‹ Traité d'anatomie descriptiveChapitre 282 sur 481 · MUSCLES JUMEAUX · texte numérisé non relu

MUSCLES JUMEAUX

ueux que ceux du jumeau interne, mais présentent une disposition analogue. La seule différence qui mérite d’être signalée est relative au faisceau externe qui se fixe, non au-dessus du condyle, mais sur une facette à peu près circulaire et nettement limitée qui repose sur sa face externe. Cette insertion a lieu aussi par un tendon aplati qui s’épanouit sur la partie externe et postérieure du muscle en se prolongeant jusqu’à son tiers inférieur. En outre, on voit un petit groupe de fibres charnues s’attacher directement sur la capsule fibreuse du condyle.

Des tendons d’origine et de chacune des aponévroses formées par leur épanouissement, naissent un très grand nombre de fibres charnues, qui se dirigent en bas et en avant pour aller se terminer sur une longue et très vaste aponévrose, commune aux deux jumeaux. Elles forment deux faisceaux de figure ovalaire plus épais à leur partie moyenne qu a leurs extrémités, et sur le bord qui répond à l’axe de la jambe que sur le bord opposé. — Le faisceau interne est circonscrit en bas par une ligne courbe à convexité inférieure qui marque le défaut du mollet et qui répond le plus habituellement à la partie moyenne de la jambe. — Le faisceau externe est circonscrit par une ligne semblable qui reste en général un peu plus élevée, mais qu’on voit cependant chez quelques individus s’abaisser au contraire davantage. En se réunissant sur la partie médiane de l’aponévrose commune, les deux courbes forment un angle ouvert en bas.

Des deux bords des jumeaux, le plus éloigné de l’axe de la jambe est mince, convexe et en partie recouvert par l’aponévrose d’origine. Le plus rapproché de cet axe est constitué par des fibres obliquement descendantes qui convergent avec celles du bord voisin et qui s’insèrent sur la partie médiane de l’aponévrose commune. Les supérieures, séparées à leur origine par toute la largeur de l’espace intercondylien, forment un angle ouvert en haut : c’est l’angle inférieur du creux poplité. Les suivantes se comportent de la même manière ; mais celles d’un bord se juxtaposent à celles du bord opposé, sur toute leur longueur: de là un sillon vertical qui établit la limite respeclive des deux muscles; en écartant les jumeaux, on aperçoit au fond du sillon la partie médiane de l’aponévrose commune (fig. 371).

L’aponévrose de terminaison des jumeaux, ou aponévrose antérieure, aponévrose commune, est formée de deux portions d’abord indépen-

don de ce muscle. — 5. Poplité. — G. Anneau fibreux du soléaire. — 7. Attache du jumeau interne. — 8. Attache du jumeau externe. — 9. Tendon du biceps fémoral. — 10. Tendon du demi-membraneux. — 11. Grand adducteur de la cuisse. — 12. Tendon de sa longue portion. — 13. Son anneau fibreux destiné à livrer passage aux vaisseaux fémoraux. — 14. Cloison intcrmusculaire externe. — 15. Faisceau inférieur du vaste externe. — 16. Tendon du long fléchisseur commun des orteils. — 17. Tendon du long péronier latéral. — 18. Tendon du court péronier latéral. — 19. Long fléchisseur propre du gros orteil.

IVe ÉDIT.

il. — 26

MYOLOGIE.

dantes, mais qui se réunissent plus bas et qui forment alors un plan fibreux d’une largeur égale à celle des deux corps charnus. Celte aponévrose, d’un blanc nacré, s’épaissit et se rétrécit en descendant, puis s’unit, un peu au-dessous de la partie moyenne de la jambe, à celle du soléaire.

Rapports. — Les jumeaux sont recouverts par l’aponévrose et la peau. La veine et le nerf saphènes externes répondent à leur interstice. — Ils recouvrent le soléaire, le plantaire grêle et le poplité. — Le jumeau interne est en rapport, à son origine, avec la capsule fibreuse du condyle correspondant, à laquelle il adhère en haut de la manière la plus intime. La partie centrale de cette capsule est souvent percée d’un large orifice; le tendon du muscle s’applique alors immédiatement à la surface cartilagineuse du condyle sur laquelle il glisse. Dans quelques cas, ce tendon renferme un noyau fibro-cartilagineux de minimes dimensions, qui peut s’incruster de phosphate calcaire et qui représente alors un os sésamoïde. — Le jumeau externe recouvre aussi la capsule fibreuse du condyle sous-jacent, capsule qui reste imperforée chez la plupart des individus, et avec laquelle il s’identifie. Son tendon présente plus fréquemment que le précédent un noyau fibro-cartilagineux.

D. — Muscle soléaire.

Le soléaire (de solea , semelle), situé au-devant des, jumeaux, est un muscle allongé, très large, charnu et ovalaire supérieurement, étroit et tendineux inférieurement (fig. 372, 2).

Insertions . — Il s’attache en haut au péroné, au tibia et à une arcade fibreuse étendue de la tête du péroné à l’aponévrose de ce muscle.

