‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 4)Chapitre 105 sur 219 · AXE ET DÉTROITS DU BASSIN. SSS · texte numérisé non relu

AXE ET DÉTROITS DU BASSIN. SSS

médiane, de forme pyramidale et triangulaire, se recourbe sur sou axe de telle sorte que son sommet se dirige en bas et en avant. Lorsqu'on donne au bassin son inclinaison naturelle, ce sommet s'élève à 14 millimètres au-dessus d'une ligne horizontale antéro-postérieure qui partirait de l'extrémité inférieure de la symphyse pubienne. Dans l'attitude assise, il se trouve situé par conséquent bien au-dessus des tubérosités ischiatiques, qui représentent la partie la plus déclive des parois du bassin et qui seules supportent le poids du tronc.

Des trois échancrures, l'une est antérieure et médiane, les deux autres postérieures et latérales. — L'échancrure antérieure est anguleuse chez l'homme; plus large et plus arrondie chez la femme, où elle prend la ligure d'une arcade. Les branches ischio-pubiennes la limitent à droite et à gauche,et la symphyse pubienne en avant. — Les échancrures postérieures ou sacrO'Sciatiques sont moins régulières que la précédente. Elles ont pour limite : en dehors, les deux échancrures sciatiques; en dedans, les bords du sacrum et du coccyx. On remarque, à leur partie moyenne, un rétrécissement peu accusé qui répond, d'une part, à l'épine ischiatique, de l'autre, à la cinquième vertèbre sacrée.

Telle est la circonférence inférieure sur un bassin entièrement dépouillé de ses parties molles. A l'état frais, cette circonférence présente un aspect bien différent. Deux plans fibreux, étendus des bords du sacrum et du coccyx à la tubérosité des ischions, en séparent les échancrures postérieures, et la rétrécissent par conséquent, mais en la régularisant. Ces plans fibreux, appelés grands ligaments sacro-sciaUques, convertissent en trous chacune des échancrures postérieures. Deux autres plans fibreux, de figure triangulaire, les jjetits ligaments sacro-sciatiques, subdivisent ceux-ci en deux trous inégaux: l'un, supérieur, qui répond à la grande échancrure sciatique, l'autre, inférieur, qui répond à la petite échancrure et qui donne passage au tendon de l'obturateur interne. — La circonférence inférieure du bassin, ainsi réduite et régularisée, constitue le détroit inférieur.

Le détroit inférieur ou détroit périnéal est donc limité : en arrière, par le coccyx et le bord interne des grands ligaments sacro-scialiques; en avant, par les branches ischio-pubiennes et la partie inférieure de la symphyse pubienne; de chaque côté par la tubérosité des ischions. — La moitié antérieure de son contour est osseuse et invariable dans ses dimensions; la moitié postérieure est fibreuse, dépressible et dilatable; le coccyx en représente la partie la plus mobile.

La figure de ce détroit est assez difficile à déterminer. Cependant, en y appliquant une feuille de papier sur laquelle on dessine son contour, à l'aide d'un crayon, on peut reconnaître avec Chaussier qu'elle figure un ovale dont la grosse extrémité serait tournée en arrière. Au moment

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de raccouchement, le coccyx s'abaissant, ]'ovale devient à la fois plus grand et plus régulier.

Les diamètres du détroit inférieur ont été distingués aussi en antéropostérieur, transverse et obliques. L'antéro-postérieur s'étend du sommet du coccyx au sommet de Tarcade pubienne ; le transverse se porte de Tune à l'autre tubérosité de l'ischion ; les deux obliques se dirigent delà partie moyenne des grands ligaments sacro-sciatiques vers la partie moyenne de la branche ischio-pubienne du côté opposé. — Chacun d'eux présente en général une longueur de 11 centimètres. — Le détroit inférieur, par conséquent, est plus petit que le supérieur; la tète du fœtus qui s'engage facilement dans l'excavation pelvienne éprouve un temps d'arrêt au moment où elle se présente pour le franchir: disposition heureuse qui permet au conduit vulvo-vaginal de se dilater progressivement.

Parmi ces diamètres, le transverse est le seul qui offre une étendue invaricible. Les deux obliques s'allongent un peu lorsque le fœtus traverse le détroit inférieur ; l'antéro-postérieur ou coccy-pubien s'allonge plus encore, et peut atteindre facilement 12 centimètres. Sous l'influence de la pression à laquelle ce détroit se trouve soumis pendant l'accouchement, ses diamètres, en un mot, se modifient de telle sorte, que le médian devient alors le plus long, le transverse restant au contraire le plus court. Le petit bassin, qui supérieurement est plus large dans le sens transversal, offre donc inférieurement une disposition inverse.

