IV. Ai» 1ère fémorale profonde
L’artère fémorale profonde, ou musculaire profonde , est essentiellement destinée aux muscles de la cuisse. Elle constitue l’artère de la cuisse proprement dite, la fémorale ne faisant pour ainsi dire que la traverser pour aller se distribuer à des parties plus éloignées du membre.
Son calibre est en rapport avec la grande étendue de sa distribution ; il diffère très peu de celui du tronc artériel.
Origine. — Cette artère naît de la partie postérieure de la fémorale, à 4 ou 5 centimètres au-dessous de l’arcade crurale ; entre le pubis et le petit trochanter, à égale distance de l’un 'et de l’autre; quelquefois sur un point plus élevé, rarement plus bas.
Direction. — Elle se porte d’abord en arrière et descend ensuite verticalement, au centre de la cuisse, derrière le tronc fémoral qui lui est parallèle, en dehors du pectiné et du petit adducteur, en dedans du vaste interne. Plus bas, elle s’engage sous le moyen adducteur, pour cheminer entre ce muscle et le grand adducteur; puis traverse ce dernier vers la partie moyenne de la cuisse ou un peu au-dessous, et se termine dans les muscles biceps et demi-membraneux.
Branches collatérales. — Dans son trajet, l’artère fémorale profonde donne plusieurs branches volumineuses et fort importantes : la circonflexe interne, la circonflexe externe et les perforantes.
1° Circonflexe interne on postérieure. — Elle part Ordinairement de la profonde sur un point très rapproché de son origine, et quelquefois du tronc de la fémorale. — Son volume, assez considérable, est tantôt égal et tantôt supérieur àcelui de la grande musculaire superficielle. — Située à son origine au côté interne du tendon des muscles psoas et iliaque, elle s’enfonce bientôt entre le pectiné et le col du fémur qu’elle contourne d’avant en arrière et de dedans en dehors, de même que la circonflexe postérieure de l’épaule contourne le col chirurgical de l’humérus, et arrive en longeant l’obturateur externe au-devant du muscle carré où elle se divise en deux branches terminales. — Avant sa bifurcation, la circonflexe interne fournit :
ÀNGT0L0G1E.
1° Une branche articulaire qui se porte en haut et en dedans, parallèlement au ligament capsulaire sur lequel elle est appliquée, et qui pénètre dans l’articulation coxo-fémorale par l’échancrure de la cavité cotyloïde. Parvenue à la base du ligament rond elle se partage : en rameaux cotyloïdiens qui se perdent soit dans le tissu cellulo-adipeux de l’arrière-fond de la cavité cotyloïde, soit dans les parois de cette arrière-cavité 5 et rameaux fémoraux , qui parcourent l’axe du ligament rond pour aller se ramifier dans la tête fémorale; cette branche articulaire, ainsi que nous l’avons vu, vient assez fréquemment de l’obturatrice.
2° Des branches périostiques fort remarquables qui traversent l’extrémité inférieure de la capsule articulaire et rampent de bas en haut, à la surface du col du fémur, sous la synoviale dont elles reçoivent au voisinage de la tête fémorale une enveloppe complète. Ces branches, très nombreuses, s’avancent jusqu’au niveau de la couche cartilagineuse, en s’anastomosant par des minuscules latéraux. Du périoste elles passent au col et à la tête du fémur, où les plus élevées communiquent avec les rameaux transmis par le ligament rond. A la suite d’une fracture inlra-arliculaire du col, ces derniers sont les seuls vaisseaux nutritifs qui arrivent à la tête du fémur; ils suffisent pour entretenir la vitalité de ce fragment.
3° Des branches musculaires destinées au pectiné, à l’obturateur externe et au grand adducteur; elles s’anastomosent avec la termin ison de l’obturatrice.
Branches terminales. — Au nombre de deux : l’une obliquement ascendante, l’autre descendante, et en général plus volumineuse.
La branche ascendante passe au-devant du carré crural et se termine au niveau de la cavité digitale du grand trochanter; ses rameaux se distribuent au carré, à l’obturateur externe, à l’obturateur interne, aux deux jumeaux, à la capsule articulaire et au périoste; ils communiquent avec la honteuse interne et l’ischiatique.
La branche descendante chemine entre le grand adducteur et le carré qui en reçoivent des rameaux, contourne ensuite le bord inférieur du second, pour se terminer dans le grand fessier, le demi-membraneux, le demi-tendineux, le triceps, le nerf sciatique et les téguments de la partie postérieure de la cuisse. Elle communique en haut avec l’ischiatique, en bas avec la première perforante et la circonflexe externe.
2° Artère circonflexe externe ou antérieure. — Elle vient de la musculaire profonde et dans quelques circonstances très rares de la fémorale. Très souvent on la voit naître par un tronc commun avec la grande musculaire superficielle. Cetle artère se dirige horizontalement de dedans en dehors, en passant au-devant des muscles psoas et iliaque
ARTÈRE FÉMORALE.
auxquels elle abandonne quelques ramuscules; chemine ensuite entre le droit antérieur et le vaste interne ; puis se divise en deux branches qu’on peut distinguer en ascendante et transversale.
La branche ascendante se ramifie dans le tenseur du fascia lata, dans la partie antérieure des muscles moyen et petit fessiers, et dans la partie correspondante du ligament capsulaire de l’articulation de la hanche. Elle s’anastomose avec les dernières divisions de la fessière.
