‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 4)Chapitre 71 sur 219 · I. — 0« hyoïde · texte numérisé non relu

I. — 0« hyoïde

Vos hyoïde est un os impair, médian et symétrique, situé à la partie antérieure et supérieure du cou, entre la langue et le larynx, avec lesquels il affecte les connexions les plus intimes. Sa forme parabolique l'a fait comparer à l'upsilon de l'alphabet grec.

Considéré dans son ensemble, cet os présente : une face antérieure convexe qu'on peut facilement sentir au-dessous des téguments sur la ligne médiane ; une face postérieure concave qui embrasse l'épiglolte et les parties latérales du pharynx ; un bord supérieur horizontal donnant attache aux muscles de la langue, à ceux du plancher de la bouche, et à deux osselets mobiles, les petites cornes^ qui font partie de l'hyoïde ; un bord inférieur horizontal aussi, sur lequel viennent s'insérer de chaque côté trois muscles appartenant à la région hyoïdienne inférieure; et deux extrémités dirigées en arrière vers la colonne vertébrale, dont elles restent toujours séparées par un certain intervalle.

Considéré dans sa constitution, il est composé de cinq parties: une

Fie. 75. — 0« hyoïde. Fie. 70. — Os hyoïde,

face antérieure. face postérieure.

FiG. 75. — 1, 1. Face antérieure ou convexe du corps de l'hyoïde. — 2, 2. Grandes cornes. — 3, 3. Union de celles-ci avec le corps. — 1, 4. Petites cornes.

FiG. 76. — 1, 1. Face postérieure ou concave du corps. — 2, 2. Face inférieure des grandes cornes. — 3, 3. Union des grandes cornes avec le corps. — i, i. Petites cornes, dont on n'aperçoit sur cette face que le sommet.

parlie moyenne, ou corps: deux parties latérales, ou grandes cornes: el deux parties supérieures beaucoup moins étendues que les précédentes, ou petites cornes. — Pour le mettre en position, il faut tourner en arrière sa concavité, placer eu haut le bord qui supporte les petites cornes, cl donner à ce bord une direction horizontale.

1° Corps. — Il est situé sur la ligne médiane. Allongé transversalemenl, recourbé de haut en bas et d'avant en arrière.

Sa face antérieure, convexe, présente une ligne saillante, transversale, qui la divise en deux parties, Tune supérieure, presque horizontale, Tautre inférieure, tournée en avant et un peu en bas. Sur la partie supérieure on remarque au milieu une légère saillie, et de chaque côté une dépression à hiquelle viennent s'attacher les muscles digastrique, stylo-hyoïdien, mylo-hyoidien, génio-hyoïdien et hyo-glosse. Sur la partie inférieure il existe aussi deux petites dépressions latérales qui reçoivent l'attache des muscles sous-hyoldiens.

La face postérieure, inclinée en bas et concave, répond à Tépiglotte, qui lui est unie par un tissu fibro-élastique jaunâtre.

Le bord supérieur, tourné en arrière, donne attache au muscle lingual supérieur ; il est recouvert par la muqueuse de base de la langue.

Le bord inférieur reçoit l'insertion des muscles thyro-hyoîdiens. Il répond au bord supérieur du cartilage thyroïde, qui pendant la déglutition remonte jusqu'à lui pour se loger dans sa concavité.

Les extrémités du corps de l'os hyoïde sont recouvertes d'une lame de cartilage par laquelle elles s'unissent à la base des grandes cornes.

2* Grandes cornes ou cornes thyroïdiennes. — Situées à droite el à gauche du corps et plus longues que celui-ci, les grandes cornes sont aplaties de haut en bas. — Leur face supérieure reçoit l'attache de l'hyoglosse en avant, du constricteur moyen du pharynx eu arrière. L'inférieure donne insertion à la membrane thyro-hyoïdienne. Le bord externe est convexe ; l'interne, concave et sous-jacent à la muqueuse pharyngienne. L'extrémité antérieure, épaisse, s'unit au corps de l'os. La postérieure, arrondie, donne attache aux ligaments thyro-hyoidiens latéraux.

