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C. — Développement de l« colonae vertébrale

Au début de son évolution, c'est-à-dire au commencement du troisième mois de la vie intra-utérine, la colonne vertébrale constitue à elle seule la moitié de la longueur totale du corps ; les extrémités pelviennes en forment le quart, et l'extrémité céphalique, alors très considérable, l'autre quart. Vers le milieu de la grossesse, elle n'en représente plus que les deux cinquièmes, et conserve cette longueur relative, non seulement à la naissance, mais pendant presque toute la durée de la vie.

Dans la première période de son développement, le rachis reste parfaitement rectiligne. On ne remarque même aucune tendance aux inflexions antéro-postérieures qu'il présentera plus tard. Le sacrum lui-même est vertical, et rien ne laisse encore pressentir l'angle sacro-vertébral, qui sera un jour si prononcé.

Sa forme est déjà celle d'une pyramide triangulaire. Mais la pyramide semble retournée : sa base se dirige en haut; elle répond à l'atlas, et son sommet très effilé au sacrum.

Le canal vertébral offre en arrière une scissure longitudinale et médiane. Si le rachis est frappé à cette époque d'un arrêt de développement, on verra se produire le vice de conformation qui a reçu le nom de spina^bifida. Jusqu'à la fin du quatrième mois, il existe sur la partie antérieure de la colonne cervicale une dépression semblable, qui nous explique les exemples de spina-bifida, du reste extrêmement r^res, observés dans cette dernière région. ^ Dans la seconde moitié de la grossesse, et jusqu'à l'âge de cinq ou six ans, les points osseux médians des vertèbres cervicales ayant paru, il existe deux longues dépressions de chaque côté de la colonne rachidienne. Entre ces deux dépressions verticales et parallèles, se trouve la partie médiane des corps vertébraux très allongée dans le sens transversal.

La moelle épinière s'étend alors à toute la longueur du canal. — Les parties destinées à la protéger ont seules fait leur apparition; les lames vertébrales sont relativement très larges.

L'angle sacro-vertébral commence à se dessiner du cinquième au sixième mois de la vie fœtale. Les courbures des régions plus élevées

VERTÈBAES GÉPHALIQUES. S^S

apparaissent du septième au huitième mois. A mesure que le rachis s'allonge, elles se prononcent de plus en plus.

Après la naissance, chaque anneau vertébral se complète par la soudure successive de ses trois points primitifs. Les apophyses épineuses et transverses se développent.

A la puberté, les épiphyses des corps paraissent, et la colonne s'accroissant considérablement dans le court espace de quelques années, elle revêt peu à peu les caractères qui la distinguent dans l'âge adulte.

Chez le vieillard, la colonne vertébrale s'infléchit en avant; les corps s'affaissent et deviennent moins mobiles. Le coccyx se soude au sacrum, s'il ne l'était pas déjà. Le sacrum lui-même tend à se souder à la cinquième lombaire. — Dans l'extrême vieillesse, d'autres vertèbres se soudent à leur leur dans les régions lombaire et dorsale. Le nombre des pièces qui composent le rachis tend donc à se réduire de plus en plus. La colonne, par suite de cette fusion graduelle, peut se trouver ramenée à l'unité : telle était celle du nommé Séraphin, déposée au musée Dupuytren, sur laquelle toutes les aiiiculations costo-vertébrales sont elles-mêmes soudées, en sorte que le tronc, à la constitution duquel concourent un si grand nombre de pièces, n'en formait plus qu'une seule infléchie en avant.

§ 5. — Des vertèbres céphaliques.

L'encéphale n'étant qu'un prolongement de la moelle épinière, il était rationnel de penser que la cavité crânienne n'est aussi qu'un prolongement du canal lachidien. Dès la plus haute antiquité, elle a été considérée en effet comme un renflement de ce canal. Mais en s'exprimant ainsi, aucun auteur ne parait avoir pensé, ni même vaguement pressenti, que la constitution anatomique du crâne répète celle du rachis.

