IV. — Muscle transversaire épineux
Le transversaire épineux est situé dans les gouttières vertébrales qu’il remplit. Étendu du sommet du sacrum jusqu’à l’axis, il diffère des deux autres muscles de la même région, non seulement par sa situation plus profonde et plus rapprochée du plan médian et par sa longueur plus considérable, mais aussi par sa forme, qui est prismatique et triangu-
2, 2. Fibres transversales qui unissent ces bandelettes. — 3, 4, 5. Autres bandelettes de moins en moins larges qui donnent aussi naissance à des fibres charnues. — 0, 6. Ensemble des faisceaux formant la couche musculaire superficielle de la portion épineuse. — 7, 7. Cette couche musculaire superficielle en partie excisée pour laisser voir la couche musculaire profonde et les bandelettes dont elle tire son origine. — 8, 8. Ces bandelettes et la couche musculaire qui en part. — 9, 9. Tendons par lesquels les faisceaux épineux vont s’attacher aux apophyses épineuses des vertèbres dorsales. — 10, 10. Fibres charnues qui naissent de l’aponévrose spinale et qui constituent le corps du muscle long dorsal.
MYOLOGIE.
laire, par le nombre beaucoup plus grand des faisceaux qui le composent, et par la direction obliquement ascendante de ces faisceaux.
Dans le long trajet que parcourt le transversaire épineux son volume s’accroît et décroît tour à tour : très délié à la partie inférieure de la gouttière sacrée, il augmente d’épaisseur en s’élevant vers les lombes, atteint dans cette région son plus grand diamètre, se rétrécit assez notablement dans sa portion dorsale, et redevient plus épais dans sa portion cervicale ; ses dimensions varient, en un mot, selon la mobilité des diverses régions qu’il parcourt. Cette mobilité étant presque égale pour toutes les vertèbres, dans les premiers temps de la vie, le transversaire épineux présente à cet âge une épaisseur plus uniforme. Chez le vieillard, où les vertèbres tendent de plus en plus à s’immobiliser, il est un des premiers sur lesquels se montre l’atrophie sénile, et un de ceux sur lesquels elle se manifeste par les traits les plus accusés, d’où la dépression qu’on voit se produire à cet âge au niveau des gouttières vertébrales, et la saillie toujours croissante de la crête épinière.
Mode de constitution ; insertions. — Ce muscle est constitué par un très grand nombre de faisceaux aplatis, obliquement étendus des apophyses transverses aux apophyses épineuses des première, seconde, troisième ou quatrième vertèbres qui les surmontent. Les uns sont superficiels, plus longs, plus obliques, plus aplatis ; ils se terminent sur les vertèbres les plus élevées, c’est-à-dire les plus éloignées de celles dont ils partent ; les autres sont profonds, plus courts, plus rapprochés de la direction transversale, et se fixent ù la première ou aux deux premières vertèbres situées immédiatement au-dessus de celle qui leur donne naissance.
Chacun de ces faisceaux est situé entre deux tendons, dont l’un répond à leur face externe, l’autre à leur face interne. Dans leur trajet, on les voit souvent se juxtaposer par leurs bords, se superposer par leurs faces et se confondre en partie, de manière à faire un seul corps charnu entrecoupé de languettes tendineuses, irrégulièrement espacées, très courtes sur certains points, très longues sur d’autres. Le muscle transversaire épineux présente du reste quelques différences, suivant la région à laquelle il correspond.
Dans la région sacrée, il s’insère sur la moitié externe de la gouttière du sacrum, et par un petit nombre de fibres sur la partie correspondante de l’aponévrose spinale. De cette double origine partent des faisceaux étroitement unis, presque entièrement charnus, formant un seul corps qui se dirige verticalement de bas en haut pour aller se fixer à la partie inférieure de la colonne lombaire.
Dans la région lombaire, les faisceaux deviennent beaucoup plus distincts. Ils naissent par de courts tendons du tubercule des apophyses
MUSCLES SPINAUX
articulaires, et vont s’insérer en haut et en dedans, par d’autres tendons courts aussi, aux apophyses épineuses des deux ou trois vertèbres situées au-dessus de celles dont ils naissent.
Dans la région dorsale ils s’étendent des apophyses transverses aux apophyses épineuses des quatre ou cinq premières vertèbres situées plus haut. Les faisceaux musculaires sont donc remarquables, dans cette région, par leur longueur plus considérable.
Sur les vertèbres du cou, ces faisceaux redeviennent moins longs, moins obliques, mais plus épais. Ils s’étendent des apophyses transverses au bord inférieur des apophyses épineuses ; les plus élevés vont se fixer sur celle de l’axis. Huit muscles, par conséquent, convergent vers cette apophyse : les deux muscles qui précèdent, les deux interépineux les plus élevés, les grands obliques et les grands droits postérieurs de la tête ; de là le volumé énorme qu’elle présente.
Rapports . — La face postérieure du transversaire épineux est recouverte : en bas, par l’aponévrose spinale ; au niveau des lombes, par cette même aponévrose et une partie du long dorsal ; plus haut, par les faisceaux épineux du même muscle, et supérieurement par le grand complexus. — Sa face antérieure recouvre les apophyses transverses, les lames vertébrales et les ligaments qui les unissent. — Sa face interne répond aux apophyses épineuses et aux ligaments interépineux.