3° Petites cornes^ ou cornes styloïdiennes. — Les petites cornes sont situées sur le bord supérieur de l'os, au niveau de l'union du corps avec les grandes cornes. Elles se dirigent obliquement de bas en haut, de dedans en dehors et d'avant en arrière. On les a comparées à un grain d'orge dont elles offrent assez bien, en effet, la forme et les dimensions. Leur extrémité inférieure, arrondie, répond à la lame cartilagineuse qui unit le corps aux grandes cornes ; elle adhère à cette lame par un cordon fibreux très court. Leur extrémité supérieure donne attache au ligament stylo-hyoïdien.

L'os hyoïde est formé principalement de tissu compact. Il sedéveloppe

APPAREIL hyoïdien. S6U

par cinq poinls d'ossification : un pour le corps, deux pour les grandes cornes, deux pour les petites. — Le point d'ossification du corps et celui des grandes cornes se montrent à la (in de la grossesse ou dans les premiers mois qui suivent la naissance. — Celui des petites cornes naît beaucoup plus tard et à une époque très variable. — Â quarante ans, et souvent bien avant, les grandes cornes se soudent au corps. Les petites cornes se soudent aussi quelquefois au corps, mais seulement dans la vieillesse.

H. — Appareil hyoïdien.

Sous ce nom, E. Geoffroy Saint-Hil.iire a décrit, en 1818, un ensemble d'osselets disposés en série linéaire et formant une longue arcade attachée par ses extrémités à la partie inférieure des temporaux (1).

Cette arcade, inscrite dans la courbe du maxillaire inférieur, répond par sa concavité à la base de la langue et aux parties latérales du pharynx. On la retrouve dans toute la série des vertébrés où elle a été poursuivie avec une rare sagacité par l'illustre auteur de la Philosophie anatomique. Mais ses études sur ce point avaient été à peine remarquées. M. le professeur Milne Edwards, dans son Traité de physiologie et (fanatomie comparée, les a rappelées à l'attention des anatomistes et a pris soin d'en faire ressortir tout l'intérêt (2).

L'appareil hyoïdien, qui atteint ses plus grandes proportions chez les poissons, devient rudimentairc, presque filiforme, chez les oiseaux, et nous offre chez les mammifères un moyen développement.^ Chez l'homme, il descend à un état d'atrophie extrême; mais l'analyse philosophique en retrouve cependant sans peine tous les éléments.

Cet appareil comprend trois parties : l'une médiane, embrassant la base de la langue; les deux autres, latérales, qui vont s'attacher obliquement à la base du crâne. — La partie médiane est représentée par le corps de l'hyoïde et ses grandes cornes.

Les parties latérales, ou chaînes hyoïdiennes, se composent chacune de trois osselets unis les uns aux autres par une substance fibreuse intermédiaire. E. Geoffroy Saint-Hilaire désignait ces osselets, en procédant de bas en haut, sous les noms i'apohyal, de cératohyal, de stylhyaL L'inférieur s'unit à l'hyoïde. — Le supérieur s'articule avec le temporal; il est d'autant plus développé, que la face est plus volumineuse et plus allongée : aussi le voit-on atteindre des dimensions considérables chez quelques mammifères, particulièrement chez le bœuf et le cheval.

Chez l'homme, chaque chaîne hyoïdienne se trouve représentée par les

(1) E. Geoffroy Saint-Hilaire, Philosophie anahmique: des os antérieurs de la poi^ trine, ou de Vhyoide, p. 140.

(2) Milne-Edwards, Traité de physiologie el d*anatomie comparée, t. IV, p. 80

OSTEULOGlt:.

mêmes osselels. Le segment inférieur de la chaîne, ou Tapoliyal, eslconslilué par les petites cornes de Thyoïde; le segment supérieur, ou le stylhyal, par l'apophyse slyloïde ; et le segment moyen, ou le céralohyal, par un osselet situé sur le prolongement de celle-ci, dans l'épaisseur du tégument stylo-hyoïdien.

L'apophyse styloïde, considérée par tous les auteurs comme une dépendance du crâne, n'appartient donc pas à celte cavité; elle fait partie de

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FiG. 77. — Appareil hyoïdien normal de Vhomme.

K.àlALLi;;.!*.

FiG. 78. — Appareil hyoïdien anormal.

