‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 80 sur 260 · FOSSES NASALES · texte numérisé non relu

FOSSES NASALES

du maxillaire supérieur; en arrière, par l’aile interne de l’apophyse ptérygoïde; au milieu, par la portion verticale du palatin, par l’ethmoïde et par la paroi interne du canal nasal. — On remarque sur la paroi externe du méat moyen deux orifices : 1° un orifice supérieur, profondément caché sous l’extrémité antérieure du cornet ; cet orifice, qui répond à l’infundibulum de l’ethmoïde, fait communiquer le méat moyen avec les sinus frontaux ; 2° un orifice inférieur et postérieur, plus grand et irrégulier, qui fait communiquer ce méat avec le sinus maxillaire.

L’étage inférieur offre la même disposition que le précédent ; mais il

Fig. 73. — 1. Cornet supérieur. — 2. Méat supérieur. — 3. Trou sphéno-palatin.

— 4. Sinus sphénoïdal. —5. Cornet moyen. — 6. Méat moyen. — 7. Orifice du sinus maxillaire. — • 8. Suture unissant l’apophyse montante à l’unguis. — 9. Cornet inférieur.— 10. Son extrémité postérieure unie au palatin. — 11. Son extrémité antérieure unie à la crête située sur la base de l’apophyse montante. — 12. Apophyse unguéale du cornet unie à l’extrémité inférieure de l’unguis. — 13. Branche droite du conduit palatin antérieur. — 14. Branche gauche du même conduit. — 15. Partie médiane ou inférieure de ce conduit. — 16. Union du palatin et de l’apophyse palatine du maxillaire. — 17. Union du palatin et de l’apophyse ptérygoïde. — 18. Fosse ptérygoïde. — 19. Crochet de l’aile interne. — 20. Apophyse ptérygoïdienne du palatin. — 21. Voûte palatine. — -22. Union de l’os du nez et de l’apophyse montante.

— 23. Sinus frontal. — - 24. Sommet de l’apophyse crista-galli.

Fig. 74. — 1. Lame perpendiculaire de l’ethmoïde. — 2. Vomer. — 3. Union de cet os avec la. lame perpendiculaire. — 4. Union du même os avec le palatin et l’apophyse palatine du maxillaire. — 5. Union de la hase du vomer avec le corps du sphénoïde. — 6. Segment de la cloison qui sépare les sim s sphénoïdaux. — 7. Sinus sphénoïdal gauche en partie ouvert. — 8. Extrémité antérieure du cornet moyen. — 9. Extrémité antérieure du cornet inférieur. — -10. Suture naso-frontale. — 11. Sinus frontal. — 12. Sommet de l’apophyse crista-galli. — 13. Épine nasale antérieure et inférieure. — 14. Conduit palatin antérieur. — 15. Fosse ptérygoïde. — 16. Crochet de l’aile interne.

Fig. 73. — Fosses nasales, paroi externe.

Fig. 74. — Fosses nasales, paroi interne.

OSTÉÜLOGIE.

est beaucoup plus régulier et plus simple. Sur un premier plan on aperçoit le cornet inférieur ; au-dessous du cornet se trouve le méat inférieur limité en dedans par la face concave de celui-ci, et en dehors par le maxillaire supérieur et le palatin. Le canal nasal vient s’ouvrir sur la partie supérieure et antérieure de ce méat.

V ouverture antérieure des fosses nasales est double comme la postérieure, lorsque la cloison est complétée par son cartilage. En l’absence de ce cartilage elle est unique et commune aux deux cavités. Nous avons vu qu’elle offre alors la figure d’un triangle isocèle à angles arrondis. Elle a été aussi comparée à un cœur de carte à jouer.- -Quatre os contribuent à la circonscrire : les os du nez en haut, les maxillaires supérieurs en bas et sur les côtés. On remarque sur son angle supérieur la suture qui unit les premiers, et sur la partie médiane de sa base celle qui unit les seconds. Au-devant de cette partie médiane se trouve l’épine nasale antérieure et inférieure, plus saillante que la postérieure.

L 'ouverture postérieure est oblique de haut en bas et d’arrière en avant ; elle affecte par conséquent une direction inverse de celle que présente l’ouverture antérieure, en sorte que ces deux ouvertures se rapprochent inférieurement. — Le vomer sépare l’ouverture postérieure du côté droit de celle du côté gauche.