Oken le premier, en 1807, entrevit celte analogie de constitution. Se promenant un jour dans la forêt du Harz, il aperçoit à ses pieds un crâne de chevreuil parfaitement blanchi : « Le ramasser, le retourner, le considérer, me suffit, dit-il; la vérité me frappa : c'est une colonne vertébrale ! » m'écriai-je. Dès lors il se livra à de longues études. Le crâne des ruminants lui parut le plus convenable pour démontrer l'analogie qu'il venait de découvrir : « Prenez le crâne d'un jeune mouton; enlevez le frontal, le pariétal, le temporal et Tethmolde, il restera une colonne osseuse que l'anatomiste reconnaîtra au premier coup d'œil, comme les trois corps d'autant de vertèbres; replacez les os de la voûte, à l'exception des temporaux, qui ne prennent aucune part à la formation du crâne, et vous aurez une colonne vertébrale qui ne diffère de la véritable que par un canal plus développé. De même

que le cerveau est une moelle épiniére d'un plus grand volume, de même le cn\ne est une colonne rachidienne plus ample. )»

Déjà, il est vrai, en 1790, dans une lettre datée de Venise, Gœlhe exprimait à M"* Ilarder la même pensée; il avait entrevu toute la théorie de la constitution du crâne sur une tête de mouton, que son domestique avait trouvée dans le cimetière des juifs. Mais Tillustre poète naturaliste n*a publié ses vues sur ce point qu'en 1820; sa théorie, brièvement exposée, est d'ailleurs très inférieure à celle qui avait déjà paru. S'il est juste d'attribuer une découverte, non à celui qui se contente d'une vague affirmation, mais à celui qui l'établit par la démonstration, l'honneur de celle-ci appartient incontestablement à Oken.

Pour cet auteur, le crâne est formé de trois vertèbres. Revenant, en 1820, sur ses premières études, il avança que le rachis, après s'être approprié le crâne tout entier, se prolonge jusque dans la face; et à ses trois vertèbres crâniennes il ajouta une vertèbre faciale. Depuis cette époque, un grand nombre d'observateurs ont abordé le même sujet; tous se montrent d'accord pour admettre que le crâne et la face sont l'un et l'aulre conformés sur le même type que le rachis. De là deux ordres de vertèbres céphaliques : des vertèbres crâniennes et des vertèbres faciales. L'existence des premières est un fait aujourd'hui 1res nettement démontré; il n'en est pas ainsi des secondes.

A. — Veriéhres crAalennes.

Le nombre de ces vertèbres n'est pas le même pour tous les anatomistes. Gœthe et Oken en avaient reconnu trois ; Goodsir en admit quatre (1); E. Geoffroy Saint-Hilaîre, dans un mémoire lu à l'Académie de médecine, en 1824, en décrivit cinq. Dix ans plus lard, Carus s'attachait à démontrer qu'il en existe six, trois principales, et trois secondaires ou intervertèbres qui correspondaient aux organes des sens (2). Mais la plupart des observateurs se sont rangés au sentiment d*Oken. Parmi ceux-ci, je citerai plus particulièrement Bojanus, de Blainville, M. Lavocat, M. R. Owen, auquel la science est redevable de l'ouvrage le plus complet et le plus important que nous possédions sur ce sujet (3), et M. Camille Bertrand, qui, dans un ouvrage plus récent, a soumis à une savante et judicieuse discussion les opinions de ses prédécesseurs (4). Soit qu'on prenne en considération l'ensemble des recherches destinées à démontrer les analogies du crâne et du rachis, soit que, le crâne à la main, on préfère s'inspirer surtout de l'observation, on arrive toujours

(1) Goodsir, Edinburgh new philosophical JournaU new séries, vol. V, 1857.

(2) Carus, Traité élémenL tTanat. comp., trad. Paris, 1835, t. III.

(3) R. Owen, Principes d*ostéoiogie comparée. Paris, 1855.

(i) C. Bcrtiaïul, Anat. philos. : Conformation osseuse de la tète. Paris, 1864.

VERTÈBRES CRANIENNES.

à reconnaître que l'enveloppe osseuse de l'encéphale se compose manifestement de trois verlèbres.

L'une de ces verlèbres répond à la partie postérieure du crâne, la seconde à sa partie moyenne, la troisième à sa partie antérieure. — La vertèbre postérieure est formée par l'occipital; la moyenne, par lo sphénoïde postérieur, le temporal et le pariétal ; l'antérieure, par le sphénoïde antérieur et le frontal.

Ces trois vertèbres sont conformées sur le même type que toutes celles du rachis; les éléments qui entrent dans leur composition sont les mêmes, bien que leur volume et leur forme aient subi de notables modifications. Déterminons d'abord ces éléments pour chacune d'elles; nous les comparerons ensuite aux vertèbres rachidiennes.

i® Vertèbre postérieure ou occipitale.

Cette vertèbre a pour corps l'apophyse basilaire ; pour trou rachi- (lieHy le trou occipital; pour lames, toute la partie postérieure de l'os; \m\\T apophyse épineuse^ la crête occipitale externe; pour sommet de cette apophyse, la protubérance occipitale; pour apophyses arti-

Fi G. 117. — Verièhrt occipitale^ vue posiéro-infèrieure.

