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I. Articulations costo-vertébrales

Elles participent à la fois des articulations mobiles et des articulations semi-mobiles: ce sont des diarthro-amphiarthroses, qui prennent rang immédiatement au-dessus de l’articulation sacro-iliaque.

A Surfaces articulaires. - D’une part, la tête des côtes ; de l’autre, les facettes latérales des vertèbres et les disques intervertébraux.

La tete des côtes présente deux facettes séparées par une crête mousse, horizontale et antero-postérieure. - Les deux facettes s’inclinent sur axe de la cote, de telle sorte qu’en les prolongeant, elles viendraient se réunir au sommet de la crête qui les sépare. La facette supérieure, tournée en haut et en dedans, s’applique à la facette latérale de la vertèbre

ARTHROLOGIE

qui est au-dessus. La facette inférieure, tournée en bas et en dedans, s’applique à la facette latérale de la vertèbre qui est au-dessous. Elle est plus grande que la précédente, et le devient d’autant plus, qu’elle appartient à une côte plus inférieure. — La crête comprise entre les deux facettes répond aux ligaments intervertébraux.

Les deux facettes costales et la crête mousse intermédiaire sont revêtues d’un fibro-cartilage. Au niveau de la crête, celui-ci se trouve en continuité directe avec le fibro-cartilage intervertébral correspondant. Sur les facettes, il est surmonté de prolongements villiformes, comparables à ceux qu’on observe sur les surfaces de l’articulation sacro-iliaque.

Les facettes latérales des corps vertébraux se distinguent aussi en

Fig. 228. — Surfaces articulaires Fig. 229. — Ligaments rayonné

des articulations costo-vertébrales. et transverso-costaux supérieurs.

Fig. 228. — 1. Extrémité postérieure de la première côte gauche, dont la tête s’unit à la facette supérieure de la première vertèbre dorsale. — 2. Extrémité postérieure de la deuxième côte, dont la tête s’articule par sa facette inférieure, plus large, avec la seconde vertèbre dorsale, et par sa facette supérieure, en général beaucoup plus petite, avec la première. — 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9. Extrémité supérieure des sept côtes suivantes, en rapport avec les corps et les apophyses transverses des vertèbres correspondantes. — 10. Dixième côte, s’articulant ici avec la dixième et la neuvième vertèbre dorsales, mais le plus souvent elle n’est pas en rapport avec cette dernière. — 11, 12. Onzième et douzième côtes, dont la tête s’articule avec une seule

ARTICULATIONS COSTO-VERTÉBRALES.

supérieures et en inférieures. — Les supérieures regardent en dehors et en bas. Leur étendue superficielle diminue en descendant. Chacune d’elles est recouverte : 1° d’une mince couche de cartilage; 2° d’une couche fibro-cartilagineuse plus épaisse. — Les inférieures regardent en dehors et en haut. Leur superficie augmente à mesure que celle des précédentes diminue. Leur cartilage est recouvert aussi d’un fibrocartilage.

Il suit de la direction convergente de ces deux facettes, quelles forment un angle rentrant, dont le fibro-cartilage intervertébral occupe le sommet. La tête des côtes forme au contraire un angle saillant qui est reçu dans cette cavité angulaire, à la manière d’un coin. Les surfaces des articulations costo-vertébrales sont donc remarquables, d’une part par le fibrocartilagequi les recouvre, de l’autre par la disposition cunéiforme qu’elles présentent. Cette disposition nous explique pourquoi les vertèbres dorsales ne peuvent s’incliner dans le sens latéral, leur partie inférieure rencontrant alors la tête des côtes qui les arrête immédiatement. Les avantages d’une semblable disposition sont manifestes : la colonne dorsale ne s’inclinant ni à droite, ni à gauche, les côtes conservent leur situation relative, leur direction, la pleine liberté de leurs mouvements, et la respiration reste facile.

