‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 4)Chapitre 199 sur 219 · II. — ArtIculAtlon médio-tamlenne · texte numérisé non relu

II. — ArtIculAtlon médio-tamlenne

Quatre os contribuent à former cette articulation : l'astragale et le calcanéum en arrière, le scaphoîde et le cuboide en avant. L'interligne qui sépare les surfaces articulaires postérieures des antérieures se dirige transversalement de dedans en dehors, en décrivant une courbe légèrement onduleuse. — Sa partie interne est représentée par une courbe à concavité postérieure, située immédiatement en arrière de la tubérosité du scaphoîde, à SO ou 22 millimètres aud-evant de la malléole interne. — Sa partie moyenne décrit une courbure à concavité antérieure, située à 2 centimètres au-devant de l'articulation tibio-tarsienne. — Sa partie externe, à peu près rectiligne, se trouve, sur le bord externe du pied, à 25 millimètres au-devant de la malléole externe, à 15 millimètres en arrière de la saillie du cinquième métatarsien.

L'astragale, en s'unissant au scaphoîde, forme une énarthrose. Le

iiiléi-icure. — 4, i. Paroi supérieure de la mortaise péronéo-tibiate. — 5. Sa paru interne. — 6. Sa paroi externe, formée par le péroné. — 7. Coupe de rastragaic montrant les trois surfaces par lesquelles U s'applique aux trois parois de la mortaise. — 9. Couche profonde du ligament latéral interne. — 10. Ligament latéral externe postérieur de la même articulation dont on ne voit ici qu'une très minime partie. — 11. Ligament latéral externe moyen dont rcxlrémité inférieure a été emportée par la coupe. — 12. Coupe du calcanéum. — 13. Coupe de Tarticulation calcanéo-astragalienne postérieure.

Fie. 274. — Coupe horiiontale des articulatiom du tarse. — 1. Tôte de l'aatragate. ^ S. Partie antérieure du calcanéum. — 3. Scaphoîde. — 4. Cuboïde. — 5. Facette très minime par laquelle s'unissent quelquefois ces deux os. — 6. Moyen ou troisième cunéiforme ; ligament interosseux qui Tunit au cuboïde. — 7. Petit ou second cunéiforme. — 8. Premier ou grand cunéiforme.

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mode d'union ducalcanéum avec le cuboide rappelle celui des diarthroses par emboîtement réciproque. L'articulation médio-tarsienne comprend donc deux articulations secondaires qui diffèrent beaucoup Tune de l'autre.

i' Articulation astragalo-scaphoidienne. — Les surfaces articulaires sont représentées : d'un c6té^ paria tète de l'astragale ; de l'autre, parla cavité du scaphoîde, et par un tibro-carlilage qui joue, à l'égard de celte cavité, le rôle de moyen d'agrandissement et de moyen d'union.

La tète de l'astragale est oblongue ; son grand axe se dirige obliquement en bas et en dedans. Au-dessous de cette tête, on remarque une facette qui répond au fibro-cartilage d'agrandissement, et qui se continue en aiTière avec la facette par laquelle l'astragale s'unit à la petite apophyse du calcanéum. 11 suit de cette continuité que rarticulation astragalo-calcanéenne antérieure fait partie de l'énarthrose astragaloscapholdienne.

La cavité du scaphoîde offre la forme d'un segment d'ovoïde coupé suivant son grand axe, lequel se dirige en bas et en dedans.

Le fibro-cartilage qui agrandit celte cavité, et qui, par une exception unique dans l'économie, joue aussi le rôle de moyen d'union, est représenté par le ligament calcanéo-scaphoïdien inférieur^ ligament très épais, extrêmement résistant, de figure triangulaire. Il s'attache en avant au bord inférieur de la cavité scaphoïdienne, et en arrière à la petite apophyse du calcanéum. Par son bord interne, il se continue avec le faisceau antéro-superficiel du ligament latéral interne de l'articulation tibio-tarsienne. Ce ligament renferme constamment, dans son épaisseur, un gros noyau fibro-cartilagineux qui répond à son bord interne. — Pour prendre une notion exacte de la cavité qui reçoit l'extrémité antérieure de l'astragale, il convient d'enlever cet os. On peut remarquer alors que cette cavité comprend deux parties : l'une verticale, dans laquelle vient se loger la tête de l'os ; l'autre horizontale, moitié fibreuse, moitié osseuse, sur laquelle repose sa partie antéro-inférieure.

