HT
Régi oïi nasale.
Quatre muscles la composent : le pyramidal , l’élévateur commun , l’abaisseur des ailes du nez et leur dilatateur.
Muscle pyramidal. Grêle, triangulaire, occupant le haut et le devant du nez. 11 naît du frontal dont il est la continuation, descend en convergeant sur le dos du nez, séparé d’abord de son semblable, puis confondu avec lui et uni en dehors au palpébral ; il se termine en pointe à un tissu membraneux , plutôt cellulaire que fibreux , qui recouvre le nez , et qui reçoit aussi les fibres du dilatateur , dont quelques-unes se continuent quelquefois en dehors avec celui-ci, lequel en a aussi de profondes fixées à l’os du nez.
Ses rapports sont, en devant avec les tégumens , en arrière avec le sourcilier, l’os coronal , ceux du nez et leur suture.
Muscle élévateur commun. Mince , triangulaire , « double insertion en bas, situé sur les côtes du nez. Né au haut de l’apophyse nasale , au-dessous du tendon du palpébral, par de courtes aponévroses , il descend obliquement en dehors en s’élargissant , et vient se fixer d’abord à l’aile du nez , puis à la lèvre supérieure, où il se perd.
Recouvert un peu en haut par le palpébral et la veine labiale , il l’est par-tout ailleurs par la peau , qui ,lui est unie en bas d’une manière très-serrée. 11 re-
couvr® l'apophyse nasale , le dilatateur de l’aile du nez, le labial, etc.
Muscle dilatateur du nez. Mince, aplati, triangulaire, placé transversalement sur les côtés du nez.
Implantées en dedans de la fosse canine par une insertion aponévrotique assez étroite , ses fibres se portent, en s’élargissant, les supérieures, assez longues, obliquement en haut , les inférieures, plus courtes, transversalement en devant, c-t dégénèrent en un tissu dense, cellulaire plutôt qu’aponévrotique , qui recouvre le nez, lui adhère et se continue avec le muscle opposé et le pyramidal.
Ce muscle est recouvert par la peau en devant , en arrière par l’élévateur commun ; il est appliqué sur le cartilage latéral et continu en bas avec Fabaisseur.
Muscle abciisseur du nez. Petit faisceau assez irrégulier, se continuant avec le précédent dont il semble faire partie , placé au-dessous du nez derrière la lèvre supérieure, implanté par de courtes aponévroses près l’épine nasale , dirigé de là en s’élargissant presque verticalement en haut , où ses fibres se fixent principalement à la partie postérieure de l’aile dumez , mais dont quelques-unes se confondent avec le labial. Il est recouvert par la membrane palatine et l’élévateur commun, et appliqué sur l’os maxillaire.
Mouvemens*
Des quatre muscles qui composent la région nasale, on doit excepter, pour les mouvemens du nez, le pyramidal, qui, entièrement applique sur sa portion osseuse , leur est à-peu-près étranger -, mais comme il se continue en haut avec le frontal, dont il n est
APPAREILS DE LA L O C O ïtl O T I O !Y.
qu une dépendance , son action se réunit à celle de ce dernier , qui , lorsqu’il se contracte pour ramener en devant les tégumcns crâniens , trouve sur le nez, par 1 intermède du pyramidal, un point d’appui solide.
Pour analyser les mouvemens du nez , il faut les observer à deux époques distinctes : quand il se dilate et lorsqu’il se rétrécit.
L’ouverture antérieure des cavités nasales est toujours libre naturellement , disposition qui est due aux cartilages qui la composent presque exclusivement. Les muscles ne contribuent en rien à cet état d’ouverture permanente qui , au reste , offre de nombreuses variétés de grandeur, d’abord citez les différens individus , et puis relativement à quelques dispositions particulières des cavités nasales. Ainsi , quand par une cause quelconque l’une d’elles se trouve rétrécie , l’ouverture qui lui correspond est beaucoup plus petite que l’autre. La direction de celle ouverture n’est pas moins variable : tant t parfaitement horizontale , elle affecte chez d’autres sujets une direction plus ou moins oblique. Ses degrés d’inclinaison influent beaucoup sur la beauté ou la laideur des formes nasales.
Ce n’est donc que dans les inspirations forcées , comme à l’instant de la mort , ou bien dans les cas de gêne profonde de la respiration , ou enfin lorsque nous voulons recevoir une grande quantité de particules odorantes, que l’ouverture du nez se dilate d’une manière active. Alors les cartilages latéraux s’élèvent par la contraction de la portion de l elévateur commun qui s’y fixe ; ils sont de plus portés en dehors par chaque dilatateur, qu’on avoit cru autrefois agir en
des muscles et de leurs dépendances. 25 sens opposé, c’est-à-dire, en comprimant le cartilage nasal pour rétrécir le nez. C’est le degré d’action de ces muscles qui détermine le degré de la dilatation, de l’ouverture nasale.
Son resserrement se fait par le retour des parties à leur état naturel , retour dû à leur élasticité : en effet , il n’existe autour des cartilages aucun muscle propre à resserrer. Cette disposition , commune au nez et au conduit auditif, isole bien évidemment les sens de l’odorat et de l’ouïe , au moins sous ce rapport, de ceux de la vue et du goût, dont les passages ouverts aux corps qui sont les causes de la sensation , peuvent éprouver des degrés infiniment variés de constriclion , se resserrer même complètement et s’opposer à la sensation , suivant la volonté de l’animal ; ce qu’ils doivent à un mode d’organisation tout différent de celui des ouvertures nasales et auditives.
Les divers mouvemens du nez , dont nous avons suffisamment indiqué plus haut le but , n’influent en rien dans l’expression des passions. Etranger au tableau rapide qui réfléchit au dehors les sentimens que nous éprouvons au dedans , tableau qui se dessine spécialement sur l’œil et les environs de la bouche , le nez, outre ses usages relatifs à l’odorat , a plutôt rapport à la régularité des traits de la physionomie. On sait que l’idée de la beauté ou de la laideur ne se sépare point des images que nous nous formons du nez ; tandis que cet organe est étranger à l’idée d’une figure spirituelle , vive , enjouée , etc. , idée que nous rallions surtout a l’œil. Au reste, ici comme dans une foule d autres choses , tout est relatif à la manière de concevoir le beau ou le laid. Le prix que certains peuples
24 APPAREILS DE LA LOCOMOTION, mettent a ce que nous nommons les nez aquiüns , n’estqu une sorte de convention dans le goût , qui est loin d etre la même chez tous les peuples. On sait qu’aux yeux de certaines nations , la forme qui nous déplaît le plus , c’est-à-dire la forme épatée , est la plus parfaite et la plus recherchée.
§ IV . Région maxillaire supérieure .
On trouve dans cette région l’élévateur de la lèvre supérieure, le canin, le grand et le petit zygomatiques.
Muscle élévateur de la lèvre supérieure. Mince , court, aplati, quadrilatère, placé au-dessous de la circonférence orbitaire , à la partie inférieure et interne de laquelle il s’insère, par de courtes fibres aponévrotiqnes , dans l’espace d’un pouce à-peu-près. De là , il se dirige obliquement en bas et en dedans, en se rétrécissant un peu , s’unit bientôt avec l’élévateur commun, et même quelquefois avec le petit zvgomalique lorsqu’il existe , et se termine au labial avec le- ■quel il s’entrelace.
Le palpébral et les légumens le recouvrent ; il est appliqué sur les vaisseaux et nerfs sous-orbitaires, sur l’abaisseur des ailes du nez , et sur le canin.
Muscle canin. Allongé, aplati , occupant la fosse canine. Ses fibres, nées au milieu de cette fosse , descendent en convergeant à la commissure des lèvres , dans une direction oblique de dedans en dehors ; parvenues à cette commissure , elles s’y entrelacent en partie avec le labial ; mais le plus grand nombre se continue avec celles du triangulaire.
Le canin correspond en devant à l’élévateur de la
des muscles et de leurs dépendances. 25 lèvre supérieure, aux vaisseaux et nerfs sous-orbitaires, et aux tégumcns , en arrière , à la fosse canine , à la membrane buccale et au buccmateui . .
Muscle grand zygomatique. Allongé , grêle , arrondi, placé au-devant et sur les côtés de la face. Il s’insère, par de petites fibres aponévrotiques, au milieu de l’os malaire , descend ensuite obliquement en dedans et en avant , et vient gagner la commissure pour concourir à la formation du labial.
Le grand zygomatique est subjacent à la peau et un peu au muscle palpébral ; il recouvre l’os malaire, la veine labiale et le buccinateur, dont le sépare en haut une grande quantité de tissu graisseux.
Muscle petit zygomatique. Aplati , de forme allongée , situé en dedans du précédent , n’existant pas toujours. Sa disposition n’a rien de constant ni de régulier. 11 naît communément de l’os malaire , quelquefois du palpébral, de là se dirige plus ou moins obliquement en bas et en dedans, et vient se terminer tantôt à l’élévateur de la lèvre supérieure , tantôt dans le labial .
La peau et le labial le recouvrent ; il correspond en arrière à l’os malaire , au canin et à la veine labiale.
Mouvemens.
Tous ces mouvemens se rapportent surtout à la levre supérieure , à laquelle se rendent les muscles qui viennent d’être exposés , et de plus la portion labiale de 1 élévateur commun : or, celte lèvre est susceptible de s elever , de s’abaisser et de s’élargir transversalement.