FiG. 118. — Vertèbre occipitale, vue antéro-supérieure.

FiG. 117. — 1. Corps de la vertèbre. — 2. Trou rachidien. — 3,3. Laraes vertébrales. — 4. Apophyse épineuse. — T». Sommet de celle apophyse. — 6, 6. Apophyses articulaires. — 7, 7. Apophyses transverscs. — 8, 8. Échancrures contribuant à fnrmer les trous de conjugaison compris entre la vertèbre postérieure et la verlèbre moyenne.

Fie. 118. — 1. Surface par laquelle le corps de la vertèbre crânienne postérieure s*articule avec le corps de la vertèbre crânienne moyenne. — 2. Trou rachidien. — .S, 3. Lames vertébrales. — 4. 4. Partie médiane postérieure de la vertèbre sur laquelle ces deux lames viennent se souder. — T», 5. Apophyses transverses. — 6, 6. Échancrures qui contribuent à former les trous déchirés ou trous de conjugaison postérieurs.

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culaires, les condyles; pour apophyses transrerses, les apophyses jugulaires.

Le corps de cette vertèbre est concave sur la face qui répond à Taxe cérébro-spinal. — Sa face opposée présente une saillie médiane et deux dépressions latérales, comme le corps des vertèbres cervicales. — Son extrémité supérieure s'articule avec le corps de la vertèbre crânienne moyenne. — Son extrémité inférieure adhère par des liens fibreux, d'une part, à Tare antérieur de Tatlas, de l'autre à l'apophyse odontoide qui n'est qu'une partie détachée de cette vertèbre, et qui en représente le corps au point de vue de l'anatomie philosophique. — Ajoutons qu'il a pour origine un point d'ossification unique et médian, semblable à celui de toutes les vertèbres sous-jacentes.

Les lames de la vertèbre occipitale sont remarquables par leur grand développement en rapport avec le volume, considérable aussi, de l'encéphale.

V apophyse épineuse est très bien représentée par la crête et la protubérance occipitales externes. En se continuant avec les deux lames, elle forme Vécaille de l'occipital. Cette écaille est donc l'analogue de l'arc ou partie postérieure de toutes les vertèbres rachidiennes. Comme cet arc, elle donne attache à des muscles; comme lui, elle joue le rôle d'un levier à l'aide duquel ceux-ci meuvent toute l'extrémité céphalique. Entre elle et l'arc, il n'y a en réalité qu'une seule différence, ce qui est rudimentaire chez l'un est très développé chez l'autre, et réciproquement. L'arc, s'appliquant à la partie la plus grêle du centre nerveux, présente des lames courtes et une apophyse épineuse très étendue; l'écaillé, correspondant à la partie la plus volumineuse de l'axe cérébrospinal, off're de larges lames et une apophyse épineuse rudimentaire. D'un côté, l'apophyse épineuse s'allonge aux dépens des lames, de l'autre, les lames s'accroissent aux dépens de l'apophyse épineuse, qui se dédouble, et qui s'étale au point de disparaître presque entièrement.

Les apophyses articulaires, constituées par les condyles, répètent très manifestement celles des régions cervicale, dorsale et lombaire.

Les apophyses transverses sont peu développées, et cependant très bien accusées par les connexions qu'elles présentent. — Elles occupent les parties latérales du trou rachidien. — Leur partie inférieure est surmontée d'une saillie, à laquelle vient s'attacher le petit droit latéral, le plus élevé des muscles intertransversaires. — Leur partie supérieure et antérieure est creusée d'une échancrure qui contribue à former le trou déchiré postérieur, c'est-à-dire un véritable trou de conjugaison. — Au-devant et en dedans de cette échancrure, on voit le trou condyloîdien antérieur qui livre passage au nerf de la neuvième paire, et qui devient pour cette vertèbre un trou accessoire.

La vertèbre occipitale possède donc tous les éléments qui sont propres

VERTÈBRES CRANIENNES. 327

aux vertèbres cervicales, dorsales et lombaires; elle se rapproche de ces vertèbres par des traits si prononcés et si évidents, que, depuis la découverte d'Oken, les auteurs ont été unanimes pour reconnaître qu'elle est constituée sur le même type que celles-ci.

2^ Vertèbre moyenne ou sphéno-temporo-pariétale.

