II. — Arttc«lali«pis Miero^eoccygieiiiie et coecygienncs
L'articulation sacro-coccygrenne appartient à la classe des amphiarthroses.
Surfaces articulaires, — Du côté du sacrum, une facette ovalaire, transversale et légèrement convexe; du côté du coccyx, une facette ovalaire et transversale aussi, mais légèrement concave, qui recouvre la plus grande partie de sa base.
Un ligament interosseux et six ligaments périphériques unissent ces deux surfaces. — Le ligament interosseux présente une épaisseur uniforme de 2 à 3 millimètres, jusqu'à quarante ou cinquante ans. Plus tard, l'ossification envahit assez fréquemment toute l'articulation sacrococcygienne ; il devient alors de plus en plus mince, et finit par disparaître. Sa structure ne diffère pas de celle des ligaments du même ordre; mais elle offre quelques variétés individuelles. Tantôt la pailie molle ou centrale du ligament s'élargit aux dépens de la partie périphérique ; tantôt c'est la partie périphérique qui l'emporte sur la partie molle. Dans le premier cas, l'articulation est 1res mobile ; dans le second, elle l'est beaucoup moins. Ces variétés présentent une certaine importance chez la femme, où le coccyx s'abaisse au moment de l'accouchement; le diamètre médian du détroit inférieur s'allonge alors d'autant plus, que cet os se laisse plus facilement déprimer.
Les ligaments périphériques entourent complètement l'articulation. Cependant on peut les distinguer en antérieur, postérieur et latéraux.
Le ligament sacro-coccygien antérieur^ extrêmement mince, est une simple lame périostique qui s'étend du sacrum sur le coccyx.
Le ligament sacro-coccygien poêtérieur, remarquable au contraire par son épaisseur et sa résistance, s'insère supérieurement aux deux lèvres de la gouttière par laquelle se termine le canal sacré, et inférieurement à la face postérieure des deux premières pièces du coccyx. Il complète ce canal en le prolongeant jusqu'au sommet du sacrum. Quelquefois il se compose de deux bandelettes qui divergent en descendant. Sa face antérieure répond à l'arachnoïde, dont le sépare une couche mince du tissu adipeux. La postérieure donne attache à quelques fibres du muscle grand fessier.
Les ligaments latéraux, au nombre de deux pour chaque côté, se distinguent aussi en antérieur et postérieur. — Le ligament sacro-coccygien antéro-latéral s'étend presque transversalement des parties latérales du sommet du sacrum aux parties latérales de la base du coccyx. — Le ligament sacro-coccygien postéro-latéral s'attache en haut au sommet des cornes du sacrum, et en bas au sommet des cornes du coccyx. Sa longueur est en raison inverse des unes et des autres : très long, il se confond avec le ligament postérieur ; très court, il en reste distinct.
Les articulations coccygiennes représentent aussi de petites amphiarthroses analogues à la précédente, mais plus rudimentaires encore. Des facettes presque microscopiques, planes, ovalaires, et encroûtées de cartilages; entre ces facettes, autant de petits disques fibro-cartilagineux oui les unissent solidement ; une gaine fibreuse étendue de la base au sommet de l'os : telles sont ces articulations dont l'existence n'a qu'une courte durée. Les deux dernières pièces du coccyx ont à peine paru qu'elles se soudent. C'est de douze à quatorze ans qu'a lieu cette soudure. La quatrième pièce se soude aussi très promptement à la troisième. Celle-ci et surtout la première peuvent conserver longtemps, et même indéfiniment, leur indépendance. Chez quelques individus, la seconde vertèbre coccygienne est plus mobile que la première.
IIL — ArttealaUom sacro- Iliaque.
A quelle classe appartient cette articulation? Boyer, envoyant l'immobilité réciproque du sacrum et de l'os iliaque dans l'état normal, la range parmi les synarthroses. Blandin, ayant constaté qu'après la section des pubis on peut imprimer à l'os iliaque de légers mouvements, que les deux os sont recouverts chacun d'un cartilage indépendant, qu'autour des cartilages il existe une synoviale, la considère comme une arthrodie
576 ARTHROLOGIE.
serrée, et en fait par conséquent une diarthrose. La plupart des auteurs, sans nous dire sur quelles raisons ils se fondent, la rattachent aux amphiarthroses. Ainsi elle a été tour à tour classée parmi les articulations mobiles, semi-mobiles et immobiles.
