‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 4)Chapitre 98 sur 219 · C. — ConÛgn ration eziërienre dn thorax · texte numérisé non relu

C. — ConÛgn ration eziërienre dn thorax

Le cône constitué par le thonax s'élargit rapidement de la première côte à la troisième ou quatrième, puis lentement et progressivement de celle-ci à la huitième ou neuvième, et se rétrécit ensuite, mais d'une manière peu sensible. Sa plus grande circonférciico répond donc à la partie moyenne de la huitième ou neuvième côle. Recouverte par lès

â58 OSTÉOLOGIE.

parties molles, elle est de 80 à 84 centimètres en moyenne. Chez les individus très fortement constitués, elle peut atteindre jusqu'à 90 ou 92 centimètres; chez ceux dont la poitrine est peu développée, elle varie de 74 à 80.

En mesurant chacune de ces moitiés latérales, on peut constater si elles offrent un développement égal ou inégal. Dans le premier cas, le thorax est symétrique; dans le second, il se déforme. Woillez, qui a examiné cent soixante-quatorze malades sous ce point de vue, a reconnu :

Que le côté droit était plus développé chez 133

Que le côté gauche remportait chez 9

Et que les deux côtés étaient égaux chez 32

iU

Il résulte de ces recherches qu'un cinquième à peine des individus aurait la poitrine symétrique, et que, lorsqu'elle se déforme, presque toujours c'est le côté droit qui offre le plus grand développement.

La surface externe du thorax comprend quatre régions : une région antérieure, une région postérieure et deux régions latérales.

a. La région antérieure ou sternale se dirige en bas et en avant. Elle est constituée sur la ligne médiane par le sternum, latéralement par les cartilages costaux et l'extrémité antérieure des côtes.

En procédant de dedans en dehors, cette face présente : l"" à droite et à gauche du sternum, la série des articulations chondro-stemales, au nombre de sept, d'autant plus rapprochées qu'elles sont plus inférieures; 2^ la face antérieure des cartilages ; 3"" la soudure de ces cartilages avec les côtes, soudures disposées sur une ligne courbe, dont la concavité regarde en dehors ; 4'* l'angle antérieur des côtes qui établit les limites respectives de la face antérieure et des faces latérales du thorax; 5** enfin l'extrémité antérieure des espaces intercostaux.

b. La région postérieure ou dorsale est verticale. On remarque sur sa partie médiane les apophyses épineuses des vertèbres dorsales qui partagent cette région en deux moitiés, offrant rarement une symétrie parfaite. De chaque côté de la crête épinière se trouvent: l"" la gouttière vertébrale, dont la largeur diminue de haut en bas ; 2** la série des apophyses transverses, dont la longueur diminue aussi en descendant; 3*" le col des côtes ; et plus en dehors, leur tubérosité qui s'articule avec le sommet des apophyses précédentes ; 4'' la partie dorsale des côtes, inégale et d'autant plus longue que celles-ci sont plus inférieures ; ô*" enûn au delà de cette partie dorsale, l'angle des côtes qui sépare la région postérieure des régions latérales,

c. Les régions latérales^ étendues de l'angle postérieur à l'angle antérieur des côtes, s'élargissent de haut en bas, atteignent leur plus grande

largeur au niveau de l'appendice xiphoïde, et diminuent ensuite rapidement. Elles sont convexes d'avant en arrière, et convexes aussi de haut en bas. Les côtes au niveau de ces régions se trouvent séparées par des espaces inégaux. Le premier et le second espace offrent plus de largeur que le troisième; celui-ci l'emporte cependant sur les quatre espaces suivants; les quatre derniers au contraire augmentent de haut en bas. Les espaces intercostaux moyens sont donc constamment les plus étroits; leur hauteur ne dépasse pas en général 12 millimètres.

En avant, ces espaces correspondent à des vertèbres situées bien audessous de celles avec lesquelles les côtes s'articulent en arrière.

ftû. 130. — ThorctXy vue antérieure. Fig. 131. — Thorax, vue postérieure.

Fie. 130. — 1. Partie supérieure ou poignée du sternum. — 2. Partie moyenne ou corps de cet os. — 3. Partie inférieure ou appendice xiphoïde. — 4. Circonférence du sommet du thorax constituée, en arrière par le corps de la première vertèbre dorsale, en avant par l'extrémité supérieure du sternum, à droite et à gauche par le bord interne de de la première côte. — 5. Circonférence de la base du thorax, formée, en arrière par le corps de la douzième dorsale, de chaque cOté par la douzième côte, en avant par les rebords cartilagineux et Tappendice xiphoïde. — 6. Première côte, formant avec les bords du sternum un angle obtus inférieurement. — 7. Seconde côte s'unissant au sternum à angle droit. — 8, 8. Les cinq dernières côtes sternales, dont Textrémité antérieure rencontre cet os sous un angle de plus en plus aigu. — 9. Les trois fausses côtes supérieures, dont la partie antérieure contribue à former les rebords cartilagineux. — 10. Les deux dernières côtes ou côtes flottantes. — 11, 11, Les cartilages costaux.

