DES APPAREILS
propreineiU dits et les viscères. On réserve alors le nom crorgaiies pour ceux qui sont situés en dehors des grandes cavités du tronc, et celui de viscères pour ceux qui sont contenus dans ces cavités. Mais ces derniers sont aussi des organes, en sorte qu'on les désigne indifféremment sous Tun ou l'autre nom.
Les organes ne se prêtent donc en définitive à aucune considération générale. Aussi lors(]u'on a voulu les diviser en plusieui-s groupes, a-t-on reconnu la nécessité de s'appuyer, non sur des données anatomiques^ mais sur leurs usages; et ils ont pu être classés ainsi très rationnellement en huit groupes constituant chacun un appareil.
A. — Des appareils.
Les appareils se divisent en trois ordres. Les uns nous mettent en rapport avec le monde extérieur : ce sont les appareils de la vie de relation ou vie animale. Les autres travaillent h réparer les pertes de nos organes : ce sont les appareils de la vie nutritive ou végétative.
Ces deux premiers ordres d'appareils ont pour commune destination de conserver la vie de l'individu. Le dernier a reçu pour attribution de perpétuer la vie de l'espèce : c'est Vappareil de la généi^ation.
1" Appareils de la vie de relation. — L'homme et tous les animaux vivent dans un milieu approprié à leur organisation. Plongés dans ce milieu, ils sont soumis à l'influence de tout ce qui les entoure. Les organes des sens, placés à la périphérie du corps comme autant de sentinelles chargées de veiller à sa protection, recueillent les impressions venues du dehors. Des cordons doués d'une exquise sensibilité les transmettent au centre nerveux. Celui-ci les perçoit; il nous en donne conscience; il leur imprime en un mot le caractère d'une sensation. Si cette sensation est de nature à provoquer des mouvements, une incitation partie du même centre détermine la contraction, c'est-à-dire le raccourcissement des muscles : de là pour ranimai la faculté de se rapprocher ou de s'éloigner du corps qui l'a impressionné, et de se mouvoir librement au sein du milieu qu'il habite.
De ces considérations il résulte que la vie de relation est desservie par trois grands appareils : Vappareil sensorial, Vappareil de Vinnervation et Vappareil de la locomotion.
L'appareil sensorial comprend les cinq organes des sens, très différents en apparence, mais offrant cependant dans leur constitution une remarquable analogie.
L'appareil de l'innervation se compose, d'une part, du centre nerveux, de l'autre des cordons ({ui s'y rendent el qui en partent.
<>ti DES APPAREILS.
L'appareil de la locomotion est celui qui offre les plus grandes proportions. Cette appareil forme à lui seul plus de la moitié du corps. Dans ses vastes limites, il embrasse deux ordres d'organes qui preuneut à nos mouvements une part bien différente et qui ont été distingués eu organes actifs et organes passifs : les muscles représentent les premiers; les os et leurs dépendances constituent les seconds.
Les trois appareils destinés à nous mettre en relation avec le monde extérieur ont pour attributs communs : l"* la symétrie; nulle part ce caractère ne se montre plus accusé; ^ Tintermittence de leurs fonctions. — Uemarquons eu outre que ceux-ci sont subordonnés à un organe principal et central, l'encéphale, véritable foyer de la vie animale, qui tient sous sa dépendance tous les organes des sens par les nerfs sensitifs,et tout l'appareil de la locomotion par les nerfs moteurs.
i^" Appareils de la vie nutritive. — Pour réparer nos pertes, nous empruntons aux aliments que la nature nous offre à l'état brut des sucs nutritifs. Ceux-ci pénètrent dans le courant de la circulation, qui les distribue à tous les points du corps. Le sang, auquel ils se mêlent, les dépose dans la trame des organes, reçoit en échange d'autres principes qui proviennent de leur décomposition, et subit ainsi en les traversant des modilications profondes. Ce liquide deviendrait bientôt impropre à la nutrition s'il n'allait incessamment se régénérer au contact de l'air, et si, en outre, il ne s'épurait en traversant certains organes, chargés d'en éliminer les produits surabondants ou nuisibles.