Dans nos classifications, nous divisons en compartiments de plus en plus étroits le vaste domaine de la nature, et nous oublions trop souvent que ce que nous séparons forme un tout continu. C'est pour être tombés dans cet oubli que les anatomistes se sont trouvés si embarrassés lorsqu'ils ont voulu assigner à Taiiiculation sacro-iliaque le rang qui lui convient. Après avoir admis trois classes, ils ont pensé qu'elle devait nécessairement rentrer dans l'une d'elles. Mais des faits nets, précis et parfaitement concluants vont nous démontrer qu'elle ne rentre, en rétilité, dans aucune. Intermédiaire aux articulations mobiles et semi-mobiles, participant des unes et des autres, elle les unit pour en former une chaîne non interrompue.
1* Surfaces articulaires. — Ces surfaces, constituées par la facette auriculaire de l'os coxal et la facette auriculaire du sacrum, se dirigent obliquement de la base vers le sommet de cet os, et de sa face antérieure vers sa face postérieure. L'une et l'autre sont très étendues, légèrement sinueuses, et recouvertes d'un cartilage. Mais l'épaisseur de celui-ci diffère beaucoup pour les deux surlaces : sur le sacrum, elle égale un millimètre, et quelquefois un millimètre et demi ; sur l'os iliaque, le cartilage est toujours beaucoup plus mince. Son épaisseur varie du reste non seulement de l'une à l'autre surface; sur chacune de celles-ci elle est très inégale pour ses divers points.
Ces cartilages possèdent des caractères qui leur sont propres. Eu prenant leur structure en considération, on arrive sans peine à déterminer le rang que doit occuper l'articulation sacro-iliaque dans une bonne classification.
Leur surface libre ne présente ni la couleur d'un blanc pur et mal des cartilages diarthrodiaux, ni leur aspect lisse et uni. Elle est d*uii gris blanchâtre ou rougeàtre. Des prolongements villiformes, très irréguliers, inégaux de volume, et inégalement répartis, la recouvrent çà et là en grand nombre. La consistance de ces prolongements est si faible, que Bichat d'abord, et Blandin plus tard, les ont considérés comme une synovie plus ou moins concrète. Examinés sous l'eau, ils flottent à la manière des franges synoviales. Les deux cartilages cependant sont loin d'offrir le même aspect : celui du sacrum est presque uni ; celui de l'os iliaque est granuleux; il semble formé d'une myriade de petits tubercules demi- transparents et juxtaposés.
Considérés dans leur structure, ces cartilages diffèrent aussi très notablement. — Celui de l'os iliaque n'appartient pas aux cartilages proprement dils; il doit être rangé parmi les fibro-carlilages. Lorsqu'on eu
(lélache une tranche mince, perpendiculaire à la surl'ace osseuse, on remarque, à Texamen microscopique, qu'elle présente des faisceaux libreux, perpendiculaires aussi à cette surface, et immédiatement implantés sur elle. Ces faisceaux échangent de nombreuses communications; ils se divisent; quelques-uns se ramifient. De leur continuîté résultent une multitude de petites arcades que recouvrent des saillies plus déliées. Les cartilages sur lesquels reposent ces prolongements villiformes sont creusés de cavités de toutes dimensions. Parmi celles-ci, il en est qui ne contiennent qu'un petit nombre de cellules nues; mais la plupart en renferment 10, 15, 20 et jusqu'à 30; les plus grosses en contiennent de 40 à 60 ; dans quelques-unes on observe plusieurs générations de jeunes cellules.
Le cartilage du sacrum est à la fois un vrai cartilage et un fibro-cartilage. Sur les tranches perpendiculaires à la surface osseuse, on remarque qu'il est formé, en procédant de sa partie adhérente vers sa partie libre : i° par une couche exclusivement cartilagineuse; ^ par une couche fibro-cartilagineuse extrêmement mince.
La couche cartilagineuse est l'analogue des cartilages amphiarthrodiaux. Ses cellules présentent la même direction horizontale, la même forme, à peu près le même volume.