Les insertions qu’il prend sur le péroné se font : 1° à la partie postérieure et interne de la tête de cet os; 2° sur les deux cinquièmes supérieurs de son bord externe; 3° sur le tiers supérieur de sa face postérieure. Ces insertions ont lieu par une aponévrose qui s’étale sur la moitié externe de la face antérieure du muscle, et qui descend jusqu’au tiers inférieur de la jambe.

Les insertions sur le tibia répondent : 1° à la ligne oblique de cet os ; 2° au tiers moyen de son bord interne. Elles se font par une seconde aponévrose, plus forte et plus large que la précédente, se prolongeant aussi bas que celle-ci, à laquelle elle s’unit sur la plus grande partie de son étendue. De la partie postérieure et médiane du plan formé par leur réunion, s’élève une mince cloison antéro-postérieure qui divise le corps charnu du muscle en deux faisceaux, l’un interne, l’autre externe, parfaitement comparables aux deux jumeaux.

L’arcade fibreuse du soléaire sous laquelle passent l’artère et la veine poplitées et le tronc nerveux qui les accompagne, naît ordinairement de la tète du péroné, quelquefois en partie de celui-ci, en partie du bord

muscle soléaire.

inférieur du tendon du poplité. Elle forme une bandelette épaisse, très résistante, qui se porte en bas et en dedans, puis se partage en arrière des vaisseaux poplités en deux branches : dont l’une, beaucoup plus importante, se dirige verticalement en bas pour renforcer la partie médiane de l’aponévrose d’origine, tandis que l’autre, notablement plus mince, contourne les vaisseaux pour venir se perdre sur l’aponévrose du poplité. Par sa concavité tournée en haut et en avant, cette large arcade demicirculaire embrasse les deux troncs vasculaires et le tronc nerveux qui les accompagne ; par sa convexité dirigée en arrière, elle donne attache à un très grand nombre de fibres musculaires qui la recouvrent presque entièrement.

Les fibres charnues émanées de cette arcade, des deux os de la jambe et de la face antérieure des deux aponévroses d’origine, se portent en bas, les moyennes verticalement, les internes en s’inclinant en dehors, les externes en s’inclinant en dedans. Les premières s’insèrent, pour la plupart, sur les deux faces de la cloison médiane du muscle. Les autres, infiniment plus nombreuses, vont se rendre sur la face antérieure et sur les bords d’une longue et large aponévrose de terminaison qu’elles recouvrent presque entièrement. Les plus inférieures se prolongent très bas; en général elles sont séparées du calcanéum par un intervalle moyen de 5 centimètres, que j’ai vu se réduire à 3, à 2 et même à 1 centimètre. Cette aponévrose, en descendant, se rétrécit et s’épaissit, puis se confond par sa face postérieure avec l’aponévrose des jumeaux, un peu au-dessous de la partie moyenne de la jambe, pour constituer avec celle-ci le tendon d’Achille.

Rapports. — Le soléaire est recouvert par les jumeaux et le tendon du plantaire grêle. Il recouvre le jambier postérieur, le long fléchisseur commun des orteils et le long fléchisseur propre du gros orteil.

Tendon d'Achille. — Ce tendon, formé par la fusion des aponévroses terminales du soléaire et des jumeaux, est ainsi constitué : l’aponévrose de terminaison des jumeaux, parvenue à l’extrémité inférieure des deux corps charnus qui la recouvrent, poursuit son trajet, parcourt encore 3 à 4 centimètres, et s’unit à celle du soléaire.

De cette union résulte un large tendon qui se rétrécit, s’épaissit et sur la face antérieure duquel les fibres charnues continuent de s’attacher. A 5 centimètres au-dessus du calcanéum, la face antérieure elle-même devient libre. Au niveau de l’articulation tibio-tarsienne, le tendon acquiert sa plus grande étroitesse et sa plus grande épaisseur. En descendant derrière le calcanéum, il s’élargit un peu, puis s’insère à la moitié inférieure de sa face postérieure. Une synoviale constante le sépare du tiers supérieur de cette face; de longues séries linéaires de cellules cartilagineuses répondent à son insertion.

MYOLOGIE.

Action du triceps de la jambe. — Ce muscle imprime au pied un triple mouvement de rotation : 1° un mouvement autour de son axe transversal, qui a pour effet l’abaissement de sa pointe et l’élévation du talon ; 2° un mouvement autour de son axe vertical par lequel la première est portée en dedans et le second en dehors ; 3° un mouvement autour de son axe antéro-postérieur par suite duquel son bord externe s’élève pendant que l’interne s’abaisse. Le triceps sural, en un mot, est à la fois extenseur, adducteur et rotateur du pied en dedans. De ces trois mouvements, le plus important est le mouvement d’extension, mouvement extrêmement énergique que nous expliquent bien la multiplicité des fibres dont le muscle se compose et l’insertion perpendiculaire de celui-ci sur le levier qu’il doit mouvoir.

C’est surtout pendant la marche que le triceps sural entre en action : c’est dans le saut qu’il déploie toute sa vigueur. Dans l’un et l’autre cas, le pied représente un levier du second genre; le point d’appui est en avant, la puissance en arrière, et la résistance constituée par le poids du corps au milieu.

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