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DU LARYNX ET DE SES ANNEXES

i368. Disposition générale. Le larynx (A xpvyÇ Gr. , Caput cisperœ arlcriœ , L.) est un appareil assez compliqué, formé de plusieurs pièces mobiles les unes sur les autres, et dont l’assemblage peut aussi se mouvoir par rapport aux parties environnantes : plus large en avant qu’en arrière, en haut qu’en bas, situé sur la ligne médiane du corps, à la partie supérieure et antérieure du cou, symétrique etrégtflier , il surmonte la trachée-artère, avec la cavité de laquelle il communique ; il est placé, au contraire, au-dessous de l’os hyoïde, s’ouvre à son niveau dans l’arrière-bouche, et lui est uni par des ligamens ; le pharynx le sépare en arrière de la colonne vertébrale, et des muscles sont placés entre lui et la peau en devant. Des cartilages , des ligamens, des muscles, des glandes, des membranes, des vaisseaux et des nerfs entrent dans la composition du larynx.

Cet appareil est manifestement destiné à livrer passage à 1 air pour 1 acte de la respiration , et à lui imprimer certaines modifications qui constituent la voix. Ses dimensions varient suivant les individus, et ne sont pas toujours n.

ORGANES l)ï LÀ YOlt.

en raison de la stature : on observe cependant que, constamment dans l’homme , il est plus développé et situé plus bas que chez la femme.

Des différentes parties qui entrent dans la composition

du Larynx.

§ Ier. Des Cartilages du Larynx.

1369. Cartilage thyroïde (1). C’est Je plus grand des cartilages du larynx jilen occupe les parties antérieure et latérales; plus étendu transversalement que verticalement, plus large en haut qu’en bas , il semble formé par la jonction de deux lames quadrilatères qui, en se réunissant sur la ligne moyenne du cou , produisent un angle aigu , rentrant en arrière, et plus ou moins saillant, mais presque toujours apparent au-dessous des tégumens en devant. Sa face antérieure présente, dans son milieu , la saillie longitudinale dont nous venons de parler, et qui est plus marquée eu haut qu’en bas ; sur ses côtés , sont deux surfaces planes, un peu concaves, inclinées en dehors, obliquement traversées en arrière par une crête légèrement saillante, qui descend en avant, depuis le bord postérieur jusque vers le tieis latéral du bord inférieur; celte ligne donne attache aux muscles sterno - thyroïdien et tliyrohvoïdicn, qui recouvrent la plus grande partie du cartilage ; derrière elle est une petite surface en contact avec le muscle constricteur inférieur du pharynx, qui s’y implante ( 1021 ) , et quelquefois un pertuis qui donne passage à des vaisseaux sanguins.

La face postérieure du cartilage thyroïde offre, dans sou milieu , un angle rentrant dans lequel s’insèrent les ligamens delà glotte et les muscles thyro-aryténoïdiens. Sur ses côtés,

(i) Qi'ctcc, bouclier.

DES C A. U 1' ILAGES DU LÀRÏNX, 3

deux surfaces planes, dirigées en arrière et en dedans, donnent attache en bas aux muscles crico-thyroïdiens , et correspondent en partie aux muscles crico-aryténoïdiens latéraux.

Son bord supérieur, plus long que les autres, échancré profondément dans son milieu , particulièrement chez l'homme, donne attache, dans toute son étendue, à la membrane thyro - hyoïdienne, h' inférieur est partagé en trois échancrures, une moyenne plus grande, deux latérales un peu rétrécies-, la première est séparée des autres par deux tubercules plus ou moins saillans, où viennent se terminer les deux crêtes obliques latérales. Ce bord donne attache, dans sa partie moyenne, à la membrane erico-thyroïdienne, et, sur ses côtés, aux muscles du même nom.

Les deux bords postérieurs, rectilignes, arrondis, assez épais, donnent attache à quelques fibres des muscles stylopharyngiens et palato-pharyngiens. En haut, ils se terminent chacun par un prolongement qu’on appelle la grande Corne du cartilage thyroïde : cet appendice est plus ou moins long, incliné en arriére nt en dedans, plus étroit à sa partie moyenne qu’à ses extrémités , terminé par une petite tête qu’un ligament'arrondi unit à l’extrémité de la grande corne de l’os hyoïde. En bas , ils offrent aussi chacun une éminence moins prononcée, assez épaisse, arrondie, courbée en dedans : c’est la petite- Corne du cartilage thyroïde; son sommet, qui est obtus, présente à son côté interne une petite facette lisse, un peu concave, qui s’articule avec une facette analogue du cartilage cricoïde.

i3^o. Cartilage cricoïde (i). Plus épais que les autres cartilages du larynx, il représente une espèce d’anneau qui occupe la partie inférieure de cet organe , et qui a beaucoup plus de hauteur en arrière cju’en devant. Sa surface

(>) Kfiwoc, anneau, bague.

