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RÉGION ANTÉRIEURE DE LARDOMEN

seulement, constituée par une bandelette verticale et antéro-postérieure. C’est toujours sur la première que se trouve situé l’anneau ombilical, et après la naissance la cicatrice qui ferme cet anneau, ou Y ombilic.

La portion supérieure ou transversale présente une grande résistance. Vue par sa face antérieure, elle est manifestement formée par le prolongement et l’entre-croisement des fibres aponévrotiques des muscles grands obliques qui vont se continuer avec celles des petits obliques. Les premières, jusqu’alors superficielles, deviennent profondes au moment où s’établit cette continuité. L’entre-croisement, en d’autres termes, a lieu non seulement de l’un à l’autre côté, mais aussi d’avant en arrière. Il n’est pas du reste simplement linéaire; il s’opère à la fois sur toute la largeur de l’espace qui sépare les deux muscles droits, en sorte que dans sa portion sus-ombilicale la ligne blanche représente une toile très solidement, mais irrégulièrement tissée.

Vue par sa face postérieure, cette toile fibreuse est loin d’offrir le même aspect. Plane en avant, elle revêt en arrière la forme d’une large gouttière, limitée de chaque côté par les muscles droits, et composée de faisceaux fibreux qui s’entre-croisent sous des angles très obtus. Ceux-ci, à la formation desquels les fibres aponévrotiques des muscles transverses prennent la plus grande part, sont séparés par des interstices elliptiques ou fusiformes à direction transversale aussi, étagés et comme imbriqués de haut en bas et d’arrière en avant, en sorte qu’un stylet glissé entre deux faisceaux descend obliquement vers la peau.

La gouttière constituée par l’ensemble de ces faisceaux répond sur toute sa longueur au péritoine, qui ne lui adhère que par un tissu celluloadipeux extrêmement lâche. Mais il n’en est pas ainsi sur les côtés. A droite et à gauche de celle-ci, immédiatement au-dessus de l’ombilic, la membrane séreuse adhère d’une manière très intime à la partie correspondante de la gaine des muscles droits, sur une hauteur qui varie de 2 à 4 ou 5 centimètres ; elle représente ainsi un pont membraneux qui transforme la gouttière sus-ombilicale en une sorte de canal.

Chez le fœtus, on remarque déjà la disposition qui existe chez l’adulte ; seulement le péritoine étant alors peu adhérent, on le détache sans peine sur les deux bords de la gouttière. Plus tard, l’adhérence devient plus solide ; la membrane séreuse s’unit étroitement de chaque côté à l’aponévrose du transverse, mais reste libre au niveau de la gouttière dont elle s’éloigne en haut pour entourer le cordon de la veine ombilicale, tandis qu’elle passe directement en bas de l’un à l’autre côté.

La portion inférieure ou antéro-postérieure de la ligne blanche est extrêmement mince, transparente, très peu résistante. Au-dessus de l’ombilic, la paroi antérieure de l’abdomen emprunte sa solidité à la fois à la ligne blanche et aux muscles droits; au-dessous, elle en est redevable

MYOLOGIE.

presque uniquement à ces muscles qui augmentent d’épaisseur et qui son! renforcés encore par les muscles pyramidaux.

Anneau ombilical . — Les parois de l’abdomen se développent d’arrière en avant et de dehors en dedans. Au début de leur évolution il y a donc une courte période pendant laquelle la paroi antérieure tout entière fait défaut. Mais les deux parois latérales s’allongent, se rapprochent, se soudent d’abord en haut, puis en bas; et bientôt la cavité ne reste ouverte que sur un point qui répond à la partie moyenne de la ligne blanche ; c’est par cette ouverture connue sous le nom d 'anneau ombilical que passent pendant la vie embryonnaire : 1° le pédicule de la vésicule ombilicale, c’est-à-dire le canal de plus en plus étroit par lequel celle-ci communique avec l’intestin ; 2° les vaisseaux omphalo-mésentériques qui l’accompagnent; 3° un autre canal, d’apparition moins précoce, Youraque , étendue de la vessie vers la vésicule allantoïde ; 4° enfin, la veine et les deux artères ombilicales qui mettent en communication la mère et le fœtus. Dans le cours du troisième mois de la grossesse, le pédicule de la vésicule ombilicale s’oblitère, s’atrophie et disparaît; il en est de même des vaisseaux qui suivent son trajet. L’ouraque s’oblitère aussi et se réduit à un simple cordon. Pendant les cinq ou six derniers mois de la vie intra-utérine, l’anneau ombilical n’est donc plus traversé que par la veine et les deux artères ombilicales.

Cet anneau d’apparence circulaire est circonscrit par deux faisceaux fibreux, curvilignes, ne différant de ceux qu’on observe au niveau de la gouttière sus-ombilicale que par leur incurvation plus prononcée. Comme ceux-ci, ils se dirigent dans le sens transversal, l’un tournant sa concavité en bas et l’autre en haut ; comme ceux-ci également ils s’entre-croisent à leurs extrémités. L’ouraque et les deux artères ombilicales contournent le faisceau inférieur sans lui adhérer ; la veine ombilicale contourne le faisceau supérieur.

Ombilic. — Après la naissance, la portion des vaisseaux ombilicaux qui reste appendue au-devant de l’anneau est privée de vie; elle se flétrit, se dessèche, et bientôt se détache. En même temps, l’orifice se resserre et ne tarde pas à s’oblitérer. A l’anneau ombilical succède alors une cicatrice qni porte le nom d 'ombilic.

Pendant que ces phénomènes se produisent au dehors et au niveau de l’orifice, d’autres, de nature très différente, se passent au dedans. Les vaisseaux ombilicaux s’unissent par leur tunique externe ou celluleuse avec le pourtour de l’anneau. Les deux tuniques internes se rétractent, celles de la veine vers le foie, celles des deux artères vers le pubis. L’ouraque se comporte de la même manière. Cinq ou six semaines après la naissance, les trois vaisseaux commencent à s’oblitérer. L’obl itération débute par leur orifice pour remonter ensuile, de proche en

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