FiG. 131. — 1,1. Apophyses épineuses des vertèbres dorsales. — 2, 2. Gouttières vertébrales, formées par la superposition des lames. — 3, 3. Série des apophyses transverscs dont le sommet s'articule avec la facette de la tubérosité des côtes. — •i, 4. Partie dorsale des côtes, recouverte d'empreintes musculaires auxquelles s'attachent les muscles spinaux. — 5, 5. Angle des côtes d'autant plus éloigne de la colonne vertébrale que la côte est p'us inférieure.

Le premier espace inlercostal, qui est limilé eu arrière par le corps do la première dorsale, répond en avant au corps de la quatrième.

Le second espace, que limite postérieurement le corps de la deuxième, répond antérieurement au corps de la cinquième.

Le troisième répond en avant au corps de la sixième; le quatrième à la septième; le cinquième à la huitième; le sixième à la neuvième, etc.

En un mot, Textrémité antérieure de ces espaces s'abaisse en moyenne de trois vertèbres au-dessous de leur extrémité postérieure. Cet abaissement devient un peu plus considérable chez les individus dont la paroi antérieure du thorax se déprime; il tend, au contraire, à diminuer chez ceux dont la région sternale est très saillante.

D. — ConflguratloB Intérieure du Cli#r«x.

Vue intérieurement, la cavité thoracique affecte une configuration que son aspect extérieur était loin de faire pressentir. La colonne dorsale s'avançant à la manière d'un pilastre, la cloisonne dans son tiers postérieur, et semble ainsi la diviser en deux cavités plus petites, communiquant entre elles par tout l'espace compris entre le sternum et le rachis. De cette disposition il résulte :

l"* Que la surface interne de la poitrine offre la figure d'une circonférence, dont la partie postérieure serait assez rentrante pour se rapprocher plus ou moins de son centre;

2" Que la paroi postérieure de cette cavité se compose de trois parties très différentes: d'une partie médiane, proéminente, et de deux parties latérales présentant l'une et l'autre la disposition d'une gouttière qui s'élargit progressivement de haut en bas;

3* Que le diamètre antéro-postérieur interne de la cavité est beaucoup moins long que le diamètre antéro-postérieur externe. Chez quelques individus, le premier ne représente que la moitié de la longueur du second ; mais, en général, il excède cette moitié d'un centimètre. Connaissant l'un, on pourra donc toujours déterminer approximativement l'autre, et apprécier par conséquent l'étendue de l'espace réservé au cœur. Ainsi, lorsque l'externe s'élève à 21 centimètres, il y a lien de penser que l'interne n'est pas moindre de 11 à 12.

Le diamètre transversal interne ne diffère de l'externe que de 15 à 20 millimètres; il est donc en moyenne de 26 à 27 centimètres chez l'homme, et de 22 à 23 chez la femme.

La surface interne du thorax comprend aussi quatre régions: une antérieure, une postérieure, et deux latérales.

La région antérieure est concave; le sternum répond à sa partie médiane. De chaque côté, elle présente : i" la série des articulations

chondro-slernales ; 2** les cartilages costaux ; 3" la série des articulations chohdro-costales ; 4" enfin, Texlrémité antérieure des côtes et des espaces intercostaux.

La région postérieure est formée sur la ligne médiane par la colonne dorsale, et de chaque côté par une gouttière qui reçoit le bord postérieur des poumons. Ces gouttières offrent chez l'homme une profondeur et une largeur qu'on ne remarque pas chez les quadrupèdes. Leur profondeur a pour avantage de rejeter en arrière une partie du poids des viscères thoraciques et de faciliter par conséquent l'équilibre du tronc. Il résulte de leur largeur que le diamètre transverse de la poitrine l'emporte sur le diamètre antéro-postérieur ou dorso-sternal, et que cette cavité revêt la forme d'un cône comprimé d'avant en arrière. Le diamètre dorso-sternal prédominant, au contraire, chez les mammifères, leur thorax représente un cône comprimé de droite à gauche.

Les régions latérales^ concaves, dirigées de haut en bas et de dedans en dehors, répondent à la face externe des poumons dont elles se trouvent séparées, comme les régions antérieure et postérieure, par la plèvre pariétale.

