MUSCLES DES OSSELETS DU TYMPAN
véritable ligament interne. G*est dans Tintérieur de cette gaine que glisse le tendon du muscle. Une synoviale facilite ce glissement. Presque tous les auteurs ont passé sous silence cette gaine fibreuse, qui n'avait pas échappé cependant à la sagacité de Yieussens et de Doverney.
Le muscle interne du marteau imprime à cet osselet un mouvement de bascule en vertu duquel la tète de celui ci se porte en dehors et son manche en dedans. Ce mouvement a pour effet de tendre la membrane du tympan et d'enfoncer la base de l'étrier dans la cavité du vestibule; car le manche du marteau ne peut se porter en dedans sans entraîner avec lui la membrane à laquelle il se trouve lié; d'une autre part, le manche du marteau se portant en dedans, sa tête se porte en dehors, entraine dans le même sens le corps de l'enclume, qui pivote alors autour de sa branche horizontale, pendant que sa branche verticale s'incline en dedans et refoule Tétrier vers le vestibule.
D'après l'opinion unanime des auteurs, un second muscle contribuerait aux mouvements du marteau. Il est connu sous le nom de muscle externe. J'ai toujours vainement cherché ce muscle externe et toutes mes recherches me portent à en nier l'existence. C'est un simple cordon fibreux qui s'attache par son extrémité fixe à Tépine sphénoïde, et aussi par quelques fibres au cartilage de la trompe d'Eustache. De cette double insertion il se porte en dehors et en arrière, parallèlement à la scissure de (ilasor, au-dessous de laquelle il est situé, s'engage ensuite dans un trou de cette scissure et s'attache à l'apophyse antérieure du marteau.
Le WÊUutékt de l'étrier, logé dans le canal qui lui est propre, se porte verticalement en haut. Panenu au sommet de la pyramide, il se réfléchit à angle droit, comme le muscle interne du marteau, et se dirige horizontalement en avant .vers la tête de l'étrier, à laquelle il s'attache. Sa portion verticale, ou ascendante, est charnue; sa portion horizontale, ou réfléchie, est tendineuse. La longueur de la première est de 9 millimètres, et son diamètre de 1 millimètre et demi à S millimètres. La portion tendineuse est courte et comparativement très-grêle.
Ce muscle est aussi entouré d'une gaine qui se continue en bas avec le périoste de la face inférieure du rocher, et qui se termine en hautàrorificc de la pyramide. — 11 reçoit du facial un rameau perpendiculairement étendu du tronc de la septième paire vers le corps du muscle; ce rameau se partage en deux filets, l'un ascendant, l'autre descendant, lesquels ne tardent pas à disparaître dans son épaisseur. — L'artère stylo -mastoïdienne lui fournit un ou plusieurs ramuscules qui ont été [décrits et représentés par Valsalva; ils sont mentionnés aussi par Vieussens, par Winslow, par Cotugno, par Sabatier, etc.
Le muscle de Tétrier attire en arrière la tête de cet os et la branche inférieure de l'enclume; de là un double mouvement de bascule : 1** un mouvement de bascule de la base de l'étrier, qui s'enfonce dans le vestibule
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par sa partie postérieure et qui se relève par sa partie antérieure ; i* an mouvement de bascule de la base de Tenclume qui s'incline en ba$, en dedans et en avant, en poussant dans le même sens la tète du marteau dont le manche se porte en sens contraire : d'où il suit que l'action de ce rnnsde a pour résultat définitif un ébranlement du liquide labyrinthique et un relâchement de la membrane du tympan.
E. — Meoibnuie» ariér«s, veines et Merffs ée la calsae
d« tympan*
La membrane qui tapisse la caisse du tympan s'applique très-exactement à ses parois sur certains points. Sur d-autres, elle voile en partie les saillies et dépressions qu'elle recouvre ; aussi cette cavité diffère-t-elley dans son aspect, suivant qu'on l'examine à l'état sec ou à l'état frais : à l'état sec, elle est très-irrégulière ; à l'état frais, elle l'est beaucoup moins.