Quand 7a levre supérieure s’élève directement sans
s élargir, c est parles contractions combinées de l’élévateur propre, dcl élévateur commun et du canin, dont
les actions opposées se détruisent, laissant l’action commune, le mouvement en haut. Alors l’espace dimi-
nuant entre celle lèvre et l’orbite , la peau se ride en
cet endroit , et fait saillie en devant. Si en s’élevant la levre se porte en dedans , ce sont les canins qui agissent surtout ; les élévateurs sont spécialement en action quand , en se portant en haut , elle se dirige aussi un peu en dehors, des deux côtés , et s’élargit conséquemment.
Le seul relâchement des muscles précédens suffit pour 1’abaissement de la lèvre et son retour à sa position naturelle.
Quant à son allongement transversal , c’est le grand zygomatique qui l’opère , en même temps qu’il concourt aussi un peu à l’élévation ; et comme ses fibres se continuent aussi avec la portion inférieure du labial , il communique inévitablement ses mouvemens à la lèvre inférieure , en sorte qu’il agit sur toute la bouche. Au reste , dans son action principale , il se trouvé quelquefois secondé par des fibres du peaucær , qui s’étendent jusqu’au-dessus de la commissure dans certains sujets.
Aucune région du visage , après l’oculaire , ne concourt autant à l’expression des passions que la lèvre supérieure , et par conséquent la bouche, dont 1 élévation et l’allongement réunis sont un des mouvemens les plus remarquables dans le rire, qui exprime la joie, la gaieté , en un mot toutes les passions agréables , lesquelles semblent résider presque exclusivement dans cette région , au moins quant à ce qui regafdc la lace ;
DES MUSCLES ET DE LEURS DEPENDANCES. 'J.’J car une remarque bien cligne d’inle'rêl , c’est que la lèvre supérieure et la bouche , dont l’état particulier dans le rire nous frappe le plus, ne sont cependant pas les seules parties affectées ; il est probable meme que les mouvemens , dans cette circonstance , ne sont que l’effet d’une connexion sympathique qui existe entre elles et le diaphragme , qui paroît recevoir alors la première et la principale impression.
En effet , on ne peut , je crois , nier le rôle important qu’il remplit dans le rire , puisque celui-ci s’accompagne toujours d’inspirations et d’expirations courtes et précipitées, qui ne peuvent être dues qu’à un état particulier de ce muscle , principal agent de la respiration. On sait d’ailleurs très-bien que les intercostaux sont étrangers à cette rapide succession de mouvemens , dont la concomitance avec ceux de la lèvre est toujours indubitable. Mais de plus il est évident que souvent, dans le rire, ces derniers dépendent du diaphragme , comme on le voit surtout dans celui qu’on nomme sardonique , et qui est un des effets de 1 inflammation de la plèvre qui revêt le diaphragme , ou plutôt du diaphragme lui-même. Quoique je n’aie pas eu occasion de vérifier le fait , ce même rire , indiqué déjà par Hippocrate comme un des résultats de la blessure de ce muscle , a été observé par un trop grand nombre de chirurgiens pour élever des doutes sur sa réalité.
§ V. Région maxillaire inférieure.
On trouve dans cette région l’abaisseur de l’angle des lèvres , 1 abaisseur de la lèvre supérieure , et le releveur du menton.
■q8 appareils de la locomotion.
Muscle abaisseur cle V angle des lèvres. Mince, «aplnû , triangulaire, placé sur les côtés de la mâchoire inferieure , sous l’angle des lèvres. Il prend naissance inferieurement à la ligne maxillaire externe , par de courtes aponévroses , d’où naissent les libres charnues dont quelques-unes sont souvent en arrière la continuation de celles du peaucier; toutes se portent en haut , les moyennes verticalement les autres obliquement , d’avant en arrière pour les antérieures, d’arrière en avant pour les postérieures. Parvenues à la commissure , elles se perdent en partie dans le labial ; mais le plus grand nombre se continue avec celles du canin , et semble ne former avec lui qu’un seul muscle très-étroit vers la commissure, élargi à ses deux extrémités , et pouvant élever l’os maxillaire inférieur sur le supérieur.
Ce muscle , subjacent à la peau à laquelle il adhère et à quelques fibres du peaucier, recouvre l’abaisseur de la lèvre inférieure , et un peu le buccinaleur.
Muscle abaisseur de la lèvre inférieure. Mince , aplati , quadrilatère , situé dans la lèvre inférieure , en dedans et un peu au-dessous du précédent. Ses fibres confondent en partie leur insertion avec la sienne sur la ligne maxillaire externe , et sont en partie la continuation de celles du peaucier , qui passent dans les intervalles de celles du précédent. Toutes sont parallèles , forment un faisceau assez large qui , se dirigeant obliquement en haut et en dedans , s’unit bientôt a celui du côté opposé , dont le sépare en bas le releveur du menton , et se confond ainsi que lui avec le labial.
Recouvert par le triangulaire et les légumens x aux-
quels 11 adhère fortement , ce muscle est appliqué sur la mâchoire inférieure, dont le séparent les vaisseaux et nerfs mentonniers , et sur le labial.
Muscle réleveur du menton . Petit , court, épais, de forme conique , place dans 1 intervalle triangulaire qui sépare le précédent de son semblable. Il s’implante par un petit tendon a cote de la symphyse du menton ; ses fibres , d’abord unies , s’écartent bientôt en divergeant , traversent presque toutes l’espace triangulaire qui séparé les abaisseurs de la levre , quelques-unes les fibres de ces muscles , et viennent, en s’épanouissant , se fixer à la peau du menton.
Ce muscle correspond en arrière à la mâchoire inférieure , en haut à la membrane buccale , en dehors à l’abaisseur , en dedans à celui du côté oppose , et dans le reste de son étendue auxtégumens.
Mouvemens.
Les muscles qui composent cette région sont, comme dans la précédente , presque toujours étrangers aux mouvemens des parties solides ; leur action est bornée à la lèvre inférieure, qui est susceptible de s’élever, de s’abaisser et de s’allonger transversalement.
Son élévation s’opère par la contraction du releveur . du menton, qui , par son adhérence à la peau de cette partie , la soulève , et communique par là même un mouvement de soulèvement à la lèvre inférieure ; car, excepté un peu le canin , il n’y a pas de muscle qui agisse directement sur elle dans ce mouvement , lequel s’accompagne quelquefois d’un autre , produit aussi par l’action de quelques fibres supérieures du çiême muscle , je veux dire le renversement de celle
levre , dans lequel une partie de la surface interne se montre à l’extérieur en s’avançant en devant.
L abaissement peut d’abord se faire par le relâchement du releveur du menton, quand sa contraction a été antécédente; mais, dans les cas ordinaires, il s’opère, d’un seul côté , par l’action combinée des abaisseurs de 1 angle et de la lèvre , ou bien directement des deux côtés par la contraction simultanée de ces muscles.
Quant à l’élargissement ou l’allongement transversal , dernier mouvement dont est susceptible la lèvre inférieure, elle le doit au buccinaleur , au grand zygomatique, et enfin à quelques fibres du peaucier qui viennent , ainsi que ces muscles , se distribuer à la lèvre supérieure comme à elle , en sorte que l’une ne peut guère s’élargir sans l’autre.
Dans le mobile tableau de la physionomie , la lèvre inférieure remplit un rôle principal dans l’expression des passions sombres , la tristesse , le chagrin , etc. , qui toutes , comme nous l’avons déjà dit , sont marquées par l’allongement des traits du visage , auquel elle participe beaucoup par son abaissement et par celui de l’angle : voilà pourquoi , quand ces sortes d’affections sont portées au point de faire couler les larmes, souvent il y a aussi, chez les enfans surtout, écoulement involontaire de la salive.
Le geste est étranger aux deux régions maxillaires. Ce langage muet de l’entendement, que la raison dirige toujours , bien différent sous ce rapport de celui des passions, semble, dans la face, n’appartenir presque qu’à l’œil.
des muscles et de leurs DÉPENDANCES. or
0 VI. B cgi on intermaxillaire.
• Le buccinateur et le labial la composent seuls.
Muscle bnccinaleur. Mince, large, aplati, quadrilatère , placé enlre les deux mâchoires. Ses attaches , qui sont postérieures, se font, en haut , au bord alvéolaire supérieur , depuis la dernière grosse molaire jusqu’à la seconde petite; au milieu , à un ligagament qui , du sommet de l’aile interne de l’apophyste ptérygoïde, descend à l’extrémité du rebord alvéolaire inférieur , et reçoit de l’autre côté l’attache du constricteur supérieur ; en bas , à la partie postérieure et externe du rebord alvéolaire inférieur. De celte triple insertion, les fibres charnues se portent dans des directions différentes , les moyennes horizontalement , les supérieures un peu obliquement en bas , les inférieures un peu obliquement en haut ; toutes se rendent à la commissure, et y concourent à former le labial , en se partageant aux deux portions de ce muscle , dont la supérieure reçoit quelques-unes de ses fibres inférieures , et l’inférieure quelques-unes des supérieures , par une sorte d’entrecroisement.
Le buccinateur est séparé de l’apophyse coronoïde et du masseter en arrière , du grand zygomatique , de l’artère et de la veine labiales , du peaucier et des tégumensen devant , par une grande quantité de tissu cellulaire graisseux , lequel remplit le vide considérable qui sans lui existeroit sur la joue , et contribue sous ce rapport à l’ uniformité des traits et aux grâces de la physionomie. D’un autre côté * ce tissu cellulaire abondant favorise la grande dilatation dont le buccinateur est susceptible pour les diverses fonctions
de la bouche. Ce muscle est revelu en dedans par la membrane de la bouche , dont le séparent plusieurs glandes muqueuses ; il est traversé vis-à-Yts la troisième molaire par le conduit excréteur de la parotide.
