C. — Ligaments et synoviales
Fig. 205. — Coupe aîitéro-post. de l’art.
Fig. 207. — Ligament latéral interne.
Fig. 206. — Ligament latéral externe.
ARTHROLOG1E.
d’autant plus obliques quelles deviennent plus antérieures ; les postérieures sont presque verticales.
Le ligament latéral externe est recouvert par la partie la plus élevée de la glande parotide et par l’artère temporale superficielle, qui le séparent de la peau. Sa surface interne adhère à la synoviale supérieure de l’articulation, et plus bas au fibro-cartilage interarticulaire,
L q ligament postérieur a été réuni au précédent par plusieurs auteurs, qui les ont. collectivement et improprement décrits sous le nom de capsule.l\ se compose de deux plans : l’un superficiel, l’autre profond. — Le superficiel, très mince et très variable, s’attache en haut à la scissure de Glaser, et en bas au bord postérieur ou parotidien de la mâchoire. — Le profond est formé de faisceaux irréguliers et mal déterminés, qui naissent, soit de la scissure de Glaser, soit de la racine postérieure de l’arcade zygomatique, et qui viennent se fixer : les plus courts, à la partie postérieure du fibro-cartilage ; les plus longs, à la partie postérieure et inférieure du eondyle du maxillaire. Ces faisceaux se distinguent en outre par leur structure : ils se composent surtout de fibres élastiques ; et comme ils s’attachent en partie sur le fibro-cartilage, ils contribuent, d’une part, à limiter sou déplacement, de l’autre, à le ramener en arrière lorsque le eondyle de la mâchoire reprend sa situation ordinaire.
Les ligaments extrinsèques ne contribuent que très faiblement à unir les deux os. L’un a surtout pour attribution de protéger les vaisseaux et les nerfs dentaires inférieurs : c’est le ligament sphéno-maxillaire. L’autre a pour destination principale de prolonger en quelque sorte l’apophyse styloïde, et de fournir des points d’attache au muscle styloglosse : c’est le ligament stylo-maxillaire. Tous deux sont remarquables par leur extrême minceur, par la forme membraneuse qu’ils présentent, et par les rapports qu’ils affectent avec les muscles.
Le ligament sphéno-maxillaire , ou ligament latéral interne , de figure rectangulaire, se fixe en haut à l’épine du sphénoïde et à toute l’étendue de la scissure de Glaser. De cette double attache il se porte en bas, en avant et en dehors, et se termine par une large languette angulaire. Le bord interne de cette languette s’insère sur la crête et l’épine qu’on remarque à l’entrée du conduit dentaire inférieur. Son bord externe s’attache à une ligne obliquement étendue du bord parotidien de la mâchoire, vers le sillon mylo-hyoïdien. Son sommet se prolonge sur ce sillon, qu’il transforme en canal. Le ligament latéral interne revêt l’aspect d’un large ruban qui recouvre les vaisseaux et les nerfs dentaires inférieurs. Il est en rapport, en haut et en dehors, avec le muscle ptérygoïdien externe, en bas et en dedans, avec le muscle ptérygoïdien interne.
Le ligament stylo-maxillaire s’attache supérieurement â l’apophyse
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styloïde par une languette qui s’épanouit presque aussitôt en une large lamelle quadrilatère, laquelle, très obliquement dirigée en bas, en avant et en dehors, vient s’insérer par sa base sur l’angle de la mâchoire. Son bord inférieur donne attache au muscle stylo-glosse.
Synoviales. Il existe pour cette articulation deux synoviales distinguées en supérieure et inférieure.
La synoviale supérieure est très lâche et beaucoup plus étendue que 1 inférieure. Elle se fixe, en bas, à tout le pourtour du fibro-cartilage interarticulaire, sur lequel elle s’avance de 2 ou 3 millimètres. Supérieurement elle s’attache : 1° en arrière, à la lèvre antérieure delà scissure de Glaser; 2° en dehors, à la branche postérieure de l’apophyse zygomatique et au tubercule de cette apophyse; 3° en avant, à la partie antérieure du condyle du temporal.
La synoviale inférieure, très petite relativement à la précédente, s’insèie . dune part, au pourtour du fibro-cartilage interarticulaire, sur lequel elle se prolonge aussi de quelques millimètres; de l’autre, au pouitour du condyle de la mâchoire. Elle descend beaucoup plus bas en arrière qu’en avant.
