‹ Traité d'anatomie descriptive./ [electronic resource] (volume 2)Chapitre 4 sur 32 · MUSCLES DU CRÂNE · texte numérisé non relu

MUSCLES DU CRÂNE

§ Ier. Région épicranienne.

Elle comprend le frontal, l’occipital et leur aponévrose commune.

Muscle Jrontal. Mince , quadrilatère , recouvrant le front. Ses fibres , assez longues en dehors , de plus en plus courtes en dedans, naissent obliquement de l’aponévrose épicranienne , descendent parallèlement les unes aux autres , et se terminent au-dessus de l’orbite en se continuant en dedans avec le pyramidal, et en s’entrelaçant au milieu avec l’orbiculaire , en dehors avec lui et le sourcilier. Il sépare les tégumens de ce dernier muscle et de l’os coronal. Divers rameaux nerveux et vasculaires remontent dans ses fibres.

Muscle occipital. Mince, aplati, à fibres parallèles, moins large que le précédent, plus régulièrement quadrilatère , placé à l’occiput derrière l’apophyse mastoïde. Né de l’aponévrose commune , il se dirige en bas et en arrière , et vient se fixer par de courtes fibres aponévrotiques à la partie externe de la ligne occipitale supérieure , et à la région voisine du temporal, au-dessus des splénius et sterno - mastoïdien. La peau et quelques filets nerveux le recouvrent ; il revêt l’occipital et un peu le temporal.

Apon. épicranienne. Elle revêt toute la partie supérieure du crâne , bornée en devant par les frontaux , entre lesquels elle se prolonge, en arrière par les occx-

des muscles et de leurs dépendances. 5 pilaux, el dans leur intervalle par la protubérance occipitale el les lignes saillantes voisines, latéralement par les auriculaires. Là où elle n’est pas continue à des fibres charnues , elle dégénère insensiblement en tissu cellulaire. Ses fibres, très- apparentes*; blanches et parallèles au-devant du muscle occipital, sont ailleurs entrelacées , grisâtres et peu manifestes. Très-adhérente à la peau dans toute son étendue , cette aponévrose est séparée du périoste crânien par du tissu cellulaire non graisseux.

Mouvemens .

Les deux muscles précédens n’agissent point sur les os du crâne , qui sont complètement immobiles ; mais par leur adhérence avec les tégumens de la tête , et par celle de leur aponévrose commune , ils impriment à ceux-ci des mouvemens en divers sens. Ils peuvent agir isolément ou simultanément.

Le frontal, dans sa contraction isolée, ramène en devant une partie des tégumens du crâne , et élève ceux qui recouvrent le $ourcil. Il ride transversalement le front , comme on le voit , par exemple , en ouvrant fortement les paupières , cas dans lequel le frontal agit sur le palpébral auquel il s’entrelace, et qu’il épanouit en le retirant en haut. Il entre essentiellement, sous ce rapport , dans l’expression mobile de la face qu’il agrandit, et sur laquelle il concourt presque toujours à exprimer les passions gaies , antagoniste , sous ce point de vue , du sourcilier. A la longue, son action sillonne le front d’une manière durable. Très-marqués en bas, ou ses fibres sont prononcées, ces sillons, qui les coupent a angles droits, le deviennent moins en haut.

surtout vers le milieu, où un intervalle triangulaire veste entre les deux muscles.

La contraction isolée de l’occipital opère des changemens moins sensibles ; une partie de la peau du crâne se porte seulement en arrière sans beaucoup se fider , vu que celte portion charnue lui adhère moins que 1 autre. Elle fournit à cette dernière un point d’appui, par l’intermède de l’aponévrose épicranienne, lorsqu’elle élève fortement le sourcil.

Quand le frontal et l’occipital agissent conjointement et en sens opposé , l’aponévrose intermédiaire est alors tendue et susceptible de fournir un point d’appui aux auriculaires : aussi cette contraction simultanée a-t-elle toujours lieu dans les forts mouvez mens de l’oreille.

D’après ce que nous venons de dire , on voit que les muscles de la région épicranienne , dont l’usage est principalement borné aux tégumens crâniens , se rapprochent, sous ce rapport, des pannicules charnus dont sont pourvus un grand nombre d’animaux , et dont on rencontre encore quelques traces chez l’homme , par exemple , au cou , à la main , etc.

Quand l’action de ces muscles sur les tégumens n’est pas directe , ils agissent par l’aponévrose épicrânienne qui leur adhère fortement ; et comme celle-ci est nonseulement leur point d’attache , mais encore celui de deux des auriculaires, il s’ensuit que tous ces muscles entrent presque toujours en même temps en action , et que l’on voit le plus souvent l’oreille et les paupières en mouvement, quand les tégumens du crâne se meuvent. Je présume que le privilège que ceux-ci ont sur presque tout le reste de la peau, de se mouvoir spontanément,

des muscles et de leurs dépendances. 7 tient à l’existence des cheveux , que l’homme peut par là agiter en divers sens et à son gré.