FlG. 77. — 1. Conduit auditif externe. — ± Apophyse mastoïde. — 3. Apophyse zygomatiquc dont l'extrémité anlérieure a été excisée. — A. Prolongement hyoïdien -1 5. Apophyse stvloïde ou stylhyal. —6. Union du prolongement hyoïdien avec le stylhval. —7. Cératohyal. — 8. Cordon fibreux unissant le stylhyal au cérjitohyal. — y. Ligament stylo- ou piuliH céralo-hyoïdicn. — 10, 10. Petite corne de l'os hyoïde, ou apohyai. — 11* Corps de l'os hyoïde. — 12, 12. Grandes cornes de cet os.

FiG. 78. —1. Conduit audilif externe. — 2. Apopliyse mastoïde. — 3. Apophyse zvgomalique. — 4. Prolongement hvcidicn. — 5, 5. Stylhyal. — 6. Soudure du stylhyal avec le prolongement hyoïdien. — 7, 7. Cératohyal considérablement hypertrophié. — 8, 8. Soudure du cératohyal avec le stylhyal. — 11, 9. Ligament stylohyoïdien aux dépens duquel le cératohyal s'est allongé. — 10, IM. Apuhyal, ou petite rornc. — II. C-orps do l'os hyoïde. — 12, 12. Grandes cornes de cet os.

AITAREIL HYOÏDIEN. ^71

Tappareil hyoïdien. — 11 existe cependant sur les temporaux de riiouime, comme sur ceux des mammifères, immédiatement au-devaiit du trou stylo-mastoïdien, une apophyse ; mais elle dépasse à peine le sommet de l'apophyse vaginale, c'est le prolongement hyoïdien. Ce prolongement, signalé seulement depuis qu'on a reconnu sa destination, ne se développe pas par un point osseux particulier; il a pour origine un cylindre cartilagineux continu supérieurement avec le cartilage de la portion mastoïdienne, et occupant un véritable canal situé entre le trou stylo-mastoïdien et la portion tympanale du temporal.

L'osselet supérieur de la chaîne hyoïdienne s'unit au prolongement hyoïdien par unfibro-carlilage, en sorte que chez Thomnie, comme ches; les mammifères, il reste longtemps mobile. A trente ans, cefibro-cartilage commence à être envahi par les sels calcaires; il s'ossifie avec une extrême lenteur. A quarante ans, il est en général soudé au temporal. L'apophyse stylolde offre alors 3 centimètres de longueur, et se compose de deux parties : 1* du prolongement hyoïdien ; â*" du stylhyal.

La pièce intermédiaire de la chaîne hyoïdienne, ou le cératohyal, découverte en 1818 par Geoffroy Saint-Hilaire, présente en général une longueur de 14 à 18 millimètres. Elle est plus grêle que la précédente et s'unit par son extrémité supérieure à celle-ci, c'est-à-dire au sommet de l'apophyse stylolde des auteurs, à l'aide d'un ligament ou cordon fibreux qui lui permet de se mouvoir sur cet osselet. De sa partie inférieure part un autre ligament extrêmement long et grêle, qui va s'attacher à la petite corne : c'est le ligament stylo-hyoïdien : il atteste par son étendue et sa ténuité le degré d'atrophie considérable où cette chaîne est descendue chez l'homme. — A la naissance, ce ligament est très court, mais volumineux, cylindrique, de couleur jaunâtre et exclusivement composé de fibres élastiques. A mesure que la chaîne hyoïdienne s'allonge, il s'atrophie. — Le cératohyal s'ossifie avant le stylhyal. Souvent je l'ai trouvé déjà ossifié, alors que le point d'ossification du stylhyal n'avait pas encore paru.

De cinquante à soixante ans, le ligament destiné à unir les deux pièces supérieures de la chaîne hyoïdienne s'ossifie; le cératohyal, en d'autres ternies, se soude au stylhyal. L'apophyse stylolde revêt alors cet aspect monumental, contourné et noueux, qui la caractérise chez quelques individus. Sa longueur, après cette soudure, varie de 4 à 5 centimètres ; des deux nodosités qu'elle présente, l'une répond à l'union du prolongement hyoïdien avec le slylhyal, l'autre à l'union du stylhyal avec le cératohyal.

Quelquefois aussi le ligament stylo-hyoïdien s'ossifie dans sa partie supérieure; on l'a même vu s'ossifier sur toute son étendue. Serres acommuniqué à E. Geoffroy Saint-Hilaire un fait semblable. Il en existe un exemple dans le musée Orfila (fig. 78).

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