ARTICULATIONS DE LA TÊTE
Les articulations de la tête se partagent en quatre groupes secoudaires : celles du crâne, celles de la face, celles de la mâchoire supérieure avec le crâne, et enfin celles de la mâchoire inférieure avec cette même cavité.
Les trois premiers groupes nous sont déjà connus. Les faits qui les concernent ont été exposés, soit dans Tostéologie, soit dans les considérations générales que nous avons présentées sur les articulations immobiles.
Nous n'avons donc plus à étudier que l'articulation de la mâchoire inférieure avec le crâne.
ARTICULATION TEMPORO «MAXILLAIRE
C'est une articulation bicondylienne dont les deux surfaces ne se coi*respondent pas, mais dont la contiguïté est rétablie par un fibro-cartilage interarticulaire.
L'articulation temporo-maxillaire nous offre donc à considérer : ces deux surfaces, le fibro-cartilage par l'intermédiaire duquel elles se cori-espondent, des ligaments ou moyens d'union, deux synoviales ou moyens de glissement, et enfin les mouvements qui lui sont propres.
A. — SoLrffaeea articulaires.
Ces surfaces sont constituées : du côté de la mâchoire inférieure, par le condyle ; du côté temporal, par la cavité glénolde et la racine transvei*se de l'apophyse zygomatique.
556 AHTHROLOGIE.
Le condyle de la inàoboire inférieure est une saillie ellipsoïde supportée par un col aplati d*avant en arrière. — Son petit axe, dont retendue ne dépasse pas 6 à 7 millimètres, se dirige d'arrière en avant et de dehors en dedans; suffisamment prolongé, celui du côté droit vieadrail croiser celui du côté gauche un peu au-devant de la symphyse du menton. Son grand axe, d'une étendue triple, n'est pas tout à fait transversal, mais légèrement incliné de dehors en dedans et d'avant en arrière; prolongé, il croiserait celui du côté opposé un peu au-devant de la partie centrale du trou occipital.
L'aspect de ce condyle diffère assez notablement suivant qu'on Texamine à l'état sec ou à l'état frais. — A l'état sec, il présente une face supérieure presque horizontale, et une face postérieure qui se continue en haut avec la précédente. — A l'état frais, ces deux faces sont séparées par un bord convexe dans tous les sens, formant la partie la plus culminante du condyle. La face postérieure regarde en haut et en arrière, et la supérieure en haut et en avant.
Ces deux faces et le bord convexe qui les sépare sont tapissés par un cartilage. Mais ce cartilage, ainsi que l'a démontré Gosselin en 1841, est recouvert par un prolongement du périoste. Sur la face postérieure, le périoste est à peine modifié. Sur la face antérieure et le bord supérieur, il comprend dans son épaisseur non seulement des faisceaux de tissu conjonctif qui en représentent l'élément principal, mais des cellules de cartilage qui se disposent sur quelques points en série linéaire ; des fibres de cellules, et des fibres élastiques extrêmement déliées. — Chez le fœtus, cette couche superficielle ou périostique est parcourue par des artérioles et des veinules aiiastomosées. — Chez l'adulte, les vaisseaux ne s'étendent pas au delà de sa périphérie.
La couche cartilagineuse reste distincte de la précédente pendajil toute la durée de la vie fœtale, et souvent même pendant toute la durée de l'enfance. Après avoir enlevé avec soin et par voie d'arrachement la couche fibreuse, on remarque que la couche cartilagineuse fait défaut sur certains points, et qu'elle se compose d'un ensemble de mamelons continus par leur base, d'où l'aspect granuleux qui lui est propre. Soumise à l'examen microscopique, elle offre la structure du tissu cartilagineux. Mais elle se distingue de tous les autres cartilages diarthrodiaux par la présence de vaisseaux sanguins très manifestes et assez noml)reux. — Dans l'âge adulte, la couche cartilagineuse adhère d'une manière si intime à la couche fibreuse, que ces deux couches sout à peine |distinctes et constituent en réalité une seule et même lame qui doit être rangée au nombre des fibro-cîirtilages.
La cavité glénoïde, semi-ellipsoïde, très profonde, est limitée : en dehors, parla racine postérieure de l'apophyse zygomatique; en dedans, par l'épine du sphénoïde; en arrière, par la paroi inférieure du conduit
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auditif externe ot Tapophyse styloïdc; eu avant, par Tapopliyse articulaire du temporal. Sa direction est la même que celle du condyle de la juâchoire. La scissure de Glaser la traverse à la manière d'une diagonale, et la partage en deux parties: Tune antéro-externe, Tautre postérointerne. La première, seule, est articulaire ; la seconde est remplie par un tissu (ibro-élastique auquel se mêle une notable proportion du tissu adipeux.
Ùapophyse articulaire^ ou racine transverse de Tapopliyse zygomatique, appelée aussi condyle du temporal, suit la direction de la cavité glénoïde. Elle est cojivexe d'avant en arrière, et un peu concave de dehoi-s en dedans ; sa concavité se prononce diivantage à Tétat frais.