La couche fibro-cartilagineuse est l'analogue des fibro-cartilages intervertébraux. La disposition relative du tissu fibreux et des cellules est exactement la même que dans ces derniers. Les prolongements villiformes qui hérissent sa surface libre ne différent de ceux que nous offre la portion molle des fibro-cartilages inlei-verlébraux que par leur ténuité beaucoup plus grande.
L'articulation sacro-iliaque possède donc l'attribut caractéristique des amphiarthroses : un fibro-cartilage étendu de l'une à l'autre surface articulaire. Mais de ce fibro-cartilage elle ne possède que la portion molle, qui est ici très rudimentaire et qui se trouve divisée en deux couches, une pour chaque surface articulaire. Ces deux couches, ou les deux surfaces articulaires, ne sont unies que par les prolongements villeux étendus de Tune à l'autre ; elles le sont si faiblement, qu'on a pu les considérer comme indépendantes. D'une autre part, leur indépendance n'est pas telle qu'on puisse les assimiler à celles des diarthroses. L'articulation sacro-iliaque, en un mot, n'est déjà plus une diarthrose, et elle n'est pas encore une amphiarthrose. Concluons qu'elle n'est ni l'une ni l'autre, et qu'elle leur sert de trait d'union.
^ Moyens éC union, — Le sacrum est uni à l'os iliaque par cinq ligaments : deux antérieurs, distingués en supérieur et inférieur ; deux postérieurs, distingués aussi en supérieur et inférieur. Le cinquième est un ligament interosseux. A ces cinq ligamenlsvienl s'enjoindre un sixième.
578 ARTHROLOGIE.
le ligameiil ilio-loiiibaire, qui ne s'attache |)as, il est vrai, au sacrum, mais qui contribue cependant à consolider Tarticulation sacro-iliaque, et qui peut en être considéré par conséquent comme une dépendance.
a. l.e ligament ilio-lombaire s'étend de Tapopbyse transverse de la dernière vertèbre des lombes à la partie correspondante de la crête iliaque. Il s'attache sur cette crête à l'union de son tiers postérieur avec ses deui tiers antérieurs. Sa direction est horizontale et transversale. Épais et arrondi en dedans, il s'aplatit et devient plus mince en dehors. Sa face antérieure répond au grand psoas qui le recouvre entièrement. Il donne attache, en haut, au carré des lombes, et en bas au muscle iliaque. — Ce ligament, fort et résistant, se compose de fibres parallèles
FiG. ^6. — Ligaments niués sur la partie antéro^inférieure du hassin.
FiG. 226. — 1. Extrémité inférieure du ligament vertébral commun antérieur, se prolongeant sur la partie supérieure du sacrum. — 2, 2. Ligament ilio-Iombaire. — 3, 3. Ligament sacro-vertébral. — A, -4. Ligament antérieur et supérieur de rarticulation sacro-iliaque. — 5, 5. Face supérieure du grand ligament sacro-sciatiqne. — 6, 6. Bord externe de ce ligament. — 7, 7. Son bord interne. — 8, 8. Face supérieure du petit ligament sacro-sciatique. — 9. Fibro-cartilage interosseux de la symphyse pubienne.
FiG. 227. — 1. Ligament interépineux étendu de la quatrième à la cinquième vertèbre lombaire. — 2. Ligament interépineux étendu de la cinquième lombaire à la première vertèbre sacrée. — 3. Ligament interépineux situé entre la première et la seconde vertèbre du sacrum. — 4. Ligament interépineux situé entre la seconde vertèbre et la troisième; Tapophyse épineuse de cette troisième vertèbre étant divisée, le ligament se partage en deux faisceaux. — 5. Ligament interépineux compris entre la troisième et lu quatrième, se bifurquant aussi. — 6. Ligament jaune situé entre la quatrième et la cinquième lombaire. — 7. Ligament jaune étendu de la cinquième lombaire à la première vertèbre sacrée. — 8. Partie postérieure du ligament iliolombaire. — 9, 9. Ligament sacro-iliaque postérieur et supérieur composé de faisceaux et fascicules flbreux obliquement étendus de l'os iliaque au côté externe des deux premiers trous sacrés postérieurs, et séparés les uns des autres par des interstices que remplissait du tissu adipeux. — 10. Couche superflcielle du ligament sacro-iliaque postérieur et inférieur se continuant en dehors avec le grand ligament sacro-scia-
d'autant plus longues qu'elles sont plus supérieures. Il n'a pas seulement pour usage d'unir la colonne lombaire et le sacrum à l'os iliaque ; il complète en haut et en arrière les parois du grand bassin.
