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Bapports dct moMles

Les muscles sont en rapport avec les os, les articulations, et les aponévroses; ils ont surtout des rapports très-multipliés les uns avec les autres; les > aisseaux et les nerfs cheminent dans leurs intervalles.

^^ Rapports des muscles avec les os et les articulations. ~ Les muscles longs et les muscles courts affectent avec les os et les articulations les connexions les plus intimes et les plus étendues, ils leur correspondent par toute leur longueur ; ils les entourent, pour la plupart, sur toute leur circonférence ; beaucoup d'entre eux s'insèrent sur le même os, à des hauteurs très-différeutes. Ce n'est que par la connaissance précise de tous ces rapports que le' chirurgieu peut se rendre compte, à la suite d'une fracture, du mécanisme qui préside au déplacement des fragments, et à la suite d'une luxation de la situation réelle des parties déplacées.

Les grandes articulations du côl.é de l'abduction et de l'extension sont étroitement embrassées par des muscles ou de larges tendons qui constituent pour elles de puissants moyens d'union. Du côté de l'adduction et de la tkiion, les muscles s'écartent, et au niveau de l'espace qui les sépare les aponévroses et les téguments se dépriment: telle est l'origine des dépressions qu'on remarque c^J aisselle, au pli du bras, au pli de l'aine, dans la région poplitée. Ces espaces, traversés par les troncs vasculaires et nerveux, ont pour destination de laisser à ceux-ci toute la latitude qui leur était nécessaire pour éviter les compressions auxquelles ils étaient exposés pendant les mouvements dont ces articulations sont le siège.

I^es muscles larges ont beaucoup moins de rapports avec les os. Ils ne les recouvrent que par leurs insertions, c'est-à-dire par leurs bords. Ceux du tr>oc, faisant, pour la plupart, l'office de parois, se trouvent plus spécialement en relation avec les viscères des cavités splanchniques. Ils communiquent à ces cavités une partie de leur mobilité^ d'où la possibilité pour le 'liorax de se dilater et de se resserrer alternativement, et pour l'abdomen de varier considérablement dans sa capacité. — Plusieurs de ces muscles prè^ntent des orifices : tel est, par exemple, le diaphragme ; tels sont les trois muscles superposés de la paroi abdominale antérieure, creusés dans leur partie inférieure d'un véritable canal, le canal inguinaly que traversent, ( bez l'homme le cordon des vaisseaux spermatiques, chez la femme le ligament rond, et quelquefois aussi dans l'un et l'autre sexe, mais alors accidentellement, les viscères abdominaux les plus mobiles.

2* Rapports des muscles aoec les aponévroses. — Les rapports des muscles avec les aponévroses sont plus multipliés encore que ceux de ces organes avec les os; mais ils diffèrent pour les trois ordres.

l^ muscles longs sont embrassés sur chaque segment des membres par

ià MVoLUGlE.

une forte aponévrose qui leur constitue une gaine générale. Chaque muscle superficiel est entouré, en outre, d'une gaine secondaire dépendante de la gaine principale ; et chaque muscle profond d'une gaine semblable complétée du cOlé des os par le périoste. Ainsi environnés et bridés de toutes parts, ils conservent leur indépendance, se raccourcissent et s'allongent librement, mais ne peuvent se déplacer, si étendus et si violents que soient leurs mouvements. Quelques-uns s'attachent en partie à ces lames fibreuses qu'ils s'approprient, en quelque sorte, comme les muscles de l'avant-bras et de la jambe. En se prolongeant sur les articulations, les aponévroses recouvrent aussi tous les tendons, qui leur abandonnent alors une expansion, et les séparent souvent les uns des autres par les dédoublements qui se détachent de leur face profonde.

Sur les muscles larges, les aponévroses deviennent extrêmement mince« et très -adhérentes. Elles sont cellulo-fibreuses plutôt que fibreuses. Leur densité et leur résistance augmentent à mesure qu'on se porte de l'insertion fixe vers l'insertion mobile, au niveau de laquelle les deux lames cclluli>- ^breuses se confondent avec l'aponévrose d'insertion.

Sur les muscles courts, les aponévroses présentent la même disposition, les mômes caractères. Elles recouvrent dans toute leur étendue les muscles spinaux et pénètrent dans leur intervalle. Chacun des muscles de la main et du pied est entouré de lames semblables qui, en s'unissant aux os, formenl autant de loges distinctes. Chacun des muscles oculaires est contenu dans une gaine dépendante de l'aponévrose orbitaire. On retrouve ces minces plans fibreux, même sur les muscles intrinsèques du larynx, et jusque sur les muscles si grêles qui meuvent la chaîne des osselets de l'ouïe.

