DU BASSIN EN GÉNÉRAL
bilic pour aller tomber sur la deuxième pièce du coccyx le représente assez bien chez la plupart des individus. Le bassin s’incline donc très notablement en avant.
Son inclinaison augmente en raison directe de la cambrure des lombes, qui est en général moins accusée chez l’homme que chez la femme, d’où la direction plus oblique de la cavité pelvienne dans ce sexe. Pendant la grossesse, cette cambrure se prononçant davantage, le bassin devient plus oblique encore. Une foule de causes physiologiques et morbides peuvent faire varier, du reste, la direction de son axe.
Pour donner au bassin la situation et la direction qui lui conviennent, il faut tourner sa base en haut et en avant, puis abaisser les pubis jusqu’à ce qu’une ligne horizontale, rasant leur bord supérieur, vienne tomber en arrière sur le sommet du sacrum, s’il s’agit d’un homme ; et sur la partie moyenne du coccyx, s’il S’agit d’une femme. Lorsqu’on lui a ainsi restitué son inclinaison normale, l’angle sacro-vertébral s’élève à 8 ou 10 centimètres au-dessus de la symphyse pubienne.
Dimensions. — Des trois diamètres du bassin, le transversal est le plus considérable ; vient ensuite le vertical ; puis l’antéro-postérieur.
Le diamètre transverse le plus long est celui qui s’étend de l’une à l’autre crête iliaque. En étudiant les proportions des principales parties du corps, nous avons vu qu’il varie, chez l’homme, de 25 à 32 centimètres ; chez la femme, de 26 à 35 ; et qu’il équivaut, en moyenne, à 0m,287 chez l’un, à 0m,292 chez l’autre. Ce diamètre n’offre donc pas une étendue égale dans les deux sexes ; mais la différence ne dépasse pas 5 millimètres, et paraîtra bien minime, trop minime sans doute, aux auteurs très nombreux encore qui considèrent le diamètre transversal du bassin comme le plus grand diamètre transverse du corps chez la femme. J’ai pris soin déjà de réfuter cette erreur, sur laquelle il serait superflu de revenir. Quelques mensurations prises comparativement sur les parties supérieure et inférieure du tronc suffisent pour la montrer dans toute son évidence. Je me borne à rappeler qu’au niveau de sa base les dimensions transversales du bassin diffèrent en réalité très peu d’un sexe à l’autre. En descendant, ces dimensions se réduisent de plus en plus ; mais elles se réduisent moins chez la femme que chez l’homme. Il faut donc admettre :
1° Que les dimensions transversales sont en général prédominantes dans le sexe féminin ;
2° Que leur prédominance, peu prononcée sur la moitié supérieure de la cavité, s’accuse d’une manière beaucoup plus sensible sur la moitié inférieure.
Parmi les diamètres verticaux, celui qui offre la plus grande étendue correspond à la partie antérieure de la tubérosité de l’ischion par une de
ses extrémités, à la partie moyenne de la crête iliaque par l’extrémité opposée. Ce diamètre est en général de 20 centimètres chez l’homme, de 18 à 19 chez la femme.
Les dimensions antéro-postérieures ne diffèrent pas sensiblement dans les deux sexes, bien que la cavité pelvienne, ainsi que nous le verrons, présente une plus grande capacité chez la femme; mais les parois de cette cavité sont plus épaisses chez l’homme, et l’égalité se trouve ainsi rétablie.
En résumé, le bassin de la femme est plus large que celui de l’homme ; et le bassin de l’homme est plus élevé que celui de la femme. De cette prédominance de largeur chez l’un, de hauteur chez l’autre, découle toute une série de différences secondaires qui seront exposées plus loin.
B. — Surface externe du bassin.
Cette surface se divise en quatre régions, distinguées en antérieure, postérieure et latérales.
La région antérieure, tournée en bas, est la moins étendue. Sa partie médiane présente une dépression anguleuse qui répond à la symphyse des pubis, et qui se dirige très obliquement de haut en bas et d’avant en arrière. La longueur de cette symphyse varie de 3 à 4 centimètres ; elle est un peu plus grande chez l’homme que chez la femme.
De chaque côté, on aperçoit : 1° la face antérieure du corps des pubis, légèrement concave ; 2° immédiatement au-dessus de ce corps, l’épine des pubis, et en dehors de celle-ci le bord antérieur de leur branche horizontale ; 3° au-dessous de chaque branche horizontale, l’extrémité antérieure de la gouttière sous-pubienne, et le trou sous-pubien ; 4° sur la partie interne de ces trous, les branches ischio-pubiennes ; à leur partie inférieure, la tubérosité des ischions ; et à leur partie externe, le corps de l’ischion.
La région postérieure décrit une courbure, dont la partie la plus saillante répond à l’extrémité inférieure du sacrum. Ses trois quarts supérieurs regardent en haut ; son quart inférieur est tourné en bas.
On remarque, sur sa partie médiane : la crête sacrée ; plus bas, une gouttière, terminaison du canal sacré, limitée à droite et à gauche par les cornes du sacrum et les cornes du coccyx ; plus bas encore, la face postéro-inférieure de cet os.
De chaque côté, cette région présente une large excavation, de forme pyramidale et triangulaire, limitée en dehors parla partie postérieure de l’os iliaque. Ces excavations prolongent les gouttières vertébrales, et sont remplies aussi par les muscles spinaux qui s’insèrent sur toute l’étendue de leur surface. Elles offrent, en procédant de dedans en dehors : i° la gouttière sacrée, et les trous sacrés postérieurs; 2° sur le côté interne de