celte résistance est moins marquée dans la portion charnue que dans la tendineuse ; que dans l’état de contraction, au contraire, la première résiste plus que la seconde aux efforts qu’exercent contre elles les viscères gastriques. Aussi , comme dans presque tous les cas où ces viscères sont fortement poussés en devant , dans les efforts, dans
DES MUSCLES ET DE LEURS DEPENDANCES. ïGQl ïe soulèvement des fardeaux , etc. , les parois abdominales sont contractées, c’est rarement par la portion charnue, mais par la tendineuse, que se font les hernies. Je 11e parle pas ici de la disposition dépendante des ouvertures de l’anneau , de l’arcade crurale, etc. Là où les fibres aponevrotiques sont trèsserrées , comme à la ligne blanche, souvent elles s’écartent préférablement aux charnues pour laisser passer les intestins. D’ailleurs , pour peu que les fibres aponévrotiqucs soient écartées , les efforts suivans vont toujours en les écartant davantage , parce quelles sont peu susceptibles de revenir sur elles-mêmes ; tandis que si , dans un effort , les charnues ont été séparées , bientôt elles reprennent leur rapport naturel par leur force contractile. Tous les médecins qui explorent l’état de l’abdomen par le tact savent avec quelle force la portion charnue de ses parois résiste de dehors en dedans à la main qui la presse , quand elle se trouve en état de contraction : or , il en est de même de la résistance de dedans en dehors pour les viscères gastriques.
Les mouvemens des parois abdominales ont deux buts principaux : i°. favoriser les fonctions intérieures qui se passent dans l’abdomen ; 20. déterminer en grande partie les excrétions tant inférieures que supérieures de cette cavité.
Sous le premier rapport , les parois abdominales , soumises à l’influence de la volonté, sont pour ainsi dire le lien qui enchame*a la vie animale les fonctions organiques du ventre , la digestion , les sécrétions, etc., comme les parois musculeuses du tho— jax sont, ainsique je l’ai prouvé ailleurs t le lien
l'jo APPAREILS DE LA LOCOMOTION.
qui met sous la dépendance du cerveau, qui est le centre de la vie animale, la respiration1, qui est une fonction spécialement organique. Cependant il s’en iaut de beaucoup que les organes gastriques aient autant besoin que les poumons du mouvement qui leur est habituellement imprimé. Remarquez, en effet, que dans ceux-ci le mouvement extérieur agit de deux manières : en favorisant, cl’une part, la circulation et les diverses fonctions qui s’y passent ; d’une autre part , en procurant l’un des matériaux essentiels de celle fonction, qui cesse inévitablement, sous ce rapport-là , dès que l’immobilité survient; en sorte que ces mouvemens lui sont en même temps essentiels d’un côté , et accessoires de l’autre. Or, ce n’est jamais que sous ce dernier point de vue qu’on doit considérer les mouvemens des parois abdominales relativement aux viscères gastriques.
, Ces parois aident , par l’agitation permanente que leur imprime la respiration , le mouvement digestif de l’estomac; et, à cet égard, observez cjue la digestion, en envoyant au cœur un stimulus nouveau, qui est le chyle, accélère le pouls, par là même la respiration dont les mouvemens s’accroissent, et , par une suite nécessaire, favorise, par le premier elfel de son produit nutritif dans l’économie , l’excrétion du résidu qui ne peut être assimilé. Cependant il ne faut point croire que le mouvement intestinal et gastrique ne pourrait se passer absolument de celui des parois abdominales. J’ai plusieurs fois observé, dans le ventre ouvert des animaux vivans , les matières contenues dans les intestins avançant très-bien par l’effet, du seul mouvement péristaltique. On sait que, dans les
DES MUSCLES ET DE LEURS DEPENDANCES. I7X hydropxsi.es , où la grande quantité d'eau éloigne des intestins l’influence des parois du l’abdomen , la progression des matières a lieu comme à l’ordinaire. Lorsque, dans les accès d’asthme , dans une course prolongée , etc. , la respiration plus précipitée accélère le mouvement de ces parois , on ne voit pas que cette progression soit beaucoup plus prompte j les selles ne sont pas plus fréquentes. D’un autre côté, si les intestins sont irrités par une cause morbifique ou artificielle, comme par un lavement purgatif, les parois abdominales conservant le même degré de mouvement, la progression des matières devient très-rapide et les selles par conséquent très-fréquentes.