Muscle labial. Ovalaire, aplati , transversal , à fibres concentriques , fendu pour l’entrée de la bouche, placé autour de l’ouverture de celle cavité , composé de libres communes et de fibres propres. x°. Les libres communes forment un plan extérieur , étendu , qui résultede la confusion des divers muscles qui viennent se rendre aux lèvres , c’est-à-dire , en haut , de l’élévateur commun, de l’élévateur propre de la lèvre supérieure , du petit zygomatique, et de quelques fibres nées de l’épine nasale antérieure , que quelques anatomistes ont désignées sous le nom de muscle nas cil- labial; en bas, de l’abaisseur delà lèvre inférieure et de quelques libres de l'élévateur du menton; à la commissure, du grand zygomatique, du canin, du buccinateur et de l’abaisseur de l’angle. Tous ces' muscles s’entrelacent au point qu’on ne peut assigner aucune direction aux libres du plan charnu qui résulte de leur ensemble. 2°. Outre cela , le labial a des. fdires propres qui forment un plan absolument continu avec le précédent , dont il n’est pas distinct , et qui correspond au bord libre des lèvres. Ce plan est divisé , ainsi que le précédent, en deux portions dont la supérieure est la plus large , et qui se réunissent à chaque commissure. Ses libres sont concentriques et décrivent une courbure dont la concavité est en sons opposé pour 'chaque portion.
Le labial est très-adhérent à la peau qui le recouvre; il est plus lâchement uni à la membrane muqueuse-
DES MUSCLES ET DE LEURS DEPENDANCES. 55 et aux glandes buccales, auxquelles 11 correspond en dedans.
Mouvemens .
Quoique deux muscles seulement composent cette région , c’est une de celles de la face qui exécutent le plus de mouvemens , et qui sont susceptibles de prendre les formes les plus vaiiecs. Ses mouvemens appartiennent à la bouche ou aux joues.
L'entrée de la bouche , qui résulté de 1 ecartement des lèvres , est susceptible de s’ouvrir et de se fermer pour les usages nombreux auxquels celte cavité est destinée. Cette ouverture , considérée indépendamment de tout écartement des mâchoires , est due à l'élévation de la lèvre supérieure et à l'abaissement de l’inférieure , d’après le mécanisme que nous avons indiqué plus haut. En même temps qu’elle s’agrandit ainsi de haut en bas , elle peut le faire d’un côté à l’autre par l’action du buccinateur , cas dans lequel les lèvres sont tirées en dehors et en arrière , ou par celle du zygomatique, et alors elles sont plus spécialement portées en dehors. Dans les cas les plus ordinaires , les mâchoires s’écartent , l’inférieure surtout , pour ouvrir la bouche, et alors les lèvres leur obéissent passivement en s’écartant aussi , et laissant entr’elles un intervalle plus ou moins grand , nécessaire à la préhension des alirnens, à la prononciation des sons, etc.
Le plus grand degré d’ouverture de la bouche varie beaucoup : il est en raison composée , i°. de l'étendue d’abaissement de la mâchoire , étendue qui dépend de - l’organisation articulaire ; 2°. des diamètres naturels de la bouche , du transversal surtout ,
qui permet aux deux lèvres de s’écarter d’autant plus qu’il est plus long.
Le simple rapprochement des lèvres, par le relâchement des muscles qui en opéroient l’écartement , suflit pour Ferniêr la bouche quand les mâchoires n’ont pas ete écartées , et alors cette ouverture reprend sa forme naturelle et sa grandeur , laquelle est infiniment variable chez les différens individus. Remarquez que c’est précisément cette variabilité qui , ici ainsi que dans beaucoup d’autres circonstances, nous a conduits à affecter à la beauté , comme un de ses caractères, un état de la bouche plutôt qu’un autre; le choix est tombé sur celui de la petitesse , qui nous plaît et entre pour beaucoup dans la décision que nous portons touchant telle ou telle physionomie. Au contraire , nous attachons plus de prix à l’étendue de l’ouverture des paupières , et nous regardons comme un apanage de la beauté, la saillie des yeux qui en résulte ; car, comme je l’ai observé plus haut , l'idée du beau est moins liée au volume considérable de l’œil , qu’à l’agrandissement des paupières , qui rend cet organe très-apparent en le laissant plus à découvert.
Si , lorsque la bouche est dans sa disposition naturelle , nous voulons en rétrécir encore l’ouverture , comme dans le jeu de quelques înstrumens à vent , dans la succion , etc. , c’est qu’alors le muscle labial entre en action ; les lèvres se rapprochent fortement ; leurs bords libres se portent en avant, et elles forment ainsi une sorte de bourrelet circulaire à rides rayonnées, qui est susceptible de configurations variées , suivant le but pour lequel les lèvres se sont ainsi rapprochées. D’après tout ce que nous venons de dire.
des muscles et de leurs DÉPENDANCES. 5 J le labial est vraiment , dans les mouvemens divers de la bouche , l’antagoniste de tous les petits muscles qui viennent s’y terminer , comme le palpébral est l’antagoniste du frontal , etc.
Quant aux mouvemens des joues , ils se bornent à la dilatation et au resserrement. La dilatation est toutà-fait passive, et a lieu mécaniquement par la présence de l’air ou des alimens dans la bouche, etc. : aucun muscle n’y concourt. Mais une fois distendu de cette manière , le buccinateur dont les fibres naturellement droites sont devenues courbes , se contracte , presse le corps renfermé dans la bouche , et tantôt l’expulse de cette cavité , ainsi que cela a lieu pour l’air dans le jeu des inslrumens à vent, dans l’action de siffler, etc. ; tantôt, au contraire, si les molécules de ce corps sont solides et dispersées , comme dans la mastication , les rassemble et les repousse , soit sous les dents quand cette dernière n’est pas achevée , soit au centre de la bouche et sur la langue , pour la formation du bol alimentaire. Aussi, quand ce muscle est paralysé , le passage des alimens solides par la bouche éprouve-t-i^ de grands obstacles.
§ Vil. Région ptéry go-maxillaire.
Deux muscles la composent : ils portent le nom de ptérygoïdiens ,* leur position les distingue.
Muscle ptcrjgoidien interne. Epais, un peu allongé, quadrilatère , obliquement placé à la partie interne et postérieure de la branche du maxillaire inférieur. Il s’implante dans toute la fosse ptérygoïde , surtout à son aile externe , et à la tubérosité de l’os palatin , par des fibres aponévrotiques, dont les unes descendeu
56 APPAREILS DE LÀ LOCOMOTION, dans l'épaisseur des charnues qu’elles séparent en divers faisceaux et où elles sont très-distinctes , et dont les autres forment un plan continu sur la face interne du muscle , qui , de là , se dirige en bas , en arrière et en dehors , et vient se fixer à la partie interne et au-dessus de l’angle maxillaire, par d’autres fibres aponévrotiques aussi distinctes que les premières^ et interposées comme elles entre les charnues ,. en sorte que ces deux espèces de fibres sont presqu’en égale proportion.
Ce muscle répond , en dedans , au péristaphylin externe , puis à l’espace triangulaire qui le sépare du constricteur , et où sont logés divers nerfs, vaisseaux et muscles , enfin à la glande sous-maxillaire. En dehors , il est séparé de la mâchoire par les nerfs dentaire et lingual , par l’artère dentaire et le ligament latéral interne de la mâchoire.
Muscle plérygoïdien externe. Epais, aplati , triangulaire, obliquement placé entre la mâchoire inférieure et l’apophyse ptérygoïde. Il s’insère, i°. à la face externe de cette apophyse et en dehors de la tubérosité de l’os palatin ; 2°. à la face zygomalotemporaledu sphénoïde. De ces deux insertionsTreotre lesquelles passe souvent l’artère maxillaire interne , et qui se font par des fibres aponévrotiques interposées assez loin dans les charnues , le muscle se dirige en convergeant en arrière et en dehors, et vient s’attacher au-devant du col du condyle maxillaire et au fibro-cartilage articulaire , par d’autres fibres aponévrotiques également interposées dans les charnues.
En dehors , le muscle temporal et ordinairement l’artère maxillaire interne ; en dedans, le muscle pré-
DES MUSCLES et DE LEURS DÉPENDANCES. Ü>7
cèdent, le nerf maxillaire inférieur, le ligament interne de l’articulation , l’artère méningée moyenne ; en haut , le dessus de la fosse zygomatique : voilà les, rapports du ptérygoïdien externe.
, Mouveinens.
Des deux ptérygoïdiens, qui composent seuls cette région , l’interne concouit à l’élévation de la mâchoire , en combinant presque toujours alors son action avec celle des muscles de la région suivante ; et de plus qu’eux , il la porte un peu en devant. Mais c’est surtout par la contraction de l’externe que s’exécute ce mouvement en devant , qui est alors horizontal , et qui tantôt est obliquement dirigé quand le ptérygoïdien d’un seul côté est en action , cas où le menton se porte du côté opposé au muscle contracté; tantôt, au contraire, est direct, ce qui a lieu quand, par l’action simultanée des deux ptérygoïdiens externes , la mâchoire se meut horizontalement sans éprouver aucune déviation. Il est à observer que , dans ces mouvemens, le ptérygoïdien entraîne aussi dans le même sens le fîbro-cariilage de l’articulation , sur lequel il prend quelques insertions , en sorte que celui-ci ne quitte point le condyle.
Quoique, dans le tétanos qui affecte les muscles moteurs de la mâchoire inférieure , l’élévation et le rapprochement fixe de celle-ci contre la supérieure soient presque constamment directs , ce qu’explique l’infériorité des ptérygoïdiens externes , il n’est pas sans, exemple de voir ces muscles entraîner alors en devant 1 os maxillaire , et surmonter eux seuls l’action des autres qui tendent a le diriger seulement en haut. J.e
38 APPAREILS DE Jj A DO CO MOT ION.
l’ai observé deux fois : les dénis inférieures dépassoient de beaucoup les supérieures.
