IV. — Sphénoïde
Le sphénoïde (de acprjv, coin,£Ïôo$, forme) est un os impair, médian et ymétrique, transversalement situé à la partie moyenne de la base du crâne, et enclavé entre les os de cette cavité qui viennent s'appuyer sur lui comme sur une clef de voûte, d'où le nom qui lui a été donné.
Sa forme extrêmement irrégulière semble défier toute comparaison ; cependant les anciens ont cru lui trouver quelque ressemblance avec une chauve-souris dont les ailes seraient étendues. Depuis celte époque, on lui considère un corps, ou partie moyenne, de forme cubique, et six ailes : deux latérales et principales, de figure quadrilatère, ou grandes ailes; deux supérieures et antérieures, de figure triangulaire, on petites ailes; et deux inférieures et postérieurs bifides à leur sommet, appelées apophyses ptérygo'ides (de rtépuÇ, ailes, eïôoç, forme).
Nous le diviserons en six faces : une face supérieure qui est en rapport avec le cerveau ; une face inférieure qui répond au pharynx; une face antérieure qui contribue h la formation des orbites el des fosses nasales ;
SPHÉNOÏDE. 153
une face postérieure articulée avec l'occipital; et deux laces latérales qui lont partie des fosses temporales et zygomatiques.
Pour mettre cet os en position, il faut placer ses petites ailes en haut et en avant, sur un plan horizontal.
A. Faee supérleore on eérébrale. — Elle présente sur la ligne médiane et d'avant en arriére : une surface unie, sur laquelle passent les nerfs olfactifs; — puis une gouttière transversalement dirigée, qui reçoit l'enlre-croisement des nerfs opiiques, et qui se continue par ses extrémités avec les trous optiques, — Ces trous se dirigent en bas, en avant et en dehors; ils donnent pîissage aux nerfs de ce nom el à Tartêre ophtbalmiqne.
Sur un plan plus reculé, au niveau de la partie centrale du corps, on remarque la fosse pituitaire ou selle turcique ; elle loge le corps pituitaire et le sinus circulaire. ^ En arrière, existe une lame (juadrilatère, dont la face antérieure, inclinée en bas cl légèrement concave, fait partie de cette fosse. Sa face postérieure, tournée en haut, plane el rugneuse, se continue avec la gonltière basilaire de Toccipilal. Ses bords latéraux présentent une échancrure qu'occnpent les nerfs de la troisième paire ou nerfs moteurs oculaires communs. Son bord supérieur, libre, transversal, légèremenl concave, répond an sinus circn-
Fic. 13. — Sphénoide^ faces supérieure et postérieure,
t, 1. Petites ailes. — 2, 2. Gonltière optique. — *J, 3. Trous optiques. —4.. Fosse pituitaire. — 5. Lame quadrilatère contribuant î\ former cette fosse par sa face anti'*rieure et se continuant par sa face postérieure avec la gouttière basilaire. — 6. Gouttière caverneuse. — 7. Apophyse clinoïde antérieure. — 8. Apophyse clinoïde postérieure. — 9. Fente sphénoïdale. — 10. Face supérieure de la grande aile. — 11. Trou grand rond ou raaxiUaire supérieur. — 12. Trou ovale ou m.ixiUaire inférieur. — 13. Épine du sphénoïde. — 14. Orifice postérieur du conduit vidien ou ptérygoidien — 15. Fosse ptérygoïde. — 16. Aile externe de l'apophyse ptérygoïde. — 17. Son aile interne. — 18, Crochet de cette aile. — 19. Surface quadrilatère rugueuse par laquelle, le sphénoïde s'articule avec Tapophyso basilaire de Foccipital.
OSTEOLOGIE.
laire; en s'miissaiit aux bords latéraux, il l'ornie deux anj^les, qui onl reçu le nom d'apophyses rlinoïdes postérievres.