§ IL Région auriculaire.

Trois muscles lui appartiennent : ils portent tous le même nom ; leur position sert à les distinguer.

Muscle auriculaire supérieur. T rès-mince , aplati , triangulaire , situé sur la tempe, au-dessus de l’oreille. Ses fibres naissent de la partie externe de l’aponévrose épicrânienne, dans l'étendue d’un pouce à-peuprès , puis viennent en convergeant , gagner la partie supérieure de la conque , où elles se fixent en formant le sommet du triangle. Ce muscle , recouvert par les tégumens, est séparé de l’aponévrose temporale par du tissu cellulaire non graisseux.

Muscle auriculaire antérieur. De forme analogue à celle du précédent , placé au-devant de l’oreille. Il naît de la partie externe de l’aponévrose épicrânienne, près le frontal , mais d’une manière variable et souvent très-difficile à bien déterminer. De là , ses fibres, d’abord écartées, puis rapprochées et formant un faisceau aplati , très-mince et confondu en haut avec le muscle précédent , se dirigent obliquement en arrière, et vont se fixer au-devant de l’hélix. Il est subjacent à la peau, et appliqué sur l’aponévrose temporale et sur l’artère du même nom.

Muscle auriculaire postérieur. Petit faisceau d’une forme assez irrégulière, situé derrière l’oreille, étranger à l’aponévrose épicranienne, souvent divisé en deux et même en tro.s portions très-distinctes. Il s’implante par de couites fibres aponévroliques sur l’apophyse mastoïde , çtse porte de là horizontalement à la parti©

postérieure delà conque, où il s’insère par de semblables fibres. Les tégumens le recouvrent ; il est séparé de l’os temporal par du tissu cellulaire.

Mouvemens.

C’est des mouvemens de totalité de la conque qu’il s’agit ici , et non de ceux qu’exercent ses parties diverses , et dont d’autres petits muscles sont les agens. Obéissant à l’action isolée ou combinée de chacun des trois muscles de cette région , l’oreille peut se porter en haut par la contraction de l’auriculaire supérieur , en devant par celle de l’antérieur , et en arrière quand c’est le postérieur qui agit. Déplus, la contraction simultanée du premier de ces muscles avec le second d’une part et avec le troisième d’autre part , imprime à la conque des mouvemens combinés et moyens à la direction des autres.

Quand l’oreille externe se meut , c'est le plus souvent pour accommoder sa position au mouvement des rayons sonores, se mettre dans un état de fixité propre à leur réflexion , et redresser la portion cartilagineuse du conduit auditif, dont on connoîtla courbure naturelle. D’après cela, un muscle inférieur qui , dans ses contractions , tendroit par l’abaissement de la conque à augmenter la courbe que décrit le conduit auditif, nuiroit à la perfection de l’ouïe : voilà pourquoi sans doute l’oreille ne se meut point en bas comme dans les autres sens.

Les auriculaires supérieur et antérieur peuvent , en fixant l’aponévrose épicranienne de chaque côté, fournir au frontal un moyen d’y trouver un point fixe dans ses contractions.

des muscles et de leurs dépendances. g g Xii. Développement des Muscles du Crâne.

Dans le fœtus, les muscles des deux régions précédentes paroissent largement développés à proportion de ceux de la face. Cela tient à ce que les os du crâne, déjà très-larges à cause du cerveau , nécessitent en eux la même disposition. Mais ils n’ont ni une épaisseur, ni une saillie proportionnées à celte largeur. A peine souvent peut-on les trouver, tant est mince leur plan charnu. L’aponévrose épicranienne est aussi peu sensible , point fibreuse , excepté en arrière ; elle s’enlève toujours avec les tégumens , tant elle leur adhère; elle paroît être seulement une couche plus épaisse de tissu cellulaire.

Les auriculaires n’impriment alors à l’oreille que de foibles mouvemens , comme le frontal et l’ôccipi-4 tal ne meuvent que foiblement les tégumens crâniens. Dans la suite des âges , Je développement de ces muscles n’a rien de particulier. Quelquefois la pression du chapeau influe sur le frontal et les auriculaires, dont il diminue Faction, et dont il rend les fibres blanchâtres. Mais le plus souvent leurs variétés de mouvemens tiennent à celles de leur organisation primitive : or, aucun muscle ne présente plus sensiblement ces variétés. Certaines personnes impriment un mouvement extrêmement sensible aux tégumens crâniens , que d’autres font à peine mouvoir : cela peut dépendre aussi de l’adhérence plus ou moins grande de ceux-ci avec l’aponévrose épicranienne.

IO APPAREILS r»E LA LOCOMOTION1.

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