Je dirai delà circulation abdominale, de celle de la veine porte spécialement , des sécrétions , des exhalations et des absorptions qui s’opèrent dans la cavité du ventre, la même chose que de la digestion. Les parois de cette cavité favorisent ces fonctions par leurs mouvemens, mais ceux-ci ne leur sont pas essentiels. J’ai remarqué souvent la circulation hépatique du sang noir se faisant très-bien dans le ventre ouvert d’un animal ; le sang jaillit très-sensiblement alors des veines mésentériques piquées. Boerhaave avoit exagéré la nécessité des secours accessoiies pour celte sorte de circulation , qui en reçoit bien une influence , puisqu’elle diminue peu à peu quand l’abdomen est ouvert , mais qui n’est point exclusivement mise en jeu par eux.
Quant aux excrétions supérieures et inférieures , souvent les mouvemens abdominaux y sont indispensables : ils les produisent spécialement quand elles obéissent à la volonté. J'ai montré, dans XAna-
tomie générale , comment, lorsque nous faisons des efforts pour aider à l’éjection des selles , des urines et à 1 accouchement , ces mouvemens se combinent avec ceux du rectum , de la -vessie et de la matrice. Quelquefois ces derniers sont seuls en activité, ce qui arrive quand la cause irritante agit puissamment sur leurs organes creux, qui se contractent alors malgré la volonté.
Dans les excrétions supérieures qui se font par le vomissement , il y a aussi quelquefois contraction isolée de l’estomac, comme quand il se soulève à la vue d’un objet dégoûtant , dans la plupart des vomissent ens sympathiques , où ce viscère seul, et non ses. auxiliaires , est affecté ; comme encore lorsque le ventre étant ouvert on irrite les nerfs vagues ; ce qui. n’a pas toujours lieu cependant , ainsi que mes expériences me l'ont prouvé, etc. Mais si l’estomac est fortement irrité , et que sa contraction seule ne puisse expulser les matières qu’il contient , tous les muscles environnans le compriment , et l’aident à rejeter ce qui le fatigue : c’est ainsi que nous aidons à l’action du rectum et de la vessie , pour les vider plus efficacement et avec plus de promptitude. Sous ce rapport, les excrétions supérieures ont un mécanisme très-analogue à celui des inférieures. C’est pour n’avoir pas analysé avec précision ce qui, dans les excrétions abdominales, appartient aux viscères creux de l’abdomen , d’avec ce qui dépend des parois de cette cavité, que la plupart des auteurs ne s’en sont formé que des idée» inexactes.
Quand le diaphragme contracté presse l’estomac, l’ouverture pylorique resserrée oppose un oh-.
DfcS MUSCLES ET UE LEURS DEPENDANCES. IÿJ»
ütacle aux alimèns qui traversent l’œsophage. Mais , d’une part, les fibres latérales diaphragmatiques peuvent se contracter indépendamment de celles des piliers; d’une autre part, la puissance représentée par la presque totalité du diaphragme , par les muscles abdominaux et par l’estomac , est évidemment supérieure à la résistance que présentent les seuls piliers en contraction.
Développement.
Les muscles de l’abdomen diffèrent essentiellement dans le premier âge sous le rapport de leur développement. Ceux de la région abdominale proprement dite sont extrêmement caractérises ; leur largeur est relative à l’étendue proportionnelle des viscères qu’ils ont à embrasser. Cette largeur, également réelle dans tous , nous frappe surtout au premier coup d’œil dans le droit abdominal. L’épaisseur y est à-peu-près dans le même rapport pour la partie charnue ; pour les aponévroses , elles sonl minces , déliées, à libres peu marquées, et comme transparentes ; en sorte que les muscles se laissant voir au travers, on diroit quelles manquent dans le fœtus de trois à quatre mois , et que tout est charnu. Mais pour peu qu’on examine attentivement les objets, on distingue très-bien la lame mince qui recouvre le droit antérieur. C’est probablement cette disposition qui a trompé ceux qui ont cru que les aponévroses n’existent pas dans les premiers mois. La ligne blanche qui forme l’entre-croisement de ces aponévroses est peu épaisse et résistante ; l’ombilic qui la
î?4 APPAREILS DE LA LOCOMOTION'* traverse est alors très-dilalé pour donner passage au* Vaisseaux ombilicaux ; on voit des fibres circulaires très-distinctes sur sa circonférence. L’anneau inguinal , d’abord assez étroit, s’élargit beaucoup vers l’époque de la descente du testicule; son étendue proportionnelle est alors remarquable. Après la descente, il ne se resserre point tout-à-eoup , mais d’une manière insensible , comme l’ombilic. Quand le testicule reste derrière lui , cela dépend souvent ,de ce qu’il n’a pu se dilater assez pour lui livrer passage. L’arcade crurale est, à cause du peu de développement du bassin , plus rétrécie que par la suite : mais le repli qui la complète en devant est très-sensiblement formé dès les premiers temps.