Sur les parties latérales de la lace supérieure, on observe, en procédant aussi d'avant en arrière, les petites ailes du sphénoïde ou apophyses dlngrassias, qui se portent horizontalement en dehors, en s'eftilant de plus en plus, et qui prennent ainsi une figure triangulaire. — Leur face supérieure, plane et unie, répond aux lobes antérieurs du cerveau. - - L'inférieure, très petite, fait partie de la voûte de l'orbite: le trou optique s'ouvre sur sa partie inlerne. — Le bord antérieur, dentelé, s'articule avec le bord inférieur du frontal. — Le bord po.stérieur (îsi concave, mince en dehors, épais en dedans; en s'unissant h la base, il forme une saillie anguleuse et arrondie, qui porte le nom iVapophyse t^linoïde antérieure. Des quatre apophyses clinoldes, les antérieures sont moins élevées que les postérieures avec lesquelles on les voit quelquefois se continuer; elles onl été comparées aux quatre angles d'un lit, qui serait représenté par la fosse pituitaire. - Au-dessous et eu dedans des apophyses clinoldes anlérieures, on remarque une échancrure sous laquelle passe l'artère carotide interne. Quelquefois le boni interne de cette échancrure forme une saillie qui constitue alors Vaphophyse clinoide moyenne, — La base des petites ailes est traversée par le trou optique. Leur sommet se termine par une pointe très aiguë.
Au-dessous des petites ailes se trouvent les fentes sphéno'idaies. obliques de haut en bas, de dehors en dedans et d'avant en arrière; larges et arrondies en dedans, effilées en haut et en dehors. Elles donnent passage aux nerfs de la troisième, de la quatrième, de la sixième paire, à la branche supérieure de la cinquième et à la veine ophthalmique. — Kn arrière de ces feules, au-dessous des apophyses clinoïdes, existent les gouttières caverneuses, creusées sur les parties laténile et supérieure du corps de l'os, à droite et à gauche de la fosse pituitaire qu'elles limitent. Elles se continuent en arrière avec le canal carotidien, et en avant avec l'échancrure située en dedans des apophyses clinoïdes antérieures. Elles reçoivent le sinus caverneux.
En dehors des gouttières caverneuses se trouve la face supérieure des grandes ailes du sphénoïde, sur laquelle repose le lobe moyen ou sphénoîdal du cerveau. Cette face est tournée en haut et en arrière, irrégulièrement quadrilatère et concave, parsemée d'impressions digitales et d'éminences mamillaires sur toute son étendue. — En dedans, elle présente le trou grand rond ou maxillaire supérieur, qui donne passage au nerf du même nom. — Sur sa partie postérieure, on voit : 1* le trou ovale ou maxillaire inférieur, beaucoup plus grand que le précédent; il est traversé par le nerf maxillaire inférieur; 2* en dehors de celui-ci, le trou sphéno-épinenx ou petit rond, vertical aussi, mais
SPHKNOIDK.
circulaire et 1res pelil; c'esl par co trou (|ue l'artère méniugée nioyenue pénètre dans le crAne. — I.e boni interne de la face supérieuiv des jîi-andes ailes se soude, en arrière, avec le corps de Tos. Sa moitié anlérieure, libre et minc4», forme le bord inférieur de la feule sphéuoidale.
— Le bord externe, concave, est mince, trancliant et taillé eu biseau supérieurement aux dépens de la face externe; épais, dentelé, et taillé en biseau iuférieurement aux dépens de la face supérieure; il s'articule avec la portion écailleuse du temporal. - Le bord supérieur, dentelé aussi, fait partie d'une surface trian^culaire qui s'unit au frontal. - Le IioihI postérieur, mince, court et recliligne, se dirige en deliors et un peu en arrière; en se réunissant avec le bord externe, il forme ini angle aigu, que reçoit Tangle rentrant du temporal. — De la partie inférieure de cet angle, en arrière du trou petit rond, naît une saillie aigné qui se porte verticalement en bas : c'est Vêpine du sphénoïde.
B. Face inférieare ou f^uttaralc. Elle répond à l'ouverture
postérieure des fosses nasales. On voit sur sa partie médiane une créle anléro-poslérieure recouverte par le bord supérieur du vomer, et dont l'extrémité antérieure, plus saillante, porte le nom de bec du sphénoïde.
— De chaque côté est un sillon dans lequel vient se loger le bord correspondant de la base du vomer. — Plus en dehors, sur le côté interne des apophyses ptérigoïdes, on trouve un autre sillon antéro-postérieur, que l'apophyse sphénoïdale de l'os palatin transforme en conduit. Ce conduit.