Si, dans quelques cas de fixité absolue delà mâchoire inferieure , la bouche se trouve ouverte , les pterygoïdiens peuvent contribuer à l’abaissement de la supérieure ; mais ces circonstances sont infiniment rares ; quand elles arrivent , c’est dans l’articulation de la tête avec la colonne vertébrale que se passe le mouvement.
Le ptérygoïdien externe est un agent essentiel de déplacement dans les fractures du col du condyle maxillaire. L’interne relient en haut le fragment supérieur dans celle du corps.
§ VIII. Région temporo-maxillaire .
Elle comprend le masseter et le temporal.
Muscle mass eter. Court, très-épais, quadrilatère, un peu allongé , situé sur les branches de la mâchoire inférieure. Il s’insère, i°. aux deux tiers antérieurs et externes du bord inférieur de l’arcade zvgomatique , par une aponévrose très-forte qui , après avoir recouvert une partie du muscle , se divise en plusieurs languettes pénétrant dans l’épaisseur des fibres charnues , auxquelles sa face interne donne attache dans toute son étendue ; 2°. à la partie postérieure du même bord , par de petits faisceaux aponévroiiques interposés dans les charnus; 3°. enfin à la surface interne de l’arcade , par de courtes aponévroses. Nées de ces trois insertions, les fibres du masseter suivent trois directions différentes : les premières forment , par leur réunion , la portion principale du muscle , se portent
obliquement en bas et en arrière , et vont s’implanter à la partie postérieure de la région faciale de la mâchoire inférieure , par de petites lames aponévrotiques qui se prolongent dans leur intérieur. Les secondes descendent verticalement , ce qui les distingue des précédentes, avec lesquelles elles confondent leur insertion , qui se fait de la même manière et au même endroit. Les troisièmes se portent obliquement en bas et en devant jusqu’à l'apophyse coronoïde , en dehors de laquelle elles se terminent par des fibres aponévrotiques assez sensibles.
Le masseter est recouvert par la peau , le peaucier , la glande parotide et son conduit excréteur , le nerf facial , l’artère faciale transverse , le grand zygomatique et le palpébral. Il est appliqué sur la mâchoire inférieure, sur le tendon du muscle temporal, et séparé du buccinateur par beaucoup de tissu cellulaire graisseux.
Muscle temporal. Large , mince en haut , épais eu bas, triangulaire, rayonné, occupant la fosse dont il emprunte son nom. Il prend naissance, ’i °. en dehors sur la surface Interne d’une aponévrose Irès-lorle fixée au bord supérieur de l’arcade zygomatique et à toute la ligne courbe temporale , aponévrose qui , libre extérieurement , 1 enchâsse' pour ainsi dire dans une cavité osseuse du côté du crâne , fibreuse du côté opposé; 20. en dedans, du périoste de toute la fosse temporale , et de quelques fibres aponévrotiques nées de la petite crête transversale qui la termine en bas. De cette double origine , les fibres charnues viennent obliquement se rendre, les premières sur la surlace externe , les secondes sur la surface interne d’unQ
4° AJ-PAKEILS DE LA LOCOMOTION, autre aponévrose très-épaisse et assez large , d’abord logée dans l’épaisseur du muscle, dont elle sort bientôt en se rétrécissant et dégénérant en un tendon qui descend dans une direction verticale , passe sous 1 arcade zygomatique, et vient embrasser toute l’apophyse coronoïde , excepté à sa surface externe qu’occupe le masseter.
Le temporal est recouvert par l’aponévrose épicranienne , les auriculaires supérieur et antérieur , les vaisseaux et nerfs temporaux superficiels , l’arcade zygomatique et le masseter. Il est appliqué d’abord sur toute la fosse temporale, puis sur l’artère maxillaire interne , le ptérygoïdien externe et le buccinaleur.
Mouvemens.
Le principal usage des muscles de cette région est d’élever la mâchoire ; ils le font avec une force proportionnée au nombre de leurs fibres. C’est surtout . dans les animaux carnassiers que cette force est considérable ; elle est proportionnée à l’effort qn exercent les dents, et, en général, elle se trouve, dans la série des animaux , en raison inverse de la force des fibres charnues de l’estomac. Plus ce viscère est susceptible d’agir mécaniquement sur les alimens , moins la trituration dentaire est énergique.
Quand le masseter et le temporal agissent simultanément , l’élévation est directe ; quand le plan externe des fibres du premier et le ptérygoïdien interne combinent leur action , à l’élévation se joint le mouvement en devant, qui alors est peu marqué, mais qui devient prédominant si le ptérygoïdien interne
DES MUSCLES ET DE LEURS DEPENDANCES. 4r
a "it aussi. La mâchoire étant portée en devant, les fibres postérieures du temporal et le plan interne de celles du masseter, la ramènent en arrière. Nous avons suffisamment exposé ailleurs le mécanisme de ces mouvemens par rapport aux os.
Les deux muscles de cette région sont complètement étrangers à l’expression de la face. Séparés de la peau , l’un par une aponévrose , l’autre par un tissu lâche , ils ne peuvent lui imprimer aucun mouvement, ni entrer par conséquent parmi les mobiles agens de la physionomie. Ils sont, ainsi que tous ceux qui élèvent la mâchoire , les plus exposés à ce tremblement spasmodique qui naît du froid appliqué sur la peau. Le tétanos les influence aussi spécialement. La paralysie , au contraire , les atteint moins facilement , et j’ai remarqué souvent que la mâchoire se meut aussi; bien d’un côté que de l’autre , tandis que toute la. face est déviée dans un sens par l’effet d’une hémiplégie. Dans la fracture de la mâchoire , ils retiennent en haut le fragment supérieur. Le masseter peut-il quelquefois agir pour produire la luxation ?
§ IX. Région linguale.
Deux espèces de muscles la composent. Il en est qui sont communs à la langue et à d’autres parties : ce sont les hyo-glosse, génio-glosse et stylo-glosse. De plus , une foule de fibres en composent le tissu , et forment de la langue elle-*mçme un des muscles les plus compliqués de l’économie.
Muscle hyo-glosse. Mince, large, aplati, quadrilatère , situe sur les côtés de la partie supérieure du
cou. Il s’attache par de courtes fibres aponévrotiques au-devant du corps , puis à toute la grande corne de l’os hyoïde , double insertion que sépare ordinairement l’artere linguale. Ses fibres, remontent ensuite de maniéré que le plan des antérieures, qui est plus épais , recouvre un peu celui des postérieures , qui est mince ; arrivées à la langue , le plus grand nombre se perd daus cet organe , quelques-unes se continuent visiblement avec le stylo-glosse.
Les rapports externes de ce muscle sont, de bas en haut , avec le digastrique , le stylo-hyoïdien , le mylohyoïdien > le nerf grand hypoglosse et la glande sousmaxillaire ; en dedans , il recouvre le constricteur moyen , l’artère linguale , le nerf glosso-pharyngien , le muscle génio-glosse.
Muscle génio-glosse. Large , aplati , triangulaire , rayonné , situé entre la langue et l’os maxillaire inférieur. Un petit tendon fixé à l’apophyse géni donne naissance à ses fibres charnues , en les accompagnant plus ou moins loin , surtout en dehors. Celles-ci eu partent en divergeant , et viennent se rendre à tout le bas de la langue , où se trouve la base du triangle , en suivant des sens différens selon qu’elles gagnent la pointe , le milieu où la base. Elles se confondent entièrement avec le lingual ; quelques-unes des plus postérieures se fixent aux petites cornes de l’hyoïde.
Ce muscle répond , en dehors , à la glande sublinguale , à l’hyo-glosse, au stylo-glosse et au mylo-hvoïdien; en dedans, à son semblable , dont le sépare un peu de tissu graisseux , excepté supérieurement et inférieurement où il se confond avec lui ; en devant > à la membrane palatine; en bas, au génio-hyoïdien..
Muscle stj'lo-glosse. Grele et arrondi en haut , large en bas , placé sur les côtés de la partie supérieure du cou. Fixé à la moitié inférieure de l’apophvse styloïde et au ligament stylo-maxillaire , il se dirige en bas , en avant et en dedans , s’élargit vers la langue, se perd en partie sur ses côtés, où il se prolonge sensiblement , et se continue en partie avec l'iivo-glosse. Le digastrique, la glande sous-maxillaire, le nerf lingual , la membrane palatine en dehors , le constricteur supérieur et le lingual en dedans , forment ses rapports.
Muscle lingual. On désigne communément sous ce nom un petit faisceau allongé , placé au-dessous et sur les côtés de la langue, entre l’hyo-glosse, le styloglosse qui sont en dehors , et le génio-glosse qui est en dedans , ayant son origine charnue à la base , et sa terminaison aussi charnue à la pointe ; mais ce n’est là qu’une petite partie des fibres de la langue, qui est toute musculaire. Il est presque impossible de bien distinguer la disposition du plan des fibres subjacentes a sa surface muqueuse supérieure : plusieurs paroissent transversales , d’autres sont obliques , peu sont longitudinales. Leur entrelacement est inextricable. En bas, on peut mieux suivre leur direction : en effet, on y voit d’abord sur les côtés un plan longitudinal , formé tant par le petit faisceau précédent que par 1 extrémité du stylo-glosse; au milieu, les deux génioglosses , jusque là contigijs, s’écartent , et leurs fibres , dirigées en dehors, forment au- dessus du plan précèdent un autre à direction opposée , et qui vient se rendre sur les bords de la langue j en sorte que, sur b's côtés de cet organe ; il y a manifestement trois
44 APPAREILS DE LA LOCOMOTION, plans, un inférieur à fibres longitudinales, un moyen à fibres transversales , un supérieur à fibres entrecroisées en tous sens. Au milieu , il y a d’abord l’adossement des deux génio-glosses , et au-dessus de leur ecartement une foule de fibres à mille directions différentes.