Le plan du détroit inférieur se dirige de haut en bas, et d'arrière en avant, comme celui du détroit supérieur ; mais son obliquité est très peu prononcée. Un plan horizontal, partant du sommet de l'arcade pubienne et se portant en arrière, passerait à 14 ou 15 millimètres au-dessous du sommet du coccyx, d'après les recherches de Naîgele.

L'axe de cetle excavation est rectilîgne supérieurement curviligne dans sa moitié inférieure.

D. — Du bassin comparé dans les denx sexes.

Constitué sur le même type dans les deux sexes, le bassin présente cependant, dans chacun d'eux, un ensemble de caractères qui lui sont propres, et qui suffisent pour le faire reconnaître au premier aspect. Ces caractères différentiels varient, du reste, suivant les individus: ils peuvent se montrer très prononcés, ou l'être médiocrement, ou l'être même très peu. En général, ils le sont moins que ne semblent le penser la plupart des auteurs, dont les descriptions ont été empruntées évidemment aux individus de la première catégorie, et non à ceux de la seconde. Je les rattacherai à trois chefs principaux : à l'épaisseur des parois de la cavité pelvienne, à ses dimensions, à sa configuration.

m BASSIN COMPARÉ DANS LES DEUX SEXES. ;i85

a. Différences relatives à V épaisseur des parois, aux bords et aux saillies de la cavité pelvienne, — Sous ce triple point de vue, le bassin de rhonime l'emporte sur celui de la femme. L'observation nous montre que chez lui la charpente osseuse est plus fortement constituée. Le sacrum et les os de la hanche n'échappent pas à la loi générale : leur partie centrale, leurs bords, leurs angles, toutes les apophyses qui les surmontent, diffèrent très sensiblement dans les deux sexes. A leur centre, les fosses iliaques deviennent si minces dans le sexe féminin, qu'elles sont transparentes, dépressibles, et parfois perforées; le corps des pubis, les branches ischio-pubiennes, sont aussi beaucoup plus aplatis; la circonférence supérieure et la circonférence inférieure du bassin sont plus minces; les saillies osseuses sont plus petites. Dans le sexe masculin, les os qui forment cette cavité, les os iliaques surtout, sont plus volumineux, plus solides et plus lourds. Voyez chez lui l'épaisseur des crêtes iliaques; comparez chez l'un et chez l'autre les épines de ce nom, les tubérosités iliaques, les tubérosités de l'ischion, le bord interne des branches ischiopubiennes, les angles des pubis et leur branche horizontale : d'un côté se présentent des bords et des saillies qui dénotent un système musculaire faible ; de l'autre, des bords épais et des saillies volumineuses qui annoncent des muscles plus puissants.

h.Diff'érences relatives aux dimensions du bassin. - Nous avons vu que chez la femme, le diamètre étendu de l'une à l'autre crête iliaque est plus long que chez l'homme; mais le diamètre vertical est plus court. Les dimensions transversales comparées dans les deux sexes diffèrent, en moyenne, de 6 millimètres seulement; et les verticales, de 10 à 15. Ce que le sexe masiulin perd du côté de la largeur, il le retrouve donc, et au delà, du côté de la hauteur.

Quant aux dimensions antéro-postérieures, elles sont aussi un peu plus considérables chez la femme, si l'on considère seulement l'excavation pelvienne ; mais les parois du bassin offrent plus d'épaisseur dans le sexe masculin; et cette différence d'épaisseur compense la différence de capacité.

De la prédominance des dimensions transversales chez la femme découle toute une série de différences secondaires. Le détroit supérieur, s'allongeant dans le même sens, tend à prendre chez elle une figure elliptique. La branche horizontale des pubis étant plus longue, les cavités colyloîdes sont plus écartées, les têtes fémorales plus éloignées, les grands trochanters plus saillants, les fémurs plus obliques, les genoux plus rapprochés.

De l'écartement des grands trochanters résulte, pour ce sexe, un mode de déambulation particulier, dont quelques autres ont donné une idée vraie, mais exagérée, en le comparant à celui des palmipèdes.

SHii OSTÉOLOGIE.

c. Différences relatires à la configuration. — Parmi ces différences, les unes se rattachent au grand bassin et les autres plus importantes au petit bassin.

Le grand bassin est très évasé dans le sexe féminin ; les fosses iliaques sont larges et comme étalées; les crêtes iliaques sont minces, déjetées en dehors et moins sinueuses. — Dans le sexe masculin, les fosses iliaques sont plus concaves ; les crêtes de ce nom plus rugueuses, plus contouniées et plus relevées.