FiG. li. — SphénoUleJ'aces inférieure et latérales.
1. Crête médinne, se terminant en avant par une saillie tr^s acciiséo qui constitue le hoc du sphénoïde. — 2, 2. SiUons dans lesquels sont reçus les bords de la base du vomer. — 3, .3. Face inTérieure des petites ailes. — i, -i. Orifice des sinus sphiinoïdaux. — ■ 5, 5. Face interne ou orbitaire des grandes ailes. — 6. Leur face externe ou zygoiiiato-temporale. — 7. Partie supérieure ou temporale de celte face. — 8. Sa partie inférieure ou zygomatique. — 9. Crête qui sépare ces deux parties. 10. Trou ovale. — 11. Trou sphéno-épineux. — 12. Épine du sphénoïde. — 13. Aile externe de r.ipophy&e ptérygoïde. — 14. Son aile interne. — 15, 15. Surface par laquelle le pph<^noïde s'articule avec Toccipital.
fip\ie[é ptér y go-palatin y donne passag:e à Tarière pharyngienne supérienre et à un filet nerveux.
Des parties latérales de cette face descendent les deux apophysea plérygoïdes séparées Tune de Tautre par un espace quadrilatère, qui fait partie de l'ouverture postérieure des ibsses nasales. Ces apophyses, de forme irrégulière, se portent verticalement en bas.
Leur face antérieure est unie et assez large supérieurement, étroite dans sa parlie moyenne, bifide inférieurement ; sa partie supérieure concourt à former le sommet de la fosse zygomatique; on y remarque Forilice antérieur du conduit vidien.
Leur face postérieure, profondément excavée, a reçu le nom de fosse ptérygoide. Sur le tiers supérieur de cette fosse, on remarque une fossette allongée de haut en bas, la fossette scaphoïde^ qui reçoit Tinsertioii du muscle péristaphylin externe. Plus bas elle donne attache au muscle ptérygoïdien interne et se divise en deux ailes, distinguées en interne et externe. — L'aile interne est étroite et verticale; l'extrémité postérieure du conduit vidien vient s'ouvrir immédiatement au-dessus de son bord postérieur. Son extrémité inférieure se recourbe en bas et en dedans, pour former un petit crochet sur lequel se réfléchit le tendon du muscle péristaphylin externe. — L'aile externe, inclinée en dehors, est beaucoup plus large ; son bord postérieur est aussi plus inégal.
Leur face interne, étroite et légèrement concave de haut en bas, forme la paroi externe de l'ouverture postérieure des fosses nasales; elle est recouverte par la pituitaire.
Leur face externe, tournée un peu en avant, constitue la paroi interne de la fosse zygomatique; elle esl inégale et donne insertion au muscle ptérygoïdien externe.
La base des apophyses ptérygoïdes se continue avec la partie inférieure et interne des grandes ailes; elle est traversée d'arrière en avant par le conduit vidien ou ptérygoïdien, dans lequel passent l'artère vidienne et le nerf vidien. — Le sommet présente un angle rentrant, inégal et dentelé, qui reçoit l'apophyse ptérygoïdienne de l'os palatin.
C. Faee aatérleure on orblto-naitale. — Elle offre l'aspect d'une large excavation quadrangulaire, plus étendue dans le sens transversîU que dans le sens vertical, très irrégulière dans sa partie moyenne ou nasale, unie sur ses parties latérales ou orbitaires.
Sur la ligne médiane, celte face présente supérieurement une lamelle horizontale très mince, qui est reçue dans une échancrure du bord postérieur de la lame criblée de l'ethmoïde. — Au-dessous se trouve une crête verticale et tranchante, se continuant en bas avec celle de la face inférieure, et contribuant à former le bec du sphénoïde; elle s'articule avec la lame perpendiculaire de l'ethmoïde.