Mouvemens.
On peut rapporter à deux classes les mouvemens. infiniment variés qu’exécute la langue. Les uns lui appartiennent en propre : ce sont les divers changemens de forme qu’elle peut éprouver par les contractions de son tissu , et indépendamment des muscles extrinsèques ; les autres sont des mouvemens communiqués par ces derniers muscles.
Aux premiers se rapportent , i°. l’allongement modéré de cet organe. En effet, jusqu’à ce que la pointe dépasse le bord des lèvres , Je génio-glosse n’y concourt que peu; ce n’est souvent qu’un relâchement des fibres du lingual : aussi la langue se rétrécit-elle alors en même temps qu’elle s’allonge. 2°. Après s’être allongée, elle se retire dans la bouche, et est encore susceptible de s’y raccourcir par un mécanisme opposé au précédent , c’est-à-dire , par la contraction des fibres longitudinales du lingual. 5°. Outre ces deux mouvemens elle peut se courber transversalement , de manière à ce que la pointe vienne toucher la surface interne des joues, par l’action des fibres longitudinales du côté où la pointe est dirigée. 4°. Elle se dirige , par l’action isolée des fibres longitudinales inférieures ou supérieures, en bas , de manière à ce que sa pointe se recourbe vers le filet ; en
îiaut , de manière à ce qu’on voie librement sa surface inférieure quand la bouche est ouverte , et à ce que la pointe s’approche plus ou moins de l’isthme du gosier. On demande même si, dans ce mouvement, elle peut s’y engager au point de produire la suffocation. Qu’une conformation particulière , qu’une trèsgrande laxité du filet le permettent chez certains individus, le fait seroit difficile à concevoir; mais il paroît impossible quand on l’annonce comme généralement susceptible d’être produit à volonté. Tels sont les divers mouvemens propres qu’exécute la langue : j’observe qu’ils se passent plus particulièrement dans la pointe , qui est libre et pourvue d’une excessive mobilité.
Voici maintenant ceux qui lui sont communiqués : i°. elle se porte en avant par la contraction des fibres postérieures des génio-glosses : l’os hyoïde l’accompagne un peu dans ce mouvement ; il s’élève d’abord, puis il se porte , comme elle , en devant. Réciproquement, quand , par une cause violente, cet os est forcé d’exécuter ce double mouvement, la langue 6ort aussi de la bouche , poussée mécaniquement par lui ; c’est ce qui avoit lieu dans le supplice de la corde. 2°. Ce sont les fibres antérieures des génioglosses qui ramènent la langue à sa position naturelle , quand elle a été entraînée dans celle que nous venons de décrire. 3°. Son mouvement en bas , ou plutôt sa fixation à la paroi inférieure de la bouche , dépend de la totalité de ces derniers muscles , auxquels se joint alors , d’une manière spéciale , l’action des hyo-glosses. 4°. Quant au mouvement d’éléval|on dont la langue est susceptible , la pointe et la
46 appareils de la locomotion.
base l’exécutent différemment : la première s’approche d’elle-même de la voûte palatine, et, comme je l’ai dit , le lingual concourt seul à ce mouvement ; la seconde y est portée par les stylo-glosses réunis alors avec les glosso-staphylins.
La langue n’est pas bornée à ces seuls mouvemens simples; ceux-ci se combinent d’une foule de manières qu’il seroit difficile d’indiquer avec précision , et dont on doit d’ailleurs se former une idée d’après les détails dans lesquels nous venons d’entrer. La grande mobilité de cet organe fait assez sentir qu’il est destiné à se prêter à beaucoup d’usages sur lesquels je vais jeter un coup d’œil rapide.
La langue agit particulièrement dans la préhension des liquides , que nous saisissons de trois façons différentes, par succion , avec un vase et par infusion. i°. Dans le premier mode , qui est surtout particulier à l’enfant, le mamelon est saisi avec les lèvres, qui se froncent par le lahial ; le voile du palais est soulevé pour boucher l’orifice postérieur des fosses nasales ; la langue.forme, par la contraction des fibres moyennes des génio-glosses qui dépriment son milieu, une gouttière longitudinale , qui reçoit le mamelon et transmet le lait au pharynx pendant que le vide se fait dans la bouche. 2°. Lorsque nous buvons avec un vase, la langue offre bien une semblable gouttière ; mais les fluides s’y portent par leur propre poids. 3°. Enfin elle est tout-à-fait étrangère au troisième mode de préhension des liquides , qui a lieu quand , la tête étant renversée et la bouche grandement ouverte , on les précipite dans le gosier.
Pendant la mastication des alimens solides, la
langue , en se dirigeant latéralement , rassemble et ramène sans cesse sur les dents les diverses par celles dispersées dans toutes les parties de la bouche; quand elles sont suffisamment imprégnées des sucs salivaires , elle les rassemble sur elle-même en une seule masse qui est ensuite soumise aux efforts de la déglutition , dont voici le mécanisme , au moins quant à ce qui regarde la langue. Après la formation du bol alimentaire , le sommet s’applique contre la voûte palatine , la base s’abaisse , et alors la face supérieure de la langue forme un plan incliné , le long duquel le bol est forcé de descendre , par l’élévation successive des diverses parties de cet organe contre la voûte palatine , élévation qui le presse en arrière et lui ferme en devant toute espèce d’issue.
La langue sert aussi beaucoup dans la prononciation des sonjs. Outre qu’elle peut avoir quelque usage pour l’expression des voyelles , elle agit plus particulièrement dans les consonnes : il en est même de désignées pour cela sous le nom de linguales , parce qu’elle concourt presque seule à les former. Néanmoins , cet organe n’est pas tellement indispensable pour la parole , qu’on n’ait vu des sujets qui , après en avoir en partie perdu l’usage par l’amputation, l’ont recouvrée au bout d’un certain temps.
Le sifflement qui a lieu à l’instant de la sortie de 1 air ou a celui de son entrée dans l’ouverture formée par les lèvres, qui se froncent parle labial, est aidé en meme temps par la langue , qui fait un canal immobile et simple conducteur de l’air à l’orifice de la bouche dans le sifflement continu , mais agité de trétnoussemens sensibles dans quelques espèces de sif-
ilemens , et surtout dans le jeu de certains instrümens à vent.
Enfin la langue n’agit pas moins dans l’exputation , dont voici le mécanisme : les lèvres se resserrent pour laisser entr’elles une petite ouverture, surtout lorsqu’on veut pousser la salive au loin ; la pointe de la langue , chargée de salive , s’approche de leur ouverture, se retire aussitôt, et laisse derrière cette ouverture le fluide que l’air , poussé à travers avec force , chasse au dehors.
§ X. Région palatine.
Les muscles qui s’y trouvent appartiennent tous auxmouvemens du voile du palais : ce sont les péristaphvlins interne et externe , lé palato-staiphylin , les pharyngo et glosso-staphylins.
Muscle péristaphjlin interne. Grêle, allongé, arrondi en haut , aplati en bas , situé sur les côtés de l’ouverture postérieure des fosses nasales. Il naît, par de courtes aponévroses , en partie de la face inférieure du rocher devant le trou carotidien y et en partie du cartilage de la trompe d'Eustache ; de là , il descend obliquement en dedans , gagne le voile du palais , dans l’épaisseur duquel il se termine en se confondant avec celui du côté opposé , et avec le palatostaphylin. Il correspond en dehors au péristaphylin externe qu’il côtoie , et au constricteur supérieur ; en dedans , à la membrane pharyngienne.
Muscle péristaphjlin externe. Allongé , aplati . réfléchi sur lui-même , placé dans le voile du palais et le long de la fosse ptérygoïde. 11 s’implante à la partie supérieure de cette dernière et à la partie voisine du
des muscles et DE LEURS DÉPENDANCES. '49 cartilage cle la trompe , par des fibres aponévroliques très-sensibles; il côtoie, dans une direction verticale, le côté interne de cette fosse jusqu’au crochet qui la termine , dégénère avant d’y arriver en une aponévrose qui se fronce sur elle -même pour se réfléchir sur le crochet , où elle est maintenue par un petit ligament ; après quoi elle change de direction , se porte horizontalement en dedans , s’épanouit dans ï épaisseur du voile du palais , passe au-devant du péristaphylin interne , vient , en s’unissant à celle du côté opposé , s’attacher à la crête inférieure de la portion horizontale de l’os palatin , et forme avec elle un tissu dense et serré , qui assure en haut la résistance du voile du palais.
Ce muscle , dans sa portion perpendiculaire , se trouve placé entre le ptérygoïdien interne qui est en dehors , la lame interne de l’apophyse ptérygoïde et le constricteur supérieur qui sont en dedans; sa portion horizontale occupe l’épaisseur du voile.
Muscle palato-slophjlln . Petit faisceau charnu , allongé, placé dans l’épaisseur du voile et de la luette. Implante au-dessous de llépine nasale , à l’aponévrose résultant du concours des deux pé ris laphy lins externes , il descend verticalement à côté de son semblable vers la luette à laquelle il se termine. En arrière la membrane pituitaire , en devant le périslaphylin interne , lui correspondent.
