NERFS SENSITIFS DU MEMBRE THORACIQUE
encore sont ceux que nous demandons à la flexion de la main, des doigls t3t des phalanges ! Sans doute le médian, qui chemine dans Taxe du membre, pouvait fournir des filets à tous les muscles fléchisseurs, comme le radial en donne à tous les extenseurs : le premier, pour cette distribulion totale, était même dans des conditions beaucoup plus favorables que le second, lequel n'arrive aux extenseurs qu'en se contournant à la manière des artères, c'est-à-dire en se dérobant exceptionnellement à la loi €|uî impose aux cordons nerveux la direction rectiligne. Mais alors une solution de continuité de cet unique tronc nerveux entraînait la perte lolale aussi des mouvements de flexion, tandis que la section de l'un des irois nerfs fléchisseurs n'entraîne qu'une perte partielle. La pluralité des nerfs fléchisseurs a donc pour avantage de mieux assurer la conservation lies mouvements les plus importants du membre supérieur. Après l'excision du radial et la paralysie complète de tous les extenseurs, celui-ci reste encore très-utile ; après la paralysie de tous les fléchisseusr, il cesserait de l'être.
Le nerf radial n>st pas du reste exclusivement extenseur ; il a pour attribution accessoire la supination. De même le médian a pour usage secondaire la pronation de Tavant-bras et le mouvement d'opposition du pouce, mouvement qui pourrait être considéré, il est vrai, comme une M^iiiiple flexion. Le cubital, fléchisseur auxiliaire de la main, préside en outre à l'adduction de celle-ci, et .lux mouvements de latéralité des doigts. On peut remarquer aussi que les nerfs abducteur et extenseur, profondément situés, s'enroulent aulour de Thumérus. Les nerfs fléchisseurs ^«^ rapprochent des vaisseaux dont ils suiv(Mit la direction, cheminant c^«3nime ceux-ci entre les couches musculaires superficielle et profonde.
B. Nerfs sensitifs du inembir thovacique.
Ces nerfs se répandent dans presque toutes les parties du membre, pé- "" i oste, tendons, ligaments, aponévroses, gaines fibreuses, etc. Mais c]est "^ %jrtout vers l'enveloppe cutanée. qu'ils se portent en grand nombre. Leur ^ i tuation, pour la plupart d'entre eux, est donc superficielle. Cheminant •itre la peau et les aponévroses, ils se trouvent en rapport surtout avec les ^^ines, qu'ils accompagnent et qu'ils croisent obliquement sur quelques V^oints, restant en général sous-jacents à celles-ci.
Sur les six troncs provenant du plexus brachial, il en est trois qui ^tonnent aux muscles leurs .branches collatérales, et à la peau leurs branches terminales : ainsi se comportent le musculo-cutané, le médian et le cubital. Des trois autres, le brachial cutané interne se distribue tout t»alier aux téguments. Le radial leur fournit des branches collatérales et une de ses deux branches terminales. Le circonflexe, essentiellement moteur, leur cède seulement un ou deux rameaux.
^8 NÉVROLOGIE.
Les nerfs cutanés occupent à leur point de dépari les interstices musculaires. De ceux-ci ils se portent vers les parties latérales du membre, puis traversent l'aponévrose pour ramper ensuite, les uns sur sa partie interne, les autres sur sa partie externe. On peut donc les diviser en deux groupes. Au groupe interne appartiennent les divisions émanées des nerfs intercostaux, une branche du radial, toutes celles qui dépendent du cutané interne, et plus bas la branche terminale postérieure ou dorsale du cubital. Le groupe externe comprend les branches qui viennent du circonflexe, du radial et du musculo-cutané. De chacun de ces groupes parlent des filets qui se dirigent, ceux-ci vers la partie médiane antérieure du membre, ceux-là vers sa partie médiane postérieure.
Ainsi les divisions les plus importantes des nerfs cutanés répondent aux deux extrémités du diamètre transversal du membre, et les plus grêles aux deux extrémités de son diamètre antéro- postérieur. Seules les branches palmaires du médian et du cubital sont antérieures, mais sui une très-courte partie de leur trajet; car à peine parvenues à la racine des doigts, on les voit se diviser pour longer aussi leurs bords interne e( externe. Cette tendance des nerfs cutanés à se rejeter sur les côtés du membre nous rappelle la tendance analogue des veines correspondantes, et se rattache évidemment au même but final : les uns et les autres se rè fugient vers la région où leur intégrité est le mieux sauvegardée.
Sensibilité récurrente des nerfs cutanés. — On avait admis jusqulc que lorsqu'on coupe les nerfs mixtes le bout périphérique est insensible aux excitants. Tel était l'état de la science sur ce point, lorsque MM. Arloin^ et Tripier jugèrent utile de se livrer à de nouvelles recherches sur la sensibilité du bout périphérique des nerfs cutanés de la main (1). Dès le début de leurs études, ces auteurs constatent que les deux bouts soni sensibles. Plus on se rapproche de l'extrémité terminale des nerfs, plus aussi la sensibilité du bout périphérique se prononce ; plus on s'éloigne d< cette extrémité, plus elle s'affaiblit, en sorte qu'elle devient à peu prè.' nulle au niveau de larticulation du coude.
Cette sensibilité du bout périphérique de la partie terminale des nerf: cutanés est une sensibilité d'emprunt due à la présence de fibres récur rentes. MM. Arloing et L. Tripier, après avoir excisé Tun des nerfs cutané de la main chez le chien, ont reconnu, un mois environ s'étant écoulé i^ que le bout périphérique contenait des tubes nerveux non altérés c'étaient des fibres récurrentes qui avaient encore leur centre trophiqw dans la moelle épinière ; ^ que le bout central renfermait des tubes dégé nérés : c'étaient ces mêmes fibres qui, par suite de l'excision, ne se trouvaient plus en communication avec le centre nerveux.
(1) Arloing et L. Tripier, Rech. sur la setisibilité des tégutnenls et des nerfs de h main {Arch. de physioLy 1869, t. II, p. 32).