Le petit bassin est plus large chez la femme, plus allongé surtout dans le sens transversal. Les angles latéraux du délroit supérieur s'arrondissent en même temps qu'ils s'écartent, d'où la figure elliptique de ce détroit, d'autant plus accusée qu'il est plus ample. — La paroi postérieure de l'excavation présente une concavité plus prononcée et plus régulière. La base du sacrum est plus large, mais seulement chez les femmes, assez nombreuses, dont le détroit supérieur dépasse sou ampleur ordinaire. — La paroi antérieure ou pubienne du petit bassin est plus étendue dans le sens transversal, mais moins élevée. — Les trous souspubiens sont plus grands et triangulaires ; les tubérosilés de l'ischion plus écartées, et les branches ischio-pubiennes plus étroites; leur bord interne se déjette en haut et en dehors. — L'arcade pubienne, très large, représente une sorte de poulie, sur laquelle la tête du fœtus se réfléchit an moment où elle franchit l'orifice vulvaire. Cette arcade offre une largeur de 25 à 30 millimètres à sa partie supérieure, et de 9 centimètres inférieuremeiit.

FiG. 138. — Dassin d'homme.

1, 1. INirtic supérieure de la cavité pelvienne, ou grand bassin. — i. Sacrum « contribuant à former le grand bassin par sa base et le petit bassin par sa face antérieure. — 3. Symphyse pubienne. — A, 4. Crêtes iliaques. — 5, 5. Cavités cotyloïdcs. — 6, 6. Branches ischio-pubiennes, formant avec la partie inférieure de la symphyse un angle dont l'ouverture regarde en bas et en arrière. — 7, 7. Trous suus-pubiens. — 8, 8. Épines iliaques antérieures et inférieures. — i), 9. Détroit supérieur offraiil la ligure d'un Irijfoiic. — iO, lU. Fosses iliaques internes.

E. — Développemeiit d« baMin.

Des trois zones qui forment Tabdomen, la zone inférieure ou pelvienne est celle dont révolution est la plus tardive. Uni aux membres abdominaux, le bassin participe à la lenteur de leur accroissement ; de là, au début de la vie, une sorte de contraste entre les deux extrémités du tronc, la supérieure étant très développée, l'inférieure Tétant très peu, et représentant le sommet d'un cône que prolongent les membres pelviens ; de là, en partie aussi, la capacité si remarquable des régions plus élevées de l'abdomen, l'excavation naissante du bassin étant insuffisante pour loger les organes qu'elle doit contenir, et ceux-ci se réfugiant provisoirement dans la cavité abdominale.

La moitié supérieure du bassin apparaît toujours la première. A la fin du troisième mois de la vie intra-utérine, elle a déjà acquis une certaine étendue; mais le petit bassin est encore très étroit et entièrement cartilagineux.

Vers le milieu de la grossesse, le grand bassin revêt la forme qui lui est propre. L'excavation pelvienne se montre au contraire sous un aspect différent de celui qu'elle aura chez l'adulte ; allongée d'avant en arrière, elle ofl're la figure d'une ellipse, dont le diamètre sacropubien forme le grand axe.

A la naissance, les parois de l'excavation sont beaucoup plus avancéen dans leur développemenl. Le saciiim n'est plus vertical ; sa base

FiG. 13U. -- Bassin de femme.

1, 1. Grand bassin, plus large et moins élevé que celui de Thomme. — 2. Base du sacrum, plus large aussi que dans le sexe masculin. — 3. Partie inférieure de la symphyse pubienne, formant une arcade et non un angle. — 4, 4. Crêtes iliaques, moins sinueuses. — 5, 5. Cavités cotyloïdcs plus écartées. — 6, 6, Branches ischiopubiennes plus étroites. — 7, 7. Trous sous-pubiens, triangulaires. — 8, 8. Épines iliaques antérieures et inférieures plus petites. — 9, 9. Détroit supérieur plus grand et de figure elliptique. — 10, 10. Fosses iliaques internes plus étalées et moins profondes.

s'incline en avant. Cependant le détroit supérieur représente encore un ovale dont la grosse extrémité serait en arrière.

Chez Tenfant le petit bassin reste allongé d'avant en arrière; seulement, ses dimensions antéro-postérieures diminuent, taudis que le:> transversales augmentent de plus en plus par suite de raccroissemeni du sacrum et des pubis. A mesure que les parois antérieure et postérieure prennent des proportions plus grandes, le détroit supérieur et Texcavation pelvienne se rapprochent de leur forme définitive.

Aussi longtemps que les trois pièces de Tos coxal et les épiphyses marginales du sacrum ne sont pas soudées, le petit bassin continue de croître en capacité. A seize ans. les parois antérieure et latérales ont acquis tout leur développement. Mais il n'en est pas de même de la paroi postérieure: les épiphyses marginales du sacrum ne se soudant qu'à dixneuf ou vingt ans. C'est donc à cet âge seulement que le petit bassin acquiert ses plus grandes dimensions.

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