Parmi les muscles de la région lombaire , le psoas et le carré sont déjà très-formés chez le fœtus ; mais la partie supérieure de l’iliaque est extrêmement rétrécie à cause de la fosse où elle se trouve losrée.
Cela est tellement marqué cliez un fœtus de quatre mois, que ce dernier muscle , à l’ouverture de l’abdomen , paroît presque entièrement caché par le psoas.
Le peu de développement du bassin , d une part, et des parties génitales , de l’autre , fait qu’à cet âge les muscles des deux régions suivantes sont aussi peu prononcés chez le fœtus. J’en excepte cependant le constricteur de l’anus, qui est déjà assez marqué, sans doute parce que le rectum l’est lui-même beaucoup, qu’il entre tout de suite en exercice d’une manière spéciale, et qu’il ne se fixe presque pas au bassin.
Après la naissance, l’accroissement des muscles du
EF,^ MUSCLÉS ET DE LEURS DEPENDANCES. I?-3 venire se fait d’une manière inverse à celle du fœtus : ceux d’en bas croissent plus vile que ceux des parois abdominales, en sorte que l’équilibre s’établit peu à peu ; l’ombilic se resserre et ensuite s’oblitère insensiblement ; l’anneau se rétrécit et ensuite reste au degré d’ouverture que lui imposent les lois de l’organisation : sa structure s’opposeroit même à son oblitération. A la puberté, les muscles des parties génitales prennent un accroissement rapide, chez les femmes surtout, et dans un temps très-court ils rattrapent les autres , si je puis m’exprimer ainsi. Dans les âges suivans, il n’y a guère que les muscles abdominaux qui éprouvent des variations ; les autres restent dans les mêmes proportions. Ces variations des muscles abdominaux dépendent de la grossesse chez les femmes , des diverses collections qui se forment accidentellement dans cette cavité , de l’amas de graisse qui s’y fait vers l’âge de trente-six à quarante ans chez ‘ certains individus , amas qui détermine cette saillie antérieure du ventre très-remarquable dans plusieurs personnes, et à laquelle les viscères gastriques, le foie, l’estomac, les intestins, etc., sont vraiment étrangers. Cette collection graisseuse , ordinairement remarquable d’une manière plus particulière dans le mésentère et dans l’épiploon, est, dans certains ventres très-saillans, presque uniquement sous-cutanée. Je m’en suis assuré souvent dans les dissections. Je ferai observer aussi à cet égard , que la saillie du ventre est inverse chez le fœtus et chez l’adulte : dans le premier , ce sont les viscères gastriques , le foie surtout , qui la déterminent ; la graisse la cause uniquement «fins le second. Le ventre elles joues offrent aussi ,
i 7G APPAREILS DE LA L O L O M O "f I 0 rt. dans ces deux âges , une bouffissure inverse chez la plupart des individus. La graisse se porte plus à la face qu’au ve&tre dans le premier âge, et plus au ventre qu’à la face dans l’homme de quarante ans.
Distendues pendant un certain temps par la graisse, par des collections aqueuses , par des tumeurs , etc. , devenues le siège de grossesses répétées, les parois musculaires du ventre ne reprennent plus leur degré de tension ordinaire; elles restent flasques, souples et mobiles. Les viscères ne sont plus aussi exactement comprimés , et cependant leurs fonctions s’exercent aussi bien . La coïncidence de ces deux choses , l’intégrité des fonctions et la flaccidité des parois abdominales, prouvent ce que j’avançois plus haut, que l’influence des dernières sur les premières n’est pas aussi marquée qu’on le croit communément.
DES MTfSCLBS ET DE LEURS DEPENDANCES. I77