L'ensemble des organes qui ont pour attribution d'extraire de nos aliments des sucs réparateurs constitue Vappareil de la digestion.
Cen\ qui absorbent ces sucs et qui les transportent dans toutes les parties de l'économie forment Vappareil de la circulation.
(icux qui ont pour but de restituer au sang les propriétés nécessaires à l'entretien de la vie composent Vappareil de la respiration.
Ceux enfin qui ont pour destination d'épurer ce fluide et de le ramener h un niveau constant composent Vappareil de la sécrétion urinaire.
La vie nutritive s'accomplit donc à l'aide de quatre appareils. Les organes qui constituent ces appareils ne sont pas symétriques; la plupart d'entre eux jouissent d'une certaine mobilité, et quelques-uns même d'une mobilité très grande. Leur action est permanente.
î3" Appareil de la génération ou de la reproduction. — Cet appareil diffère très notablement de ceux qui précèdent. H a été réparti sur deux individus dont l'un a reçu en partage les organes qui produisent le germe, et l'autre ceux qui seront appelés à le féconder. H se trouve ainsi dédoublé; de ce dédoublement résulte la distinction des sexes.
Les organes qui forment l'appareil de la génération participent de ceux de la vie de relation et de ceux de la vie nutritive. Comme les
premiers, ils suiit symélriques, et leur aclioji esl iiileriiitltenle aussi, mats reste souuiise dans ses iutennittences aune ti-ès jurande irré|^ularité. Comme les seconds, ils sont doués d'une certaine mobilité.
ARTICLE 111
Certains animaux se reproduisent par scissiparité ou division de leur corps en deux parties qui sont aptes, Tune et Tautre, à se développer et à perpétuer l'espèce. Ce mode de reproduction ne se voit que chez ceux dont l'organisation est d'une extrême simplicité. Le corps offrant dans chacune de ses parties, une structure identique, on conçoit facilement que Tune d'elles puisse engendrer toutes les autres.
Dans quelques espèces l'animal se reproduit par gemmiparitéy c'està-dire à l'aide de bourgeons qui naissent sur un ou plusieurs points de la surface du corps, qui acquièrent peu à peu la forme de l'individu souche, et qui s'en détachent ensuite pour vivre d'une vie indépendante. Chez ces animaux, l'appareil de la reproduction est déjà spécialisé ; les points sur lesquels se forment les bourgeons jouissent seuls du privilège de les produire.
Dans les autres animaux, l'espèce se perpétue à l'aide d'un germe qui, pour doimer naissance à des êtres nouveaux, doit être fécondé. Ce germe ap[>elé œuf on ovule se forme dans un organe particulier, Vovaire^ dont il se sépare à l'époque de sa maturité. L'appareil de la génération chez ces animaux est plus spécialisé encore.
Pour assurer la perpétuité des espèces, la nature a donc recours à trois procédés : la scissiparité, la gemmiparité et Voviparité. Le premier et le second sont l'attribut des espèces les plus infimes. Le dernier est celui qu'on observe dans l'immense majorité des invertébrés et chez tous les vertébrés. Presque tous les animaux sont ovipares.
Parmi les ovipares il en est qui produisent des œufs munis d'un jaune, c'est-à-dire de tout ce qui est nécessaire à leur développement. L'œuf s'échappe alors des organes maternels, après avoir été fécondé, quelquefois même avant, et se développe en dehors de ceux-ci : tels sont les poissons, la plupart des reptiles et les oiseaux qu'on désigne collectivement sous le nom d'oripares. — Chez d'autres, l'œuf se trouve réduit à ses seuls éléments germinatifs ; il ne peut donc abandonner ces organes ; il s'y attache, au contraire, afin de leur emprunter les .sucs nutritifs qui lui manquent. Puis, lorsque le nouvel cire esl assez développé pour vivre de ses propres forces, il brise ses enveloppes et apparaît vivant an dehoi's : tels sont les mammifères appelés vivipares par opposition à ceux qui
préccdenl. Mais que Twiif soit pouivu ou dêj)ourvu (rélémeuts uulritifs, qu'il puise eu lui-même ces éléments ou qu'il les emprunte à la mère, son mode de développement n'en reste pas moins parfaitement identique dans les deux cas.
