‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 193 sur 260 · C. — Ihi bassin considéré comme cavité de protection · texte numérisé non relu

C. — Ihi bassin considéré comme cavité de protection

La cavité pelvienne protège les viscères qu’elle renferme ; mais elle ne les protège pas d’une manière égale. Il existe à cet égard une notable différence entre le petit bassin et le grand bassin.

Le petit bassin, qui forme une enceinte continue, à parois épaisses et résistantes, constitue pour toutes les parties qu’il contient un puissant moyen de protection. Entièrement osseux supérieurement, en partie osseux et en partie fibreux inférieurement, sa résistance décroît de haut en bas ; mais, à mesure qu’ils deviennent plus profonds, les organes intrapelviens, se trouvant moins exposés à l’influence des corps extérieurs, l’étui protecteur qui les entoure pouvait s’amincir et s’affaiblir sans inconvénient pour eux. En diminuant d’épaisseur et de solidité à mesure qu’on se rapproche du détroit inférieur, les parois de l’excavation pelvienne acquièrent plus de souplesse et un certain degré de dilatabilité, avantages que la nature utilise au moment de l’accouchement.

Le grand bassin, constitué à droite et à gauche par les fosses iliaques, et complété en arrière par le rachis, ne présente aucun vestige de paroi antérieure; à la place de celle-ci, on ne trouve qu’une énorme échancrure. Si les organes logés dans sa cavité n’ont rien à craindre des agents vulnérants qui peuvent atteindre sa paroi postérieure ou ses parois latérales, en avant, au contraire, ils restent exposés à toutes les violences extérieures. Pour comprendre combien ils sont vulnérables dans ce sens, il importe de placer le bassin dans la position très oblique qui lui est propre, et non dans la position horizontale qu’on lui donnait autrefois. Or, dans cette attitude, les viscères ne reposent pas sur les fosses iliaques ; ils glissent de haut en bas sur ces fosses qui sont presque verticales, et viennent prendre leur point d’appui sur le contour de la grande échancrure, c’est-à-dire sur la paroi abdominale antérieure. C’est donc sur le pli de l’aine et sur la région hypogastrique qu’ils pèsent de tout leur poids. Non seulement ils ne sont pas protégés, mais ils semblent se porter en quelque sorte au-devant du danger qui les menace. Si l’angle sacrovertébral s’avance à la manière d’un promontoire au-dessus de l’excavation du bassin, c’est en partie pour soustraire les organes sous-jacents ou intrapelviens à la pression que les viscères plus élevés pourraient exercer sur eux; en les déviant ainsi à droite et à gauche, il contribue à rejeter presque tout le poids de la masse intestinale sur le pli de l’aine qui est ouvert sur deux points et moins fortement constitué que l’hvpogastre et les régions supérieures de l’abdomen.

L’obliquité du bassin entraîne ainsi des conséquences diamétralement opposées pour les organes situés au-dessous et au-dessus du détroit supérieur ; pour ceux qui sont situés au-dessous, elle constitue un nouveau

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moyen de protection ; pour ceux qui sont situés au-dessus, elle devient la source de plusieurs prédispositions fâcheuses, parmi lesquelles ,1 faut mettre au premier rang leur tendance à se déplacer.

ARTICLE III

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