Cette ouverture revêt la figure d’un rectangle à angles arrondis; on pourrait la comparer également à un ovale dont le grand axe se dirigerait de haut en bas. Elle est limitée: en haut, par la face inférieure du corps du sphénoïde; en bas, par le bord postérieur de la voûte palatine; en dedans, par le bord postérieur du vomer ; en dehors, par le bord postérieur de l’aile interne des apophyses ptérygoïdes. •

D. — Développement de la face.

Ap rès avoir considéré la face dans sa conformation extérieure et intéieure, il importe de la suivre dans les diverses phases de son évolution. Étudions d’abord son développement général; nous nous occuperons ensuite du développement de ses cavités et arrière-cavités.

a. Développement général de la face.

La face parcourt dans son développement trois périodes, pendant la durée desquelles elle se présente à nous sous des aspects bien différents. La première période s’étend de la vie embryonnaire à l’enfance ; la seconde embrasse tout le laps de temps qui s’écoule depuis l’enfance jusqu’à la vieillesse ; la troisième est celle qui répond à l’âge des infir-

mités et de la décrépitude. L’éruption des dents sépare la première période de la seconde et leur chute la deuxième de la troisième.

1° État de la face chez le fœtus et V enfant. — Au début de la vie la ace est remarquable surtout par l’extrême petitesse de son volume comparé à celui du crâne, par la brièveté de ses dimensions verticales comparées aux transversales et antéro-postérieures, et par la prédominance de sa partie supérieure sur la moyenne et l’inférieure.

La partie supérieure, unie au crâne, participe au large développement de celui-ci. Les cavités orbitaires, destinées à protéger un organe dont l’évolution est presque aussi précoce que celle de l’encéphale, offrent une capacité considérable. Le diamètre transversal de la face mesuré au niveau de l’équateur des orbites l’emporte très notablement sur le vertical, qui plus tard deviendra, au contraire, prédominant.

La partie moyenne ou nasale est la moins développée. Le sens de l’odorat, beaucoup plus tardif dans son apparition que celui de la vue, reste longtemps à l’état rudimentaire. C’est de l’exiguïté de ses proportions, chez le fœtus et le nouveau-né', que dépend surtout la brièveté du diamètre vertical. La paroi inférieure des orbites repose immédiatement sur le bord alvéolaire, en sorte qu’elle se trouve très rapprochée de la cavité buccale. Le plancher des fosses nasales, destiné à s’abaisser beaucoup au-dessous du plancher des orbites, est d’abord situé presque sur le même plan ; il descend de quelques millimètres vers le milieu de la grossesse, et de 8-10 au moment de la naissance.

La partie inférieure ou buccale, représentée par un os qui se montre vers le trente-cinquième jour, c’est-à-dire bien longtemps avant tous les autres os du même groupe, est d’abord aplatie, très haute, très longue, et constitue la moitié de la face; mais peu à peu sa hauteur diminue, tandis que son épaisseur augmente. Au quatrième ou cinquième mois de la grossesse, elle ne forme plus que le tiers environ de la lace, et le quart seulement à la naissance.

Les bords alvéolaires qui renferment les follicules des dents sont épais et bosselés ; mais ils ont très peu de hauteur. Les joues et les lèvres, organisées déjà pour recouvrir les arcades dentaires lorsqu’elles paraîtront, présentent au contraire à cet âge une étendue relative très grande, et flotteraient, si la nature pour les soutenir n’avait étalé sous leur couche antérieure ou cutanée une notable proportion de tissu cellulograisseux. Elles acquièrent ainsi une plus grande épaisseur, qui n’enlève rien à leur mobilité. De cette conformation il suit :

1° Que la paroi antérieure de la bouche, véritable organe de préhension, peut s’allonger à la manière d’un entonnoir pour saisir le mamelon;

2° Que l’orifice buccal peut acquérir, lorsqu’il est convulsivement dilaté par les cris de l’enfant, une ampleur considérable;

OSTÉOLOGJE.

3° Qu’à l’état de calme ou d’occlusion la bouche paraît au contraire très petite; par ses dimensions ainsi que par son coloris et la grâce de ses contours elle contribue alors à répandre sur la physionomie le charme et la douceur qui sont les attributs de cet âge.