b. Le ligament antéi'o-supéi'ieur est constitué par le périoste des parties latérales de la base du sacrum, qui passe sur l'interligne articulaire, en se portant vers la fosse iliaque interne. Ce périoste, renforcé par des fibres qui divergent pour la plupart de dedans en dehors , est remarquable par son épaisseur; il ofTre une grande résistance. On peut juger de celle-ci lorsque, après avoir enlevé toute la partie antérieure du bassin, on cherche à ouvrir les articulations sacro-iliaques par voie
FiG. 227. — Ligaments situés sur la partie posléro-inférieure du bassin.
liquc. — 11. Extrémité supérieure de cette couche superflcieUe 8*attachant à répiuo iliaque postéro-supérieure. — 12. Attache de son extrémité inférieure au tubercule représentant l'apophyse transverse de la quatrième vertèbre sacrée. — 13, 13. Les deux extrémités de la couche superficielle du côté opposé, dont la partie moyenne a été enlevée pour mettre eu évidence la couche profonde. — 14. Cette couche profonde s*insérant inférieurement au-dessus du tubercule de la quatrième vertèbre sacrée et allant se fixer en haut aux deux épines iliaques, ainsi qu'à Téchancrurc comprise dans leur intervalle; les faisceaux qui composent cette couche profonde ne sont pas parallèles comme ceux de la couche superficielle, mais très divergents de bas en haut. — 15 et 16. Ligaments latéraux de Tarticulation sacro-coccygienne. — 17. Ligament postérieur de cette articulation fermant inférieurement le canal sacré. — 18, 18. Grands ligaments sacro-sciatiques. — 19. insertion de ce ligament sur les parties latérales du sacrum. — 20. Son insertion sur Tos iliaque. — 21, 21. Son attache à la tubérosité ischiatique. — 22. Portion réfléchie du même ligament sMnsérant à la branche ascendante de l'ischion. — 23. Petit ligament sacro-sciatique attaché à l'épine ischiatique. — 24. Attache de ce ligament sur les bords du sacrum et du coccyx. — 25. Grande échancrure sciatique convertie en trou par les ligaments sacro-sciatiques. — 26. Petite échancrure sciatique formant avec ces deux ligaments un orifice triangulaire.
580 ARTIIROLOGIK.
de simple écarleiueul. Tant que les ligaments aiUéro-supérieur el aiitéroiiiférieur restent intacts, les articulations résistent à tous les efforts; si on les incise, elles se laissent entr*ouvrir assez facilement.
c. Le ligament antéro-inférieur offre la plus grande analogie avec le précédent. Il est formé par le périoste des deux premiers trous sacrés antérieurs, qui passe aussi sur l'interligne articulaire pour se continuer avec celui de la partie correspondante de l'os iliaque.
d. Le ligament postéro-supérieur se compose de plusieurs faisceaux obliquement étendus, de la partie postérieure de la crête iliaque et de la surface rugueuse sous-jacente, aux tubercules situés en dehors des deux premiers trous sacrés postérieurs et à l'intervalle qui les sépare. Parmi ces faisceaux, il en est qui sont larges et irrégulièrement triangulaires ; d'autres sont de simples languettes. Ils se recouvrent et s'entre-croisent sur quelques points, en laissant entre eux des interstices ovalaires que remplissent des vaisseaux et du tissu adipeux. — Les fibres qui les forment deviennent d'autant plus courtes qu'elles occupent une situation plus profonde. — Ce ligament répond, en arrière et en dedans, aux muscles spinaux; en avant et en dehors, au ligament interosseux, avec lequel il se confond en partie.