La branche transversale continue le tronc de la circonflexe. Elle contourne la base du grand trochanter, en cheminant dans l’épaisseur du vaste externe. La plupart de ses rameaux s’épuisent dans ce muscle, que traversent quelques ramuscules pour se continuer avec les ramifications correspondantes de l’ischiatique et de la circonflexe interne.
3° Perforantes. — Ordinairement au nombre de trois, ces artères, en général volumineuses, ont été distinguées sous les noms de première, seconde, etc., en procédant de haut en bas. La troisième est représentée par la branche terminale de la fémorale profonde.
Les trois perforantes se comportent de la même manière. Dès leur origine chacune d’elles s’engage sous une large arcade fibreuse, dépendante du grand adducteur, arcade dont les piliers s’insèrent à la ligne âpre du fémur, et sous laquelle passent non seulement les perforantes, mais les deux veines très volumineuses qui les accompagnent. En traversant ces anneaux moitié osseux, moitié fibreux, chaque perforante fournit deux rameaux périostiques fort remarquables qui contournent, l’un la demi-circonférence interne , l’autre la demi-circonférence externe du corps du fémur, et qui recouvrent de leurs nombreuses ramifications toute la diaphyse de l’os. Parvenues à la partie postérieure de la cuisse, elles se divisent en trois branches terminales : l’une transversale, destinée au vaste externe, dans lequel elle pénètre aussitôt, en passant sous une seconde arcade fibreuse; la seconde ascendante, et la troisième descendante, qui se ramifient dans les muscles de la partie postérieure de la cuisse.
La perforante supérieure, plus volumineuse que les suivantes, naît de la profonde à 2 ou 3 centimètres au-dessous du petit trochanter. L’anneau fibreux sous lequel elle passe répond à l’interstice qui sépare la portion supérieure de la portion moyenne de ce muscle. — Sa branche transversale, peu considérable, contourne la base du grand trochanter pour se rendre dans la partie la plus élevée du vaste externe. — Sa branche ascendante, très volumineuse, s’applique à la face profonde du grand fessier, auquel elle est surtout destinée ; elle s’anastomose par de nombreuses divisions avec la fessière, l’obturatrice et la circonflexe interne. — Sa branche descendante se termine dans la longue portion du biceps, le demi-tendineux et le demi-membraneux.
ANGIOLOGIE.
La seconde perforante fournit l’artère nourricière du fémur. — Sa branche transversale, souvent double et en général assez volumineuse, pénètre aussitôt dans le vaste externe, sous une arcade fibreuse, et s’épuise dans ce muscle en s’anastomosant avec les dernières divisions de la grande musculaire superficielle. — Sa branche ascendante se distribue aux muscles fléchisseurs de la jambe, dans lesquels elle s’anastomose avec les divisions descendantes de la première perforante. — Sa branche descendante se ramifie dans les mêmes muscles.
La troisième perforante, ou branche terminale de la musculaire profonde, traverse le grand adducteur à 3 ou i centimètres au-dessus de l’anneau qui livre passage aux vaisseaux fémoraux. Ses trois branches se comportent comme celles de la seconde perforante avec laquelle elle s’anastomose par ses rameaux ascendants, tandis qu’elle se continue par ses rameaux descendants avec l’articulaire supérieure externe ou l’une des branches que la poplitée fournit au biceps fémoral.
En se continuant entre elles par leurs branches ascendante et descendante, les trois perforantes forment une série d’arcades vasculaires que l’artère ischiatique prolonge en haut jusqu’au tronc de l’hypogastrique, et qui est prolongée en bas par l’articulaire supérieure externe jusqu’à la poplitée. Cette longue succession d’arcades représente un canal collatéral de très petit calibre. Que ce canal atteigne des dimensions plus considérables, l’bypogastrique semblera se continuer avec la poplitée; et l’on pourra croire, comme on l’a cru en effet, que la fémorale s’est détournée de son trajet accoutumé pour venir se placer à la partie postérieure de la cuisse. Ce fait, au premier aspect si étrange, est donc en réalité d’une extrême simplicité; nous avons vu qu’il rentre dans la classe si nombreuse des anomalies par inversion de volume.
Y. — Grande anastomotique.
Cette branche de la fémorale est remarquable sous le triple rapport de son origine, de son volume et de sa distribution. Elle a été décrite par la plupart de nos auteurs classiques sous le nom de première articulaire supérieure interne.
La grande anastomotique naît de la partie la plus inférieure de la fémorale, au niveau de l’anneau du troisième adducteur. Elle sort de cet anneau par un orifice qui lui est commun avec le nerf saphène interne, descend ensuite verticalement entre le tendon de la longue portion du grand adducteur et le vaste interne, puis se divise bientôt en deux branches, l’une profonde ou périostique, l'autre superficielle ou tégumentaire.
La branche profonde ou périostique s’enfonce sous le bord postérieur du vaste interne, entre ce muscle et la face antérieure du fémur qu’elle
ARTÈRE POPLITÉE.
couvre de ses rameaux divergents, communique avec l’articulaire supérieure interne et se termine en s’anastomosant au-dessus de la poulie fémorale avec l’articulaire supérieure externe. De cette anastomose résulte une arcade dont la concavité tournée en haut émet un grand nombre de ramifications ascendantes destinées au périoste et au tissu osseux.
