MOYENNE
1 i Bruxelles
i Communes rurales.
.. Louvain
( Communes rurales .
... Nivelles
Communes rurales.
Moyennes! ^^^'^^
annuelles 1 Comni. rurales.
Movenne fféncrale.
ll66i0 1,6317 1,6349 1,6229 1,6226 1,62B0
(1) Villermé, Mémoire sur la taille de '.'homme en Fratux (Ann. d'hygiène, t. I, p. 351).
lu DU CORPS HUMAIN EK GÉNÉRAL.
Ces nombres ont été extraits des registres du gouverueineiit ; ils expriment la taille moyenne des hommes de vingt ans pour la province du Brabant méridional. Klle résulte de 3500 individus pour la ville et de 1)000 pour les campagnes, nombre assez considérable pour donner une évaluation très approximative. Cette moyenne générale, qui lie dépasse pas l^jGSS, nous montre de nouveau combien Thomme, à vingt ans, est loin d'avoir acquis toute sa stature, puisque à trente ans celle-ci s'élève, en Belgique, d'après les recherches du même auteur, à l^jôSi.
2^ La taille de rhomme est (Vantant plus haute que le pays qu'il habite est plus riche, que sa nourriture est meilleure, que les fatigues et les privations qu'il éprouve dans Venfance et la jeunesse sont moins grandes, — En un mot, l'aisance, et tous les avantages qu'elle porte avec elle, produit les grandes tailles; la misère, et tout son cortège de conséquences fâcheuses, produit les petites tailles. Dans les localités où nous voyons d'abondantes récoltes, une riche végétation, des animaux vigoureux, des bestiaux en grand nombre, les hommes ont une taille plus élevée; tandis qu'ils sont petits dans celles où les récoltes sont maigres, les arbres épars et rachitiques, les bestiaux rares et chétifs, parce que dans les premières conditions ils vivent au sein de l'abondance, et dans les secondes au milieu des privations de tous genres. — Les recherches statistiques sur la ville de Paris contiennent un tableau où les douze arrondissements (ancienne division) sont classés d'après la stature moyenne de leurs habitants; or cette stature est en raison de la fortune, ou mieux en raison inverse des peines, des fatigues des privations éprouvées dans l'enfance et la jeunesse.
3** La taille moyenne de la population en France est plus élevée chez les habitants du Nord que chez ceux du Midi. — Un assez grand nombre de documents pourraient être invoqués en faveur de celte proposition. Je citerai seulement ceux que nous devons à M. Lélut. En 1839, cet auteur fit, sur les registres d'une commune du nord-est de la France, la petite ville de Gy, le relevé, année par année, de la taille de tous les hommes soumis à la conscription depuis 1800 jusqu'à 1838 (1). Il obtint un total de 753 hommes dont la taille moyenne fut de 1™5G58. Elle égalait par conséquent, à un millimètre près, celle des hommes de trente ans appartenant aux classes laborieuses de toute la France, et se montrait ainsi, en réalité, supérieur fi la moyenne générale, puisque ces 753 conscrits n'étaient âgés que de vingt ans et n'avaient pas encore acquis leur complet développement. Pour avoir la contre-partie de ce résultat, M. Lélut a pris la taille moyenne de tous les détenus de la
(1) Gaietle médicale du 7 août 1841, et Physiologie de la pensée, 2* édit., t. II, l>. 113 et 8uiv.
STATURE DE L'HOMBIë. 17
prison du dépôt des condamnés appartenant aux départements du Midi. Ces détenus étaient âgés de trente-six à cinquante ans. Leur taille moyenne n'a pas dépassé 1"',630.
•i* La taille moyenne de la population en France est plus élevée dans les départements de l'Est que dans ceux de rOuest. — Les premiers, depuis près de deux siècles, possèdent le privilège de fournir à l'armée ses hommes d'élite, les artilleurs, dont la taille est de l'",70, et les carabiniers, chez lesquels elle doit atteindre au moins l'",76. Les habitants de l'Alsace et de la Franche-Comté se distinguent surtout par leur haute stature.
M. Boudin, qui vient de publier une carte de la distribution géographique des hautes tailles en France, a pu constater, en s'appuyant sur des documents déposés au ministère de la guerre, que sur un contingent de 10000 recrues par département, il y a 38 départements dans lesquels le nombre des hommes offrant au moins une taille de 1",732 (taille des cuirassiers) a varié de 694 à 1560, et 48 dans lesquels il a varié de 316 à 686. Or les premiers appartiennent presque tous à l'Est et au Nord; les derniers sont ceux du Centre, du Sud et de l'Ouest (2).
S*» La taille moyenne de Vhomme varie pour les divers peuples. — Nous avons vu qu'en France elle égale 1",657; qu'en Belgique elle s'élève à 1™,684. Dans la Pologne, elle paraît atteindre 1™,73, et en Russie l^JG. Dans la Saxe, elle dépasse encore cette limite; c'est dans cette contrée, d'après Tenon, que se trouveraient les hommes les plus hauts de l'Europe. En 1780, la taille commune des fantassins y était de 1"*,786, et celle des grenadiers du corps de 1",95. Parmi les peuples du nouveau continent, les Patagons, selon le même auteur, seraient ceux qui offriraient la plus haute stature. Leur taille ordinaire est l'",78, et leur taille la plus élevée de 2™,03. — En termes plus généraux, on peut dire que la taille, sur les divers points du globe, varie selon la latitude. Comparée à celle de la France, elle s'«abaisse de 2 à 3 centimètres chez les peuples qui habitent des latitudes plus méridionales, comme l'Italie et l'Espagne. Elle s'élève, au contraire, de 3 centimètres chez ceux qui habitent des latitudes plus septentrionales, telles que la Russie, la Prusse, la Belgique et la Hollande, l'Angleterre et une partie des États Scandinaves» Cependant, si l'on se rapproche davantage du pôle, on la voit rapidement diminuer sous l'influence de la vie chétive que les rigueurs de la température imposent aux habitants de ces contrées déshéritées. Au premier rang, sous ce rapport, on peut placer les Lapons, qui ont communément l'°,380, les Samoièdes, les Groenlandais, les Esquimaux, et la plupart des hommes qui habitent les contrées voisines du pôle arctique.