Cette membrane est très-mince. Sa couleur est d'un blanc rosé. Un épithélium pavimenteux recouvre sa surface libre. Sa face adhérente se confond d'une manière si intime avec le périoste des parois de la caisse etavec celui des osselets, qu'il est impossible de l'enlever sans détacher aussi ce périoste. On n'a pas constaté, jusqu'à présent, de glandes dans son épaisseur ; l'absence de toute trace de mucus à sa surface semble annoncer qu'elle ne possède ni follicules, ni glandes mucipares.
Les artères de la caisse du tympan viennent : l"* du rameau tympanique de la maxillaire interne, lequel rameau pénètre par la scissure de Glaser; â"" de l'artère stylo-mastoïdienne, qui fournit le principal rameau de la membrane du tympan, les rameaux du muscle de l'étrier et plusieurs ramuscules qu'on voit pénétrer dans la caisse par sa paroi postérieure; 3* de lartère sphéno-épineuse, dont plusieurs fines divisions pénètrent dans la cavité du tympan par sa paroi supérieure, au niveau de- la suture pélroécailleuse; 4" du coude que forme la carotide interne en passant de la portion verticale dans la portion horizontale du canal carotidien. — Parmi ces branches, la dernière est, sans contredit, la plus importante. Elle a été décrite et représentée par Valsalva.
Toutes ces artérioles s'anastomosent entre elles. Quelques-unes de leurs divisions se prolongent dans les parois osseuses de la caisse. Mais la plupart se distribuent à la membrane muqueuse.
Les veines sont nombreuses aussi et ne suivent pas, en général, un trajet parallèle à celui des artères. Valsalva a démontré que la principale d'entre elles, c'esl-â-dire celle qui correspond au rameau de la carotide interne, se porte en bas et en dedans vers le golfe de la veine jugulaire interne, dans lequel elle se termine.
Les nerfs tirent leur origine : i** du rameau auriculaire du pneumogastrique qui donne un filet à la membrane du tympan ; ^'^ du rameau de
CELLULES mastoïdiennes. 861
Jacobson, qui donne plusieurs ramifications à la muqueuse de la caisse ; 3® du grand sympathique, dont un et quelquefois deux ramuscules pénètrent dans cette cavité pour s'anastomoser avec le nerf de Jacobson, et qui probablement aussi fournit à la même membrane une ou plusieurs divisions ; 4* du facial qui anime le muscle de Tétrier et le muscle interne du marteau, et, suivant quelques anatomistes, de la branche motrice de la cinquième paire, qui présiderait aux contractions de ce dernier muscle.
F. — Cellnles maatoldiennes.
Dans quelques vertébrés, la caisse du tympan ne déborde pas la circonférence de la base du rocher. Mais, chez un grand nombre, elle se prolonge au delà. Ce sont ces prolongements, très-variables dans leur étendue, leur direction et leur importance, qui ont été décrits sous le terme générique de cellules mastoïdiennes.
Dans les oiseaux, celle cavité se prolonge à la fois en arrière, en avant, et en bas. — Le prolongement postérieur s'éteuddansTépaisseurde l'occipital jusqu'à la ligne médiane, où il communique avec celui du côté opposé. — L'antérieur occupe l'épaisseur de la base du crâne et arrive aussi jusqu'au plan médian, où celui du côté droit communique également avec celui du côté gauche. — L'inférieur, qui est le plus petit, se porte entre les canaux demi-circulaires. C'est dans l'orfraie que ces prolongements de la caisse tympanique arrivent à leur plus grand développement. Dans les autres hiboux et chouettes, ils sont déjà moins développés et diminuent de plus en plus jusqu'au casoar et à l'autruche, chez lesquels ils perdent toute importance.