La branche superficielle ou tégumentaire descend sur la partie interne et antérieure de l’articulation du genou et se partage : en rameaux externes qui vont s’anastomoser au-dessus et au-devant de la rotule avec l’articulaire supérieure externe; en rameaux internes qui s’anastomosent avec l’articulaire supérieure interne, et en rameaux inférieurs qui s’anastomosent avec les articulaires inférieures et la récurrente tibiale. Ces rameaux, recouverts par le prolongement de l’aponévrose fémorale, se consument pour la plupart dans les téguments du genou.
Par sa distribution, la grande anastomotique établit donc des communications multipliées entre toutes les articulaires, et concourt ainsi à la formation d’un canal collatéral qui descend au-devant du genou, et qui va s’ouvrir d’une part dans la poplitée, de l’autre dans la tibiale antérieure.
§ 5. — Artère poplitée.
L’artère poplitée est située à la partie postérieure de l’articulation fémoro-tibiale, dans une excavation de forme losangique que circonscrivent en bas les deux jumeaux, en haut le muscle demi-membraneux et le biceps.
Elle s’étend de l’anneau du troisième adducteur où elle se continue avec la fémorale, à l’anneau du muscle soléaire ou se divise en tibiale antérieure et tibio-péronière.
Sa longueur, qui varie de 15 à 18 centimètres, comprend le tiers inférieur de la cuisse et le quart supérieur de la jambe.
Sa direction est d’abord oblique de haut en bas et de dedans en dehors ; parvenue dans l’espace intercondylien, elle devient verticale. — Piectiligne pendant l’extension, et flexueuse durant la flexion de la jambe, cette artère est de toutes les branches de l’aorte celle sur laquelle l’appareil locomoteur exerce le plus d’influence par les alternatives presque incessantes de redressement et d’incurvation qu’il lui impose. Qu’un dépôt de phosphate calcaire ou des produits athéromateux envahissent bipartie moyenne de l’humérale, de la fémorale, de l’iliaque ou de la tibiale postérieure, il n’en résultera, le plus souvent, aucun inconvénient ; mais que de semblables dépôts se produisent dans l’épaisseur de la poplitée, ses tuniques interne et moyenne ne seront-elles pas infiniment plus exposées à se déchirer? Sans recourir à la théorie d’une déchirure
ANGIOLOGIE.
partielle par l’extension forcée de la jambe, théorie qui nous paraît contestable, on comprend donc facilement que sous l’empire des conditions mécaniques auxquelles elle demeure soumise, cette artère soit le siège le plus habituel des tumeurs anévrysmales.
Rapports. — En arrière, l’artère est en rapport : avec la veine poplitée et le nerf sciatique poplité interne ; avec le demi-membraneux et les jumeaux ; et plus superficiellement avec une couche adipeuse qui la sépare de l’aponévrose et de la veine saphène externe.
La veine recouvre l’artère et lui adhère par un tissu cellulaire assez dense. — Le nerf, plus superficiel que la veine, longe d’abord le côté externe de celle-ci, et se place ensuite à son côté postérieur.
Le demi-membraneux recouvre en haut les deux troncs vasculaires qu’il croise à angle très aigu, et répond plus bas à leur côté interne. Les jumeaux, en se juxtaposant, recouvrent inférieurement le nerf, la veine et l’artère.
La couche adipeuse du creux poplité, deslinée à remplir lous les vides.
Fig. 417. — \. Tronc de l’artère poplitée. — .2. Ce même tronc s’engageant dans l’anneau du soléaire. — 3. Articulaire supérieure externe. — 4. Articulaire inférieure externe. — 5. Articulaire supérieure interne. — 0. Articulaire inférieure interne. — 7, 7. Artères jumelles. — 8. Origine de la tibiale antérieure. — 9. Tronc tibio-péronier. — 10. Artère nourricière du tibia. — 11. Bifurcation du tronc tibio-péronier. — 12. Artère tibiale postérieure. — 13. Péronière.
Fig. 418. — 1,1. Artère poplitée. — 2. Articulaire supérieure externe. — 3. Articulaire inférieure externe.
Fig. 419. — 1, 1. Grande anastomotique. — 2. Articulaire supérieure externe. — 3. Articulaire inférieure externe. — 4. Articulaire inférieure interne.
A rtère poplitées ; ses principales branches.
Fig. 418.
Artères articulaires externes.
Fig. 419.
Grande
anastomotique.
ARTÈRE POPLITÉE.
s’étale largement en arrière sur le faisceau vasculo-nerveux de la région en formant une couche sous-aponévrotique plus ou moins épaisse. C’est dans cette couche que sont situés les ganglions poplités superficiels, au nombre de deux ou trois, en général très petits.
En avant, l’artère poplitée répond de haut en bas à la partie postérieure du corps du fémur sur laquelle elle repose immédiatement, au ligament postérieur de l’articulation du genou et au muscle poplité.
En dedans, elle est en rapport successivement avec le demi-membraneux, le condyle interne et le jumeau interne.
En dehors, avec le biceps fémoral, le condyle externe, le plantaire grêle et le jumeau externe
Il résulte de ces rapports que l’artère est plus accessible dans sa moitié inférieure. Après l’incision de la peau et de l’aponévrose, il suffit de fléchir la jambe et d’écarter les jumeaux, ainsi que le nerf et la veine, pour mettre l’artère à découvert. •
Branches collatérales. — Elles sont peu volumineuses. Les unes se portent en arrière pour se distribuer aux muscles et aux téguments du creux poplité, les autres en avant pour se ramifier dans l’articulation du genou et la peau qui la recouvre.
