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IL - Rapports des artères

Les artères présentent des connexions importantes avec les veines, les nerfs, les aponévroses, les muscles, les os, et sur quelques points avec la peau. Un tissu conjonctif filamenteux les unit à ces divers organes.

a. Rapports avec les veines > — Les vaisseaux veineux affectent les rapports les plus intimes avec les artères» Sur presque tous les points de l’économie on voit ces deux ordres de conduits s’accoler l’un à l’autre, et cet accolement devenir d’autant plus complet que l’on s’éloigne davantage du centre circulatoire. Tandis qu’un seul tronc veineux correspond aux troncs artériels qui occupent le cou, la tête et la racine des

RAPPORTS t)ES ARTÈRES.

membres, deux veines accompagnent les artères qui se distribuent au bras, à l’avant-bras et à la main, à la jambe et au pied. Le sang qui est transporté aux organes par une seule artère est donc assez fréquemment ramené vers le cœur par deux veines.

Lorsque trois vaisseaux se juxtaposent, l’artère est intermédiaire aux deux veines, qui marchent l’une à droite et l’autre à gauche, ou bien l’une en avant et l’autre en arrière.

Lorsqu’une artère est accompagnée d’une seule veine, celle-ci est en général plus superficielle, en d’âutres termes elle est plus rapprochée de la peau : ainsi les veines jugulaires internes sont plus rapprochées des téguments que les carotides primitives, les veines sous-clavières sont plus antérieures que les artères correspondantes, les veines poplitées sont plus postérieures que les artères qu’elles accompagnent, etc.

b. Rapports avec les nerfs. — Les divisions nerveuses naissent du systèmes cérébro-spinal et du système ganglionnaire.

Les nerfs émanés de l’axe cérébro-spinal comparés aux artères voisines occupent une situation plus superficielle que celle-ci : ainsi les nerfs médian et cubital recouvrent l’artère axillaire 5 le premier de ces nerfs passe au-devant de l’artère brachiale et se place ensuite à son côté interne : le nerf radial est situé en dehors de l’artère radiale, et le nerf cubital en dedans de l’artère cubitale, de telle sorte que ces vaisseaux se rapprochent plus de l’axe de l’avant-bras, et les nerfs davantage des téguments. A la cuisse, le nerf crural occupe également le côté externe et antérieur de l’artère fémorale ; le nerf saphène interne côtoie le côté antérieur du même vaisseau, etc. ; en un mot, la loi qui détermine la situation respective des artères et des veines est aussi celle qui règle les rapports des nerfs sensitifs ou moteurs avec le système artériel ; et cette loi elle-même dérive de la tendance constante que présentent les artères à se réfugier au milieu des parties les plus profondément situées. On peut exprimer les rapports généraux des artères, des veines et des nerfs, en disant qu’une incision pratiquée sur les membres, des parties superficielles vers les parties profondes, dans le but de découvrir ces divers organes, rencontrera d’abord les cordons nerveux, puis les vaisseaux à sang noir, puis enfin les vaisseaux à sang rouge.

Les nerfs émanés du système ganglionnaire présentent des relations très intimes avec la plupart des artères viscérales du tronc. Ils s’anastomosent et forment des plexus qui les enlacent. Ces connexions ont fait penser à quelques anatomistes que les branches venues du grand sympathique s’épuisaient en totalité dans les parois des vaisseaux correspondants, opinion que les faits viennent formellement démentir; car, si l’on suit quelques-unes de ces branches, on les voit s’éloigner des parois artérielles à une certaine distances des viscères, et plonger dans l’épais-

ÀNGJOLOG1E.

seur de ces derniers isolément des ramifications vasculaires. Les nerfs ganglionnaires ne sont donc nullement destinés aux artères qu’ils entourent, mais aux organes dans lesquels ces vaisseaux se terminent. S’ils rampent sur ces vaisseaux, c’est afin de leur emprunter le soutien qui leur manque, semblables à ces plantes grimpantes que nous voyons prendre un point d’appui sur tout ce qui s’élève et résiste autour d’elles, sans rien perdre cependant de leur indépendance. Pour compléter la démonstration, j’ajouterai que j’ai pu suivre jusqu’à leur terminaison les nerfs ganglionnaires de plusieurs viscères et particulièrement ceux des poumons; eh bien, pour ce dernier organe, non seulement les ramifications nerveuses ne s’épuisent pas dans l’artère pulmonaire, mais elles n’affeclent aucun rapport de contiguïté avec ce tronc artériel ; toutes se jettent sur le tronc aérifère, plus résistant encore que l’artère; elles le suivent jusqu’à ses dernières divisions, sans s’en écarter un seul instant, et s’y épuisent manifestement.

c. Rapports avec les aponévroses . — Les artères sont sous-aponévrotiques, et même sous-musculaires pour la plupart. De l’union des cloisons émanées de la surface interne des aponévroses résultent poulies plus importantes d’entre elles, de véritables gaines, tout à fait analogues aux gaines musculaires; les artères carotides primitives, les artères humérales, crurales, etc., nous offrent des exemples remarquables de ce mode d’engainement.

A l’intérieur de ces gaines vasculaires, on ne trouve pas seulement un tronc artériel, mais aussi le tronc veineux qui l’accompagne et le plus souvent un cordon nerveux : ainsi le pneumogastrique est compris dans la gaine des gros vaisseaux du cou, le médian dans celle des vaisseaux du bras, et le saphène interne dans celle des troncs fémoraux; de là ce précepte important qui prescrit, après l’incision de la gaine commune, de dénuder attentivement l’artère afin de ne jamais comprendre dans la ligature la veine et le nerf qui lui sont accolés.

Si les cloisons fibreuses ne sont pas assez multipliées pour circonscrire complètement par leur rencontre les troncs vasculaires, il n’y a plus d’engainement. Mais alors il existe encore le plus souvent une lame aponévrotique qui les maintient appliqués, tantôt sur un plan musculaire et tantôt sur des plans ligamenteux et osseux : les artères, tibiale postérieure, interosseuse de l’avant-bras et pédieuse, nous présentent autant d’exemples de cet engainement incomplet.

d. Rapports avec les muscles. — Les artères sont logées dans les interstices des muscles; elles affectent par conséquent avec ces organes des rapports étendus et fort importants à connaître.

Parmi les muscles il en est un grand nombre qui se dessinent audessous des téguments. A l’aide des reliefs qu’ils présentent on arrive

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