sphénoïde. 157
De chaque côlé de la crèle sphénoidale, on observe une gouttière tournée en avant et un peu en bas, qui forme la partie postérieure de la vpiite des fosses nasales, et qui offre quelques inégalités. Souvent elle est brisée pendant la désarticulation de Tos ; une partie s'en détache alors et reste adhérente aux niasses latérales de Tethmoïde. — Un peu audessous de sa partie moyenne, on voit un orifice qui représente l'entrée des sinus sphénoldaux. Ces sinus affectent la forme de deux vastes cavités creusées dans le corps du sphénoïde, au-dessous de la gouttière optique et de la fosse piluilaire. Une cloison verticale et médiane les sépare ; mais presque toujours elle se dévie à droite ou à gauche, en sorte que leur capacité se nionlre rarement égale. Souvent des cloisons partielles, diversement inclinées, les divisent en deux ou plusieurs compartiments ; elles peuvent même les diviser en plusieurs cellules. Chaque sinus est tapissé par un prolongement de la pituitaire, et communique avec la fosse nasale qui lui correspond par l'orifice situé sur sa paroi antérieure.
En dehors des sinus sphénoïdaux se trouve la portion orbilaire de hi face antérieure, sur la(|uelle on aperçoit de haut en bas et de dedans en dehors : l** la partie antérieure du trou optique ; 2° la face inférieure des petites ailes du sphénoïde; 3" la fente sphénoîdale ; 4^" au-dessous de
Vw,. 15. — Sphênoidey face antérieure.
1, 1. Bord aiilurieur des petites ailes. — 2. Crèlc vcriir-alo du s|iliciioïde. — ?, 3. Orifice de» sinus sphénoïdaux. — A. Fentes spliénoïdales. — 5. Face extenm uu zygomato-tcinporale. — 6. Surface quadrilatère formantla plus grande partie de h\ paroi externe de rorbite. — 7. Surface dentelée et triangulaire, «'articulant avec une surface semblable du frontal. — 8. Épine du sphénoïde. — 9. Trou maxillaire supérieur. — 10. Orifice antérieur du conduit vidien. — 11. Bec du sphénoïde. — 12. Face antérieure de Tapophyse ptérygoide. — 13. Aile externe de cette apophyse. — 14. Son aile interne. — 15. Crochet de celte aile. — 16. Angle qui sépare les deux ailes et qui reçoit Tapophyse ptérygoïdienne du palatin.
15<S nsTÉuLoaiK.
celle-^i, kl pai'lieanlérieure du Irou ^raiid rond ou maxillaire supérieur ; .V en dehors de toutes ces parties, une large surface quadrilatère, qui s'incline en dedans et en avant, et qui forme la plus grande partie de la paroi externe de Torbile. Cette surface est limitée : en bas par un bord rectiligne, qui fait partie de la fente sphéno-maxillaire ; eu haut, par un bord dentelé qui se confond avec la surface triangulaire par laquelle le sphénoïde s'articule avec le frontal ; en dedans, par un bord oblique qui fait partie de la fente sphénoidale ; en dehors, par un bord dentelé, mince et tranchant, qui s'articule avec Fos malaire.
D. Face poMiérlcare oo oeclpitaie. — Son étendue cst beaucoup nïoins grande que celle des précédentes. — Sur sa partie médiane, elle offre une surface rugueuse, quadrilatère, inclinée en bas et articulée avec l'apophyse basilaire de l'occipital. — A droite et à gauche de cette surface articulaire, constituant à elle seuK; presque toute la face postérieure, se trouve l'origine des gouttières caverneuses ; au-dessous de celles-ci, l'orifice postérieur du conduit vidien; et en dehors de n*} orifice, le bord postérieur des grandes ailes du sphénoïde.
K. Wmcem latérales on sygromalo-leinporalefl. — Elles sont irrégulièrement quadrilatères. Kn procédant de haut en bas. on y remarque : une surface unie, concave d'avant en arrière, qui en forme les deux tiers environ, et qui fait partie de la fosse temporale ; plus bas, une crête anléro-postérieurc; au-dessous de celle-ci, une surface concave qui fait partie de la fosse zigomatique et qui donne attache au muscle ptérygoïdien externe. Une crête mousse la limite en avant ; le trou ovale, le trou sphéno-épineux et l'épine du sphénoïde la limitent en arrière.
Les faces latérales se terminent en haut par un bord mince et tranchant, qui fait partie de la surface triangulaire par laquelle le sphénoïde s'articule avec le frontal. — A l'union de ce bord supérieur avec le bord externe, on voit un angle tronqué qui constitue le sommet des grandes ailes et qui s'unit à Tangle antéro-inférieur du pariétal.