Moyen d'union. — L'astragale, si solidement uni au calcanéunu ne se trouve lié au scaphoîde que par un seul ligament assez faible, aplati, horizontalement étendu de la partie supérieure de son col à la partie correspondante de l'os opposé. Ce ligament astragalo-scaphoîdieu est souvent formé de deux couches superposées : la couche superficielle, plus longue et rectangulaire, va se fixer à la face dorsale du second cunéiforme ; la couche profonde s'insère sur le scaphoîde. C'est à sa faiblesse et à sa laxité que la tète astragalienne est redevable de la facilité avec laquelle elle se meut sur le scaphoîde, et de l'étendue de ses mouvements dans le sens vertical (fig. 238, 9).

2" Articulation calcanéo-cuboïdienne. — Les deux facettes de cette arliculatioii par einhoîtcmenl réciproque présentent une figure irrégu-

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lièrement triangulaire. Celle du calcanéum est concave transversalement, légèrement convexe de haut en bas. Celle du cuboïde est concave au contraire dans le sens vertical, et convexe dans le sens transversal; elle se termine en bas par une petite apophyse, Y apophyse pyramidale^ plus ou moins saillante, suivant les individus.

Moyens d'union. — Le cuboïde est uni au calcanéum par un ligament supérieur, par un ligament inférieur, et par un ligament interne ou moyen qui se divise dès son origine pour aller s^attacher par une de ses branches au cuboïde et par l'autre au scapholde. Ce dernier ligament a été considéré comme la clef de voûte de l'articulation médio-tarsienne; il est connu sous le nom de ligament en F.

Le ligament calcanéo-cuboïdien supérieur, large et mince, s'étend du bord supérieur et externe de la facette calcanéenne au bord correspondant de la facette cuboïdienne. 11 se compose de petits faisceaux parallèles et peu résistants, séparés par des interstices à travers lesquels on aperçoit la synoviale (fig. 276, 10).

Le ligament calcanéo-cuboidien inférieur est un des plus forts de l'économie. Il naît en dehors de l'apophyse externe du calcanéum, en dedans des deux tiers antérieurs de la face inférieure du même os, et se dirige horizontalement en avant pour aller s'attacher : d'une part, à l'extrémité postérieure des quatre derniers métatarsiens; de l'autre, à la face inférieure du cuboïde. Deux couches contribuent à le former. — La couche superficielle revêt l'aspect d'une bîinde antéro-postérieure, à fibres nacrées et parallèles, étroite en arrière, plus large en avant. Cette première couche passe au-dessous du tendon du long péronier latéral, complète sa gaine fibreuse, et s'insère par autant de languettes aux quatre derniers métatarsiens. Sur sa partie antérieure se fixe le muscle abducteur oblique du gros orteil qui la recouvre entièrement. — La couche profonde est rayonnée et très épaisse; elle s'étend de la moitié antérieure du calcanéum à la saillie du cuboïde, et remplit tout l'espace angulaire assez profond qui sépare ces deux os {ûg, 271, 9, 13).

Le ligament en Y s'insère, en arrière, sur la partie supérieure et interne de la grande apophyse du calcanéum, à l'extrémité antérieure de l'excavation calcanéo-astragalienne. De cette excavation il se porte en avant, et se divise presque aussitôt en deux faisceaux. Le faisceau externe, antéro-postérieur, se fixe sur la partie supérieure et interne du cuboïde. Le faisceau interne, aplati transversalement, s'attache à la partie supérieure et externe du scaphoïde; il a été décrit comme un ligament particulier sous le nom de ligament calcanéo-scaphoïdien supérieur. — Le ligament en Y, ou calcanéo-cuboïdo-scaphoïdien, est beaucoup plus résistant que les ligaments astragalo-scaphoïdien et calcanéo-cuboidien supérieurs. Lorsqu'on divise ces derniers, l'articula-

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tion médio-tarsienne ne paraît pas sensiblement affaiblie; l'astragale el le cuboïde restent en place. Dès qu'on incise le ligament qui unit ceuxci au calcanéum, ils tombent aussitôt, et l'articulation médio-tarsienne s'ouvre largement.

Celte articulation possède donc cinq ligaments : deux dorsaux, l'un interne, étendu de l'astragale au scaphoïde; l'autre externe, étendu du calcanéum au cuboïde; — deux plantaires, qui contrastent avec les précédents par leur épaisseur et leur énorme résistance : l'un interne aussi, le ligament calcanéo-scaphoïdien inférieur; l'autre externe, le ligament calcanéo-cuboïdien inférieur; — et un ligament moyen, représenté par le ligament en Y.