extérieure, fort étroite antérieurement, donne attache dans ce sens aux muscles crico-thyroïdiens; sur les côtés, elle s’élargit , est un peu recouverte par le cartilage thyroïde , et offre supérieurement une petite éminence arrondie, convexe et polie à son sommet , pour s’articuler avec les petites cornes de ce cartilage ; en arrière , elle s’élargit encore plus, et offre un plan quadrilatère au milieu duquel une saillie longitudinale sépare deux enfoncemens où viennent s’implanter les muscles crico-aryténoïdiens postérieurs. — Sa surface intérieure est tapissée par la membrane muqueuse du larynx. — Sa circonférence supérieure est coupée obliquement dans ses deux tiers antérieurs , où elle donne attache à la membrane crico-thyroïdienne; son tiers postérieur, plus élevé, est horizontal, et présente deux facettes convexes, lisses, inclinées en arrière et en dehors, qui s’articulent avec la base des cartilages aryténoïdes ; audevant de celles-ci , s’implantent les muscles crico-aryténoïdiens latéraux. — Sa circonférence inférieure est coupée horizontalement et au même niveau dans toute son étendue 5 convexe en -devant, un peu échancrée sur les côtés, elle est unie par une membrane au premier anneau de la trachée-artère.

1371. Cartilages aryténoïdes (1). Ils sont situés, au nombre de deux , en haut et en arrière du larynx , au-dessus du cartilage cricoïde, dont ils dépassent un peu le niveau en dedans. Moins volumineux que lui , et par conséquent que le cartilage thyroïde, ils ont la forme d’une pyramide triangulaire, un peu contournée sur elle -même de devant en arrière. Leur face postérieure, concave, donne attache au muscle aryténoïdien ; Y antérieure , un peu concave en bas, convexe en haut, correspond aune partie de la glande aryténoïde, et donne attache aux muscles thyro - aryténoïdiens et aux ligamens delà glotte; l’interne, étroite, plate,

(1) A>1*»vou<êic, en forme de bec d'aiguière ou d’entonnoir.

des CÀKTII.AGES DU LAUïNX. 5

verticale, estrevêluepar la membrane muqueuse dularynx , et en contact avec celle du cote oppose. Ces uois laces sont séparées par autant de bords saillans et aigus, dont l’antérieur offre plusieurs inégalités. La base de ces cartilages offrepostérieurementune facette articulaire, concave et lisse, inclinée en bas et en dedans , et unie à celle que présente la circonférence supérieure du cartilage cricoïde^ cette facette est bornée en dehors par un tubercule arrondi où se fixent les muscles crico-aryténoïdien latéral et crico-arytenoïdi'en postérieur 5 en devant, elle présente une éminence plus considérable, triangulaire, quelquefois isolée^ du reste du cartilage , et qui donne attache au ligament de la glotte ou thvro- aryténoïdien. Le sommet du cartilage aryténoïde est très-mince et très-aigu ; la membrane muqueuse l’enveloppe, et le plus ordinairement il est surmonté par un petit noyau cartilagineux ( Corniculum larj'ngis , Scemm. ) isolé et mobile, d’une forme très-variable et fort irrégulière.

1072. Les divers cartilages du larynx offrent une structure absolument identique \ ils sont solides et épais , d’une couleur grisâtre, et d’un tissu parfaitement homogène. Une sorte de périchondre fibreux les revêt. Ils ont une très-grande tendance à passer à l’état osseux , et alors on trouve dans leur intérieur de petites cellules développées comme dans les os du crâne. Les cartilages aryténoïdes s’ossifient plus rarement que les autres et ne présentent guère cet état que dans la vieillesse la plus avancée.

Quand l’ossification des cartilages du larynx a lieu , elle commencedans le cartilage cricoïde, par deux germes, un de chaque côté ; dans le thyroïde , par ehacundes bords postérieurs et souvent aussi par ses apophyses supérieures; dans les aryténoïdes, par la base.

i3 y'S. Epiglotte (1). C’est un fibro-car.tilage situé à 1*

0) E’wî, mr: r/.*?T(s, la glotie .

° ORGiKES DE IA VOIX,

partie supérieure du iarynx, derrière la base de la langue ; sa forme est ovalaire , sa couleur d’un jaune pâle, son tissu très-élastique, son épaisseur plus considérable en bas qu’en haut, au milieu que sur les côtés} la grosse extrémité en est libre; elle est large et un peu recourbée en haut du côté de la langue : la petite est rétrécie , dirigée en bas, et tient à 1 échancrure du bord supérieur du cartilage thyroïde par un laisceau de fibres ligamenteuses très-serrées, embrassé en devant par la glande épiglotlique : quelquefois elle est divisée en trois portions distinctes. La face linguale de l’é* piglotte, inclinée en haut , concave de liant en bas, convexe transversalement, est recouverte en haut par la membrane muqueuse de la bouche ; en bas , elle est unie à l’os hyoïde et à la base de la langue; une ligne longitudinale et peu saillante semble la diviser en deux moitiés. Sa face laryngée, tournée en bas , est concave etcônvexeen sens opposés à la précédente; la membrane muqueuse du larynx la revêt. Ces deux surfaces , la dernière surtout , sont creusées d’un grand nombre de petits enfoncemens semblables à des piqûres d épingles, et contenant des cryptes muqueuses; quelques-uns de ces enfoncemens sont de véritables trous , dont la grandeur varie, mais qui ont des bords très-réguliers et arrondis , et qui traversent l’épiglotte directement et jamais obliquement; on les observe vers sa partie inférieure. Plusieurs de ces ouvertures laissent aussi passer des filets nerveux.