La configuration cunéiforme des articulations costo-vertébrales a donc pour but, en définitive, d’immobiliser les vertèbres dorsales sur le plan médian, et de conserver aux côtes, au contraire, la plus grande mobilité possible. Sa destination, en d’autres termes, est d’assurer la liberté et la régularité des mouvements respiratoires.

B. Moyens d'union . — Les ligaments des articulations costo-vertébrales, au nombre de deux, se distinguent en antérieur ou superficiel, et profond ou interosseux.

Le ligament antérieur est rayonné. Il s’attache par sa base sur les parties latérales des deux vertèbres avec lesquelles la côte s’articule, et sur le fibro-cartilage intermédiaire. Nées de ces divers points, ses fibres se portent en convergeant vers la partie antérieure de la tête de la côte sur laquelles elles se fixent. Les plus élevées et les plus inférieures sont

vertèbre. — 13, 13. Apophyses transverses s’unissant par leur sommet avec la facette articulaire de la tubérosité des côtes.

Fig. 229. — 1,1. Partie médiane du ligament vertébral commun, antérieur. — 2, 2. Partie latérale de ce ligament, différant de la précédente par les nombreux orifices vasculaires qu’elle présente. — 3, 3. Ligaments intervertébraux. — 4, 5, 6, 7, 8, 9. Extrémité postérieure des 4e, 5e, 6e, 7e, 8e et 9e côtes. — 10, 10. Ligament rayonne des articulations costo-vertébrales. — 11, 11. Faisceau supérieur de ce ligament. — 12, 12. Son faisceau inférieur. — 13, 13. Ligament transverso-costal supérieur. — 14, 14. Bord inférieur des apophyses transverses. — 15, 15. Trous de conjugaison. — IG, 16. Trou dans lequel s’engage la branche postérieure des vaisseaux et nerfs intercostaux pour se rendre dans les muscles spinaux.

ARTURüLOGIE.

verticales. Les moyennes sont obliques pour la plupart. Celles qui s’insèrent sur le fibro-cartilage intervertébral sont horizontales, mais beaucoup moins nombreuses; quelquefois même elles font presque entièrement défaut. De leur absence ou de leur rareté, il suit que le ligament rayonné a pu être considéré comme formé de deux faisceaux, l’un supérieur, l’autre inférieur. Sur les articulations les plus élevées, ces deux faisceaux sont égaux ; sur les autres, l’inférieur devient de plus en plus prédominant à mesure que l’on se rapproche de la base du thorax.

Le ligament antérieur est recouvert par la plèvre costale à laquelle l’unit un tissu cellulaire très lâche. •

Ligament interosseux. — Ce ligament, suivant la plupart des auteurs, s’étendrait de la crête qui sépare les deux facettes costales au fibro-cartilage intervertébral, pour se continuer avec celui-ci. Il offrirait une longueur égale à celle de la crête et une épaisseur égale aussi sur toute son étendue. Cette description atteste que les articulations costo-vertébrales, de même que l’articulation sacro-iliaque et la symphyse pubienne, ont peu fixé l’attention des observateurs. Leur langage eût été plus exact, s’ils n’avaient méconnu l’existence des diarthro-amphiarthroses, qui jettent une si vive lueur sur plusieurs points de l’histoire des articulations restés jusqu’ici fort obscurs.

Le ligament interosseux des articulations costo-vertébrales est situé à leur partie antérieure, immédiatement au-dessous du ligament rayonné. Il s’étend de la crête costale à la facette vertébrale inférieure, en se modifiant de telle sorte, qu’il ne se trouve plus représenté sur les deux tiers postérieurs de cette crête que par de simples inégalités villiformes.

Pour observer la disposition qu’affecte ce ligament, il faut enlever la vertèbre supérieure, et abattre par un trait de scie le col de la côte, ainsi que l’apophyse transverse. En renversant la tête de la côte en bas et en dedans, il deviendra alors facile de constater que le fibro-cartilage interosseux fait à peu près complètement défaut sur la moitié postérieure de l’articulation, et qu’il se porte de la crête et de la facette costale inférieure à la facette vertébrale correspondante.