(S) Boudin, Eludes ethnologiques sur la taille et le poids de Vhomme chei les divers j}euples. Paris, 1863, p. 40.
6** Enfin la taille, chez tous les peuples^ diffère selon les individus, — Lorsqu'elle s'élève très considérablement au-dessus de la moyenne, ou s'abaisse extrêmement au-dessous, l'homme chez lequel elle s'élève ou s'abaisse ainsi prend le nom de géant dans le premier cas, et celui de nain dans le second. Il a existé quelques géants d'une stature vraiment extraordinaire; chacun peut voir au musée Orfila les os d'un Kalmouck, nommé Margrath, dont la taille avait atteint ^'^oSS; celle du Finlandais Caianus était plus prodigieuse encore : elle s'élevait à 'i'',SS3.
La taille de l'homme peut donc s'accroître, dans quelques cas de la plus excessive rareté, au point de dépasser la moyenne d'un demi-mètre, d'un mètre et plus encore.
Elle peut aussi se réduire dans la même proportion. Fabrice de Hilden fait mention d'un nain qui n'avait que l'",082, et Bauhin d'un autre qui ne mesurait que 0",974. Le célèbre Bébé, qui amusa la cour de Stanislas, roi de Pologne, par l'exiguïté et la gentillesse de ses proportions, et dont on voit le mannequin au musée Orfila, ne dépassait pas 0"*,893. Il avait été fiancé à une naine dont la taille égalait la sienne. — On pourrait croire que cette limite marque le dernier degré de la réduction que peut subir la taille dans l'espèce humaine; il n'en est rien cependant. Barwiloski, gentilhomme polonais, doué d'une remarquable intelligence et régulièrement conformé, mesurait seulement 0",756; et Jeffery Hugdson, que la duchesse de Buckingham, vers la fin d'un repas, fit présenter dans un pâté à la reine Henriette-Marie de France, était plus petit encore : à vingt ans, il n'avait que 0^,b6.
Il existe donc des géants et des nains; mais il n'y a pas et il n'y a jamais eu des peuples de géants et des peuples de nains. Si quelques auteurs croient encore à la dégradation physique de l'espèce humaine, c'est parce qu'ils n'ont pas suffisamment tenu compte des faits authentiques de l'histoire; car tous ces faits protestent contre une pareille hypothèse.
§ 4-. — Dimensions et proportions des principales parties du corps.
Les peintres et les statuaires de la Grèce avaient déjà remarqué que lorsque l'homme se tient debout, les pieds et les bnis un peu écartés, il se trouve inscrit dans un cercle qui a pour centre l'ombilic et qui répond, par sa circonférence, à l'extrémité des quatre membres.
Ils avaient constaté aussi que, dans l'attitude verticale, les membres inférieurs étant rapprochés et les supérieurs étendus en croix, l'intervalle qui s'étend de l'un à l'autre médius devient égal à la hauteur du corps, en sorte que le corps humain peut être considéré alors comme inscrit dans un carré. En réunissant les angles opposés de ce carré à
DlMENSlUiNS DES PRINCIPALES PARTIES DU CORPS. 19
l*aide de deux diagonales, on voit que celles-ci s*entre-croiseiit sur la symphyse des pubis. Le centre du corps semblerait donc correspondre à cette symphyse ; en d'autres termes, le tronc, surmonté de la tête et du cou, en form^ait la moitié, et les membres abdominaux Tautre moitié. A l'aspect des chefs-d'œuvre qu'ils nous ont laissés, on peut reconnaître cependant qu'ils plaçaient ce centre un peu plus bas, c'est-à-dire au niveau des organes génitaux.
Désireux de connaître la valeur de ces données qui ont servi de règle aux artistes de l'antiquité, et qui semblent encore faire loi dans toutes les écoles consacrées aux beaux-arts, j'ai soumis à la mensuration les principales parties du corps, chez quarante hommes et trente femmes régulièrement conformés. De mes observations réunies sont résultés deux tableaux, contenant l'âge de chaque individu, sa taille totale, celle du tronc et celle des membres.
Le tableau relatif à l'homme atteste : 1^ que sur 40 individus on en trouve 25 chez lesquels les membres inférieurs sont plus longs que le tronc, 8 chez lesquels le tronc l'emporte sur ces membres, et 7 chez lesquels il y a égalité ; 2** que la longueur moyenne du tronc de ces 40 individus s'élève à 0",833, et celle des membres abdominaux à 0'",859, ce qui constitue en faveur de ceux-ci une différences de i centimètres et demi. Partageons cette différence, et le centre du corps tombera à 13 millimètres au-dessous de la symphyse des pubis, c'est-à-dire sur la racine de la verge. Les statuaires des siècles de Périclès et d'Auguste étaient donc dans la vérité. Ils plaçaient ce centre, il est vrai, plus bas encore; et l'on pourrait croire qu'en l'abaissant autant ils tombaient dans l'exagération. Il n'en est rien cependant. Mais ici une distinction devient nécessaire. Dans ce but, j'ai classé les quarante individus que j'ai pris pour sujets de mes recherches, dans l'ordre de leur stature, et les divisant en deux catégories j'ai obtenu les moyennes suivantes :