II. — Muscle releveur de l’anus
Ce muscle est un de ceux qui a été le plus étudié et un de ceux cependant que nous connaissons le moins. La doctrine de la continuité des fibres entre deux muscles d’action indépendante lui a été appliquée aux diverses époques de la science ; et cette ancienne erreur, sans cesse renouvelée, a singulièrement contribué à compliquer son étude.
Le releveur est situé à la partie inférieure du bassin. Large et mince, curviligne, de figure quadrilatère, il forme avec celui du côté opposé
Fig. 320. — Muscles releveur de Vanus et ischio-coccygien.
1, 1. Détroit supérieur du bassin. — 2. Symphyse des pubis. — 3. Coupe de l’os iliaque. — 4. Orifice postérieur du canal sous-pubien. — 5. Muscle obturateur interne.
— 6. Coupe de la prostate. — 7. Coupe de l’extrémité inférieure du rectum. — 8, 8. Arcade fibreuse à laquelle s’attachent la plupart des libres du releveur de l’anus.
— 9. Faisceau interne de ce muscle s’attachant au corps du pubis et contournant la prostate. — 10, 10. Partie moyenne du même muscle, dont les fibres s’insèrent sur les parties latérales du rectum. — 11. Sa partie postérieure. — 12. Raphé fibreux sur lequel elle se fixe. — 13, 13. Extrémité inférieure du sacrum. — 14. Coccyx. — 15, 15. Muscles ischio-coccygiens. — 16, 16. Faisceau accessoire de ces muscles, s’étendant de l’aponévrose de l’obturateur interne au bord correspondant du sacrum
MYOLOGIE.
une sorte de plancher qui soutient la prostate et le rectum chez l’homme, le rectum et le vagin chez la femme.
Insertions. — Ce muscle prend ses insertions fixes : 1° sur la partie inférieure du corps du pubis; 2° sur l’épine ischiatique; 3° sur une longue arcade fibreuse qui s’étend du pubis vers cette épine, et qui constitue une dépendance de l’aponévrose pelvienne. Les fibres émanées de ces divers points se portent toutes en bas, en dedans et en arrière. Arrivées au voisinage du plan médian, elles se partagent en trois ordres, qui se terminent : les antérieures au-devant du rectum, les moyennes sur les parties latérales de cet organe, les postérieures en arrière de celui-ci.
Les fibres antérieures nées des parties latérale et inférieure de la symphyse pubienne, longent de chaque côté la prostate, puis la contournent en arrière et cheminent alors entre la glande cl le rectum, pour venir se terminer sur le bord supérieur d’un raphé fibreux s’étendant de la partie terminale du rectum vers le bulbe de l’urèthre, raphé qui sera décrit plus loin.
Le groupe des fibres moyennes, plus considérable que le précédent, se dirige en bas et en arrière en décrivant une courbure à concavité supérieure, et s’attache sur une lame cellulo-fibreuse dépendante de l’aponévrose pelvienne, lame qui donne insertion, par sa face opposée, aux fibres longitudinales les plus superficielles du rectum.
Les fibres postérieures, très nombreuses aussi, vont se terminer : 1° sur un raphé fibreux s’étendant du rectum au coccyx, beaucoup plus dense et plus résistant en arrière qu’en avant ; 2° sur le sommet de cet os. — Les plus antérieures s’attachent au-dessus du raphé fibreux en se croisant à angle très aigu, et d’une manière très manifeste ; après s’ètre ainsi entre-croisées, elles parcourent encore 5 à 6 millimètres, en sorte qu’elles couvrent complètement le raphé ; celui-ci n’est donc visible le plus habituellement qu’en arrière. — Les autres s’insèrent sur la partie antérieure du sommet du coccyx.
Eu résumé, le releveur de l’anus prend ses insertions fixes sur les parois anléro-latérales de l’excavation du bassin, et ses insertions mobiles : sur les raphés situés en avant et en arrière du rectum ; et sur une lame fibreuse qui le sépare des parties latérales du rectum.
Rapports. — La face externe de ce muscle répond en haut à l’obturateur interne et à l’aponévrose qui recouvre celui-ci. Plus bas, elle est séparée de l’ischion par une large excavation anguleuse, excavation iscliio-rectale, que remplit une masse cellulo-graisseuse. Plus bas encore, elle est en rapport avec la peau et une épaisse couche adipeuse que traversent des vaisseaux et des nerfs. — Sa face interne est recouverte dans toute son étendue par l’aponévrose pelvienne qui la sépare