Parmi les postérieures, les jumelles méritent une mention particulière. - — Les antérieures, au nombre de cinq, se distinguent : en articulaires supérieures , articulaires inférieures , et articulaire moyenne.
1° Artères jumelles. — Au nombre de deux, l’une pour le jumeau interne, l’autre pour le jumeau externe. Elles sont plus volumineuses que les autres branches de la poplitée. Leur volume varie du reste comme celui des jumeaux. Nées du tronc artériel, au niveau de l’interligne articulaire du genou, et séparées d’abord par le nerf sciatique poplité interne, ces artères se .portent directement en bas et pénètrent chacune dans le muscle qui leur correspond, en se divisant aussitôt en plusieurs branches. Parmi ces branches, il en est une qui s’accole au nerf saphène externe pour le suivre jusqu’à la partie moyenne de la jambe.
2° Artère articulaire supérieure interne. — Cette artère, moins volumineuse que la grande anostomotique, a été décrite par quelques auteurs sous le nom de seconde articulaire supérieure interne. Elle naît de la partie interne de la poplitée, immédiatement au-dessus du condyle correspondant qu’elle contourne d’arrière en avant. Parvenue sur le bord interne du fémur, l’articulaire supérieure interne se divise :
1° En rameaux profonds qui s’engagent sous le vaste interne pour se distribuer à ce muscle ainsi qu’à la partie interne et antérieure du condyle ; ils s’anastomosent, soit avec la grande anastomotique, soit avec l’articulaire supérieure externe ;
2° En rameaux superficiels qui passent sur le ligament latéral interne
ANTHOLOGIE
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pour se diriger vers la rotule, sur laquelle ils se terminent, en communiquant avec les articulaires intérieure interne et supérieure externe.
3° Artère articulaire supérieure externe. — Née de la poplitée, audessus du condyle externe, elle marche transversalement de dedans en dehors, passe sous le tendon du biceps, se contourne d’arrière en avant sur la partie externe du fémur, puis se divise en branche supérieure ou profonde, et branche inférieure ou superficielle.
La branche supérieure s’enfonce sous le triceps crural et décrit une courbure demi-circulaire qui embrasse par sa concavité le condyle externe. Ses rameaux se divisent en périostiques destinés au fémur, el musculaires destinés au vasleexterne ; ils s’anastomosent avec la grande anastomotique et l’articulaire supérieure interne.
La branche inférieure ou superficielle descend obliquement de dehors en dedans, au-dessous de l’aponévrose, et s’avance jusqu’à l’angle externe de la rotule où elle se divise : en rameaux transversaux qui longent la base de cet os pour s’anastomoser avec la grande anastomotique ; et rameaux verticaux qui suivent le bord externe de la rotule pour aller communiquer avec l’articulaire inférieure externe. Ces rameaux se consument dans l’articulation et les téguments.
4° Artère articulaire inférieure interne. — Elle part du CÔté interne de la poplitée, au niveau de la partie inférieure du condyle interne du fémur, et descend obliquement en longeant le bord supérieur du poplité, recouverte par l’aponévrose de ce muscle ; ensuite elle contourne d’arrière en avant la tubérosité interne du tibia, en passant sous le ligament latéral interne de l’articulation du genou et sous les tendons qui forment la patte d’oie, puis se réfléchit de bas en haut, et monte jusqu’au sommet de la rotule en se ramifiant et s’anastomosant avec l’articulaire supérieure interne et la grande anastomotique.
Les premiers rameaux de cette artère se distribuent au ligament postérieur de l’articulation du genou, aux ligaments croisés, au muscle poplité et au périoste du tibia. Parvenue sur la partie antérieure et interne du genou, elle fournit un grand nombre de branches : quelques-unes descendantes qui se répandent sur le tibia où elles s’anastomosent avec la récurrente tibiale ; la plupart ascendantes qui se perdent dans les parties fibreuses, dans la masse adipeuse sous-rotulienne et la peau.
5° Artère articulaire inferieure externe. — Elle naît en dehors (le la poplitée, au niveau de la précédente, se dirige horizontalement d’arrière en avant, en décrivant une courbe qui embrasse la circonférence du fihro-cartilage interarticulaire correspondant, passe sous le tendon du biceps et le ligament latéral externe de l’articulation du genou, puis se divise : 1° en branches descendantes qui s’anastomosent avec la récur-
ARTÈRE TIBIALE ANTÉRIEURE.
renie tibiale; 2° en branche transversale qui s’engage entre le ligament rotulien et le tibia pour s’anastomoser avec une branche semblable venue de l’articulaire opposé; 3° en branches ascendantes qui longent les parties latérales de la rotule et qui se perdent dans l’articulation et la peau en s’anastomosant avec l’articulaire supérieure externe.
6° Artère articulaire moyenne. — Moins volumineuse que les précédentes, ordinairement unique, et quelquefois double, celte artère part tantôt directement de la partie antérieure et moyenne de la poplitée, tantôt de l’origine de l’une des articulaires supérieures. Elle traverse aussitôt le ligament postérieur de l’articulation du genou, pour se distribuer dans l’échancrure condylienne, aux ligaments croisés, au tissu adipeux, à la synoviale et principalement à l’extrémité inférieure du fémur, dans lequel elle pénètre par des orifices très manifestes disséminés sur la partie postérieure de l’espace intercondylien.