L'œuf étant le point de départ de presque toute la série animale, considérons sa constitution ; étudions les phénomènes qui se produisent au moment où il est fécondé et ceux qui se manifestent après la fécondation.
§ l*^ — CoNSTiTriiON et fécondation de l*œlf.
Â. €:oii»tHutioii de l'œuf. — L'œuf OU l'ovule est une cellule. C'est la cellule mère de l'organisme. Comme toutes les cellules parvenues à leur complète évolution, il se compose de trois parties : d'une enveloppe, lAzone pellucideon membrane vitelliné; d'un protoplasma, le vitellus; et d'un noyau, la vésicule germinative.
L'enveloppe diffère selon qu'on la considère avant ou après la fécondation. Avant la fécondation, elle est molle, transparente, et semiliquide ; après la fécondation, elle devient plus mince et beaucoup plus résistante. Dans le premier cas, elle prend le nom de zone pellucide, et, dans le second, celui de membrane vitellinc.
Le protoplasma ou vitellus est granuleux. Sur sa périphérie cependant on remarque une couche mince et transparente entièrement dépourvue de granulations. Celles-ci sont de simples particules détachées du protoplasma fondamental ; elles se trouvent mêlées à un grand nombre de fines granulations graisseuses.
Le noyau ou vésicule germinative occupe le centre de l'ovule. Son enveloppe est d'une extrême minceur. A son centre on remarque un nucléole qui prend ici le nom de tache germinative. Entre le nucléole et Tcnveloppe se voit la substance propre du noyau; elle paraît transparente et homogène : cependant elle se compose aussi de deux éléments, la chromatine et le suc nncléaire.
B. Péaétration du «iieniuitosoVde dans l'ovule. — Tel est l'ovule au moment où il se détache de l'ovaire pour tomber dans l'oviducte. Chez les mammifères et chez la femme, il est fécondé, en général, dans le pavillon de la trompe utérine. L'élément mâle ou fécondant prend naissance dans le testicule : c'est le spermatozoïde.
Les spermatozoïdes arrivent en grand nombre dans le pavillon de la trompe. Le plus souvent, leur arrivée précède celle de l'ovule. Dans ce cas, ils prennent position dans les replis du pavillon et l'attendent en se tenant pour ainsi dire à l'affût. Dès qu'il parait, tous se précipitent à sa rencontre. L'un d'eux, plus rapproché ou plus agile, dépasse les autres
FÉCONDATION DK i/œITF. IU)
et arrive proniior sur la zone polliicide qui se soulève pour si» poHer audevant de lui, en fornianl sur oc poinl une saillie conolde contenant un liquide clair: c'est le cône d'attraction de Fol. Aussitôt qu'il y a contact, le cône d'attraction rentre dans le vitellus, avec la t*^te du spermatozoïde dont la queue reste embourbée dans l'épaisseur de l'enveloppe. Seul ce spennatozolde possède le privilège de féconder Tovule. Tous les autres, devenus inutiles, meurent sur sa périphérie. Après sa pénétration, la zone pellucide acquiert assez brusquement une notable résistance : c'est alors que le nom de membrane vitelline lui devient applicable.
C. Des globules polaires et du proaneléiis femelle. — Le noyau, représenté par la vésicule {çerminative, se déplace, s'allonge et prend la forme d'un ellipsoïde constitué par les filaments de chromatine. Son grand axe, d'abord parallèle à l'enveloppe de l'ovule, se redresse et lui devient perpendiculaire au moment où il s'en rapproche.