V. Connej-ions et conformation intérieure, — Le sphénoïde s'arlinile avec tous les os du crAne : en avant, avec le frontal et l'ethmoîde : en dehors, avec le pariétal et le temporal ; en arrière, avec l'occipital. Il s'articule en outre avec cinq os de la face : antérieurement avec les os malaires ; postérieurement avec le vomer sur la ligne médiane, et les os palatins de chaque côté.
tlet os est principalement formé de tissu compact. Sur une grande partie de son étendue, les deux tables se confondent pour constituer une lame unique, mince et demi-transparente. Le tissu spongieux occupe surtout la partie postérieure du corps, la base des apophyses ptérygoïdes, lo centre des grandes ailes et le bord postérieur des petites.
SmiKNOIDK.
G. Déreloppemeut. — Le sphénoïde se développe par qiialorxe points trossilication : deux pour la partie antérieure et quatre pour la partie postérieure du corps; deux pour les petites ailes ; deux pour les grandes ailes et Taile externe des apophyses ptérygoïdes ; deux pour l'aile interne de ces apophyses et deux pour les sinus sphénoïdaux.
Les deux points qui produisent les grandes ailes sont les premiers qui se montrent. Ils apparaissent à deux mois et demi. Les autres ne tardent pas à les suivre; vers la fin du troisième mois de la vie fœtale, on peut en général les distinguer tous, à Texeeption cependant de ceux qui formeront les sinus du sphénoïde.
Km;. U;.
Fii;. 17.
KlG. 111.
Développement du sphénoule.
FiG. iij. — Spkéiwide d'un fœ lus de trois mois et demi à quatre mois, «loiit lc> ilouzc points primitifs sont déjà formés et très nianifeslcs. — 1. Points (l*ossitication qui produiront le corps du sphénoïde antérieur. — i, 2. Petites ailes. — lî. Points d'ossiûcation internes ou moyens du corps du spliénoïde posérieur. — i, 4. Points latéraux de ce corps. — 5, T). Ailes internes des apophyses ptérygoïdes. — (>Jî. Ailes externes et grandes ailes.
FiG. 17. —Sphénoïde appartenant à un fœtus un peu moins dyéy et sur lequel cependant les deux points moyens du corps du sphénoïde postérieur sont déjà réunis. Kn rsVmissant. ils ont formé un noyau allongé Iransversalenient, qui décrit une courbure à concavité antérieure. Les autres points d'ossitication sont encore complèteunMit indépendants. — Les mêmes chiffres indiquent les mômes points <rossilicalion.
FiG. 18. — Sphénoïde d'un fœtus de huit mois. — 1, 1. Les deux points du «'orps du sphénoïde antérieur encore très écartés Tun de rautre.inais déjà continus aux petites ailes. — 2, i. Petites ailes contribuant avec les points précédents à circonscrire le trou optique. -- 3. Les quatre points du corps du sphénoïde imslérieur réunis en avant. — i. Ces mômes points présentant en arrière des traces de leur indépendance, primitive. — 5, 5. Ailes internes des apophyses ptérygoïdes non encore soudées. — r», 6. Ailes e.xtcrnes de ces apophyses et grandes ailes.
F'IG. 19. — Cornets de Bertin. — 1. Crète de la face inférieure du corps du sphénoïde. — 2, 2. Face inférieure des petites ailes. — 3. Bec du sphénoïde. - i. Cornet de Bertin du cAté droit. T». Cornet du cAté gauche.
Les deux points iiileriies de la partie postérieure du corps, très ra[iprochés de la ligne médiane, sont toujours les premiers qui se soudent. Au début du quatrième mois, on les trouve déjà en partie réunis. Tantôt ils commencent à se souder par leur partie antérieure; tantôt par leur partie postérieure; et tantôt par leur partie moyenne; dans ce cas, ils se présentent sous Taspect d'un petit rectangle transversalement dirigé.
Les deux points externes de la partie postérieure du corps répondent aux gouttières caverneuses. Ils sont allongés dans le sens transversal, et se soudent aux points internes vers la fin du quatrième mois de la vie intra-utérine.