e. Le ligament poster o^inféi^ieur^ très épais et très résistant, comprend deux couches séparées par du tissu adipeux. — La couche superficielle, décrite par Bichat, sous le nom de ligament sacro-épineux, est un faisceau vertical, rectangulaire, qui s'insère: en haut, à l'épine iliaque postérieure et supérieure ; en bas, au tubercule situé en dehors du troisième trou sacré postérieur. Ce faisceau, situé au-dessous du muscle grand fessier, se continue par son bord interne avec l'aponévrose qui recouvre les muscles spinaux, et par son boixl externe avec le grand ligament sacro-sciatique. — La couche profonde naît inférieurement de tout l'espace compris entre les tubercules situés en dehors des second et troisième trous sacrés postérieurs. Klle vient se fixer supérieurement aux deux épines iliaques et à l'échancrure étendue de l'une à l'autre. Les faisceaux multiples qui la composent affectent une direction ascendante el divergente.
/*. Le ligament interosseux est le plus fort de tous. Il occupe une excavation profonde, située immédiatement en arrière des deux facettes articulaires. Les faisceaux très nombreux qui le constituent, s'attachent: d'une part, à la paroi externe de cette excavation, c'est-à-dire à toute l'étendue de la tubérosité iliaque ; de l'autre, à sa paroi interne formée par les deux fossettes qu'on voit sur le sacrum, en dehors du premier trou sacré postérieur. La résistance de ce ligament est telle que, lorsqu'on écarte par un violent effort les deux os iliaques du sacrum, il ne
SYMPHYSE PUBIENNE. 581
se déchire pas, mais se décolle ordinairement en entraînant quelquefois avec lui une partie de la lame compacte sur laquelle il s'insère.
3* Synoviale. — L'articulation sacro-iliaque possède une synoviale ; mais cette synoviale, tour à tour admise et niée, est ici rudimentaire. Elle revêt la face interne des ligaments au niveau de l'interligne articulaire ; et comme les deux surfaces qui sont ici en contact ne jouent pas l'une sur l'autre, sa largeur excède à peine celle de l'interligne. On reconnaît sa présence, d'abord à son aspect, puis à son épithélium, el aussi aux replis ou franges dont elle est assez richement pourvue, malgré sa minime étendue.
4"" Mouvements, — Dans l'état d'intégrité du bassin, on ne peut imprimer aux os iliaques aucun mouvement sur le sacrum. Mais, si l'on enlève la partie antérieure de l'excavation pelvienne, il est facile de reconnaître que l'articulation sacro-iliaque n'est pas réduite à une immobilité absolue. Après avoir fixé le sacrum, on peut en éloigner et en rapprocher l'os coxal, et lui communiquer même de très minimes glissements en divers sens.
lY. — ArttcMlAtion om mjwnjflhjmm pmblemie.
Cette articulation est une amphiarthrose moins parfaite que celle des corps vertébraux, mais beaucoup plus complète que l'articulation sacroiliaque. Placée entre celle-ci et les premières, elle continue à adoucir la pente presque insensible qui conduit des articulations mobiles aux articulations semi-mobiles.
l* Surfaces articulaires. — Les os iliaques s'unissent entre eux par une surface ovalaire et parallèle un plan médian, située sur le côté interne du corps des pubis. Le grand axe de ces surfaces se dirige très obliquement de haut en bas et d'avant en arrière. Elles sont rugueuses, mais plus inégales sur leur moitié antéro-inférieure que sur la moitié opposée. Celui de leurs bords qui regarde en bas et en avant est irrégulièrement arrondi ; une légère dépression anguleuse le sépare du bord adjacent. Celui qui est tourné en haut et en arrière déborde au contraire la lace correspondante des pubis ; il contribue à former, en s'unissant avec celui du côté opposé, une sorte de bourrelet, plus saillant vers sa partie moyenne qu'à ses extrémités; plus saillant aussi chez la femme que chez l'homme; très variable du reste suivant les individus.
Les cartilages qui recouvrent ces surfaces sont semblables à ceux de toutes les autres articulations du même ordre.