Pendant toute la durée de cette première période, les bords parotidiens de la mâchoire inférieure, presque horizontaux chez l’embryon, sont encore très obliques à la naissance. L’ouverture postérieure des fosses nasales offre une obliquité analogue; son diamètre vertical, très court, dépasse à peine le transversal, en sorte que cette ouverture est plutôt circulaire qu’ovalaire; elle participe à l’état rudimentaire de toutes les autres parties du sens de l’odorat. Le voile du palais, qui prolonge la voûte palatine, et qui joue un si grand rôle dans la déglutition, participe, au contraire, au développement de la langue et des lèvres. Ainsi, tandis que tout est disposé en avant pour faire de la bouche un organe de préhension, tout est disposé en arrière pour prévenir le reflux du liquide alimentaire vers les fosses nasales et pour le diriger sûrement vers les voies qu’il doit parcourir.

2° État de la face chez V adulte. — Dans cette seconde et longue période qui embrasse la presque totalité du cours de l’existence, on voit dès son début les parties dont l’évolution avait été tardive se développer à leur tour, et une sorte d’équilibre s’établir entre toutes. La prédominance passe alors de la partie supérieure ou orbito-ethmo'idale à la partie moyenne ou nasale, qui en est redevable aux proportions nouvelles du sens de l’odorat, à l’extension de son bord alvéolaire et à l’apparition des arcades dentaires. — Le sens de l’odorat s’allongeant de haut en bas, le plancher des fosses nasales s’abaisse davantage au-dessous de celui des orbites, et l’ouverture postérieure de ces fosses devient ovalaire de circulaire qu’elle était. Ce sens s’allonge aussi d’avant en arrière, et cette ouverture devient alors moins oblique. Il s’allonge également de dedans en dehors, s’insinue pour ainsi dire entre le plancher des cavités orbitaires et le bord alvéolaire qu’il repousse en bas. Ce bord s’éloigne doncde l’orbite; en même temps il s’allonge de haut en bas pour suivre les dents pendant leur éruption et entourer leurs racines. Le bord alvéolaire inférieur devient le siège de phénomènes semblables.

Tout semble donc se réunir à cette époque pour donner la prépondérance aux dimensions verticales. C’est alors aussi qu’on voit les bords parotidiens de la mâchoire se relever, ses angles devenir plus saillants, sa base se dessiner sous la peau et la face entière prendre la figure d’un ovale dont la grosse extrémité tournée en haut se confond avec le crâne.

3° État de la face chez le vieillard. — Après la chute des dents, les bords alvéolaires sont peu à peu résorbés. Le vide considérable que laissent les arcades dentaires en disparaissant s’agrandit par conséquent

de tout le raccourcissement de ceux-ci. Le diamètre vertical reprend ainsi sa brièveté primitive, en sorte que la face du vieillard est conformée sous ce point de vue comme celle de l’enfant.

Le bord postérieur de la mâchoire inférieure reprend aussi l’obliquité qu’il présentait dans la première période de son développement; il forme avec le bord inférieur un angle plus obtus. — Le corps de l’os, réduit à sa portion basilaire, se rapproche du maxillaire supérieur pour combler le vide énorme qui vient de se produire entre eux. La symphyse du menton se porte à la rencontre du nez. Les lèvres et les joues, devenues trop longues pour les parties qu’elles recouvrent, se dépriment dans l’intervalle des deux mâchoires en formant un sillon demicirculaire. Pendant la mastication elles sont repoussées en dehors, puis soulevées de bas en haut par leur propre contraction, et offrent alors des plis ondulatoires longitudinaux et parallèles qui impriment un caractère distinctif à la physionomie du vieillard, et qu’on peut même considérer comme l’un des attributs les plus caractéristiques de la sénilité.

b. Développement des cavités et arrière-cavités de la face.

1° Développement des orbites. — Ces cavités chez le fœtus et l’enfant ne présentent pas la forme qu’elles auront plus tard. Leurs parois interne et externe sont moins développées que la supérieure et l’inférieure. La base de l’orbite revêt la figure d’un rectangle transversal dont les angles seraient plus ou moins arrondis. A cet âge, les cavités orbitaires sont aussi moins profondes. — La fente sphéno-maxillaire, très large, se confond avec la fosse ptérygo-maxillaire, qui elle-même ne se distingue pas encore bien nettement de la fosse zygomatique. — Le canal sous-orbitaire présente une large fissure sur sa paroi supérieure qui reste incomplète jusqu’à huit ou dix ans.

Dans la période qui s’écoule de la naissance à la puberté, les cavités orbitaires s’allongent d’arrière en avant; leurs parois latérales s’élèvent; la fente sphéno-maxillaire se rétrécit beaucoup.