Après avoir traversé l’anneau que lui présente le muscle soléaire, la poplitée, parvenue au niveau de l’extrémité supérieure du ligament interosseux, se partage en deux branches de volume inégal; une antérieure plus petite qui traverse ce ligament, et une postérieure qui continue le trajet primitif de l’artère. De ces deux branches, la première qui desdend au-devant du ligament interosseux constitue la tibiale antérieure. La seconde, après un trajet de quelques centimètres, se divise en deux branches secondaires, la 'péronière et la tibiale postérieure.
§ 6. Artère tibiale antérieure.
L’artère tibiale antérieure s’étend de l’anneau du muscle soléaire où elle se sépare de l’artère tibio-péronière au ligament annulaire supérieur du tarse sous lequel elle se continue avec l’artère pédieuse.
Cette artère se dirige d’abord horizontalement d’arrière en avant; mais aussitôt qu’elle a franchi l’orifice que lui présente l’extrémité supérieure du ligament interosseux, elle se réfléchit à angle droit pour se porter verticalement en bas. A l’union du quart inférieur avec les trois quarts supérieurs de la jambe, la tibiale antérieure devient un peu oblique de dehors en dedans, comme la face externe du tibia sur laquelle elle est alors située, et s’engage sous le ligament annulaire du tarse qui marque sa limite inférieure. Une ligne droite, tirée de la partie moyenne de l’espace compris entre la tête du péroné et la tubérosité antérieure du tibia, à la partie moyenne de l’espace intermalléolaire, représente exactement son trajet.
Rapports. — Située à son origine au centre de la partie la plus volumineuse de la jambe, cette artère devient d’autant plus superficielle qu’elle s’éloigne davantage de son point de départ. Elle répond :
ANGIOLOG1E.
4° En arrière cl dans ses trois quarts supérieurs au ligament interosseux, et dans son quart inférieur au tibia ;
2° En avant, aux muscles jambier antérieur, long extenseur commun des orteils et extenseur propré du gros orteil ; .
UEV. DEL. fc> VESM. SC.
Fig. 420. — Artères tibiales antérieure Fig. 421. — Artères péronière
et pédieuse. et tibiale postérieure.
Fig. 420. — 1, 1. Tibiale antérieure. — 2. Récurrente tibiale. — 3. Articulaire supérieure externe. — 4. Articulaire inférieure externe. — 5. Tibiale antérieure croisant le tendon de l’extenseur propre du gros orteil. — 6. Pédieuse. — - 7. Même artère donnant un rameau au gros orteil avant de disparaître.
Fig. 421. — 1. Tronc de l’artère poplitée. — 2. Ce même tronc s’engageant dans l’anneau du soléaire. — 3. Articulaire supérieure externe. — 4. Articulaire inférieure
ARTÈRE TIBIALE ANTÉRIEURE.
o° En dehors, dans son tiers supérieur, au long extenseur commun des orteils, dans ses deux tiers inférieurs, à l’extenseur propre du gros orteil, et sur toute son étendue, au nerf tibial antérieur ;
4° En dedans, au jambier antérieur qu’elle sépare des deux muscles précédents.
Il résulte de ces rapports : 1° que la ligature de la tibiale antérieure sera d’autant plus facile qu’on la pratiquera sur un point plus rapproché de son extrémité inférieure; 2° que pour découvrir cette artère, il faut la chercher dans le premier interstice musculaire qui se présente à partir de la crête du tibia.
Branches collatérales. — Très multipliées, mais d’un petit volume. Elles rayonnent dans tous les sens pour se distribuer aux muscles, au tibia et aux téguments. — Les postérieures, rares et grêles, traversent le ligament interosseux, et se ramifient dans le jambier correspondant.
— Les antérieures se consument dans l’extenseur propre du gros orteil et les téguments. — - Les internes, plus considérables, se distribuent au jambier antérieur et au périoste du tibia. — Les externes s’épuisent dans le long extenseur commun des orteils.
Entre toutes ces branches il en est trois seulement qui méritent une mention particulière : la récurrente tibiale antérieure , la malléolaire interne et la malléolaire externe.
1° Récurrente tibiale antérieure. — Variable dailS SOI! Calibre, mais toujours plus ou moins considérable, cette artère se détache de la tibiale au moment où elle se réfléchit pour devenir verticale, d’horizontale qu’elle était. Elle se porte obliquement en haut et en dedans, entre le jambier antérieur et la tubérosilé externe du tibia sur laquelle elle rampe à la manière d’une artère périostique, puis se divise en rameaux divergents qui s’anastomosent avec l’articulaire inférieure externe, cl avec l’articulaire inférieure interne.
2° malléolaire interne. — Elle naît de la tibiale antérieure, immédiatement au-dessus du ligament dorsal du tarse, se dirige horizontalement de dehors en dedans entre le tibia et le tendon du jambier antérieur, et se partage en deux branches : une branche profonde dont les divisions se répandent sur l’articulation tibio-tarsienne ; et une branche superficielle qui se ramifie sur le côté interne du tarse, où elle se con-
exLerne. — 5. Articulaire supérieure interne. — 6. Articulaire inférieure interne. — 7, 7. Artères jumelles. — 8. Origine de la tibiale antérieure. — 9. Tronc tibio— péronier. — 10. Artère nourricière du tibia. — 11. Bifurcation du tronc tibio-péronier.
— 12, 12. Tibiale postérieure. — - 13. Péronière. — 14. Même artère s’engageant dans l’anneau fibreux que lui présente le jambier postérieur. — 15, 15. Branches que donne cette artère aux péroniers latéraux. — 16. Branche par laquelle elle s’anastomose avec la tibiale postérieure. — 17. Bifurcation de la péronière. — 18. Péronière postérieure.