2" Fibro-cartilage interosseux. — La disposition que présente le fibro-cartilage interpubien rappelle celle des fibro-cartilages interverté-
58^ ARTHROLOGIE.
braux. L'analogie est manifeste, éclatante; et cependant elle a été a peine entrevue. De là les descriptions obscures, contradictoires, j'oserai même dire irrationnelles , que les auteurs nous ont données de la symphyse pubienne. Boyer avance le premier que dans cette articulation les surfaces sont en partie continues et en partie contiguês : elles sont continues en avant et en bas ; contiguês en arrière et en haut. Sa partie antéro-inférieure est une amphiarthrose; sa partie postéro-supérieure est une arthrodie. Considérée dans son ensemble, elle représente une synarthrose! Ainsi, pour cet auteur, les trois classes d'articulations viennent pour ainsi dire se résumer dans la symphyse pubienne ! Il eût été dif6cile de s'égarer plus complètement. Cette opinion étrange a néanmoins prévalu. Elle a été successivement adoptée dans tous les traités dogmatiques ; c'est elle qui règne encore aujourd'hui, avec cette différence toutefois qu'on ne range plus la symphyse parmi les synarthroses.
Mais la disposition du fibro-cartilage interpubien, sa structure, tous ses caractères mieux étudiés et mieux interprétés, vont nous démontrer qu'il n'y a pas lieu de distinguer dans cette articulation une partie continue et une partie contiguë. Ce fibro-cartilage doit être assimilé à celui des ampbiarthroses ; il n'en diffère nullement. Ce n'est qu'en le comparant à ces derniers qu'on peut se rendre compte des variétés si grandes, si fréquentes, et jusqu'ici inexpliquées, qu'il présente.
Le ligament interossenx de la symphyse pubienne offre une épaisseur moyenne de 3 millimètres. Son contour est elliptique. — Comme tous les ligaments du même ordre, il se compose de deux portions très différentes: Tune périphérique, dense et résistante; l'antre centrale, molle, creusée d'une cavité à parois irrégulières.
La portion périphérique recouvre tout le pourtour des surfaces articulaires. Mais de même qu'elle n'offre pas la même épaisseur en avant et en arrière sur les ligaments intervertébraux, de même son épaisseur varie ici pour les divers points de son contour. C'est aux deux extrémités de la symphyse que cette portion périphérique est le plus épaisse ; en avant, elle l'est beaucoup moins; en arrière, elle l'est moins encore. Cependant, si réduite qu'elle soit au niveau du bord postérieur de l'articulation, on peut toujours constater sa présence ; c'est elle qui détermine la largeur, et en partie aussi la saillie de ce bord. — Parmi les lames concentriques qui la forment, les plus superficielles font le tour complet des surfaces articulaires. Les moyennes manquent en arrière. Les plus profondes restent limitées aux extrémités de la symphyse. — Les faisceaux aplatis et rubanés qui composent ces lames s'étendent très obliquement de l'une à l'autre surface, et s'entre-croisent avec ceux des lames voisines. Cette portion périphérique constitue pour les pubis un puissant moyen d'union.
La portion molle est également éloignée des deux extrémités de l'arli-
SYMPHYSE PUBIENNE. 583
culation. Mais elle se trouve beaucoup plus rapprochée de sa partie postérieure que de l'antérieure, si rapprochée même, qu'elle semble se prolonger jusqu'au périoste. Son étendue longitudinale est de 2 centimètres environ, et son étendue antéro-postérieure de 6 à 8 millimètres. Par sa couleur, sa consistance, sa structure, elle ressemble à la portion molle des ligaments intervertébraux. Comme celle-ci, elle est creusée d'une cavité qui en occupe le centre. Des parois de cette cavité s'élèvent aussi une multitude de prolongements villiformes ; seulement ces prolongements sont extrêmement courts, tout à fait rudimentaires, en sorte que les parois paraissent lisses. Lorsqu'on se contente de les examiner à l'œil nu, on pourrait croire, avec tous les auteurs, que les cartilages se trouvent immédiatement en contact. Mais ces cartilages, en apparence contigiis, prennent un aspect bien différent lorsqu'on les soumet à l'examen microscopique. On voit alors qu'ils sont recouverts l'un et l'autre d'une épaisse lame fibro-Ccirtilagineuse, parfaitement identique avec celle qui i*ecouvre le centre des cartilages amphiarthrodiaux. On voit aussi que celte lame fibro-cartilagineuse est surmontée de prolongements villiformes qui deviennent de plus en plus longs et manifestes, h mesure que l'on se rapproche des extrémités de la symphyse. Il n'y a donc pas ici deux lames cartilagineuses contigués ; il n'y a pas de synoviale; il n'y a pas d'arthrodie; il y a une cavité analogue à celle qu'on remarque au centre de la portion molle de tous les fibro-carlilages amphiarthrodiaux.