K. — Base ci aoaiiiiei du thorax.

Sur le squelette, la base de la poitrine est représentée seulement par sa circonférence que constituent : en arrière, le bord inférieur des douzièmes côtes; en avant, l'appendice xiphoide ; de chaque côté, deux longues arcades résultant de la superposition des septième, huitième, neuvième et dixième cartilages. Ces arcades, dont la convexité regarde en bas et en dedans, ont reçu le aom de rebords cartilagineux. Leur extrémité supérieure s'articule avec l'extrémité inférieure du corps du sternum, et quelquefois en partie aussi avec la base de l'appendice qui les sépare l'une de l'autre. Très rapprochés en haut, les deux rebords cartilagineux divergent en descendant.

Ainsi conformé, le contour de la base du thorax présente trois angles rentrants : l'un antérieur et médian formé par les reboi*ds qui précèdent; deux postérieurs ou latéraux qui ont pour bord interne le rachis et pour bord externe les douzièmes côtes. — Dans l'intervalle compris entre les deux dernières côtes, ce contour se trouve interrompu.

Sur un thorax pourvu de ses parties molles, la cavité pectorale est séparée de l'abdomen par le diaphragme, dont la périphérie s'attache sur le contour de s^ base, et dont la surface s'élève à la manière d'une voûte inclinée en arrière. Il suit de cette disposition que les deux cavités se pénètrent mutuellement : la cavité abdominale remontant dans la cavité thoracique par la partie antérieure de son dôme; et celle-ci descendant autour de la première postérieurement et latéralement.

Le sommet de la cavité pectorale est circonscrit : sur les côtés, par les premières côtes; en avant, par Textrémité supérieure du sternum; en arrière, par le corps de la première vertèbre dorsale. II présente la figure d'une ellipse, dont le grand axe serait transversal, et dont les courbes parallèles à cet axe seraient Tune et l'antre rentrantes dans leur partie moyenne.

Le plan de cet orifice se dirige de haut en bas et d'arrière en avant, de telle sorte que la fourchette du sternum répond en général au corps de la seconde vertèbre du dos.

Le diamètre antéro-postérieur de rorilice est, le plus habituellement, de 4 à 5 centimètres. Le diamètre transversal présente une étendue moyenne de 12 centimètres.

Cet orifice donne passage : en avant, à la trachée-artère; en arrière, à l'œsophage ; sur les côtes, aux troncs artériels qui se rendent à la tète et aux membres supérieurs ; aux troncs veineux qui rapportent le sang de ces mêmes parties ; et aux poumons dont le sommet déborde un peu les premières côtes.

F. — Développement dn thorax.

La cavité thoracique présente, dans le cours de son développement, de très grandes différences, suivant qu'on la considère chez le fœtus, à la naissance, dans Tàge adulte ou la vieillesse.

a. Du thorax chez le fœtus. — Au début de son évolution, le thorax de l'homme est conformé comme celui des mammifères. Les poumons offrant alors un très petit volume, les gouttières destinées à loger leur bord postérieur sont étroites et peu profondes. Les côtes en arrière ne débordent pas la colonne dorsale, mais se trouvent débordées par elle comme chez les quadrupèdes. Le sternum s'éloigne davantage de la colonne vertébrale, et affecte une direction très obliquement descendante, d'où il suit : l"" que le cœur, beaucoup plus précoce que les poumons, possède au-devant du rachis une place suffisante pour son développement ; â** que la région antérieure est plus saillante ; 3"* que la poitrine est au contraire déprimée sur les côtés.

Dans cette première période, le thorax présente encore un autre attribut qui pourrait suffire pour le caractériser. Il s'élargit très régulièremenl de haut en bas, en sorte que sa plus grande circonférence répond à sa base, et non à la huitième ou neuvième côte.

b. Du thorax à la naissance. — Chez le nouveau-né, une révolution s'accomplit dans cette cavité. Les poumons, jusque-là concentrés dans sa moitié postérieure, se dilatent au point de doubler de volume. On les voit alors se porter en avant et recouvrir entièrement le cœur, qui d'abord les

débordait à droite et à gauche. En même temps ces organes, en vertu de leur puissance d'expansion, repoussent en dehors les parois de la poitrine, dont la capacité augmente très notablement, et dont la forme aussi se modifie.

La colonne dorsale, rectiligne, chez le fœtus, commence déjà à s'infléchir à la naissance. Les gouttières qu'elle contribue à former deviennent plus profondes et plus larges. L'angle des côtes se dessine. La paroi postérieure de la poitrine s'élargit. La paroi antérieure, soulevée par le bord correspondant des poumons, s'accroît aussi en surface et présente une sorte de voussure. — La poitrine, jusqu'alors aplatie de l'un à l'autre côté, par suite de la prédominance de son diamètre antéro-postérieur, s'aplatit progressivement d'avant en arrière : modifications que rendent alors faciles l'extrême flexibilité des côtes et l'état presque entièrement cartilagineux du sternum. Chez l'enfant, elle revêt ainsi peu à peu la forme qui lui est propre dans l'espèce humaine.