Muscle pharyng o-siciphylin . Mince , aplati d’avant en arriéré en haut , et de dedans en dehors en bas, plus large a ses extrémités qu a son milieu , placé sur les côtés du pharynx, dans l’épaisseur du pilier postéjieur du voile du palais. Il prend inférieurement
naissance, par quelques fibres, du cartilage thyroïde, par le plus grand nombre, d’un entrelacement charnu qui lui est commun avec le stylo-pharyngien et le constricteur moyen , et où il est difficile de distinguer ce qui appartient à chacun. Il monte de là, en convergeant, dans le pilier postérieur du voile , puis s’élargit de nouveau en pénétrant dans l’épaisseur de ce dernier , où il s’aplatit en sens opposé , et où il va se fixer à l’aponévrose du péristaphylin externe et à la partie postérieure de la voûte palatine. La partie de ce muscle qui occupe le pharynx et le pilier est entre leur membrane muqueuse et les constricteurs; celle qui se trouve dans le voile est au-devant du péristaphylin interne.
Muscle glosso-staphylin. Très-mince, aplati, assez irrégulier, occupant Je pilier antérieur du voile. Nées des parties latérales de la base de la langue , ses fibres se rapprochent en montant dans l’épa sseur du pilier antérieur , et parviennent au voile du palais où elles se confondent avec les pharyngo-slaphylin et péristapliylin externe. Ce muscle est logé entre la membrane palatine et le constricteur supérieur.
Mouvemens.
Nous avons laissé plus haut le bol alimentaire franchissant l’isthme du gosier : voyons maintenant comment se comporte le voile du palais dans ce trajet. Les deux péristaphylins se contractent ; l’interne pour soulever, l’externe, dont l’action ne doit s’exprimer que de l’endroit de sa réflexion , pour élargir en même temps le voile, qui s’applique alors sur 1 ouverture postérieure des cavités nasales et sur l’orifice
des muscles et de leurs dépendances. 5i de la trompe d’Eustache , alla de prévenir le passage . des alimens dans l’une ou l’autre ; c’est même lorsque ce mouvement ne s’est pas effectué convenablement , qu’on voit une partie du bol alimentaire passer dans les fosses nasales , ou bien revenir par la bouche , ou enfin des fluides s’engager dans la trompe d'Eusiache. J’observe , au reste , que ce soulèvement du voile du palais au moment de la déglutition est singulièrement favorisé par l’élévation de la base de la langue et du pharynx, d’où résulte le relâchement des piliers , et par conséquent des glosso et pharyngo - staphylins. Les parties conservent le même rapport jusqu’à ce que le bol alimentaire ait déjà parcouru un certain trajet dans le pharynx par le mécanisme que nous indiquerons. Alors plusieurs circonstances concourent à 1’abaissement du voile du palais : d’abord son propre poids , par suite du relâchement des muscles qui l’avoient élevé, puis la contraction des glosso eipliaryngostaphylins , jointe au tiraillement des piliers occasionné par l’abaissement de la base de la langue et du pharynx.
Des phénomènes à - peu - près analogues à ceux que nous venons d’exposer se passent dans le vomissement , avec celle différence qu’au moment où le voile du palais se soulève pour boucher l’ouverture des fosses nasales et la trompe , et empêcher le passage par cette voie des matières rejetées , la base de la langue est abaissée et l’isthme agrandi pour favoriser leur retour par la bouche. Voilà pourquoi il est plus fréquent, dans ce cas que dans la déglutition, de voir une partie de ces matières sortir par les cavités nasales, les muscles des piliers tendant à
i)2 APPAREILS IDE LA LOCOMOTION.' abaisser le voile que les périslaphylins relèvent. D’ailleurs le trouble qui existe alors , et d’où naît une certaine irrégularité dans les contractions musculaires , est une cause nouvelle qui fait que le voile du palais ne remplit pas ,,dans celle circonstance , ses fonctions avec autant d’exactitude que dans l’état naturel.
La luette est étrangère à ces divers mouvemens quelle accompagne seulement ; mais elle a une action isolée très-réelle, comme on le voit en ouvrant la bouche g son releveur , qui est bien certainement l’agent de celte action , a même cela de particulier, qu’il est extrêmement susceptible de se paralyser. On ne peut guère douter que la mobilité de la luette n’ait quelque liaison avec l’usage qu’elle remplit manifestement , d’interdire le passage, si on peut s’exprimer ainsi , aux substances qui n’ont pas été suffisamment imprégnées des sucs salivaires, en déterminant par l’irritation qu’elle en éprouve, le soulèvement du pharynx , de l’œsophage et de l’estomac , irritation qui est due à l’extrême sensibilité dont elle jouit.
Il est difficile d’assigner avec exactitude jusquà quel point et de quelle manière le voile du palais peut modifier les sons ; seulement on sait que sa destruction imprime à la voix un caractère tout particulier , la rend moins sonore, etc —
Il est un autre phénomène à la production duquel le voile du palais concourt , et qu’aucun auteur n’a expliqué; c’est l’expectoration, notamment dans le cas où des crachats épais et tenaces traversent difficilement l’isthme du gosier , et où il faut les arracher , comme on dit. Voici alors ce qui arrive : le mucus chassé par les efforts de la toux , traverse les brou-
ches , franchit la glotte et parvient dans le pharynx ; alors les glosso et pharyngo-staphylins se contractent , rapprochent la base de la langue du voile du palais , ei forment ainsi une ouverture étroite derrière laquelle est poussé le crachat , et qu’il traverse ensuite par une nouvelle impulsion de l’air venu des bronches lequel, franchissant avec rapidité cette étroite ouverture , entraîne avec lui le crachat dans la bouche. Quand il y est arrivé , le labial se resserre ; une petite ouverture reste entre les lèvres , l’air poussé par une nouvelle expiration y passe avec rapidité, et enti'aîne de nouveau le crachat. Dans les cas ordinaires, ce dernier mécanisme est le seul qui préside à la sortie des crachats, qui sont tout de suite portés d’abord dans la bouche , puis par la pointe de la langue devant les lèvres , par l’ouverture rétrécie desquelles l’air les chasse : c’est aussi le mécanisme de l’expulatian comme je l’ai dit plus haut.
$ XI. Région -pharyngienne .
Quatre muscles la composent : trois , nommés con Strideurs , sont distingués par leur position ; un autre s’appelle stylo-pharyngien. Tous occupent les parties postérieures du pharynx , l’antérieure étant formée par la base de la langue , le larynx , etc.
Muscle constricteur injérieur. Large, mince, aplati , très-irrégulièrement quadrilatère , situé à la partie postérieure et inférieure du pharynx. Ses fibres naissent en dehors , quelquefois du premier anneau de la trachee -artère où elles sont alors peu nomlueuses , toujours de la partie externe du cartilage
cricoïde , de la petite corne du cartilage thyroïde et de sa ligne oblique, près le ster no-thyroïdien, endroit d’où elles parlent en grand nombre. Toutes se dirigent ensuite en arrière , en dedans et en haut , les inférieures un peu obliquement, en formant avec les opposées un angle rentrant sous lequel passe le nerf récurrent , les suivantes de plus en plus obliquement, de sorte qu’elles se réunissent avec celles du côté opposé , à angle d’autant plus aigu qu’on les examine plus supérieurement. Un raphé peu sensible indique la réunion générale des deux muscles.
Le constricteur inférieur est appliqué en arrière sur la colonne vertébrale, où un tissu cellulaire lâche, non graisseux, l’unit aux muscles et aux ligamens qui s’y rencontrent. Sur les côtés, la glande thyroïde et l’artère carotide l’avoisinent. En devant, il recouvre le constricteur moyen , le pharyngo-staphylin et le stylo-pharyngien, la membrane pharyngienne et les deux cartilages auxquels il s’insère.
Muscle constricteur moyen. Mince, aplati, à-peuprès triangulaire , situé à la partie moyenne et postérieure du pharynx. Il prend naissance en dehors delà i petite corne, le plus souvent aussi de. la grande corne de l’os hyoïde, et un peu du ligament stylo-hyoïdien. De celte triple origine, les fibres se portent à lapartie postérieure du pharynx , dans des directions différentes, les inférieures de haut en bas, les moyennes transversalement, et les supérieures de bas en haut. Toutes se réunissent par un raphé moyen à celles du muscle opposé , forment en bas un arigJe trèsaigu caché par celui du constricteur inférieur, et en haut un angle semblable qui vase fixera l’apophyse
basilaire par un tissu serré , et même par une espèce d’aponévrose à laquelle le précédent se fixe aussi.
Le constricteur moyen correspond extérieurement et vers son origine à l’artère linguale et à l’hyo-glosse , puis au constricteur inférieur et à la colonne vertébrale. In té rieu régnent il est uni au constricteur supérieur, au stylo-pharyngien, au pharyngo-staphylin , et à la membrane pharyngienne.
Muscle constricteur supérieur. Mince, aplati, différent des précédens par sa forme irrégulièrement quadrilatère , occupant le haut du pharynx. Il a en dehors quatre insertions, savoir, de haut en bas, i°. à la moitié inférieure du bord de l’aile interne de l’apophyse ptérygoïde; 2°. en arrière d’une aponévrose étendue entre cette apophyse et la partie postérieure du rebord alvéolaire inférieur, aponévrose commune aussi au buccinaleur; 5°. à l’extrémité de la ligne maxillaire interne ; 4°- enfin sur les côtés de la base de la langue. De ces diverses origines , les. fibres charnues vont gagner le milieu de la paroi postérieure du pharynx dans une direction à-peu-près transversale , et s’unir à celles du côté opposé , si ce n’est les supérieures , qui , décrivant une courbure dont la concavité est en haut , vont se fixer à l’apophyse basilaire, en sorte qu’une portion de la membrane pharyngienne est immédiatement appliquée en haut sur la colonne vertébrale.