D. — Mouvements.
Nous avons vu que la mâchoire supérieure, solidement articulée avec le crâne et immobile, représente une sorte d’enclume, et que la mâchoire inférieure, douée d’une grande mobilité, vient battre sur cette enclume à la manière d’un marteau. Elle s’abaisse et s’élève donc tour à tour. Mais elle peut se porter aussi horizontalement d’arrière en avant et d’avant en arrière, de droite à gauche et de gauche à droite. Elle décrit en outre un mouvement de circumduction.
1° Mouvement d'abaissement. — Jusqu’au milieu du dix-huitième siècle, on avait pensé que dans ce mouvement les condyles de la mâchoire inférieure tournaient autour de leur grand axe. Ferrein, en 1744, établit péremptoirement qu’ils tournent autour d’un axe idéal et transversal, situé beaucoup plus bas, et dont les extrémités correspondent à peu près à l’entrée des conduits dentaires inférieurs.
Il résulte de la situation de cet axe que l’angle de la mâchoire et le condyle se meuvent en sens inverse, que celui-ci subit une véritable locomotion, et que ses rapports, par conséquent, se modifient très notablement au moment où la mâchoire s’abaisse.
Dans ce mouvement, le menton se portant en bas et en arrière, décrit un arc de cercle à concavité postérieure. L’angle de la mâchoire, repoussé en haut et en arrière, déprime la glande parotide et se rapproche de l’apophyse mastoïde.
ARTHROLOGIE.
Le condyle du maxillaire s’abaisse d’abord pour contourner l’apophvse articulaire du temporal, et se placer au-dessous de celle-ci. Si le mouvement d’abaissement est limité, il ne s’étend pas au delà. S’il est plus considérable, il passe au-devant de cette apophyse, et vient s’appliquer alors au bord postérieur du muscle crotaphite, dont le sépare la synoviale supérieure. Pendant que le condyle se porte en avant et se déplace d’un centimètre environ, le fibro-cartilage se déplace aussi, mais en sens inverse : oblique en bas et en avant, lorsque le condyle est dans la cavité glénoïde, il devient horizontal lorsque celui-ci se place au-dessous de l’apophyse articulaire du temporal, puis s’incline en bas et en arrière lorsque le condyle arrive au-devant de cette apophyse. Ainsi, pendant que le condyle du maxillaire inférieur glisse sur le fibro-cartilage d’arrière en avant, le fibro-cartilage glisse sur le condyle d’avant en arrière.
Lorsque le condyle se trouve placé au-devant de l’apophyse articulaire, le bord postérieur de la mâchoire est parallèle au bord intérieur de l’apophyse mastoïde. D’angulaire qu’il était, le creux parotidien devient alors quadrilatère et plus étroit.
L’apophyse coronoïde, qu’un intervalle de 12 à 14 millimètres sépare du bord inférieur de l’apophyse zygomatique, se porte en avant, et vient se placer au-dessous du tubercule qu’on observe à l’union de ce bord avec l’os de la pommette: tubercule malaire de Nélaton.
Dans ce mouvement d’abaissement, les faisceaux élastiques qui composent le ligament postérieur s’allongent, se tendent, et arrêtent dans son déplacement le fibro-cartilage inlerarticulaire, lorsque celui-ci est parvenu au-dessous de la racine transverse de l’apophyse zygomatique. Le ligament latéral externe se tend aussi. Le ligament sphéno-maxillaire subit un léger allongement par suite de l’abaissement du condyle de la mâchoire. Le ligament stylo-maxillaire se relâche.
2° Mouvement d'élévation. — Des phénomènes opposés aux précédents caractérisent le mouvement d’élévation. Parmi ces phénomènes, ceux qui se passent du côté du condyle et du côté de l’apophyse coronoïde méritent seuls de nous arrêter un instant.
Le condyle, qui, dans sa plus grande projection en avant, vient se placer entre le bord postérieur du crotaphite et le fibro-cartilage interarticulaire, s’engage d’abord sous ce dernier, et arrive ainsi au-dessous de la racine transverse de l’apophyse zygomatique. Il rencontre alors le bord postérieur du fibro-cartilage, qui est très épais, le pousse en arrière, l’entraîne avec lui, et tous deux retombent dans la cavité glénoïde, où ils reprennent leur situation primitive. Les mouvements du fibro-cartilage sont donc subordonnés à ceux du condyle, mais un peu moins étendus. Il passe de la face postérieure à la face inférieure de l’apophyse articulaire du temporal, et oscille de l’une à l’autre. Il a manifestement pour
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usage principal de permettre aux deux surfaces convexes qui se trouvent ici en présence de rester toujours contiguës et, pour usage secondaire, de faciliter les mouvements du condyle de la mâchoire, en conservant à ceux-ci toute la précision qui leur était nécessaire.