ANGIOLOGIE.
sume dans le ligament latéral interne de l’articulation du pied, dans l’articulation calcanéo-astragalienne et les téguments.
3° Malléolaire externe. — Cette artère est extrêmement variable dans son calibre et son origine. Plus considérable en général que la malléolaire interne, elle part de la tibiale antérieure sur un point diamétralement opposé ; mais il n’est pas rare de la voir naître à 4, 6 et même 8 centimètres au-dessus du ligament dorsal du tarse. Quelquefois elle est rudimentaire et remplacée dans sa distribution par une branche de la péronière à laquelle l’unit constamment un rameau anastomotique.
Lorsqu’elle vient de la partie inférieure de la tibiale, la malléolaire externe, postérieure aux tendons de l’extenseur commun, se dirige transversalement vers la malléole péronéale, sur laquelle elle s’infléchit de haut en bas pour se porter en avant et en dehors sur la face dorsale du tarse ; elle reçoit la branche anastomotique de la péronière au moment où elle change de direction pour devenir antéro-postérieure. — Lorsqu’elle part de la tibiale, à quelques centimètres au-dessus du ligament annulaire du tarse, sa direction est d’abord verticalement descendante.
Quelle que soit son origine, une fois parvenue sur la malléole externe, elle descend sur l’astragale et le cuboïde, et s’anastomose par ses divisions terminales avec les rameaux ascendants de l’artère dorsale du tarse. Dans son trajet, cette artère fournit : 1° des rameaux malléolaires qui recouvrent la face externe de la malléole et qui sont destinés surtout aux téguments ; 2° des rameaux articulaires qui se perdent dans les articulations péronéo-tibiale inférieure et tibio-tarsienne ; 3° des rameaux osseux ou calcanèens qui passent sous les tendons des péroniers latéraux et se ramifient sur la face externe du calcanéum dans lequel ils s’épuisent.
§ 7. — Artère pédieuse.
L’artère pédieuse occupe la face supérieure ou dorsale du pied. Elle s’étend du ligament annulaire supérieur sous lequel elle se continue avec la libiale antérieure, à l’extrémité la plus reculée du premier espace interosseux dans lequel elle plonge pour aller se continuer avecla partie terminale de la plantaire externe.
Sa direction, parallèle à l’axe du pied, est très exactement représentée par une ligne tirée de la partie moyenne de l’espace intermalléolaire à l’extrémité postérieure du premier espace interosseux.
Son volume est en raison directe de celui de la tibiale antérieure, et en raison inverse de celui de la péronière antérieure avec laquelle elle s’anastomose. Lorsque le calibre de la première diminue, celui de la seconde augmente ; la pédieuse est alors plus volumineuse dans sa
ARTÈRE PÉDIEUSE.
moitié terminale, par suite de la branche anastomotique quelle reçoit ; cette branche, en effet, participant au développement de la péronière antérieure, en devient le prolongement, et en allant s’ouvrir dans la pédieuse, elle la renforce plus ou moins selon le volume qu’elle présente. La situation et la direction de la pédieuse dans ce cas, assez fréquent, sont très notablement modifiées ; elle se rapproche davantage de l’axe du pied et n’est plus parallèle à cet axe, mais le croise obliquement d’arrière en avant et de dehors en dedans.
Rapports. — La pédieuse est en rapport : 1° en bas, avec les os et les articulations du tarse, sur lesquels elle est fixée par un feuillet fibreux ; 2° en haut, avec l’aponévrose du pied ; 3° en dedans, avec le tendon de l’extenseur propre du gros orteil qui lui est parallèle et qui s’en trouve séparé par un intervalle de quelques millimètres ; 4° en dehors, avec le bord interne du pédieux, son muscle satellite, qui la recouvre dans sa moitié antérieure en la croisant à angle très aigu.
Elle est accompagnée par le nerf tibial antérieur et par deux veines situées l’une en dedans, l’autre en dehors.
Ces rapports nous montrent : 1° que la pédieuse peut être très facilement comprimée sur toute sa longueur; 2° que lorsqu’on procède à sa recherche pour en faire la ligature, il faut prendre pour guide, non l’extenseur propre du gros orteil, mais le bord interne du pédieux, qui atfecte avec l’artère des rapports beaucoup plus immédiats.
Branches collatérales. — Leur situation ainsi que leur direction permettent de les distinguer en internes et externes.
Les branches internes sont nombreuses et d’un volume en général peu considérable. Elles descendent sur le bord interne du pied, en passant sons le tendon de l’extenseur propre du gros orteil, et se distribuent aux os et aux articulations du tarse, à l’adducteur et au court fléchisseur du gros orteil, ainsi qu’aux téguments.
Les branches externes se répandent sur la face supérieure du pied. Trois d’entre elles méritent une mention particulière : la dorsale du tarse , la dorsale du métatarse et la première interosseuse dorsale.
1° Artère dorsale du tarse. — Cette artère, d’un volume assez considérable, mais cependant très variable, se porte en dehors et en avant, sous le pédieux, et se prolonge jusqu’au bord externe du pied où ses dernières divisions s’anastomosent avec des rameaux ascendants de la plantaire externe. Dans son trajet elle donne un grand nombre de minuscules qui se distribuent aux os, aux articulations du tarse, au pédieux, aux tendons extenseurs des orteils et aux téguments. Parmi ces minuscules, les postérieurs communiquent avec la péronière antérieure et la malléolaire externe, les antérieurs avec la dorsale du métatarse.
il. — 41
AAG10LUG1E.