Ce muscle correspond en arrière et en dedans au précédent. Sur les côtés, il forme avec le plérygoïdien interne un espace triangulaire rempli de tissu cellulaire, et dans lequel se trouvent le stylo-glosse, le stylopharyngien, l’artère carotide, la veine jugulaire im~
5G APPAREILS DF, LA LOCOMOTION, terne, le nerf qu’on nomm e grand sympathique, ceux de la huitième et de la neuvième paires , et le spinal. En devant , il est appliqué sur le périslaphylin interne , le pharyngo-staphylin et la membrane muqueuse du pharynx.
Muscle stylo-pharyngien. Allongé, mince , arrondi en haut , aplati en bas , placé à la partie latérale et postérieure du pharynx. Il s’attache par de courtes fibres aponévrotiques à l’apophyse styloïde près sa base , descend en dedans et en arrière , s’engage en s’élargissant sous le constricteur moyen , s’épanouit dans le pharynx, s’y perd en partie en s’y confondant avec les constricteurs et le pharyngo-staphylin , et va en partie fixer ses fibres au cartilage thyroïde et à l’os hyoïde. Ce muscle , placé en haut avec les carotides, la jugulaire interne, le stylo-hyoïdien, etc., dans l’espace triangulaire qui reste entre le ptérygoïdien interne et le constricteur supérieur, se trouve en bas entièrement caché dans les parois du pharynx.
Mouvemens.
Le pharynx exécute quatre mouvemens principaux : il s’élève, il s’abaisse, il se dilate et il se resserre. En général , l’élévation coïncide avec la dilatation , et l’abaissement avec le resserrement.
A l’instant de la déglutition , cette cavité est dilatée et élevée, parce que, d'un côté, l’os hyoïde et le larynx, portés en haut et en devant pour soulever la base de la langue, entraînent dans ces sens l’extrémité des constricteurs moyen et inférieur qui s’y attachent , par conséquent la paroi antérieure du plut-
jynx, et parce, qued’un autre côté, les angles supérieurs de ces muscles , qui se fixent à l’apophyse basilaire directement ou par l’intermède d’un tissu dense, et le stylo-pharyngien qui vient s’épanouir dans la paroi postérieure , retiennent cette paroi en arrière en la portant aussi en haut ; en sorte que les deux parois du pharynx sont élevées, tandis que l’antérieure est portée en devant , la postérieure restant en arrière, ce qui occasionne l’élargissement. Le haut de cette cavité , dont les fibres se fixent aux apophyses ptérygoïdes , est presque étranger à ce mouvement, qui y est inutile , puisque cette partie ne correspond point au bol alimentaire.
Celui-ci ayant été reçu par le pharynx , cette cavité redescend , parce que ses fibres attachées à l’apophyse basilaire et le stylo-pharyngien se relâchent , ainsi que les muscles qui ont élevé l’os hyoïde , le cartilage thyroïde et la base de la langue; en sorte que, par ce relâchement , le bol alimentaire qui , à son entrée dans le pharynx , correspondoit à l’isllnne du gosier , se trouve tout-à-coup bien au-dessous sans aucun effort musculaire. De cet abaissement naîlroit le rapprochement des deux parois du pharynx, si cette cavité etoit vide ; mais sa plénitude nécessite une cause plus active de resserrement : alors les fibres des trois constricteurs, celles surtout qui sont transversales , se contractent successivement de haut en bas , en sorte que le bol alimentaire est forcé de descendre dans l’œsophage.
Dans le vomissement , le pharynx est d’abord élargi par les matières qu y pousse l’œsophage, puis soulevé en devant par les muscles qui agissent sur l’hyoïde
et le cartilage thyroïde , en arrière par ses fibres cjui vont à l’apophyse basilaire , et par le stylopharyngien.
D’où l’on voit que, dans le premier sens, le pharynx n’a point de mouvemens qui lui soient propres; il obéit à ceux des parties auxquelles se fixent ses constricteurs ; ce n’est que dans le second sens qu’ il se meut par lui-même. On conçoit aussi comment l’action musculaire est essentielle à la déglutition : la pesanteur n’est pour rien dans ce phénomène, qui est empêché dans les paralysies des constricteurs et des stylo-pharyngiens. Quand ces muscles agissent , la membrane muqueuse se ride , parce qu’elle n’est pas susceptible de contraction comme eux :ainsi le front est ridé par l’action du frontal, les paupières par celle du palpébral , etc.
§ XII. Remarques sur 1rs mouvemens généraux
de la Face.
11 est peu de divisions, dans le système musculaire, dont la mobilité soit plus marquée , plus souvent en exercice et en même temps plus variée, que celle de la face. Celte mobilité, relative en partie à la digestion, l’est principalement à nos rapports avec nos semblables ; et comme 1 homme est essentiellement par sa nature destiné à la société, il a , dans celte division du système musculaire , un moyen d’exprimer ce qui se passe en lui , qu’aucun autre animal ne possède à un si haut degré. On a dit depuis longtemps que l’œil est le miroir de l'auic ; en appliquant ce mot à toute la face, on n’eût pas été moins vrai.
DES MUSCLES ET DE LEURS DEPENDANCES. 5q
Or, l’ame a deux choses à exprimer; i°. les voûtions quelle prend consécutivement aux jugemens qu’elle a portés, voûtions que la raison approuve, et quelle es^ toujours la maîtresse de supprimer ou de modifier à son gré ; 2°. les agitations intérieures qu’elle éprouve dans les passions , agitations que la raison réprouve souvent, auxquelles le jugement est étranger, et qu’elle ne peut souvent maîtriser. Ces deux états intérieurs, dont le premier est uniquement lié à l etat d’intégrité du cerveau , et dont le second porte son influence spéciale sur les organes de la vie intérieure , que plusieurs philosophes ont exprimés en admettant deux principes en nous, l’un rationnel, que la volonté dirige , l’autre irrationnel, échappant à son empire , qui ont donné lieu à plusieurs de considérer l’homme comme double , homo duplex , ces deux étals de lame ont chacun à la face leur moyen d’expression. J’ai fait observer plus haut que c’est par le geste , qui dans la face a son siège spécial dans l’œil , que cette partie indique les voûtions de l’ame qui succèdent à l’exercice des fonctions intellectuelles, du jugement en particulier. J’ai montré , d’un autre côté , dans \ Anatomie générale , comment les agitations intérieures des passions , qui échappent à la volonté , ont pour indices extérieurs sur la face , i °. le système capillaire qui , plus prononcé là qu’ail leurs , se pénètre ou se vide de sang avec une extrême promptitude, suivant telle ou telle passion, et qui est soustrait à l’empire de la volonté parce qu il appartient à la vie organique , en sorte qu’on ne peut simuler par lui les passions ; 2°. le système musculaire, qui , se contractant en divers sens ,
6o APPAREILS DE LA LOCOMOTION»
suivant les passions qui agitent Famé , forme presque a chacune une physionomie particulière , physionomie qui se développe involontairement dans les orages de l’ame , mais qui peut être simulée dans son état de calme. Je ne traiterai pas ici des formes mille fois variées que les passions donnent à la face ; nous avons vu la part isolée que chaque région prend aux mouvemens qui s’y passent alors. Je vais seulement m’occuper ici d’une autre espèce de mouvemens , qui n’est le plus communément que l'extrême de ceux-ci : je veux parler des grimaces.
Cet état particulier de la face n’a , je crois , fixé jusqu’à ce jour l’attention d’aucun physiologiste. Il consiste dans l’exagération en plus ou en moins des mouvemens naturels. C’est la Louche surtout qui est le siège des grimaces , à cause de sa grande mobilité dans tous les sens ; tantôt elle est énormément ouverte , tantôt, les lèvres étant rapprochées, la fente qu’elles laissent entr’elles s’agrandit outre mesure par l’action des zygomatiques ; tantôt les angles se dépriment fortement. L’ouverture des paupières concourt moins souvent aux grimaces, auxquelles celle du nez n’a rapport que par la partie postérieure de ses ailes. Pour peu qu’on se rappelle Je système musculaire facial , rien ne sera plus facile que de concevoir le mécanisme des formes nulle fois variables que la face peut prendre alors. Je n’indiquerai point ce mécanisme; je remarquerai seulement que la plupart des grimaces , comme la plupart des passions , se rapportent à deux grands types généraux : les unes épanouissent les traits , les tirent en dehors , ayant spécialement pour agens les muscles zygomatiques ; les
CES MUSCLES ET CE LEURS DEPENDANCES. 6l autres les resserrent, en les tirant surtout en bas par la contraction spéciale des abaisseui s de 1 angle de la lèvre et du peaucicr. Il résulte de là que la plupart des grimaces dessinent en plus, sur la face, ce que les passions y dessinent en moins. Sous ce rapport, les premières ne sont que l’extrême de l’expression des secondes. Comment se fait-il donc qu’une face où la tristesse vraie ou simulée abaisse un peu les traits, nous affecte péniblement, tandis qu’une autre où les traits sont abaissés seulement d’un degré de plus, détermine un rire presque involontaire? car on sait que le ridicule est attaché à toutes les grimaces , et que Je rire est l’effet inévitable du ridicule. Je n’en rechercherai point la cause; je remarquerai seulement que ce phénomène se rallie à une foule d’autres analogues. L’acteur nous attendrit par un geste de douleur ; s’il dépa; se un peu les limites de ce geste , il devient ridicule. Qui n’a remarqué , dans la déclamation , que telle intonation, tel accent porte dans l’ame un sentiment pénible ; tandis que tel autre , qui ne diffère de celui-là que par un degré de plus , devient ridicule ? Celte observation peut se faire au barreau comme au théâtre. La déclamation parodiée d’une tragédie ne consiste qu’en une augmentation souvent légère dans l’intonation, les gestes et l’expression de la figure. Les grimaces sont véritablement la parodie de l’expression naturelle que les passions donnent à la face : or, de cette expression à sa parodie il n’est qu’une nuance, tant sont étroites les bornes dans lesquelles la nature a circonscrit le vrai. Voyez, en peinture, combien, dans les têtes qu’animent les passons, ce qui nous attache et ce qui nous intéresse est
voisin de ce qui nous fait rire. Un coup de pinceau déplus a détruit l’illusion que le peintre vouloit produire , parce que où finit la vérité de l’expression , là commencent les grimaces. L’idée de grimace ne s’attache communément qu’à la face; mais tout geste, tout mouvement outré , et contre nature par conséquent , des membres supérieurs ou inférieurs, produit sur nous le même effet, et souvent l’acteur qui est vrai par sa physionomie , n’est pas naturel par les gestes de ses membres, parce que la vérité de 1 expression est comme la beauté : c’est dans l’ensemble du corps, et non dans une partie isolée, qu’elle réside. Voilà pourquoi les contre-sens sont si communs dans l’expression simulée des passions; tandis que jamais nous n’en commettons quand elles agitent réellement notre ame.
