‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 4)Chapitre 165 sur 219 · ËCAN1SME DU BASSIN · texte numérisé non relu

ËCAN1SME DU BASSIN

U. — ■•«▼«■MBte 4« bassin.

Ils se divisent en trois oi'dres : les uns sont des mouvements de totalité propres au bassin; les autres sont des mouvements de totalité qui lui sont transmis par les membres inférieurs pendant la marche; les derniers sont des mouvements partiels. Nous nous occuperons seulement des mouvements propres et des mouvements partiels.

i« Mouvements propres au bassin.

Le bassin possède deux mouvements principaux : la flexion et Texteusion ; il présente en outre un double mouvement d'inclinaison latérale, un mouvement de circumduction et un mouvement de rotation.

Les mouvements de flexion et d'extension^ ou mouvements antéropostérieurs, s'exécutent autour de son axe de rotation. De ces deux mouvements, le premier est très étendu ; c'est par la flexion du bassin et du tronc que nous réagissons le plus souvent sur les corps qui nous entourent. Le second est très limité. Dans l'un et l'autre, le bassin se meut à la manière d'un levier du premier genre, qui prend son point d'appui sur l'axe de rotation. Dans la flexion, la puissance est en avant, et la résistance en arrière. Dans l'extension, la puissance et la résistance occupent une situation inverse. Ce dernier mouvement est toujours essentiellement actif; le bassin fléchi ne peut être ramené dans l'extension que par l'action musculaire. Le rôle des 'muscles fléchisseurs est presque nul. Mais celui des extenseurs est au contraire de la plus haute importance; ils contrastent avec les précédents par leur nombre, leur volume, leur puissance ; c'est à leur grand développement qu'est due la saillie des régions fessières, saillie qui constitue l'un des caractères de l'attitude bipède.

L'inclinaison latérale peut se produire suivant trois modes difl'érents : tantôt le bassin s'élève d'un côté, ce qui a lieu lorsque nous nous dressons sur la pointe de Tun des pieds; tantôt il s'abaisse, comme, par exemple, dans Imposition hanchée; quelquefois, en même temps qu'il s'élève d'un côté, il s'abaisse de l'autre ; tel est le mode d'inclinaison qu'on observe à la suite d'un mouvement latéral imprimé au tronc. Dans les trois cas, le résultat reste le même; l'axe de rotation, d'horizontal qu'il était, devient oblique, et cette obliquité introduit une modification fort remarquable dans la longueur apparente des deux membres. — Ceux-ci peuvent être comparés à deux tiges verticales suspendues h une tige horizontale. Si le bassin s'abaisse adroite chez un adulte placé dans le décubitus dorsal, le membre droit, qui s'abaisse aussi, paraîtra plus

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long, et le membre gauche, qui s'élève, paraîtra, au contraire, plus court. Mais si, à Taide d'un ruban conduit de l'épine iliaque antérieure et supérieure à la malléole externe, on mesure la longueur des deux membres, on remarque avec quelque surprise que le plus long à la vue est le plus court à la mensuration et réciproquement. Ainsi, lorsque le bassin s'incline latéralement, chacun des membres présente une étendue apparente qui est à la fois plus longue .et plus courte : plus longue à la vue et plus courte à la mensuration pour l'un, plus longue à la mensuration et plus courte à la vue pour l'autre ; et cependant leur longueur réelle n'est nullement modifiée. Lorsqu'on les compare chez un malade, il importe donc, pour ne pas se laisser induire en erreur par ces apparences, de ramener la ligne bifémorale dans une direction perpendiculaire à l'axe du corps.

Le mouvement de circumduction est double : dans l'un, le bassin décrit un cône dont la base répond à sa base; dans l'autre, il décrit uu cône dont la base répond à son sommet. — Le premier de ces luouvements a lieu lorsque le tronc passe directement de l'extension à l'incliliaison latérale, de celle-ci à la flexioti, de la flexion à Tinclinaisou du côté opposé, etc. Ce sont les parties supérieures du corps qui donnent alors l'impulsion et qui entraînent le bassiR. — Dans le second mode de circumduction, les fémurs participent au mouvement. La colonne lombaire n'y prend qu'une faible part. La base du cône répond aux grands trochanters. Ces mouvements circulaires sont très étendus dans la demiflexion ; ils le sont beaucoup moins dans l'attitude verticale.