2° Artère dorsale dit métatarse. — Elle est ti 11 général llloillS Volllmineuse que celle du tarse. Née de la partie externe de la pédieuse, celle artère se dirige en avant et en dehors, en formant sons le muscle pédieux une arcade dont la convexité regarde en avant.
Les rameaux très grêles qui naissent de la concavité de l’arcade se répandent sur le périoste des os du tarse, dans les articulations de ces os
Fig. 422. — Artère pédieuse. Fig. 423. — Anomalie fréquente de cette artère
Fig. 422. — 1. Extrémité inférieure île l’artère tibiale antérieure. — 2. Malléolaire interne. — 3. Malléolaire externe s’anastomosant avec la péronière antérieure. — - 4. Pédieuse. - 5. Même artère s’enfonçant dans le premier espace interosseux. —
(*. Dorsale du tarse. — 7. Dorsale du métatarse. — 8, 8. Rameaux que la pédieuse fournit au coté interne du tarse. — 9. Première interosseuse dorsale. — 10, 10, 10. Les trois dernières interosseuses dorsales. — 11, 11. Collatérales des orteils. —12, 12. Péronière antérieure. — 13. Anastomose de cette artère avec la malléolaire externe.
Fig. 423. — Cette Figure nous montre une anomalie par inversion de volume. La péronière antérieure, ordinairement beaucoup plus petite que la tibiale antérieure, est ici au contraire plus volumineuse que. cette artère. — 1, 1. Extrémité inférieure de la tibiale antérieure, et origine de la pédieuse qui se termine presque aussitôt dans la péronière antérieure. — 2, 2. Péronière antérieure s’anastomosant avec la pédieuse qu’elle renforce et qu’elle semble suppléer dans sa partie terminale. — 3, 3. Pédieuse. — 4, 4. Dorsale du tarse naissant de la péronière antérieure et donnant les trois dernières interosseuses dorsales. — 5, 5, 5. Jnterosseuses dorsales se bifurquant au niveau de la tête des métatarsiens. — 6. Première perforante, repré sentée ici par un simple rameau.
ARTÈRE TIBIU-PERONIÈKE. 64o
et dans l’épaisseur du muscle pédieux; ils communiquent avec ceux de la dorsale du tarse.
Les rameaux provenant de la convexité de l’arcade se portent d'arrière en avant sur le métatarse. Parmi ces rameaux, on en remarque trois donl le calibre est plus considérable : ce sont les artères Interosseuses dorsales qui longent la face Supérieure des trois derniers espaces interosseux, et qui se divisent au niveau des articulations métatarso-phalangiennes en deux artérioles : l’une interne, destinée à la partie supérieure et externe de l’orteil qui est en dedans ; l’autre externe, destinée à la partie supérieure et interne de l’orteil qui est en dehors. Dans leur trajet il n’est pas rare de voir les interosseuses dorsales, malgré les rameaux qu’elles fournissent, augmenter de volume en se rapprochant de la base des orteils. Cet accroissement de calibre est dû à l’existence de deux anastomoses qui les renforcent ; elles communiquent en effet aux deux extrémités de chaque espace interosseux : d’une part avec les perforantes postérieures, branches de l’arcade plantaire ; de l’autre avec les perforantes antérieures, rameaux des interosseuses plantaires.
3° lnterossicusc dorsale du premier espace. — Cette artère liait de
l’angle que forme la pédieuse, au moment où elle s’enfonce dans la partie postérieure du premier espace interosseux. Son volume est plus considérable que celui des interosseuses appartenant aux espaces suivants. Elle se comporte du reste de la même manière. Les deux branches produites par sa bifurcation forment la collatérale externe dorsale du gros orteil et la collatérale interne dorsale du second orteil.
Il n’est pas rare de voir l’interosseuse dorsale du deuxième espace interosseux venir directement de la pédieuse.
§ 8. — Artère tibio-péromère.
L’artère ti bio-péronière est limitée en haut par l’origine de la tibiale antérieure, en bas par sa division en deux branches : la péronière et la tibiale postérieure. Sa longueur est de 4 à 5 centimètres.
Continuation de la poplitée par son volume, double de celui de la tibiale antérieure, et par sa direction verticale, celte artère répond : en arrière au soléaire, en avant au muscle jambier postérieur. Le nerf tibial postérieur qui l’accompagne occupe son côté postérieur.
Branches collatérales Le tronc tibio-péronier donne ordinairement avant de se bifurquer deux artères de très petit calibre :
1° Une branche périostique et cutanée qui traverse le soléaire au niveau de son insertion sur le bord interne du tibia, et qui s’épanouit sur la partie supérieure de la face interne de cet os, en rameaux divergents,1
ANGlOLOülli.
dont les uns s’anastomosent avec l’articulaire inférieure interne, et les autres avec la récurrente tibiale.
2° L’artère nourricière du tibia, qui se porte obliquement en bas et en dedans, pour s’engager dans le canal destiné à la recevoir, et qui se divise ensuite en deux branches, l’une ascendante et l’autre descendante, lesquelles se ramifient dans la substance médullaire, en s’anastomosant avec les artérioles qui pénètrent dans le même os, par ses extrémités.
§ 9. — Artère péronière.