Les phénomènes qui se produisent dans le protoplasma ou vitellus, diffèrent peu de ceux qu'on observe dans les cellules onlinaires pendant leur bipartition. Ici, également, les granulations du vitellus se disposent en séries rayonnantes aux deux extrémités du noyau; et les deux étoiles ou asters sont reliés aussi par un fuseau composé de filaments protoplasmiques ou bipolaires parallèles aux filaments de chromatine; en un mot il se produit un amphiaster. — Ces phénomènes préparatoires accomplis, et l'amphiaster touchant par une de ses extrémités la zoiie pellucide, on voit le protoplasma fondamental, clair et homogène, s'accumuler sur ce poinl, l'enveloppe se soulever en formant une saillie, et la moitié supérieure de l'amphiaster pénétrer dans cette saillie. A peine a-t-elle paru que celle-ci s'étrangle à sa base, puis se détache en restant apposée sur la surface de l'ovule : c'est le premier globule polaire. L'amphiaster ainsi tronqué redescend au-dessous de l'enveloppe, se reconstitue presque aussitôt à son état primitif, et les phénomènes précédents se reproduisent dans le même ordre; un second globule polaire se montre et emporte encore la moitié supérieure du nouvel amphiaster. Ce second globule est quelquefois suivi d'un troisième qui soulève les deux premiers en composant avec ceux-ci une sorte de chapelet.
Après la sortie des globules polaires, le noyau, réduit dans ses dimensions et profondément modifié, s'entoure d'un aster, s'éloigne peu A peu de l'enveloppe et reprend sa place primitive au centre de l'ovule. Ainsi réduit et modifié, il constitue le pronucléus femelle.
D. WmrmtUîmn en pronneléas WÊÉtle et du ■•yuu vltellln. — Pendant que ces phénomènes se passent dans la vésicule germinative et le vitellus, le spermatozoïde ne reste pas inactif. La tète ou le corps de la cellule vibratile a s:nil pénétré dans l'ovule. Le cil ou flagellum qui
lui donnait riitipiilsion disparait. Selon quelques auteurs, cependant, Féléinent fécondant pénétrerait tout entier; mais, dans l'un et l'antre ras, le cil, devenu inutile, est promptement résorbé. Dépourvu de son flafcellum, le spermatozoïde, réduit à un simple globule, se renfle un peu, s'entoure d'un aster, et prend alors le nom de pronucléus mâle. D'abord sous-jacent à l'enveloppe, il s'en éloigne pour se rapprocher de plus en plus du pronucléus femelle. Au voisinage de celui-ci son aster disparaît. Les deux pronucléus entrent en contact, puis .se confondent. De leur fusion résulte le noyau vitelliny à la composition duquel les deux sexes prennent une part égale.
Cette double origine du noyau vitellin, qui réalise dans nos connaissances embryologiques un si grand progrès, est aujourd'hui clairement démontrée. La science en est surtout redevable à trois observateurs, H. Fol, 0. Herlwig et Selenka, qui, poursuivant isolément leurs recherches, sont arrivés aux mêmes résultats.
A l'apparition du noyau vitellin succèdent trois grands phénomènes : la segmentation du vitellus, la production du blastoderme, et la formation des trois feuillets qui donneront naissance à l'embryon.
§ i. — Segmentation du vitellus et formation du blastoderme.
La segmentation du vitellus est un phénomène de bipartition, rappelant, par ses principaux détails, celui qui préside à la multiplication des cellules. Elle débute par l'allongement du noyau vitellin et la formation d'un amphiaster, Vamphiaster de segmentation. Presque aussitôt se montre un sillon circulaire et perpendiculaire au grand axe du fuseau ; le sillon devenant de plus en plus profond, le vitellus et le noyau vitellin se trouvent bientôt divisés en deux moitiés indépendantes possédant chacune un noyau à leur centre. Celles-ci deviennent le siège d'un phénomène semblable; et la bipartition se répétant indéfiniment, le globe vitellin se partage en un grand nombre de globes secondaires, qui se segmentent à leur tour, en sorte que le vitellus et son noyau se transforment en sphérules d'autant plus petites qu'elles deviennent plus nombreuses. Ces sphérules représentent d'abord des cellules nues. Mais leur couche périphérique ne tarde pas à se condenser; elles s'entourent aloi^s d'une membrane et passent à l'état de cellules vraies.
Comment se disposent ces cellules? Dès que le vitellus est divisé en quatre parties ou quatre globes secondaires, ceux-ci restent séparés au centre de l'ovule par une très petite cavité, dite cavité de segmentation. A mesure que la segmentation se poursuit, cette cavité augmente; et loutes les cellules, repoussées progressivement vers la circonférence, forment, en se juxtaposant, une couche unique, circulaire. Les phénomènes