Avant d'énumérer les divers éléments qui entrent diins la composition de cette vertèbre, je crois devoir rappeler :

1*" Que vers le huitième mois de la vie intra-utérine, le sphénoïde est formé de deux parties très distinctes : Tune, antérieure, qui comprend la lame quadrilatère sur laquelle passent les nerfs olfactifs, la gouttière optique et les apophyses d'ingrassias ; l'autre, postérieure, formée par la partie correspondante du corps et les grandes ailes ;

2* Que chez un grand nombre de vertébrés ces deux parties conservent, pendant toute la durée de la vie, leur individualité ;

FiG. 119. — Vertèbre tphéno-temporo-pariétalef vue postérieure.

1. Corps de la vertèore représenté par le corps du sphénoïde postérieur. — 2. 2. Lame veilébrale du côté droit, représentée par la grande aile du sphénoïde et le teniporal. — 3, 3. Apophyse épineuse énorme et largement étalée, constituée par les pariétaux. —4, 4. Apophyses transverses constituées par les apophyses mastoïdes. — 5, 5. Êchancrures postérieures ou fosses jugulaires contribuant à former les trous de conjugaison compris entre la vertèbre postérieure et la vertèbre moyenne. — 6, 6. Êchancrures antérieures contribuant à former les fentes sphénoïdales ou trous de conjugaison antérieurs. — 7, 7. Sutures sphéno-pariétales. — 8, 8. Sutures sphéno-temporales. — 9. 9. Sutures temporo-pariétales. — Entre le corps et l'apophyse épineuse de cette ve^t^bre on voit un grand espace qui représente le trou rachidien.

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S*" Que la partie antérieure, beaucoup moins considérable chez l'homme que la postérieure, est égale à celle-ci, et même plus volumineuse dans quelques animaux.

Il existe, en un mot, deux sphénoïdes, dont l'indépendance est temporaire dans l'espèce humaine, mais permanente en général dans les espèces animales. Le sphénoïde antérieur appartient à la yertèbre frontale, le postérieur à la vertèbre moyenne.

Ces faits rappelés et bien établis, il devient facile de définir cette vertèbre. Elle a pour corps la partie médiane du sphénoïde postérieur; pour trou rachidietiy l'énorme intervalle qui sépare cet os de la suture bipariétale; pour lameSy les grandes ailes du sphénoïde et les temporaux; four apophyse épineuse, les pariétaux; pour apophyses transverses, les apophyses mastoldes; pour échancrur es postérieures^ les fosses jugulaires; pour échancrures antérieures, la moitié externe ou inférieure des fentes sphénoldales ; ^nr pédicules, toute cette partie rétréciequi se trouve comprise de chaque côté entre le corps et les deux échancrures correspondantes.

Embrassant la partie la plus large de l'encéphale, la vertèbre moyenne est aussi la plus considérable; son volume surpasse beaucoup celui des deux autres réunies.

Le corps, très petit, comme celui de toutes les vertèbres crâniennes, s'unit : en arrière, au corps de la vertèbre occipitale; en avant, au corps de la vertèbre frontale ; de chaque côté, aux grandes ailes, c'est-à-dire aux pédicules de la vertèbre correspondante.

Les lames seraient formées, selon quelques anatomistes, uniquement par les grandes ailes. D'autres joignent à celles-ci la portion écailleuse du temporal; d'autres, la portion écailleuse et la portion mastoïdienne. — Presque tous s'accordent pour considérer la portion pierreuse comme n'appartenant pas à la vertèbre moyenne.

Pour résoudre les difficultés de cette nature, ce sont les connexions des os qu'il faut surtout prendre en considération. Or ne voyons-nous pas le rocher s'articuler sur toute son étendue avec la vertèbre occipitale? N'est-ce pas sur le rocher que se trouve creusée l'échancrure contribuant à former le trou de conjugaison des deux premières vertèbres? Concluons donc que les trois portions du temporal font partie de la vertèbre moyenne, et particulièrement des lames de cette vertèbre. Le sens de l'ouïe n'est pas situé en arrière de celte vertèbre, mais dans l'épaisseur de sa partie postéro-inférieure.

L'apophyse épineuse de la même vertèbre, constituée par les pariétaux, s'allonge, se dédouble, s'étale largement comme celle de la vertèbre occipitale, et mieux encore, en sorte qu'elle n'offre plus la forme primitive du type.

Les apophyses transverses, représentées par les apophyses mastoldes.

VERTÈBRES CRANIENNES.

sont relalivemenl 1res petites. Elles reçoivent l'attache de plusieurs muscles, au nombre desquels se trouve le pelit complexus, qui semble prolonger la série des muscles jnterlransversairep.

3» Vertèbre antérieure ou sphéno-frontale.