La direction de l’épiglotte est sujette à varier dans les différentes circonstances de la vie; elle est verticale dans l’état le plus ordinaire; mais elle devient horizontale lorsque les alimens passent de la bouche dans l’œsopjiage.

L’épiglotte s'ossifie rarement. Lorsque cela arrive, elle présente une foule de petits noyaux osseux irrégulièrement disséminés et séparés par des aréoles très-visibles.

des ligàmens du larynx.

§ II. Des Ligamens du Larynx.

1374. Articulation thyro-hyoïdienne. Le cartilage thyroïde est uni par sou bord supérieur à 1 os hyoïde au moyen d’une membrane fort large, jaunâtre, plus épaisse à sa partie moyenne que sur ses côtés, plutôt cellulaire que fibreuse, couverte , dans sa face antérieure , par les muscles thyro-hyoïdiens , sterno-hyoïdiens et omoplat-hyoïdiens, et tapissée dans la postérieure par la membrane muqueuse du larynx , et par le bas de 1 épiglotte, dont elle est séparée par la glande épiglottique. Le bord supérieur de cette membrane, qu’on appelle Membrane thyro-hyoïdienne , est fixé à la face postérieure du corps et des grandes cornes de l'os hyoïde, et Y inférieur, à toute la longueur du bord supérieur du cartilage thyroïde.

Les grayides cornes de ce cartilage sont unies à l’extrémité de celles de l’os hyoïde par deux cordons fibreux, arrondis, longs d’environ un pouce, et renfermant presque toujours deux ou trois grains cartilagineux.

1375. Articulations ciico-thyroïdienncs. Au milieu et en devant, le cartilage thyroïde est uni au cricoïde par la Membranb crico-thy roïdienne celle-ci est manifestement fibreuse-, jaunâtre, épaisse, surtout au milieu, percée de plusieurs petites ouvertures qui donnent passage à des vaisseaux sanguins, elle s’attache aux deux tiers antérieurs de la circonférence supérieure du cartilage cricoïde j elle se fixe, d’autre part, à la partie moyenne du bord inférieur du thyroïde, sur les côtés duquel elle se confond insensiblement avec la membrane muqueusedu larynx qu’elle fortifie. Large dans son milieu, elle est plus étroite et plus mince latéralement. Sa face antérieure est couverte parles muscles sterno-hyoïdiens et erico-tbyroïdiens; une petite artère la parcourt transversalement 5 la postérieure est revêtue par la membrane rnuqucusc du larynx.

ORGANES DE LA VOIX

Sur les cotés, les petites corues du cartilage thyroïde sont articulées par arthrodie avec le cartilage cricoïde , à l’aide de petites facettes lisses , que recouvre une capsule synoviale lâche et assez humide. Deux ligamens, l’un antérieur, qui descend en devant de la petite corne sur le cartilage cricoïde, l’autre postérieur , qui monte en arrière du même point , vers la base des cartilages aryténoïdes où il s’épanouit, maintiennent en rapport ces parties , qui sont encore assujetties par plusieurs fibres irrégulières, moins distinctes.

1376. Articulation crico-aryténoïdienne. Chaque cartilage aryténoïde est articulé aussi par arthrodie avec le cricoïde’, au moyen des surfaces quenous avons fait connoître, que revêt une capsule synoviale et que fortifient quelque* fibres ligamenteuses. Celles-ci sont plus prononcées en dedans et en arrière, et constituent là un faisceau triangulaire.

1377. Articulation thy r o- arytènoïdienne. A l’intérieur même du larynx, on observe deux ligamens larges d’environ deux lignes , plus épais en dedans qu’en dehors , formés de fibres élastiques et parallèles , renfermés dans un repli de la membrane muqueuse. Ils s’étendent horizon* talement , en se portant en avant et un peu en dedans , de la saillie antérieure de la base de chaque cartilage aryténoïde, au milieu de l’angle rentrant du cartilage thyroïde, où ils s’entrecroisent l’un avec l’autre; ils forment la partie principale de ce qu’on nomme les Cordes vocales. Ils sont unis en dehors au muscle thyro-aryténoïdien , qu’ils séparent du crico-aryténoïdien latéral : dans le reste de leur étendue, la membrane muqueuse les recouvre.

1378. Quelquefois un faisceau fibreux, passant transversalement au-devant du muscle aryténoïdien , s’étend d’un des cartilages aryténoïdes à l’autre. Nous avons déjà indiqué la manière dont l’cpigloUe elle cartilage thyroïde sont

unis ( i373 ).

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