MUSCLE PETIT OBLIQUE DE L’ABDOMEN
l’interstice de la crête iliaque ; 3° en avant, au quart externe de la face supérieure du ligament de Fallope.
De ces diverses insertions, les fibres charnues se portent en avant et en dedans en affectant une direction divergente. — Celles qui naissent de l’aponévrose postérieure du muscle montent obliquement, croisent à angle droit les fibres du grand oblique, et vont s’insérer à l’extrémité libre de la douzième côte, au cartilage de la onzième et à celui de la dixième, en se confondant au-devant des deux derniers espaces intercostaux avec les fibres des muscles intercostaux internes dont elles suivent la direction, tandis que les fibres de l’oblique descendant sont parallèles au contraire aux fibres des muscles intercostaux externes. — Celles qui partent de la crête iliaque, obliquement ascendantes et perpendiculaires aussi aux fibres de l’oblique descendant, se rendent au bord externe d’une grande aponévrose, Y aponévrose antérieure du petit oblique. — Celles qui viennent de l’épine iliaque antérieure et supérieure se portent horizontalement en dedans pour se terminer sur ce même bord. — Celles qui se fixent sur le ligament de Fallope suivent une direction obliquement descendante. Les plus inférieures décrivent une courbe dont la convexité se dirige en bas ; plusieurs auteurs, et plus particulièrement Jules Cloquet, avaient cru remarquer que ces fibres en anses descendaient sur le cordon des vaisseaux spermatiques jusqu’aux testicules et qu’elles constituaient le crèmaster; mais elles ne dépassent pas l’arcade crurale. Le muscle qui entoure le cordon des vaisseaux spermatiques est constitué par un faisceau particulier qui provient de la partie moyenne de l’arcade crurale. A celui-ci viendrait se joindre, selon la plupart des auteurs, un faisceau interne, partant de l’épine du pubis. Mais on observe bien rarement ce second faisceau, dont l’existence est tout à fait exceptionnelle.
La portion charnue du petit oblique revêt la figure d’un quadrilatère qui s’élargit de haut en bas ; celle du grand oblique est quadrilatère aussi, mais elle s’élargit de bas en haut. Le bord antérieur du grand oblique descend verticalement, tandis que celui du petit oblique s’incline en avant et en dedans .
Au niveau du droit abdominal, l’aponévrose antérieure du petit oblique, après avoir parcouru un très court trajet, se divise en deux lames, dont l’une passe en avant de ce muscle, l’autre en arrière. La lame antérieure recouvre le muscle sur toute sa longueur ; elle adhère par une de ses faces aux intersections fibreuses de celui-ci, et par la face opposée à l’aponévrose du grand oblique. La lame postérieure ne recouvre que ses trois quarts supérieurs. — Parvenues sur le bord interne du muscle droit, les deux lames, en se réunissant, complètent sa gaine ; puis les fibres qui les composent se mêlent à celles du grand oblique en avant, à celles du transverse en arrière, pour former la ligne blanche. En les suivant
MYOLOGIE.
avec attention sur celte ligne, on reconnaît qu’elles croisent celles du grand oblique correspondant et qu’elles vont se continuer avec celles du grand oblique du côté opposé.
Rapports. — La portion charnue du petit oblique, d’abord sousjacente à celle du grand oblique, est recouverte en avant par l’aponévrose de ce muscle, et en arrière, sur une très petite étendue, par le grand dorsal. Elle recouvre le muscle transverse.
Son aponévrose postérieure répond, en arrière à celle du grand dorsal qui lui est intimement unie et dont elle ne se distingue que par la direction de ses fibres. Elle est en rapport en avant avec les muscles spinaux. Son bord supérieur se continue avec le bord correspondant du petit dentelé inférieur.
Son aponévrose antérieure, plus large en haut qu’en bas, adhère par sonfeuillet antérieur à l’aponévrose du grand oblique, par le postérieur à celle du transverse. Ses connexions avec l’une et l’autre sont aussi étroites que celles de l’aponévrose postérieure avec l’aponévrose du grand dorsal.
Action. — Bien que la direction du petit oblique soit diamétralement opposée à celle du grand oblique, il remplit à peu près les mêmes usages que celui-ci. Comme lui, en effet, il comprime les viscères abdominaux en réduisant les dimensions de la cavité qu’ils occupent; comme lui, il abaisse les côtes et joue le rôle d’un muscle expiraleur ; comme lui, il fléchit le thorax en le portant directement en avant si les deux muscles agissent en même temps, mais en le tournant de son côté si leur action est isolée. Comme lui aussi, il élève le bassin au point d’effacer la courbure lombaire.
Il résulte de l’effet inverse que produisent le grand et le petit oblique du même côté, lorsqu’ils se contractent ensemble, que le thorax ne se tourne ni à droite ni à gauche, mais s’infléchit latéralement ; ils deviennent alors congénères du sacro-lombaire.