C. Synoviales. — Les anatomistes sont unanimes pour accorder à ces articulations deux synoviales, l’une supérieure, l’autre inférieure. Ces deux synoviales seraient séparées par le ligament interosseux. Je ferai remarquer d’abord que le ligament interosseux ne s’étendant pas jusqu’à leur partie postérieure, il n’y aurait pas lieu d’admettre ici deux synoviales, mais une seule. J’ajouterai que celte unique synoviale n’existe qu’à l’état de vestige et seulement en arrière. Il n’est plus permis aujourd’hui de considérer l’articulation des côtes avec les corps des vertèbres, comme une double arthrodie. L’observation nous démontre que chacune de ces articulations est une amphiarthrose imparfaite. On pourrait invo-

ARTICULATIONS COSTO-VERTÉBRALES. 597

quer, il est vrai, l’articulation sacro-iliaque, qui est aussi une diarthroamphiarthrose et qui possède cependant une synoviale. Je répondrai alors que les articulations costo-vertébrales sont des diarthro-amphiarthroses plus avancées dans leur évolution ; que leur ligament interosseux est pour elles un véritable moyen d’union, et qu’à ce degré de développement les synoviales n’existent plus.

D. Développement. — Les articulations costo-vertébrales passent par trois états différents. Dans la première période de leur développement, elles représentent une véritable amphiarthrose; dans la seconde, chacune est constituée par une amphiarthrose et deux arthrodies; dans la troisième, elles prennent les caractères des diarthro-amphiarthroses.

lre période. — Pendant la plus grande partie de la vie intra-utérine, la tête des côtes est unie aux ligaments intervertébraux par un gros cordon fibro-cartilagineux. Elle est si petite, que ce cordon l’égale en volume. Sa crête seule existe ; de ses facettes, on ne voit aucune trace. Elle se trouve en connexion uniquement avec les ligaments intervertébraux. Les ligaments rayonnés et interosseux sont confondus.

2e période. — Dans cette seconde période, la tête des côtes, qui était d’abord cylindrique, s’aplatit d’avant en arrière ; elle s’allonge par conséquent de haut en bas, déborde le ligament intervertébral, et entre en contact avec les vertèbres correspondantes. A l’ampbiarthrose primitive s’ajoutent deux arthrodies ; il existe alors deux petites synoviales séparées par le ligament interosseux et recouvertes par le ligament rayonné.

3e période. — A mesure que le rachis et les côtes se développent, le ligament interosseux revêt sa forme et ses connexions définitives. Une couche fibro-cartilagineuse apparaît sur les facettes vertébrales et costales; et les synoviales disparaissent d’avant en arrière, d’où il suit qu’on peut en retrouver encore quelques traces sur la partie postérieure des articulations après qu’elles ont disparu sur leur partie antérieure.

Caractères propres à quelques articulations costo-vertébrales.

Trois articulations costo-vertébrales se distinguent des autres par des caractères particuliers : la première, la onzième et la douzième.

Dans ces trois articulations, la tête de la côte présente une seule facette articulaire. Cette facette correspond à une seule vertèbre; elle n’offre aucune connexion avec les disques intervertébraux.

Toutes trois, du reste, sont pourvues aussi de deux ligaments. — Mais le ligament interosseux reste limité à leur partie antérieure ; il est rudimentaire sur la première, plus développé et plus apparent sur les deux dernières. — Le ligament rayonné se compose aussi de deux faisceaux; le supérieur est, en général, étroit et long, l’inférieur court et beaucoup

ARTHROLOGIE.

plus large. Le faisceau supérieur s’attache pour la première côte au corps de la septième cervicale; pour la onzième et la douzième, à la vertèbre qui se trouve immédiatement au-dessus de l’articulation.

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