IX. — Connexions des muscles de la langue
Après avoir suivi ces muscles depuis leur origine jusqu’à leur terminaison, il nous reste, pour compléter leur étude, à résoudre le difficile problème de leur intrication ou de leurs connexions dans l’épaisseur de la langue. Considérées dans leurs directions relatives, les fibres musculaires de cet organe marchent parallèlement à son grand axe, ou perpcn-
MUSCLES DE LA LANGUE
diculairement à cet axe et de bas en haut, ou perpendiculairement et de dehors en dedans ; toutes, en un mot, sont longitudinales, verticales ou transversales.
A ces trois ordres de fibres, la plupart des auteurs en ajoutent un quatrième, composé défibrés obliques. Mais l’obliquité n’est pas un caractère qu’on puisse invoquer en faveur de quelques-unes d’entre elles : c’est un attribut commun à presque toutes ; en les divisant en longitudinales verticales et transversales, nous ne faisons qu’exprimer leur direction relative prédominante.
Les fibres longitudinales proviennent de plusieurs muscles : en haut, du lingual supérieur; en bas, du pharyngo-glosse et du lingual inférieur ; latéralement, du palato-glosse et du stylo-glosse. De là il résulte : 1° que les fibres longitudinales sont d’autant plus nombreuses qu’on se rapproche davantage de la pointe de la langue; 2° qu’elles sont superficiellement situées pour la plupart ; 3° enfin qu’elles forment par leur juxtaposition une sorte de cône creux ouvert inférieurement pour recevoir les deux génio-glosses.
Les fibres verticales sont un prolongement des génio-glosses. Elles occupent surtout le centre de la langue, ou celles d’un côté se trouvent séparées de celles du côté opposé 'par la lame fibreuse médiane. On ne les observe, du reste, que sur les deux tiers postérieurs de la langue. Au niveau du tiers antérieur, toutes les fibres qui suivaient une direction verticale ou transversale dans les autres régions s’inclinent tellement en avant, qu’elles se confondent avec les fibres longitudinales.
Les fibres transversales ont pour origine : 1° le cérato-glosse et une partie du basio-glosse, qui, parvenus sur les bords de la langue, s’infléchissent à angle droit, pour se porter ensuite, soit directement en dedans, soit en dedans et un peu en avant, jusqu’à la lame fibreuse médiane à laquelle ils s’attachent ; 2° le faisceau supérieur du stylo-glosse qui se comporte de la même manière ; 3° l’amygdalo-glosse, dont la portion horizontale prolonge le plan constitué par les muscles précédents.
A l’aide d’une dissection attentive, on peut donc suivre dans leur continuité les trois ordres de fibres qui forment par leur entremêlement le corps musculaire de la langue. Mais à l’emploi de ce moyen, il convient de joindre des coupes verticales antéro-postérieures et transversales.
Les coupes verticales antéro-postérieures montrent les fibres longitudinales et verticales.
Les coupes verticales et transversales permettent de voir les fibres qui se portent de l’un à l’autre côté. L’aspect de la coupe est du reste très différent, suivant qu’elle intéresse le tiers antérieur, le tiers moyen ou le tiers postérieur de la langue.
Toutes les fibres qui viennent d’être décrites sont donc un prolongement des divers muscles de la langue. — Indépendamment de ces fibres
MYOLOG1E.
venues du dehors, en existe-t-il d’autres qui prendraient naissance dans l’épaisseur de l’organe? Ce second ordre de fibres, dites fibres intrinsèques , par opposition aux précédentes, appelées extrinsèques , est généralement admis. Rien ne démontre cependant leur existence. L’observation vient au contraire les démentir, en permettant de suivre d’une part jusqu’à la lame fibreuse médiane, de l’autre jusqu’à la muqueuse linguale, les fibres extrinsèques. En réalité, c’est à la partie terminale de ces dernières que s’applique la dénomination de fibres intrinsèques.
§ 5. — Région cervicale profonde et médiane ou prévertébrale.
Elle comprend trois muscles, situés sur la face antérieure de la colonne cervicale et la partie supérieure de la colonne dorsale : le grand droit antérieur de la tête, le petit droit antérieur, et le long du cou.
Préparation. - 1° Enlever la voûte du crâne et l’encéphale ; 2° inciser audessus du sternum et de la clavicule toutes les parties situées au-devant de la colonne vertébrale, en ménageant les muscles scalènes pour l’étude desquels la même préparation devra être utilisée; diviser ensuite les parties molles du cou de chaque côté de ces muscles, et détacher le pharynx de bas en haut ; 3° appliquer un trait de scie sur les parties latérales droites de la base du crâne, passant entre la colonne cervicale et le pharynx, puis un second sur les parties latérales gauches semblablement dirigé, et achever d’isoler la moitié antérieure de la tète, ainsi que le pharynx; 4° disséquer les muscles de la région prévertébrale en circonscrivant les tendons par lesquels ils s’attachent aux vertèbres.