Les deux points de la partie antérieure du corps restent longtemps séparés Tun de Faulre. Ils s'unissent d'abord avec ceux des petites ailes qui décrivent une arcade pour se porter à leur rencontre, laquelle se transforme en trou pour le passage des nerfs optiques. — Après cette soudure, qui a lieu vers la lin du cinquième mois, on les voit se rapprochei* et se continuer en avant, mais rester très écartés en arrière ; ainsi soudés entre eux et aux apophyses d'ingrassias, ils constituent le sphénoïde antérieur.
Les quatre points de la partie postérieure du corps, en se réunissant aux grandes ailes et à l'aile interne des apophyses ptérygoldes, forment le sphénoïde postérieur.
Les deux sphénoïdes commencent à se fusionner vers la fm du septième mois. Leur union débute constamment par les parties latérales des deux corps. Au huitième mois, on les trouve presque toujours soudés l'un à l'autre au niveau des gouttières caverneuses, et séparés sur la ligne médiane par un espace triangulaire à base postérieure. Cet espace correspond eu haut au bord postérieur de la gouttière optique et en bais à la partie postérieure du bec du sphénoïde. Il se comble peu à peu do haut en bas, en sorte qu'à la naissance les deux sphénoïdes sont complètement soudés supérieurement, mais encore distincts inférieurement. — A cette époque aussi, ou dans les premiers mois qui la suivent, les grandes ailes se soudent au corps du sphénoïde postérieur. Leur soudure répond au bord externe des gouttières caverneuses ; elle a lieu également de haut en bas. Plusieurs années après la naissance, on peut en retrouver des vestiges sur la face inférieure de l'os, principalement audessous du trou optique.
Le point qui occupe l'aile interne des apophyses ptérygoïdes s'unit très promptement avec les points latéraux externes du corps sphénoïde et avec la partie correspondante des grandes ailes. Le conduit vidien ou ptérygoïdien résulte de la conjugaison de ces trois points d'ossification, de même que le trou optique résulte de la conjugaison des deux points latéraux du sphénoïde antérieur.
ETHMOIDË. 161
Cornets de Berlin. — Les deux points qui donnent naissance aux sinus sphénoldaux sont beaucoup plus tardifs que les précédents. Ces deux points se montrent six ou huit mois après la naissance. Ils sont situés à droite et à gauche du bec du sphénoïde, sous le corps de Tos déjà très épais et presque uniquement composé de tissu spongieux. Chacun d'eux revêt la figure d'une petite lamelle triangulaire à base antérieure s'enroulant sur elle-même, de telle sorte qu'elle est convexe en bas et concave en haut. A dix-huit mois ou à deux ans, cette lamelle représente un demi-cône. A trois ou quatre ans, elle forme un cône à peu près complet, dont la base regarde les gouttières ethmoîdales ; de là le nom de cornet' sous lequel elle a été décrite par Bertin en 1774, et celui de cornet de Bertin qu'elle a conservé depuis cette époque.
Le cornet continue à se développer dans les années suivantes, soit dans le sens transversal, soit dans le sens antéro-postérieur. En même ' temps, la partie correspondante du corps de l'os se creuse de chaque côté, et finit par se réduire à unesimplecloison. Les cornets sphénoldaux ont subi alors leur dernière transformation : c'est sous cet aspect qu'ils se présentent à huit ou dix ans. A cet âge, ils constituent une lame irrégulièrement triangulaire, qui forme la paroi antéro-inférieure des sinus. Leur bord externe répond au sillon dans lequel sont reçus les bords du vomer. Leur bord interne s'applique : en arrière à la partie médiane de la face inférieure du corps du sphénoïde; en avant^ au bec très aminci de l'os et à la crête qui le surmonte. Le bord antérieur présente une échancrure qui contribue à former l'orifice par lequel chaque sinus communique avec les fosses nasales.
L'époque à laquelle les cornets de Bertin se soudent au reste de l'os est extrêmement variable; en général cette soudure s'opère de douze à quinze ans; rarement plus tard, souvent plus tôt.
Lorsque les quatorze points par lesquels le sphénoïde se développe se sont soudés entre eux, on le voit presque aussitôt se souder lui-même à l'apophyse basilaire de l'occipitîil. La précocité de cette soudure, qui a lieu à quinze ou seize ans, a porté quelques auteurs à les considérer comme un seul os, auquel ils ont donné le nom de sphéno-occipitaL