Deux synoviales indépendantes facilitent le glissement des surfaces

FiG. tlb. — Ligaments latéraux internes du pied.

1. Faisceau postéro-superficicl du ligament latéral interne de Tarticulation tîbio-tarsicnne. — 2. Partie de ce faisceau qui s'attache à Tastragale. — 3. Partie qui s'attache à la petite apophyse du calcanéum. — 4. Faisceau antéro-supcrficiel naissant de toute l'étendue du bord antérieur de la malléole interne. — 5. Fii)res postérieures de ce faisceau. — 6. Noyau cartilagineux, situé dans l'épaisseur du ligament calcanéoscaphoïdien inférieur, auquel s'attachent les fibres moyennes du même faisceau. — 7. Fibres antérieures de ce faisceau décrivant des arcades à concavité supérieure pour aller se fixer à la face dorsale du scaphoïde. — 8. Faisceau profond du ligament latéral interne de l'articulation tibio-tarsienne, dont une partie déborde en arrière le faisceau postéro-superficiel. — y. Ligament dorsal de l'articulation du scaphoïde avec le premier cunéiforme. — 10. Ligament dorsal de l'articulation du premier cunéiforme avec le premier métatarsien. — 11. Ligament plantaire de la même articulation, séparé du précédent par une facette arrondie, à laquelle s'attache le tendon du jambier antérieur. — 12. Partie postérieure de cette facette, beaucoup plus grande, dépendante du premier cunéiforme. — 13. Partie antérieure dépendante du premier métatarsien. — H. Ligament latéral interne de l'articulation métatarsophalangienne du gros orteil. — 15. Partie de ce ligament qui s'attache au tubercule de la phalange. — 16. Partie qui s'attache au fibro-cartilage glénoïdien. — 17. Ligament latéral interne de l'articulation phalangienne du gros orteil. — 18. Partie de ce ligament qui s'insère au tubercule de la seconde phalange. — 19. Partie qui s'insère au fibro-cartilage glénoïdien.

ARTICULATION MÉDIO-TARSIENNE.

articulaires. L'une de ces synoviales est commune aux articulations astragalo-scaphoïdienne et astragalo-calcanéenne antérieure; elle est très lâche et remarquable surtout par sa grande étendue. L'autre appar" tient à l'articulation calcanéo-cuboïdienne.

3<* Mouvements de rarticulation médio-tar sienne. — Celte articulation présente des mouvements d'extension et de flexion, d'adduction et d'abduction, de rotation en dedans et de rotation en dehors. — Les mouvements d'extension et de flexion sont extrêmement limités : dans l'extension, les deux surfaces articulaires antérieures glissent de bas en haut sur les postérieures, mais elles s'élèvent à peine de 2 millimètres; dans la flexion, elles s'abaissent d'une étendue égale. La première est

FiG. 276. — Ligaments dorsaux et latéraux externes du pied.

1. Ligament antérieur de Tarticulation péronéo-tibiale inférieure. — 2. Ligament latéral externe moyen de Tarticulation tibio-tarsienne. — 3. Ligament latéral externe antérieur de la môme articulation. — 4. Ligament externe de l'articulation calcanéoastragalienne. — 5. Faisceau antérieur du ligament interosseux de cette articulation.

— 6. Ligament en Y de l'articulation médio-tarsienne. — 7. Faisceau externe ou calcanéo-cuboïdien de ce ligament. — 8. Faisceau interne ou calcanéo-scaphoïdien du môme ligament. — 9. Ligament dorsal interne de Tarticulation médio-tarsienne. — 10. Ligament dorsal externe de cette articulation. — il. Ligament étendu du scaphoïde au troisième cunéiforme et au cuboïde. — 12. Partie de ce ligament qui vient s'attacher au cuboïde. — 13. Ligament unissant le second au troisième cunéiforme.

— 14. Ligament qui unit le cuboïde au troisième cunéiforme et au quatrième métatarsien. — 15. Ligament qui se porte du cuboïde au cinquième métatarsien. — 16. Ligament étendu du cinquième au quatrième métatarsien. — 17. Ligament étendu du quatrième au troisième métatarsien. — 18. Ligament qui s'étend du troisième cunéirorme au troisième métatarsien. — 19. Ligament qui unit le second cunéiforme au second métatarsien. — 20. Ligament qui unit le second métatarsien au troisième. 21. Ligament étendu du grand cunéiforme au second métatarsien. — 22,22. Ligament latéral externe des articulations métatarso-phalangiennes. — 23. Partie de ce ligament qui se rend au fibro-cartilage glénoïdien. — 24. Partie du môme ligament qui vient s'insérer au tubercule de la phalange. — 25, 25. Ligament latéral externe des articulations des premières avec les secondes phalanges.