2° Développement des fosses nasales. — Ces fosses, ainsi que nous l’avons vu, se développent tardivement et lentement. Mais leur évolution n’est pas également tardive pour toutes leurs parties. Vers le milieu de la grossesse leur paroi supérieure a déjà 2 millimètres de largeur; elle en a de 2 à 3 à la naissance et ne diffère pas ou diffère peu de celle de l’adulte. Les parties essentielles ou fondamentales d’un organe sont toujours les premières qui se montrent. Or ici la partie essentielle est la paroi supé rieure qui répond aux nerfs de l’odorat; à peine le sens de l’olfaction commence-t-il à se montrer, que déjà la portion horizontale de cette

OSTÉOLOGLE.

paroi possède ses dimensions définitives. De ce fait, il résulte que le développement des fosses nasales s’opère de haut eu bas, et que leurs parties access3ires seules restent longtemps rudimentaires. Lorsque les proportions respectives du crâne et de la face se modifient à l’avantage de celle-ci, on les voit se développer à leur tour, mais avec lenteur.

3° Développement des arrière-cavités des fosses nasales. — A ces arrière-cavités appartiennent: l°les cellules de l’ethmoïde; 2° les sinus.

Les cellules de l’ethmoïde précèdent l’ossification de cet os; à l’état cartilagineux celui-ci présente déjà toutes les cellules creusées dans l’épaisseur de ses masses latérales. Leur existence est donc primordiale et non consécutive à la résorption du tissu spongieux, comme celle des cellules mastoïdiennes par exemple; elles offrent, dès leur apparition, une capacité assez considérable, et d’autant plus digne d’être signalée que les sinus destinés à acquérir une capacité extrêmement supérieure à la leur n’existent pas encore, à l’exception toutefois du sinus maxil laire qui apparaît du troisième au quatrième mois de la vie fœtale.

Tous les autres sinus se forment plus lard. Le sinus sphénoïdal ne commence à se montrer que vers la fin de la première année. Le sinus palatin se développe à trois ans chez quelques enfants, et chez d’autres à quatre, six, huit et dix ans; quelquefois même il n’existe pas encore à cet âge. Le sinus frontal naît de sept à huit ans, souvent un peu plus tard; il est rare cependant qu’on ne le rencontre pas à dix ans.

Les sinus palatins et les sinus frontaux offrent le même mode de développement. Ils sont représentés au début de leur formation par une très petite fossette, située, pour les premiers, sur la facette interne de l’apophyse orbitaire, et pour les seconds sur les côtés de l’échancrure nasale du frontal. Ces fossettes s’accroissent aux dépens du tissu spongieux qui est résorbé; et, lorsque tout ce tissu a disparu, la cavité s’agrandit par écartement ou extension de ses parois.

Les sinus sphénoïdaux débutent par une lamelle qui s’enroule autour d’un axe fictif pour former le cornet de Berlin. Plus tard le tissu spongieux qui remplit le corps du sphénoïde est résorbé aussi de proche en proche. Leur cavité s’accroît donc par le même mécanisme que celle des sinus palatins et frontaux.

Le sinus maxillaire, comme les sinus précédents, a pour origine une lame osseuse particulière. Mais c’est presque exclusivement aux dépens de cette lame osseuse qu’il s’agrandit. Celle-ci forme tout le sinus jusqu’à trois ou quatre ans : sa cavité, qui ne dépassait pas la gouttière et le canal sous-orbitaires, commence alors à s’étendre au-dessous du canal. Dans cette seconde période de son développement elle s’accroît d’abord par résorption du tissu osseux qui occupait le sommet de l’apophyse pyramidale : ce sommet s’amincit alors au point de devenir

transparent. Plus tard le sinus augmente de capacité par extension de toutes ses parois.

Le développement des sinus est d’abord plus lent que celui des fosses nasales. Mais lorsque celles-ci ont atteint leurs plus grandes dimensions, à vingt-cinq ou trente ans, les sinus continuent encore de croître et n’arrivent au terme de leur accroissement qu’à un âge très avancé. C’est pourquoi les têtes sur lesquelles on remarque de vastes sinus appartiennent en général à des vieillards. Les parois qui circonscrivent ces sinus étant d’autant plus minces que leur capacité est plus considérable, elles deviennent de moins en moins résistantes dans les derniers temps de la vie. Tandis que la mâchoire inférieure, réduite à sa portion basilaire, conserve néanmoins une assez grande solidité, la mâchoire supérieure, soufflée en quelque sorte, devient au contraire plus fragile.

