VOLUME ET POIDS DL' CORPS
qui, dans les deruières années de sa vie, ne pouvant plus marcher, se promenait dans une charrette attelée d'un fort cheval. La largeur de ses épaules, alors, n'était pas moindre de 1"*,29 (i).
On a bien rarement observé, en France, des exemples d'une semblable obésité. Le fait de ce genre le plus connu est relatif à une mendiante, Françoise Clay, qui mourut à THôtel-Dieu de Paris, en 1806, à l'âge de quarante ans. Sa taille était de l'",69. Le cou ayant en q lelque sorte disparu, la tète reposait immobile entre deux énormes épaules; les mamelles, énormes aussi, retombaient sur le ventre, qu'elles couvraient en partie. Les masses de graisse accumulées sous les aisselles tenaient les bras soulevés et écartés du tronc*. Les hanches, recouvertes également de larges masses adipeuses, remontaient jusque sur les côtés de la poitrine, qu'elles semblaient soutenir comme les épaules soutenaient la tète. Les cuisses et les jambes, d'un volume considérable, offraient de distance en distance des sillons profonds et circulaires. Malgré son excessif embonpoint et la misère dans laquejle elle vivait, cette femme avait conservé avec ses forces une assez bonne santé, un esprit vif et gai; elle faisait deux mille pas chaque jour pour se rendre à une église où elle venait implorer la charité des fidèles.
En 1818, on a vu, à Paris, une jeune Allemande, Frédérîque Ahrens. .^gée de vingt ans, dont la taille avait déjà atteint l^jTC, et dont la circonférence, au niveau du bassin, égalait la hauteur. Elle marchait assez facilement, jouissait aussi d'une bonne santé, et pouvait soulever de chaque main un poids de 125 kilogrammes (2).
Le célèvre Barrow a observé, en Afrique, une femme de quarante ans parvenue à une obésité telle que, depuis douze ans, elle se trouvait hors d'étal de marcher; le feu ayant pris à la maison qu'elle habitait, il fut impossible de la faire passer par les portes; elle périt misérablement au milieu des flammes (3).
En regard de ces organisations dans lesquelles le tissu cellulo-adipeux acquiert un si prodigieux développement, on peut mettre celles où il semble pour ainsi dire disparaître. Avec son atrophie coïncide celle de la plupart des organes. Le volume du corps se réduit dans toutes ses parties; et sa réduction peut être portée à un degré très considérable. Les muscles se réduisant plus que les os, on voit les saillies osseuses se profiler sous la peau et le squelette apparaître à la vue couvert seulement d'un léger voile. Parmi les individus qui ont présenté cet état de maigreur extrême, je citerai le nommé Seurat, qui, sous le titre
(1) Is. GooiTroy Saint-Hilairo, Traité de tératologie, l. I, p. 263.
(2) Perrot et Laurent, Dictionnaire des sciences médicales, t. XXXVfl, p. fi.
(3) Nouveau voyage dans l'Afrique méridionale, t. I, p. 157 de la traduction française.