Le sommet de l’apophyse coronoïde, qui était descendu au-dessous du tubercule malaire, remonte dans la fosse zygomatique en s’éloignant graduellement de sa paroi antérieure; il se meut ainsi de haut en bas et de bas en haut,, en rasant plus ou moins ce tubercule. Dans quelques circonstances très exceptionnelles, il s’en rapproche tellement qu’on l’a vu s appliquer au bord de celui-ci. Le mouvement d’élévation s’arrête alors à son début et la mâchoire reste immobilisée dans l’état d’abaissement ou elle se trouve. Tel est le mécanisme qui préside à sa luxation, mécanisme que Nélaton, le premier, a bien étudié et nettement démontré.
3° Mouvement d'arrière en avant et d’avant en arrière. — La mâchoire inférieure peut glisser horizontalement sur la supérieure d’arrière en avant. Les deux arcades dentaires restent alors plus ou moins contiguës. Les condyles s’abaissent pour se porter au-dessous des apophyses articulaires, mais se trouvent arrêtés au niveau de ces apophyses : d une part, par les faisceaux élastiques du ligament postérieur qui sont fortement tendus ; de l’autre, par le bord antérieur du fibro-cartilage. Dans 1 abaissement, ils triomphent facilement de ces deux résistances ; dans les mouvements d’arrière en avant, ils ne les surmontent plus, parce qu ils obéissent à une force de projection beaucoup moins grande.
Après s’être portée horizontalement en avant dans une étendue de 5 à 6 millimètres, la mâchoire revient à sa position la plus habituelle. Dans ce mouvement de recul, les condyles et les fîbro-cartilages se comportent comme dans le second temps de l’élévation : les premiers poussant les seconds, ils rentrent simultanément dans la cavité glénoïde.
Revenus à leur point de départ, c’est-à-dire à cette situation qui constitue pour eux 1 état de repos, les condyles peuvent s’arrêter et s’arîêtent en effet le plus ordinairement; mais ils peuvent aussi continuer eui mouvement de recul. C’est ce dernier déplacement qui constitue, à proprement parler, leur mouvement antéro-postérieur.
Il est si limité, que Ferrein avait conservé quelques doutes sür sa réalité. Son étendue est de quelques millimètres seulement. Dans ce mouvement, le fibro-cartilage interarticulaire reste immobile ; lé condyle de la mâchoire inférieure glisse d avant en arrière sur son bord postérieur. lise rapproche ainsi de la paroi inférieure du conduit auditif, sans cependant atteindie ; la partie antérieure du ligament latéral externe qui devient alors plus oblique et qui se tend ne tarde pas à l’arrêter.
4 Mouvements latéraux. — Ils ont été bien observés par Ferrein, qui nous en a fait connaître le véritable mécanisme. Avant cet observa-
leur, on admettait que la mâchoire inférieure oscillait de droite à gauche et de gauche à droite. Ferrein a fait remarquer d’abord que cette oscillation horizontale et transversale du maxillaire est complètement impossible, les saillies situées en dedans et en dehors de chaque condyle ne leur permettant aucun déplacement dans ce sens. Il démontra ensuite que dans le mouvement de droite à gauche, la mâchoire entière tourne horizontalement autour d’un axe vertical passant par la partie moyenne du condyle gauche. Chacune des parties qui la composent décrit un arc de cercle d’autant plus grand qu’elle est plus éloignée de ce dernier. L’arc décrit par le condyle droit est donc le plus étendu ; aussi le voiton s’abaisser, puis sortir de sa cavité, pour se placer au-dessous de l’apophyse articulaire correspondante, et quelquefois même se porter au delà. Tout se passe alors de son côté comme dans l’abaissement. — La partie moyenne de l’arcade dentaire inférieure se dévie à gauche et déborde l’arcade dentaire supérieure de 4 ou 5 millimètres. — Le condyle gauche tourne légèrement autour de l’axe vertical, passant par sa partie centrale et. d’oblique qu’il était, il devient ainsi transversal.
Dans le mouvement latéral de gauche à droite, les phénomènes sont inverses. Sous l’influence de ces mouvements latéraux, les ligaments sphéno-maxillaire et stylo-maxillaire situés du côté du condyle déplacé, se tendent et contribuent, par conséquent, à limiter son déplacement. Le dernier est celui qui subit la tension la plus forte.