La portion articulaire de la cavité glénoïde et le condyle du temporal sont tapissés aussi par un prolongement du périoste.
FiG. 203. — Cavité glénoide et condijle du temporal.
ïm. toi.— Condyle de la mâchoire, et fibro-cartilage.
FiG. t2u3. —1,2. Apophyse zygomatiquc. — 3. Sa branche transversale, ou condyle du temporal. — <i. Partie antérieure ou articulaire de la cavité glénoïde. — 5. Sa partie postérieure ou non-articulaire. — 6. Scissure de Glaser. — 7, 8. Apophyse mastoïde. — 9. Trou mastoïdien. — 10, 11. Apophyse styloïde et trou stylo-mastoïdien.
FiG. toi. — A. Condyle de la mâchoire vu par sa partie antérieure. — 1. Col du ruudylc. — 2. Son bord externe verticalement dirigé. — 3. Point d'attache du ligament latéral externe. — i. Bord antérieur du condyle contribuant à former réchancrurc sigmoïde — 5. Son bord interne plus saillant que Texterne et très obliquement dirigé. — 0. Petite surface triangulaire à la partie supérieure de laquelle vient s'insérer le nmscle ptérygoïdien externe. — 7, 7. Face antérieure ou articulaire du condyle. — 8. Son extrémité interne. — 9. Son extrémité externe.
B. Fibro-cartilage inlerarticulaire. — 1. Sa face inférieure. — % 2. Son bord postérieur, très épais, surtout en dedans. — 3, 3. Son bord antérieur, plus mince et légèrement concave. — i. Son extrémité interne. — 5. Son extrémité externe.
C. Le même fibro-cartilage vu par sa face anléro-supérieure. — 1 . Partie convexe de cette face; elle répond au bord postérieur dont on n'aperçoit ici que la lèvre supérieure. — 2. Lèvre supérieure de rc bord. — 3. Bord antérieur du flbro-cartilage. — i. Son extrémité interne. — 5. Son extrémité externe.
Sur la cavité gléiioîde, ce périoste offre ane extrême minceur et une faible adhérence ; il est facile de le décoller par voie d'arrachement. Sur le condyle du temporal on peut le détacher aussi assez facilement chez le fœtus et Tentant. En le soumettant à l'examen microscopique, on remarque qu'il se compose à cet âge d'une trame fibreuse, de cellules de c^rtilage/d'arlérioleset de veinules. Chez l'adulte, ce périoste devient au contraire extrêmement adhérent au condyle, et semble, au premier aspect, constitué par un tissu exclusivement cartilagineux. Mais l'observation atteste qu'il est aussi formé de faisceaux fibreux entre-croisés, contenant, soit dans leur épaisseur, soit dans leurs mailles, uu très grand nombre de cellules de cartilage. Les vaisseaux qu'on distingue si facilement dans la première période de la vie ont alors disparu, ou du moins il n'en existe plus que des vestiges.
B. — Flbro-cartllaye loleraptlcnlalre.
Ce fibro-cartilage présente une figure elliptique. Il est biconcave, mince dans sa partie centrale, épais sur sa circonférence. — Sa partie centrale peut-elle s'amincir au point de disparaître? Est-elle quelquefois le siège d'un orifice plus ou moins large ? Cette perforation a été mentionnée par tous les auteurs, en sorte qu'on pourrait la croire fréquente. Hais elle doit être considérée comme un fait rare et tout à fait exceptionnel. Il ne m'a jamais été donné d'en rencontrer uu seul exemple. — La circonférence du fibro-carlilage est plus épaisse en arrière qu'en avant. Son épaisseur, qui égale à peine 2 millimètres en avant, s'élève à 3 ou 4 en arrière.
On pensait généralement autrefois que ce fibro-cartilage était horizontal. Gosselin a fait remarquer qu'il se dirige très obliquement do haut en bas et d'arrière en avant (voy. fig. 205).
Sa face antéro-supérieure répond à la partie postérieure du condyle du temporal.
Sa face postéro-inférieure s'applique à la partie antérieure et au bord supérieur du condyle de la mâchoire. Cette dernière est plus petite que la précédente et beaucoup plus concave.
Son bord supérieur occupe le fond de la cavité glénoîde, qu'il remplit et qu'il exhausse de toute son épaisseur.
Le bord antéro-inférieur répond à la ligne de réunion de la cavité glénoîde et du condyle du temporal ; il donne attache dans ses deux tiers internes au muscle ptérygoîdien externe.
Les extrémités du fibro-cartilage s'infléchissent iniérieurement et s^altachent par une mince expansion fibreuse aux extrémités interne ei externe du condyle du maxillaire. Ainsi fixé par ses parties latérales, el plus ou moins libre dans le reste de son étendue, il conserve assez de
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mobilité pour osciller sur ce condyle d'avant en arrière et d'arrière en avant, en raccompagnant dans tous ses inouvements.