Chez les mammifères, les prolongements qui partent de la caisse du tympan suivent une direction opposée. — Dans la plupart des carnassiers et des rongeurs, on observe un prolongement qui se porte directement en bas et qui forme sous le crâne une saillie arrondie. — Chez les ruminants et les chevaux, la caisse se prolonge, en bas et en arrière, dans une longue apophyse qui appartient à l'occipital. — Chez les paresseux, elle se prolonge dans la base de Tapophyse zygomatiquc.
Chez l'homme, la cavité du tympan se prolonge, en arrière, dans toute l'épaisseur de la portion mastoïdienne du temporal. Ce prolongement est d'abord étroit; mais il ne tarde pas à s'élargir et à s'étendre irrégulièrement dans tous les sens. A son point de départ, il forme un conduit, très-court, prismatique et triangulaire, dont la paroi supérieure est concave et rugueuse, la paroi externe plane et plus régulière, la paroi interne convexe et lisse. Cette dernière paroi correspond au canal doini-circulaire externe. (Fig. 745.)
A ce conduit, consiituéà la fois par la portion pierreuse et par la portion mastoïdienne du temporal et qu'on peut appeler canal pétro-inastoi*
(lien, succède tantôt une large cellule dans laquelle yienneot s'ouVrir des cellules plus petites, tantôt une série de cellules de moyenne grandeur, H tantôt un amas de cellules comparables, pour leurs dimensions, à celles qu'on observe à rextrémité des os longs. La capacité de ces cellules, connie celles qui forment le tissu spongieux des os, augmente aTec l'âge; il eil extrêmement rare que, chez les vieillards, on ne trouve pas au centre de Tapophyse mastoide une ou deux cellules de grandes dimensions. Chez quelques individus, elles s'étendent dans la partie la plus inférieure de la portion écailleuse jusqu'au voisinage de l'apophyse lygomatique.
Toutes ces cellules sont revêtues par une membrane muqueuse continue avec celle qui tapisse la caisse du tympan. l)e nombreux capillaires sanguins se perdent dans leurs parois. L'air pénètre et circule librement dans leur cavité, d'où la possibilité, plusieurs fois réalisée, de rétablir l'audition, lorsqu'elle se trouve abolie par l'imperméabilité de la trompe d*Eu9tache, en perforant l'apophyse masto'ide; l'air, pénétrant par cette voie, arrive daiis la caisse du tympan, et la transmission des ondes sonores continue de s'accomplir.
G. — Trompe J*fiiurtache.
La trompe d^EtistacIte, tuba Eustachiafiay conduit guttural, s'étend de la partie antérieure de la caisse du tympan vers la paroi externe de l'aN rière-cavité des fosses nasales, sur laquelle elle s'ouvre par un orifice infundibuliforme.
La direction de ce conduit est oblique d'arrière en avant, de dehors en dedans et de haut en bas. Il commence, dans la cavité de la caisse, par un orifice assez large, se rétrécit en se portant vers l'angle rentrant du temporal, puis, à partir de ce point, se dilate progressivement jusqu'à sa terminaison, plus évasée que son oi^igine. On peut donc he comparer, avec Valsatva, à deux cônes réunis par leur sommet et aplatis de dehors en dedans et d'avant en arrière, de telle sorte qu'en les divisant perpendiculairement à leur axe, le plan de la coupe représenterait une ellipse. — Ces deux cônes n'ont pas la même étendue : celui qui répond par sa base à la caisse du tympan offre une longueur de 1^2 ou 14 millimètres, et celui dont la base correspond à l'arrière-cavité des fosses nasales,une longueur de !24 à ^8 millimètres. La longueur moyenne du conduit guttural est par conséquent, de 88 à 40 millimètres; en l'évaluant à â pouces, Meckel l'avait exagérée .
Quant aux diamètres de ce conduit, sa forme aplatie nous laisse pressentir que le vertical l'emporte très-notablement sur le transversal. Le premier est de 5 millimètres au niveau de l'orifice tympanique, de 3 au point de jonction des deux cônes, de 4 à 5 vers la partie moyenne du cône le plus long, et de 6 à 8 à la base de celui-ci. Le diamètre transversal est