5° Mouvement de circumduction. — Si l’on jugeait de ce mouvement sur le silence des auteurs, on pourrait penser qu’il fait défaut ou ne mérite pas d’être mentionné. J1 est réel cependant et possède une certaine importance, puisqu’il prend part à la mastication. Pendant la durée de cet acte, le maxillaire, en effet, passe très souvent d’un mouvevement vertical à un mouvement latéral : de l’abaissement, par exemple, au mouvement latéral droit, de celui-ci à l’élévation, puis au mouvement latéral gauche, etc. Au moment où il s’abaisse, les deux condyles se portent en avant ; lorsqu’il se dévie à droite, le condyle gauche reste placé au-dessous de son apophyse articulaire, et le droit rentre dans la cavité glénoïde. On voit ainsi successivement les deux condyles sortir de leur cavité, et chacun d’eux y rentrer tour à tour, de telle sorte que le menton décrit un très petit mouvement circulaire.
E. — Articulation temporo-maxillaire des mammifères.
Cette articulation présente chez les mammifères un mode de conformation qui est en rapport avec leur système dentaire, c’est-à-dire avec leur régime le plus habituel. Elle diffère donc beaucoup suivant qu’on la considère chez un carnassier, un rongeur ou un ruminant.
ARTICULATION TEMPORO-M AXILLAIRE.
Les carnassiers se servent surtout de leurs dents canines, qui arrivent chez eux à un très grand développement. Leur mâchoire inférieure ne possède ni mouvements antéro-postérieurs , ni mouvements latéraux ; elle se meut seulement de haut en bas et de bas en haut. Aussi les muscles qui président à son élévation présentent-ils un énorme volume. Les condyles, aplatis d’avant en arrière et transversalement dirigés, sont reçus dans une gouttière cylindrique, transversale aussi, qu’ils remplissent complètement, et qu’ils n’abandonnent jamais. Chacun d’eux tourne dans sa gouttière, autour de son grand axe, à la manière d’un cylindre plein dans un cylindre creux. Les mouvements de l’articulation temporo-maxillaire, dans les mammifères de cet ordre, sont donc de la plus extrême simplicité ; mais ce qu’ils perdent du côté du nombre ou de la variété, ils le retrouvent du côté de l’énergie et de la précision. La fosse temporale, chez eux, se déprime profondément pour loger leur puissant crotaphite ; l’apophyse coronoïde s’allonge et s’élargit pour recevoir le tendon de ce muscle; l’arcade zygomatique, fortement repoussée en dehors, devient très convexe. Tous ces caractères réunis au mode de configuration des surfaces articulaires suffisent pour dénoter, au premier coup d’œil, le régime, les mœurs, et même la conformation générale de l’animal.
Dans les rongeurs, cette articulation se distingue par des caractères bien différents. Les dents incisives sont celles dont ils font plus spécialement usage. Les supérieures étant fixes, les inférieures, pour diviser les aliments, s’avancent et reculent tour à tour. Chez ces mammifères, la mâchoire se meut donc horizontalement d’arrière en avant et d’avant en arrière. Les condyles sont aplatis de dedans en dehors ; leur direction n’est pas transversale, mais antéro-postérieure. La gouttière destinée à les recevoir présente la même forme et la même direction. Les mouvements verticaux n’offrant qu’une importance très secondaire, les muscles élévateurs n’atteignent qu’un faible développement : d’où il suit que les fosses temporales sont peu profondes, les arcades zygomatiques peu convexes et la tête plus ou moins aplatie de l’un à l’autre côté.
Chez les ruminants, ce sont les molaires dont l’action devient prédominante. Pour broyer les aliments, elles procèdent à la manière de meules qui glissent circulairement l’une sur l’autre. Les inférieures glissent sur les supérieures, de droite à gauche et de gauche à droite. Ici, par conséquent, le rôle principal n’appartient ni aux mouvements verticaux, ni aux mouvements antéro-postérieurs, mais aux mouvements latéraux. Aussi remarque-t-on que les condyles sont aplatis de haut en bas ; les cavités glénoïdes sont larges et superficielles. Dans ces cavités, chacun d’eux peut se mouvoir librement, en tournant autour de son axe vertical. Les muscles élévateurs étant peu développés aussi, les fosses temporales
ARTJIROLOGIE.
restent planes dans toute leur étendue ; les arcades zygomatiques peu saillantes affectent une direction rectiligne : la tête est aplatie dans le sens transversal, et plus ou moins allongée.
L’homme, qui est omnivore, participe à la fois des carnassiers, des rongeurs et des ruminants : des carnassiers, par la prédominance des mouvements verticaux, par la forme des condyles et par leur direction transversale ; des rongeurs, par les mouvements antéro-postérieurs de sa mâchoire, et des ruminants, par les mouvements latéraux de celle-ci. Chez lui il y a donc aussi harmonie entre le régime et le mode de conformation de l’articulation temporo-maxillaire.