I. — Artère épigastrique
Les rapports intimes qu’affecte cette artère avec l’anneau par lequel les viscères abdominaux s’échappent le plus habituellement de l’abdomen lui donnent une haute importance en médecine opératoire.
L’épigastrique naît de la partie antérieure de l’iliaque externe, à 12 millimètres au-dessus de l’arcade crurale. Elle se dirige aussitôt en bas vers cette arcade, au-dessus de laquelle on la voit se réfléchir de bas en haut, en décrivant une courbure à concavité supérieure qui embrasse la courbure à concavité inférieure du canal déférent chez l’homme, et du ligament rond chez la femme. Après sa réflexion elle se dirige en haut et en dedans vers le muscle droit de l’abdomen ; puis chemine sur sa face postérieure, pénètre bientôt dans son épaisseur, et monte alors verticalement dans la région ombilicale où elle se termine.
Cette artère, dans le trajet qu’elle parcourt, présente donc : une portion descendante, une portion ascendante et oblique, une portion ascendante et verticale. Ses rapports diffèrent pour chacune d’elles.
1° Rapports de la portion descendante. — Elle répond : en haut au péritoine, en basa la veine iliaque qu’elle croise obliquement et dont elle est séparée par un gros ganglion lymphatique. L’épigastrique naît quelquefois au niveau de l’arcade crurale, et plus rarement de l’artère fémorale; dans le premier cas la portion descendante n’existe pas; dans le second l’artère à son origine devient au contraire ascendante.
2° Rapports de la portion ascendante et oblique. — Ils doivent être examinés dans son quart inférieur et ses trois quarts supérieurs.
Dans son quart inférieur elle répond : en avant, à la paroi postérieure du canal inguinal, c’est-à-dire au fascia transversalis. — En arrière, au canal déférent ou au ligament rond qui la croisent à angle droit un peu au-dessus de l’angle de réflexion de l’épigastrique. — En dehors, à la fosse inguinale externe, c’est-à-dire à l’orifice supérieur du canal inguinal, de telle sorte que lorsque les viscères abdominaux s’engagent dans ce canal pour le traverser, l’artère occupe leur côté interne. — En dedans, à la fosse inguinale interne qui cède quelquefois à l’effort des viscères abdominaux, lesquels s’échappent alors directement par l’orifice inférieur du canal inguinal ; dans ce cas, l’épigastrique est située à leur côté externe. Suivant que les viscères sortent par la fosse inguinale externe, c’est-à-dire par le canal inguinal ou par la fosse inguinale interne, c’està-dire en traversant seulement l’orifice inférieur du canal, la hernie est dite inguinale externe ou oblique et inguinale interne ou directe. Dans les hernies inguinales externes, l’artère occupant le côté interne du collet du sac, on débride eu haut et eu dehors; dans la hernie inguinale interne, le débridement se fait en dedans.
Dans ses trois quarts supérieurs la portion ascendante et oblique est en rapport : en arrière, avec le péritoine ; en avant, avec le fascia transversalis et plus haut avec la gaine du muscle droit.
3° Rapports de la portion verticale. — Dans sa partie terminale l’épigastrique chemine d’abord entre le muscle droit et sa gaine fibreuse ; puis dans l’épaisseur du muscle, auquel elle donne un grand nombre de branches qui s’en détachent successivement, et dont les dernières divisions s’anastomosent avec celles de la mammaire interne.
Branches collatérales. — Elles sont plus remarquables par leur nombre que par leur volume ; je mentionnerai seulement :
1° Un rameau antérieur ou funiculaire qui pénètre dans le canal inguinal, pour suivre le cordon des vaisseaux spermatiques chez l’homme, le ligament rond chez la femme ; ce rameau se distribue, chez l’un, au crémaster et aux autres parties constituantes du cordon, en s’anastomosant avec l’artère testiculaire et l’artère déférentielle ; chez l’autre, il se perd dans l’épaisseur des grandes lèvres ;
2° Un rameau transversal ou pubien qui longe le bord supérieur du pubis et qui s’anastomose avec celui du côté opposé ;
3° Un rameau postérieur ou anastomotique qui descend perpendiculairement derrière la branche horizontale du pubis pour se réunir à l’artère obturatrice, dont il constitue l’une des origines : lorsqu’il prend un développement anormal, cette artère, dans le trajet qu’elle parcourt du tronc de l’hypogastrique à l’anastomose qu’elle reçoit, diminue de calibre ; son volume décroît d’autant plus que celui. du rameau anastomotique devient plus considérable ; elle semble naître alors de l’épigastrique. Mais elle a conservé son origine et sa direction normales ; il y a ici simple anomalie par renversement de volume ;
4° Après avoir émis les rameaux qui précèdent, elle donne des rameaux externes qui se répandent dans le muscle transverse et le muscle droit ; quelques-uns traversent la gaine de celui-ci vers son bord externe pour se perdre dans la couche cellulo-graisseuse sous-cutanée et la peau ;
5° Des rameaux internes plus nombreux qui se consument dans le muscle droit et les téguments situés au-devant de la ligne blanche.