La nature de cette cavité étant déterminée, il devient facile de rattacher à sa véritable cause toutes les variétés que nous offre la symphyse pubienne. Chez la femme, la portion molle du ligament interosseux se développe aux dépens de la portion périphérique ; sa cavité (partie contiguê des auteurs) est plus considérable aussi. Sous l'influence de la grossesse, elle acquiert une prédominance plus grande encore, et envahit presque tout le fibro-cartilage. L'articulation, dans ce cas, est plus faible ; mais ce qu'elle perd en solidité, elle le gagne en mobilité. Chez certains individus du sexe masculin, un phénomène tout à fait inverse se produit: la portion périphérique prend une plus grande importance; la portion molle se réduit proportionnellement; la cavité centrale se réduit aussi, parfois même elle disparaît presque entièrement. Ses parois alors se hérissent toujours de prolongements plus longs et plus apparents. Les variétés que présente l'amphiarthrose pubienne dépendent donc, en définitive, d'une simple modification dans les proportions respectives de la portion périphérique et de la portion centrale de son ligament interosseux.
S"" Ligaments périphériques. — Au nombre de quatre, ces ligaments se distinguent en antérieur^ postérieur^ supérieur et inférieur.
584 ARTHROLOGIE.
Le ligament antérieur est constitué par une couche fibreuse très dense, épaisse d'un demi-centimètre, résultant de Tentre-croisement des fibres tendineuses de tous les muscles qui viennent s'attacher au corps des pubis. Cette couche fibreuse, dépendante des muscles, doit être considérée comme le principal moyen d'union des deux os.
Le ligament postérieur est formé par le périoste qui passe transTersalement sur le bourrelet de la symphyse, et qui offre sur ce point assez d'épaisseur, assez de résistance surtout, pour contribuer à consolider l'articulation. Il adhère d'une manière intime à la partie correspondante du fibro-cartilage interosseux.
Le ligament supérieur représente aussi une dépendance du périoste. Il est plus épais que le précédent. Sa face profonde adhère également au ligament interosseux avec lequel elle semble se continuer.
Le ligament inférieur^ ou sous-pubien, beaucoup plus épais, plus fort, plus important que le supérieur, revêt la forme d'un croissaAt, dont la concavité se dirige en bas et en arrière. — Son bord convexe, tourné en haut et en avant, adhère par sa partie médiane au ligament interosseux, et par ses parties latérales à la branche descendante des pubis. — Son bord concave fonùe une arcade, V arcade pubienne. C'est sur cette arcade que se réfléchit la tête de l'enfant au moment où elle franchit l'anneau vulvaire. Elle fait partie d'un cercle de très petit diamètre chez l'homme, beaucoup plus grand chez la femme. Dans le sexe masculin, la coi*de qui sous-tend cette arcade est de 30 à 22 millimètres, et dans le sexe féminin, de 30 à 35.
Le ligament sous-pubien est formé par des faisceaux étroits et aplatis, semblables à ceux qui constituent la portion périphérique des fibro-cartilages intervertébraux. Tous ces faisceaux s'étendent obliquement de la branche pubienne d'un côté à la branche pubienne du côté opposé. Ils se croisent à angle d'autant plus aigu qu'ils sont plus inférieurs. Ceux qui répondent au bord libre ou concave semblent parallèles; mais en les examinant attentivement, on remarque qu'ils s'entre-croisent aussi.
L'intervalle compris entre le ligament supérieur et le bord concave du ligament inférieur représente le plus grand diamètre de la symphyse pubienne. Chez l'homme, où ce diamètre est un peu plus long, il atteint le plus habituellement 5 centimètres et demi. Chez la femme, il dépasse rarement 5 centimètres.