Le mouvement de rotation a pour axe la verticale passant par le centre de gravité du corps. En tournant autour de cet axe, le bassin entraine l'extrémité supérieure des fémurs, qui se portent tous les deux en dedans, mais l'un en avant et l'autre en arrière, et qui tendent à s*eiitre-croiser. La colonne lombaire subit une torsion proportionnelle à l'étendue du mouvement. Les crêtes et les épines iliaques décrivent un arc de cercle plus ou moins grand. — Il est rare, du reste, que le bassin reste ainsi isolé dans son mouvement de rotation. Le plus habituellement c'est le tronc tout entier qui tourne autour de son axe ; le bassin ne participe au mouvement général que pour le compléter.

*i^ Mouvements partiels du bassin.

De tous les os qui concourent à former le bassin, le coccyx est le seul qui présente une certaine mobilité dans l'état ordinaire. Ses mouveroenis. contrairement à ceux de toutes les autres articulations mobiles ou semimobiles, ne lui sont pas imprimés par des muscles, mais par de simples pressions mécaniques, s'exerçant exclusivement du reste de haut eu bas

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et de bas en haut, et nullement dans le sens transvei'sal. Les muscles coccygiens qui s'insèrent à ses parties latérales ne prennent aucune part à ses mouvements.

Le sacrum et Fos iliaque, les deux pubis, ne deviennent mobiles Tun sur Tautre que lorsque l'excavation pelvienne a été transversalement divisée; et encore après cette division leurs mouvements restent-ils extrêmement bornés.

Mais ces articulations, si serrées dans les conditions ordinaires de la vie, se modifient assez notablement sous l'influence de la grossesse. Leurs moyens d'union, participant à la nutrition plus active dont toutes les parties du corps, et particulièrement celles du bassin, sont alors le siège, s'hypertrophient et s'allongent ; ils offrent plus de souplesse. Les fibrocartilages interosseux subissent surtout des modifications remarquables : leur partie périphérique diminue de densité et d'épaisseur; la partie molle s'élargit aux dépens de la précédente ; elle s'étend quelquefois jusqu'aux dernières limites de celle-ci; la cavité centrale s'agrandit dans les mêmes proportions. Il suit de toutes ces modifications, très variables suivant les individus, que les surfaces articulaires, jusque-là immobilières dans leur contact, peuvent exécuter quelques légers mouvements.

L'allongement et la souplesse des ligaments ne se montrent pas cependant également accusés sur toutes les articulations du bassin. Au premier rang, sous ce rapport, il faut placer la symphyse pubienne et l'articulation sacro-coccygieime, qui possèdent chacune un fibro-cartilage bien caractérisé. L'articulation sacro-iliaque, dont le fibro-cartilage n'existe qu'à l'état de vestige, se modifie à peine.

Quelques auteurs ont considéré ces modifications comme destinées à permettre un certain degré d'écartement des surfaces articulaires, et une sorte de dilatation de l'excavation pelvienne au moment de l'accouchement. Mais dans rét<at physiologique elles ne sont pas assez prononcées pour que ces surfaces puissent se prêter à une semblable destination. Les mouvements qu'on peut alors leur imprimer sont extrêmement faibles, le plus souvent presque nuls.

Les os du bassin ne se laissent donc pas écarter. Nous savons d'ailleurs que la pression atmosphérique rendrait cet écarlement impossible ou au moins fort difficile, alors même que les ligaments offriraient une laxité extrême. Si tel était le but que se propose la nature, ce sont les articulations sacro-iliaques, placées aux deux extrémités du grand diamètre du bassin, qui devraient surtout se relâcher. Or ces articulations sont celles au contraire qui restent les plus serrées. Seul, le ramollissement de l'articulation sacro-coccygienne pourrait être invoqué à l'appui de cette opinion ; car il a manifestement pour avantage de faciliter la dépression du coccyx, l'allongement du diamètre coccy-pubien, et par conséquent l'élargissement du détroit inférieur.

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