A l'époque de la puberté, la cavité thoracique se rétrécit d'une manière plus sensible à sa base. A dix-huit ans, elle acquiert sa forme définitive, mais continue de croître en capacité jusqu'à vingt-cinq ans chez la femme, jusqu'à trente ou trente^cinq chez l'homme.

c. Du thorax chez radulte, — Parvenue au terme de son développement, cette cavité ne présente plus que des modifications relatives à la nutrition des différentes pièces qui la composent. Toutes les parties constituantes du sternum sont alors soudées entre elles. La poignée et le corps de l'os restent seuls indépendants. Les articulations chondrosternales perdent un peu de leur mobilité primitive. Les cartilages costaux deviennent jaunâtres, plus épais, plus rigides et plus cassants. Les parois thoraciques n'offrent plus une élasticité aussi grande, en sorte que les côtes prennent une part moins grande à la respiration, et le diaphragme, au contraire, une part plus importante.

d. Du thorax chez le vieillard. — Dans la dernière période de la vie, tous les cartilages sont soudés au sternum. La plupart d'entre eux se recouvrent d'une couche osseuse partielle, et offrent en outre des noyaux d'ossification disséminés dans leur épaisseur. Ils perdent leur attribut le . plus caractéristique, l'élasticité. Les côtes et le sternum finissent par se mouvoir comme une seule pièce : mouvement d'ensemble assez limité lui-même. Les articulations costo-vertébrales présentent aussi à cet âge une certaine rigidité. En devenant moins élastique, la cavité devient moins dilatable. Dans l'extrême vieillesse, la respiration se fait à peu près exclusivement par le diaphragme. Chez la femme, cependant, les côtes supérieures, plus mobiles que chez Thomme pendant toute la période de sa fécondité, conservent jusqu'à un âge très avancé la faculté de participer à la dilatation du thorax.

•^Hi OSTKOLOGIK.

(t. — De l'are haeaiatal on «atérlear d«s wertéhweu.

Chaque verlèbre est constituée par un corps et par un arc. Au nîvean (les vertèbres dorsales, il existe un second arc beaucoup plus grand, fornïé : à droite et à gauche par les deux côtes articulées avec chacune d'elles, en avant par les cartilages costaux qui les prolongent et la partie correspondante du sternum. C'est à cet arc, antérieur chez r homme, inférieur chez les vertébrés, qu'on a donné le nom d'arc htematal ; il a été aussi appelé arc rentrai ou abdominal: dénomination qui lui convient mieux, d'une part, parce qu'il répond à la face abdominale du corps ; de l'autre, parce qu'il n'entoure pas seulement les organes de la circulation, mais encore ceux de la respiration et de la digestion.

Considéré dans sa portion thoracique, le squelette du tronc est donc formé de douze segments superposés, et offrant chacun : une partie centrale qui joue le rôle de colonne de sustentation ; un arc postérieur ou dorsal qui embrasse l'axe cérébro-spinal ; un arc antérieur ou abdominal qui embrasse les principaux organes delà vie nutritive. Ces segments ont été considérés comme autant de vertèbres complètes ; ils représentent la verlèbre à son état le plus parfait, la vertèbre type.

Eu s'éloignant du thorax, c'est-à-dire de la région où la vertèbre atteint son plus haut degré de développement, soit qu'on se rapproche du coccyx, soit qu'on remonte vers le crâne, on retrouve toujours cette même vertèbre, mais plus ou moins modifiée : quelques-uns de ses éléments se réduisant à l'état de simple vestige à peine reconnaissable, d'autres persistant sous une forme différente.

Sur la partie inférieure du thorax, la vertèbre type n'est déjà plus aussi complète. Pour les cinq derniers segments de cette cavité, l'arc abdominal reste interrompu en avant. Mais sa portion sternale seule fait défaut ; la plu^ grande partie de l'arc existe. Sur les deux derniers cependant Tare se réduit très notablement.

En passant de la région thoracique à la région abdominale, l'arc antérieur continue de se réduire, sans jamais disparaître toutefois. Il n'est plus représenté que parles apophyses transverses : côtes rudimentaires qui, en s'atrophiant, se sont soudées au corps de la vertèbre.

Au cou, l'arc antérieur s'atrophie plus encore; la partie antérieure des apophyses transverses en est un dernier vestige.

Il est digne de remarque que plus les segments supérieurs et inférieurs se trouvent rapprochés des segments complets, et plus aussi ils tendent à se développer; c'est toujours au voisinage du sommet ou de la base de la poitrine que l'on rencontre des côtes supplémentaires.

L'axe du squelette se compose donc, en définitive, d'une série de segments échelonnés de haut en bas chez Thomme, d'avant en arrière

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