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bornée par les ligameuls plantaires, et la seconde par le ligament en Y. Lorsque celui-ci est coupé, alors même que les deux ligaments dorsaux restent intacts, la flexion devient beaucoup plus prononcée. — Les mouvements latéraux, ou d'adduction et d'abduction, très bornés aussi, offrent toutefois un peu plus d'étendue que les précédents. — Les mouvements de rotation s'associent aux mouvements latéraux. Ils s'opèrent autour d'un axe antéro-postérieur.

in. — Artlcalatlons du seapholde et eu. emhéiée.

Ces deux os s'articulent quelquefois par une très petite facette, qui répond à leur partie inférieure. Que cette facette existe ou n'existe pas, trois ligaments contribuent à les unir. Ceux-ci se distinguent en supérieur ou dorsalj inférieur ou plantaire^ et interosseux.

Le ligament dorsal s'étend obliquement de la partie supérieure et externe du scapholde à la partie supérieure et interne du cubolde. Il se confond par son bord postérieur avec celui qui unit le scaphoîde au troisième cunéiforme.

Le ligament plantaire est un faisceau arrondi, très fort, qui se porte presque transversalement de la partie inférieure et externe du scapholde vers la face inférieure du cubolde, sur laquelle il se fixe.

Le ligament interosseux occupe une excavation profonde, dont les parois sont formées en dedans par le scaphoîde, en dehors par le cuboïde, en avant par le troisième cunéiforme. Il unit les deux premiers entre eux, et ceux-ci au cunéiforme correspondant.

IV. — Articulation du acapliolile avec les trois cttaéiroroMO.

A. Surfaces articulaires. — Le scaphoîde oppose aux cunéiformes les trois facettes de sa surface antérieure. — La facette interne, plus grande et légèrement convexe, répond à la facette postérieure concave du premier, ou grand cunéiforme ; sa base se dirige en bas. — La facette moyenne, dont la base se dirige en haut, est plane ; elle s'unit à la facette postérieure du second, ou petit cunéiforme. — La facette externe, plane aussi, à base supérieure, s'articule avec le troisième, ou moyen cunéiforme. Les facettes du scaphoîde sont revêtues d'une lame mince de cartilage qui s'étend de l'une à l'autre, sans masquer les arêtes légères qui les séparent. Celles des cunéiformes sont tapissées chacune d'un cartilage indépendant, qui se continue avec celui des facettes par lesquelles ces os se juxtaposent.

B. Moyens d'union. — Trois ligaments dorsaux et un ligament plantaire assurent le contact des surfaces articulaires.

Lp ligaments dorsaux se distinguent en interne, moyen et externe. —

ARTICULATIONS TARSIENNES. 725

L*interne, plus large et plus solide que les deux autres, s'étend directement du bord antérieur du scapholde à la face interne du premier cunéiforme; il est composé de faisceaux parallèles, antéro-postérieurs, d'autant plus longs qu'ils sont plus superficiels. — Le moyen, très petit, se porte obliquement en avant et en dehors de la partie la plus élevée du scaphoide à la partie postérieure de la face dorsale du petit cunéiforme. — L'externe, oblique aussi en avant et en dehors, se dirige de la partie supérieure et externe du scaphoide vers la partie postérieure de la face dorsale du troisième cunéiforme.

Le ligament plantaire, extrêmement résistant, est constitué par un large faisceau, horizontalement dirigé d'arrière en avant. Il s'attache en arrière à la tubérosité du scapholde, et en avant à la moitié postérieure de la base du grand cunéiforme. Ses fibres superficielles présentent une longueur de 15 à 48 millimètres. Les fibres profondes, très courtes, remplissent l'intervalle angulaire qui sépare la tubérosité du scapholde du tubercule du premier cunéiforme. — De la première de ces saillies on voit partir un faisceau volumineux qui se continue, soit avec le tendon du muscle jambier postérieur, soit avec le ligament plantaire, et qui se porte obliquement en avant et en dehors pour aller se fixer, d'une part, à la parlie inférieure du troisième cunéiforme; de l'autre, à la partie correspondante du troisième métatarsien.

Synoviale. — Il n'existe pour cette articulation qu'une seule synoviale, qui envoie deux prolongements en avant. L'un de ces prolongements est destiné à l'articulation du premier avec le second cunéiforme, l'autre, à l'articulation du second avec le troisième.

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