4° Destination des sinus. — Elle est restée longtemps obscure. On leur a successivement attribué pour usage :

1° De donner plus d’étendüe à la surface olfactive et de constituer par conséquent, pour le sens de l’odorat, des organes de perfectionnement. Mais la muqueuse qui les tapisse n’est pas sensible aux odeurs;

2° D’emmagasiner l’air chargé de molécules odorantes, et de prolonger ainsi l’impression produite par ces molécules. Cette opinion n’est pas mieux fondée que la précédente;

3° D’alléger le poids de la face, et de permettre à la tête de rester plus facilement en équilibre sur la colonne vertébrale.

Ce rôle est, en effet, celui qu’ils remplissent. M. Tillaux, le premier, a eu le mérite de le signaler et d’en établir la réalité (1). Chez l’enfant, le crâne étant volumineux et la face très petite, la tête reste en équilibre sur le rachis. Chez l’adulte, le volume de la face devient relativement plus considérable; si son poids augmentait dans la même proportion, cet état d’équilibre serait rompu. Or, pour le maintenir, la nature, ajoute M. Tillaux, a fait pour les os de la face ce qu’elle a fait pour les grands os des membres ; elle les a creusés ; et afin de mieux réaliser encore le but qu’elle se proposait, au lieu de les remplir de tissu adipeux, elle les a remplis d’air. Malgré cet artifice, la tête conserve encore une certaine tendance à tomber en avant; mais un léger effort nous suffit pour résister à cette tendance.

Dans la race nègre, la face est plus volumineuse que dans la race blanche. On ne remarque pas cependant que les sinus soient plus développés ; ils le seraient même moins, si je m’en rapportais à mes observations. Pour se rendre compte de ce fait, il importe de ne pas oublier que dans la race caucasique la partie antérieure du crâne est plus déve-

(1) Tillaux, Du rôle des sinus de la face, thèse de 1862,* p. 40.

loppée, et que dans la race éthiopienne, c’est au contraire la partie occipi laie qui l’emporte : dans celle-ci la tête offrait donc moins de tendance à tomber en avant, et une grande capacité des sinus était moins nécessaire.

E. — Mécanisme et résistance de la face.

Les deux mâchoires se comportent très différemment à l’égard du crâne; la supérieure s’unit à cette cavité par les liens les plus solides; l’inférieure lui est seulement contiguë. Considérées dans leur mécanisme, la première est donc remarquable par son immobilité et sa résistance; la seconde, par l’étendue et la variété de ses mouvements.

Résistance de la mâchoire supérieure. — Les efforts qui mettent en jeu celte résistance sont de deux ordres : indirects lorsqu’ils s’exercent sur le crâne; directs lorsqu’ils s’appliquent à la face.

Toutes les violences dont la cavité crânienne peut être le siège ont pour effet, lorsqu’elles se propagent à travers ses parois, d’ébranler également les os de la face; et celle-ci, en absorbant une partie plus ou moins notable de l’efforl , devient pour l’enveloppe osseuse de l’encéphale, et pour l’encéphale lui-même, un appareil de protection.

Les efforts que supporte la face peuvent suivre plusieurs directions : les plus importants sont ceux qui se transmettent de bas en haut.

L’efforl qui se dirige de bas en haut est le plus fréquent, puisque c’est celui qui se produit pendant la mastication. La mâchoire inférieure a été comparée alors à un marteau , et la supérieure à une enclume. Cette enclume, qui a pour base l’arcade dentaire, s’appuie sur le crâne par six colonnes verticales, à travers lesquelles l’ébranlement se propage jusqu’à la boîte osseuse. — Deux de ces colonnes, situées en avant et en dedans, sont représentées par les apophyses montantes; deux autres, situées en avant et en dehors, sont constituées par les apophyses pyramidales et les os malaires; les deux dernières, placées en arrière, sont formées par la tubérosité des maxillaires étroitement unie aux apophyses ptérygoïdes. Ces six colonnes correspondent , par leur extrémité supérieure, aux parties les plus solides de la base du crâne : en dedans, à l’échancrure nasale du frontal ; en dehors , à l’apophyse orbitaire externe de cet os; en arrière, au corps du sphénoïde. Il est digne de remarque que les dents appelées à supporter des efforts considérables s’implantent sur ces colonnes : ainsi les canines se fixent sur les colonnes internes; les grosses molaires sur les colonnes externes et postérieures. Les petites molaires, qui supportent des efforts moins grands, occupent l’intervalle des deux colonnes antérieures ; et les incisives, qui sont le siège d’efforts moins considérables encore, sont situées entre les deux colonnes internes.

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