Tous les muscles, à l'exception des peauciers, sont donc sous-aponé^ro* tiques. Mais les aponévroses qui recouvrent les plus superficiels s'appliquent si bien à leur surface , elles en reproduisent si exactement les saillies et les contours, qu'ils se dessinent au dehors, chez les individus maigres et fortement constitués, comme s'ils étaient immédiatement sous-cutanés.

3* Rapports des muscles entre eux, — Les muscles se correspondent par leurs faces, parleurs bords, par leurs extrémités.

Les faces se superposent ou se juxtaposent. Elles sont presque partout séparées par les plans fibreux qui assurent leur mutuelle indépendance.

Les bords , pour les muscles des membres , sont le plus souvent indépendants aussi et parallèles. Pour les muscles du tronc et de la tête ils noflrent plus le même parallélisme, mais s'inclinent les uns à l'égard des autres et se croisent à angle aigu, quelquefois à angle droit. Autour du thorax ils sont formés, pour plusieurs d'entre eux, par une série d'angles alteniati%<v ment rentrants et saillants à l'aide desquels les bords opposés s*entrecrotsent à peu près comme les doigts dos deux mains, d'où le nom de digitatûms qui leur a été donne. Le grand oblique et le grand dentelé, d'une part, le diaphragme et le transverse de l'autre, nous offrent des exemples de cette pénétration réciproque. — Sur le plan médian ces bords présentent un«r disposition plus remarquable. Les fibres aponévrotiques, d'un côté, se prolongent du côté opposé ; elles s'entrecroisent réellement, et constituent par

CONFORMATION EXTtKlEL'KË DÊb MlSCLES. 16

C6t eotrecroisemeot la pluparl des raphés flbreux qu'on observe sur la ligne . médiane : ainsi s'entrecroisent les deux obliques et les transverses de Tabdomen pour constituer la ligne blanche, étendue des pubis au sternum ; ainsi s'entrecroisent les deux pectoraux et les deux sterno-mastoîdiens au devant de cet os ; les trapèzes et les grands dorsaux , au niveau des espaces interépineux ; les constricteurs du pharynx, à leur partie postérieure. Lorsque les peauciers du cou s'étendent Jusqu'à la ligne médiane, on les voit également s'entrecroiser au-dessous du maxillaire.

Les rapports qu'affectent entre elles les extrémités des muscles sont trèsvariables. — Sur quelques points elles s'entrecroisent aussi. Le plus remarquable et le moins connu de ces entrecroisements est celui qu'on observe ao devant de la symphyse des pubis, entre les adducteurs d'un côté et ceux du côté opposé.

La plupart des sphincters sont formés de deux faisceaux curvilignes qui s'entrecroisent également à leurs extrémités. Chez la femme, les deux faisceaux du sphincter anal s'entrecroisent en avant nvec ceux du constricteur de la vulve. Chez l'homme, ces mômes faisceaux s'entrecroisent avec les bolbo-caverneux.

Plus fréquemment les extrémités adjacentes s'accolent l'une à l'autre, puis se confondent, en sorte que le plus petit des deux muscles s'approprie le tendon principal : c'est ce qui a lieu pour les jumeaux à l'égard de l'obturateur interne ; pour le court extenseur des orteils à l'égard du long extenseur commun, etc.— D'autres fois les deux tendons se continuent seulement par leurs bords^ comme ceux du couturier et du droit interne ; ou bien ils s'envoient des faisceaux de communication, comme les tendons de l'extenseur commun des doigts.

h* Bapporis des muacleê avec les vaisseaux et les nerfs, — Les troncs vasculaireset nerveux sont situés entre les muscles profonds; qui les séparent des 06, et les muscles superficiels, qui les recouvrent et les protègent, lis occupent les grands espaces intermusculaires, et tendent en général à se réfugier vers les parties les plus centrales et les moins exposées aux violences des corps extérieurs. Au cou et sur les membres, leur direction est parallèle à celle des musclés, en sorte que ceux-ci, par leurs bords ou leurs saillies, représentent autant de points de ralliement qui guident l'opérateur dans leur recherche. Les branches destinées à ces organes rampent, pour la plupart, sur leur face profonde ; c'est par cette face qu'elles pénètrent dans leur épaisseur, ainsi qu'on le peut constater sur les muscles de l'épaule, les muscles fessiers, les muscles triceps, etc.

