III. — Union des lameM vertébralea
Les lames des vertèbres sont unies par les ligaments jaunes. Ces ligaments, destinés aussi à unir les apophyses articulaires et à compléter les parois du canal vertébral, se composent de deux moitiés rectangulaires qui se continuent à angle obtus sur la ligne médiane, au niveau de la base des apophyses épineuses. — Dans la région cervicale, ces deux moitiés sont seulement juxtaposées; souvent même elles sont séparées par un très minime intervalle que remplissent des veinules.
La largeur des ligaments jaunes diminue de haut en 1ms. Klle est de i centimètres au cou, d'un centimèlro et demi an dos et aux lombes.
Leur hauteur, proportionnelle à celle des lames, augmente au contraire des supérieures aux inférieures. Klle est d'un centimètre dans la région cervicale, d'un centimètre et demi dans la région dorsale, et de â centimètres dans la région lombaire.
Leur épaisseur s'accroît des parties latérales vers la pfirtie médiane, qui est la plus résistante dans toutes les régions.
La forme irrégulièrement quadrilatère de ces ligaments permet de leur considérer deux bords, deux faces et deux extrémités.
Le bord supérieur est recliligne dans la région cervicale, concave dans la région doi-sale, légèrement convexe dans la région lombaire. Il s'attache à la face antérieure des lames vertébrales qui le surmontent, un
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peu au-dessous de leur parlie moyenne. Son insertion ne descend pa^ jusqu'au bord inférieur de ces lames, qui reste libre, du moins dans les deux premières régions.
Le bord inférieur est convexe. Il s'insère sur le bord supérieur des lames sous-jacentes : bord qui est large, inégal et incliné en arrière sur les deux dernières régions. Les ligaments jaunes n'affectent donc pas une direction verticale ; ils se portent obliquement de la face antérieure des lames qui sont au-dessus, à la partie supérieure de la face postérieure de celles qui sont au-dessous. Suffisamment prolongés, ils se recouvriraient à la manière des tuiles d'un toit. Telle est du moins leur direction sur la plus grande parlie du rachis. — Inférieurement elle se modifie; d'oblique elle devient verticale sur toutes les vertèbres lombaires, et même sur les deux ou trois dernières vertèbres dorsales.
La face antérieure des ligaments jaunes répond à la dure-mère rachidieiine, dont la séparent un plexus veineux et une quantité très variable de tissu adij)eux.
Leur face postérieure présente des rapports un peu différents pour les trois régions. — Au cou, elle répond dans son tiers supérieur aux lames vertébrales qui lui donnent attache, et dans ses deux tiers inférieurs aux muscles transversaires épineux et interépineux. Sur toute l'étendue de cette région, le canal vertébral reste accessible par conséquent à l'action des instruments aigus, qui peuvent se trouver arrêtés dans leur marche cependant par un brusque mouvement d'extension , les lames verticales s'imbriquant alors les unes sur les autres. — Dans la région dorsale, celte face est complètement recouverte par les lames vertébrales et les apophyses épineuses. — Dans la région lombaire, elle se trouve immédiatement en contact avec les muscles transversaires épineux. Le canal rachidien, sur cette région, reste donc accessible aux agents vulnéranls. Mais une plaie pénétrante de cette région aurait des conséquences beaucoup moins graves, la moelle épiniére ne descendant pas aussi bas. L'épaisseur considérable des ligaments jaunes au niveau des lombes, les masses musculaires qui les recouvrent, la saillie et la largeur des apophyses épineuses, sont d'ailleurs autant de moyens de proleclion qui suffisent le plus habituellement pour écarter tout danger.
Les extrémités correspondent aux capsules des apophyses articulaiivs qu'elles contribuent à former ; elles constituent pour ces apophyses uu ligament antérieur très puissant.
La structure des ligaments jaunes est toute spéciale. Ils sont presque exclusivement composés de très belles fibres élastiques, offrant des anastomoses si multipliées, qu'elles formenl un lacis à mailles serrées. Ils renferment aussi une minime proportion de fibres de tissu conjonctif. On remarque dans leur épaisseur des vaisseaux capillaires en petit nombre ;
IMON DES LAMKS VEUÏEBRALES.
maison n'y rencontre aucun rainuscule nerveux. Ce sont les seuls ligaments dans lesquels Télément nerveux fait complètement défaut.
L'élasticité est la propriété caractéristique de ces ligaments qui seraient la cause principale des courbures antéro-postérieures du rachis, selon Ludovic Hirschfeld (i). En vertu de leur puissante réaction, ils infléchiraient en arrière ses portions cei*vicale et lombaire à la manière d'une corde qui sous-tcnd un arc. En coupant de chaque c6té les pédicules des vertèbres, afln d'isoler la colonne formée par la série des corps vertébraux, les parties supérieure et inférieure de celle-ci, n'étant plus soumises à l'action des ligaments jaunes, se redresseraient, suivant cet observateur. J'ai répété plusieurs fois cette expérience, et je dois avouer que j'ai toujours vu la colonne constituée par les corps vertébraux, consener ses trois courbures. La portion dorsale n'est nullement modiflée dans son inflexion. L'opinion ancienne est donc la mieux fondée. 11 reste incontestable que les inflexions antéro-postérieures du rachis sont dues à l'inégale hauleur des parties antérieure et postérieure des corps vertébraux et des ligaments sitnés dans leurs intervalles.
Ai^
Kic. ta. — Liyaiiienls jaunes.
FiG. tVà. — LigamtnU surepineuj:.
FiG. ta. — 1, 1. Lijjanients jaunes des vertèbres dorsales. — 2,2. Parties latérales de ces ligaments, unissant en avant les apophyses articulaires, et se continuant en dehors avec le ligament qui recouvre la partie postérieure de celles-ci. — 3, 3. Apopophyses articulaires du côté opposé mises à nu par Texcision de la partie correspondante du ligament jaune. — -i, i, 4. Coupe du pédicule des vertèbres.
FiG. 2t3. — 1, 1. Ligaments surépincux étendus verticalement du sommet d'une apophyse épineuse au sommet de Tapophy^e épinesue sous-jacente. — 2, 2, 2. Lames des vertèbres et ligaments jaunes compris dans leurs intervalles. — 3, 3, 3. Ligament Iransverso-costal supérieur verticalement dirigé. — i. Ligament transverso-costal postérieur affectant au contraire une direction presque transversale.
\\) Ludovic Hirbciifcld, .\ouvel aperiu sur les vourhurcff df lu colonne veHehruU' ^ Compter ramlns de la S"t'. 'le hinl., 18J7, p. loi.
Jo
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