§ XIII. Développement clés Muscles de la Face.
Les muscles faciaux partagent le caractère de tous les autres. Dans le premier âge , ils sont peu saillans , à formes peu prononcées ; la plupart même se trouvent comme confondus : tels sont surtout ceux qui viennent se rendre aux lèvres. L’élévateur de la supérieure , l’élévateur commun , une partie du palpébral , le dilatateur du nez en haut , en bas l’abaisseur de l’angle , l’abaisseur de la lèvre , le releveur du menton , sont tellement unis qu’on ne peut tirer entr’eux aucune ligne de démarcation : on diroit qu’ils forment un muscle unique avec le labial. Ce n’est qu’à mesure que les besoins ou les passions de l’enfant le déterminent à des mouvemens, que,
chacun agissant en un sens qui lui est propre , Commence à devenir distinct de ses voisins , et à présenter fies limites au scalpel. Plus les mouvernens tle la face se multiplient, plus ces limites deviennent tranchées : de là l’expression des muscles faciaux dans les personnes à passions vives , ou dont l’état y nécessite des mouvernens habituels. Le foetus dans Je sein de sa mère ne paroît point mouvoir les parties diverses de sa face , comme il le fait souvent pour celles du tronc et de ses membres.
Les régions orbitaires et palpébrales sont celles dont la portion osseuse est le plus développée dans la face ; ce sont elles aussi qui présentent les muscles les plus prononcés chez l’enfant nouveau-né.
Quant aux muscles des régions qui avoisinent la bouché , comme ceux des maxillaires supérieurs et inférieurs , de l’intermaxillaire , de la temporo-maxillaire même, etc. , ils présentent une disposition particulière. En effet , la partie inférieure de .la face étant très- courte par le non-développement des dents l’intervalle de leur double insertion est trop court pour eux ; ce n’est qu’après la dentition qu’une juste proportion s’établit. Lorsque les muscles sont exactement disséqués chez le foetus , et qu’on rapproche l’une et J’autie mâchoires, on voit manifestement sur le grand zygomatique, le masseter, les élévateurs de la lèvre supérieure, les abaisseurs de l'inférieure , le canin , et surtout le buccinateur ; on voit, dis-je, ces muscles par les plis et les rides qu’ils forment , offrir un exces de longueur sur l’espace qu’ils remplissent . Cependant sur le vivant ils ne se rident point ainsi , i . à cause de la grande contractilité dont ils jouissent
6/(. appareils de la locomotion.
îilors ; 2°. parce que les lèvres sont plus grandes à proportion que les gencives; 5°. parce que la plupart ont une cause de distension dans la boule graisseûse beaucoup plus considérable à cet âge qu’à tout autre, qui occupe 1 intervalle du buccinaleur et du masseter, et que j’ai déjà indiquée dans X Anatomie générale. C’est celle boule qui rend si saillante la joue des enfans ; elle diminue à proportion que les dents poussent : elle est constante.
J’ai déjà observé que la longueur proportionnelle des lèvres chez le fœtus , longueur beaucoup plus que suffisante pour quelles se touchent quand les mâchoires sont rapprochées , favorise beaucoup la gouttière saillante en devant qu’elles sont obligées de faire dans la succion du lait.
En général , on sait que la face de l’enfant porte une expression toute différente de celle de l’adulte. Sans doute la structure osseuse y est pour beaucoup ; mais les muscles n’y concourent pas moins. En général, on ne peut jamais juger de ce que sera la face de l’adulte , d’après ce qu'est celle du fœtus ou de l’enfant : la beauté et la laideur peuvent se succéder sur le même visage par le mécanisme seul de l’accroissement. Rarement la figure est désagréable dans le premier âge. Le haut de la face plus prononcé proportionnellement que le bas, à cause des orbites et du coronal , fait différencier totalement son aspect général ; en sorte que Je plus souvent le même individu ne se ressemble point dans la première année, et dans celles qui suivent l’adolescence ; c’est au développement des sinus, à la poussée des dents ^ à la diminution de la boule graisseuse qui occupe la
DES MUSCLES, ET DE LEURS DEPENDANCES. 65 joue, etc., que date surtout le caractère que doit conserver toujours la physionomie.
D’ailleurs, à cette époque , la répétition successive tks mouvemens faciaux commence à sillonner les traits. Or , ce sont les traits qui rendent la face expressive : elle ne peut donc l’être chez l’enfant. L’adhérence des muscles faciaux à la peau , surtout autour des veux, des lèvres, etc. , adhérence qui fait qu’ils ne peuvent agir sans lui communiquer leurs mouvemens, est la cause principale des traits qu’ils y sillonnent ; ceux des membres , subjacens à une aponévrose , ceux du tronc , séparés de- la peau par une couche celluleuse épaisse, ne peuvent y laisser aucune trace. La physionomie est donc un résultat de la disposition du système musculaire facial : supposez une aponévrose le recouvrant par -tout, le caractère , les passions , le geste , etc. , deviennent aussitôt étrangers à la face ; elle cesse de les exprimer : elle n’est , pour peindre l’état de l’âme, pas plus que les bras , les cuisses , etc. ; l’œil seul peut alors servir à cet usage.
Le développement considérable de la langue chez Je fœtus détermine dans les muscles qui la meuvent un développement correspondant ; tous sont trèsprononcés, très-distincts; sous ce rapport aucun n’est avant eux à la face. La succion, que la langue exécute principalement alors , paroît cire la cause de cette disposition qui est très-remarquable : car c’est par cette fonction que l’enlânt se nourrit d’abord.
Les agens de la mastication , le rnasseler , Je temporal et les plérygoïdiens sont peu marqués chez lui. Le défaut de saillie dans les apophyses ptérygoïdes.
DO
appareils de la Locomotion.
tic profondeur dans leur fosse , en est la cause prin» cipalc dans ces derniers. Le peu d’étendue du tein* poral paroît plus sensible encore quand ce muscle est disséqué , par le grand développement du crâne qui contraste avec le sien. Les muscles du voile du palais et du pharynx sont à-peu-près dans la même proportion de volume qu’ils doivent Filtre par la suite.
Dans l’âge adulte, la face ne change pas beaucoup dans son système musculaire. Seulement les muscles qui y sont le plus habituellement exercés conservent une espèce de prédominance sur les autres ; en sorte que , dans l’état de repos , ds surmontent souvent un peu leurs antagonistes. Voilà pourquoi ceux que des passions colériques agitent fréquemment ont souvent les sourcils habituellement froncés , par la prédominance qu’ont acquise leurs sourciliers, etc.; pourquoi la face est constamment épanouie par la prédominance des zygomatiques , etc. , chez ceux pour qui des émotions gaies sont très - fréquentes ; pourquoi de longs chagrins , augmentant l’action de l’abaisseur de l’an*gle des lèvres , etc. , font que cet angle est toujours un peu plus déprimé. En général , les passions qui ont pour mode d’expression le système musculaire , et qui se répètent souvent, laissent sur la face une espèce d’empreinte caractéristique qui tient à la prédominance qu’acquièrent les muscles qui les exercent. Les passions qui Ont surtout le système capillaire pour moyen d’expression présentent moins ce phénomène J qui n’est qu’une conséquence des lois du système musculaire : ainsi voit-on les divers arts qui exercent fréquemment tels ou tels muscles , leur donner sur
DES MtTSCLES ET DE LEURS DEPENDANCES. Gj leurs antagonistes une supériorité telle , que dans l’état de repos , où la contractilité de tissu tend partout à les mettre en équilibre , ils l’emportent toujours un peu. Voilà comment certaines espèces d’aliénations qui , changeant , pour ainsi dire , le caractère moral , font des passions gaies ou tristes une habitude contre nature, impriment à la longue un caractère particulier à la face , considérée même dans l’état de repos.
Chez le vieillard , le système musculaire facial éprouve des changemens de rapports. La chute des dents fait que les lèvres et les joues deviennent trop longues à proportion des parties dures. Mais comme les muscles n’ont plus le ressort dont ils jouissoient dans le premier âge, comme la boule graisseuse qui occupoit alors la joue ne s’y trouve plus, les parties molles , au lieu d’être tendues , comme chez l’enfant , où il y a aussi une disproportion entre elles et les os , disproportion qui est même plus marquée à cause du défaut de sinus qui existent chez le vieillard , deviennent flasques, pendantes , et présentent plus qu’en aucune autre région du corps , l’indice ineffaçable du terme de la carrière humaine. Remarquez, à ce sujet, que si la face est de toutes les parties du corps celle où se peignent le mieux les révolutions morales, les orages des passions, etc., elle est aussi une de celles où se tracent le plus sensiblement les révolutions physiques des âges.