Les vaisseaux et les nerfs traversent quelquefois les muscles. Au niveau de leur passage , on remarque alors une arcade fibreuse qui s'insère à l'os voisin par ses deux extrémités, et qui donne attache, par son bord convexe^ aux fibres musculaires. Celles-ci agissant exclusivement sur l'anneau fibreux, et tendant à le dilater, les artères, les veines, et les nerfs ne sont exposés nulle part à être comprimés. La circulation et l'innervation s'accomplissent librement au milieu des plus violents efforts. L'arcade aponévrotique que présente le diaphragme au tronc de l'aorte j celles que présentent le grand

16 MYOLOGIE.

adducteur à l'arlùre fémorale, le soléaire & l'artère poplitér, sont les plus^ connues. Maïs il en existe une foule d'autres destinées à des diversions du quatrième ou du cinquième ordre, et même à de très-petites artères.

Considérés dans leur conformation intérieure, les muscles striés se composent de deux parties bien diiTérenles, et différemment disposées aussi dans chacun d'eux : 1"* d'une partie rouge, molle, réductible en faisceaux et fascicules de plus en plus déliés, et enfin en fibres ; 2* d'une partie blanche, ferme, très-résistante, qui constitue les tendons et les aponévroses d'insertion. La première est seule contractile; la seconde est passive comme les os, auxquels elle transmet le résultat de l'action musculaire.

La portion rouge ou contractile forme le corps des muscles. La portion blanche ou tendineuse, appelée aussi albuginée, occupe leurs extrémités. Il existe cependant quelques exceptions à ce fait général. Dans un petit nombre de muscles connus sous la dénomination de digastriquei^ le cori>f charnu est composé de deux parties reliées l'une à l'autre par un tendou ou une aponévrose d'insertion qui occupe leur partie moyenne. Quelquefois l'aponévrose, qui entrecoupe le corps charnu, est formée de fibres extrêmement courtes ; elle prend alors le nom û*inUr$êction fibreuse.

La partie tendineuse, comparée à la partie musculaire, se réduit trèssouvent aux plus minimes proportions; elle n'est plus représentée, dans ce cas, que par des faisceaux et fascicules, plus ou moins multipliés, de hauteur inégale, qui se perdent dès leur origine dans le corps charnu: c'est celui-ci qui forme à lui seul la presque totalité du muscle. Mais sur un grand nombre de ces organes, les tendons acquièrent beaucoup plus d'étendue et d'importance. Tantôt alors ils se prolongent sur les deux faces opposées du muscle, en s'épanouissant et en devenant de plus en plus minces, en sorte que le corps charnu se trouve placé obliquement entre deux éventails fibreux. Tantôt ils représentent, d'un côté, une sorte de cornet qui embrasse le corp» charnu, et du côté opposé un long tendon d'abord très-gréfe et caché dans l'épaisseur de celui-ci, dont il se dégage peu à peu. Quelquefois les fibre» musculaires s'insèrent seulement sur les deux cOlés opposés du tendon ; parfois aussi elles se fixent toutes sur le même côté: le muscle est dit alor» penniforme ou scmi-penniforme.

L'élément fibreux et rélémenl contractile varient donc beaucoup dans leur étendue, leur direction cl leur disposition relatives pour les difl'érents muR'Ies. Il n'en est pas deux à cet égard qui se ressemblent. Tn fait général cependant se dégage du sein de toutes ces variétés. L'observation nous montre que les tendons sont d'autant plus courts d'un côté, qu'ils deviennent plus longs & l'autre extrémité; que lorsqu*ils s'épanouissent sur une face ou sur un bord supérieurement, ils s'étalent ihférieurement sur la face ou sur le bord opposés; que lorsqu'ils recouvrent en haut la périphérie du corps charnu, ils sont recouverts en bas par celui-ci. L'élément fibreux, en un

mot, alTecte relativement à l'élément musculaire une disposition inverse aux deux extrémités d'un même muscle. 11 suit de cette disposition :

1* Que toutes les fibres musculaires, pour un muscle donné, présentent à peu près la même longueur; que toutes se superposent sur un point de son étendue , et que ce point marque sa plus grande épaisseur.

2* Que plusieurs fibres musculaires s'attachent à une même fibre tendineuse : d'où le Tolume croissant et décroissant du corps charnu, et les dimensions toujours plus grêles des tendons.

3« Que les tendons n'ont pas seulement pour attribution de transmettre au\ leviers osseux le résultat de la contraction des muscles, mais aussi de t'uQcentrer sur un petit espace les fibres musculaires beaucoup trop multipliées pour occuper chacune une place distincte sur la surface du squelette, et de transformer toutes ces forces élémentaires en une force unique, dont l action devient plus précise.

§ 3. — Structure des muscles.

Chaque muscle se composant de deux parties très-difTérentes, nous avons à étudier : 1® la structure de la partie contractile ou des muscles proprement ditâ; 2* celle de la partie albuginée ou -des tendons.

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