Cette vertèbre est plus grande que la postérieure, et plus petite que la moyenne. Elle a pour corps la partie moyenne du sphéno!de antérieur; pour lames, les apophyses d'Ingrassias ; pour apophyse épineuse, les deux moitiés du frontal largement étalées, d*abord indépendantes, mais qui, plus tard, se soudent Tune à l'autre sur la ligne médiane; pour trou rachidien, la concavité de cet os; pour apophyses transverses, les apophyses orbitaires externes; fonvéchancrures, les dépressions qu'on remarque au-dessous des petites ailes du sphénoïde, c'est-à-dire toute la moitié supérieure de la fente sphénoïdale.

Chez l'homme, où le sphénoïde antérieur est très petit et soudé au postérieur, et où le frontal acquiert au contraire un énorme développc-

FiG. i2l). — Vertèbre spheno- frontale y vue poslérieufe.

FiG. \ii. — Vertèbre sphéno-frontale, vue antérieure.

FiG. 120. —1,1. Corps de la vertèbre. — 2. 2. Lame vertébrale du côté droit, représentée par l'apophyse d'Ingrassias et la partie carrespondante de la voûte orbitaire du frontal. — 3, 3, 3. Moitié droite de Papophyse épineuse s'unissant sur la ligne médiane à celle du côté opposé, et constituant par cette union une fosse profun«le qu est l'analogue du trou racliidiim. — 4, 4. Bord postérieur des petites ailes du sphénoïde contribuant à former le trou de conjugaison antérieur. — 5, 5. Trous optiques, ou accessoires des trous de conjugaison. — 6. Suture sphéno-frontale. — 7. Êchancrure ethmoidale. — 8. Trou borgne. — 9. Gouttière longitudinale.

FiG. 121.— 1,1. Les parties droite et gauche du frontal représentant les deux moitiés de Tapopliyse épineuse. — 2,2. Soudure des deux moitiés de cette apophyse sur la ligne médiane. — 3, 3. Bord par lequel la vertèbre antérieure s'unit à la ver tèbre moyenne. — 4, 4. Apophyses transverses de la vertèbre sphéno-frontale.

ment, cette vertèbre s'éioi{i:ne beaucoup du type commun. Ses parties fondamentales deviennent tout à fait rudimentaires, tandis que celles d'une importance secondaire offrent une très large surface. Mais ces renversements ou transpositions de volume, et les diflTérences de forme si considérables qui en sont le résultat, se rencontrent fréquemment dans les organes homotypes. Lorsqu'on descend la série animale, le frontal diminuant assez brusquement de volume, le sphénoïde antérieur prenant des proportions de plus en plus grandes et restant indépendant, la vertèbre antérieure se dessine beaucoup mieux.

C'est sur le mouton que les trois vertèbres crâniennes se montrent les plus régulières, les plus égales et les plus conformes au type rachidien. Mais, pour les observer, il importe de pratiquer sur la tète une coupe médiane; car c'est surtout en les examinant par la face interne du crâne qu'on pourra comparer ces vertèbres entre elles et prendre une notion exacte de leur disposition respective.

L'ethmoide, qui a été rattaché à cette vertèbre par quelques auteurs, ne lui appartient pas. Il fait partie du squelette de la face, et plus spécialement de l'appareil olfactif.

i^ Parallèle des vertèbres crâniennes et rachidiennes.

Les vertèbres rachidiennes sont indépendantes et mobiles les unes sur les autres; elles forment un long canal qui peut s'infléchir en sens divers. — Les vertèbres crâniennes, articulées entre elles et complètement immobiles, constituent une large cavité dont toutes les parties sont également rigides.

Les divers anneaux qui composent le rachis jouent le rôle d'organes protecteurs, et sont destinés en outre à fournir un point d'appui aux muscles très multipliées qui les entourent : de là le volume considérable de leur corps. — Ceux qui composent le crâne constituent une cuirasse plutôt qu'une colonne d'appui ; aussi voyons-nous leur corps se réduire, et la partie annulaire ou l'arc postérieur de la vertèbre s'étendre beaucoup de bas en haut et d'avant en arrière.

Cet arc, qui forme, sur les vertèbres du rachis, un peu plus de la moitié de l'anneau, en forme la presque totalité sur les vertèbres du crâne. Il devient la partie fondamentale de celles-ci : c'est le renversement des proportions du corps et de Tare qui établit une si grande différence de forme entre les vertèbres des deux ordres. Dans la vertèbre type, tous les éléments sont développés et présentent, si l'on peut s'exprimer ainsi, une sorte d'équilibre, bien que le corps cependant conserve toujours un volume prédominant. Dans les vertèbres crâniennes, tout est sacrifié [à l'arc, qui prend des proportions monumentales; les autres éléments s'atrophient.

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