Située très profondément à la partie postérieure de la jambe, cette artère s’étend de l’angle de bifurcation de la tibio-péronière à l’extrémité inférieure du ligament interosseux, où elle se divise en deux branches : la péronière antérieure et la péronière postérieure.
Son volume est en raison inverse de celui de la tibiale antérieure et sa direction un peu oblique de haut en bas et de dedans en dehors.
Rapports. — Par sa face postérieure, l’artère péronière répond : lu au muscle soléaire ; 2° un peu plus bas, à un anneau fibreux, situé sur le bord interne du long fléchisseur propre du gros orteil, à Punion de son quart supérieur avec ses trois quarts inférieurs, anneau semblable à celui du soléaire, mais beaucoup plus petit ; 3° dans le reste de son étendue, à la face antérieure du muscle précédent, qu’il faut fortement soulever, ou mieux détacher pour la découvrir.
Par sa face antérieure, elle se trouve en rapport : en haut, avec le jambier postérieur ; plus bas, avec le ligament interosseux.
Brandies collatérales. — Elles sont nombreuses, mais d’un volume peu considérable. On peut les diviser :
1° En postérieures et superficielles , au nombre de deux ou trois qui sont destinées au muscle soléaire ;
2° En postérieures et profondes , qui pénètrent dans le long fléchisseur propre du gros orteil. Plusieurs de ces branches traversent le muscle, se réfléchissent sur le bord interne du péroné et se terminent dans les péroniers latéraux. L’une d’elles s’engage dans le canal nourricier du péroné, où elle se divise en rameaux ascendants et descendants qui se ramifient dans la substance médullaire de cet os ;
3° En internes , qui se distribuent au jambier postérieur. Parmi ces dernières il en est une qui occupe la partie inférieure de la jambe et qui se porte transversalement ou obliquement en dedans pour s’anastomoser avec un rameau de la tibiale postérieure.
Branches terminales. — La branche terminale postérieure, ou péronière postérieure , descend derrière l’extrémité inférieure du péroné, passe sur l’articulation de cet os avec le tibia, et se termine sur le côté
ARTÈRE TÏRÏALE POSTÉRIEURE. 645
externe du calcanéum. Dans ce trajet, elle fournit d’abord des rameaux qui se distribuent au muscle long- fléchisseur propre du gros orteil, aux tendons des péroniers latéraux, au tendon d’Achille, au tibia et au péroné.
Parvenue sur le côté externe du calcanéum, la péronière postérieure se divise en un grand nombre de ramuscules qui se distribuent au muscle abducteur du petit orteil, au muscle pédieux, aux os du tarse, aux ligaments qui les unissent et aux téguments qui les recouvrent, en s’anastomosant avec la plantaire externe, la dorsale du tarse, la malléolaire externe et la péronière antérieure.
La branche terminale antérieure, ou péronière antérieure , dont le volume, très variable, est en raison inverse du calibre de la tibiale antérieure et de la dorsale du tarse, traverse l’extrémité inférieure du ligament interosseux et descend sur la partie supérieure et externe du pied, en marchant parallèlement au tendon du muscle péronier antérieur. Ses premiers rameaux se répandent sur le périoste de la malléole externe et du tibia. Elle communique ensuite par une branche anastomotique avec la malléolaire externe. — Arrivée sur la face dorsale, cette artère donne des rameaux au pédieux, à l’abducteur du petit orteil, à l’articulation libio-tarsienne, à celle de l’astragale avec le calcanéum, et aux téguments.
§ 10. — Artère tibiale postérieure.
L’artère tibiale postérieure s’étend de l’angle de bifurcation de la tibio-péronière à la voûte du calcanéum sous laquelle elle se divise en deux branches : la plantaire interne et la plantaire externe.
Son volume est plus considérable en général que celui delà péronière et de la tibiale antérieure.
Sa direction, oblique en bas et en dedans dans son tiers supérieur, devient verticale dans le reste de son étendue.
Rapports. — Elle répond, par son côté antérieur, au jambier postérieur, au fléchisseur commun des orteils et plus bas aux tendons de ces muscles qui la séparent, soit de la malléole interne, soit du ligament latéral interne de l’articulation tibio-tarsienne. — Son côté postérieur est recouvert : d’abord par le soléaire et les jumeaux, et dans sa moitié inférieure par le bord interne du tendon d’Achille, que l’artère croise obliquement.
Deux veines et le nerf tibial postérieur l’accompagnent. Les veines longent, l’une son côté interne, l’autre son côté externe. Le nerf est situé ii sa partie postérieure et externe. - — Une lame fibreuse, d’autant plus forte qu’on l’examine plus inférieurement, passe en arrière de ce cordon vasculo-nerveux; en le fixant sur les muscles de la couche profonde, elle sépare ceux-ci des muscles de la couche superficielle.
ANr.TOLOf.lE.
Il suit de ces rapports : que la tibiale postérieure, d’abord profondément située, devient superficielle et sous-aponévrotique dans sa moitié inférieure, qui peut être par conséquent facilement comprimée et liée.
Branches collatérales. — - Leur volume est médiocre et leur nombre indéterminé. On peut les distinguer : en postérieures, antérieures et internes. — Les postérieures se rendent dans le soléaire et le jumeau interne. — Les antérieures sont destinées au jambier postérieur et au long fléchisseur commun des orteils. — Les internes se dirigent transversalement en dedans pour contourner le bord interne du tibia et se ramifier sur la face antérieure de cet os.
Lorsque la tibio-péronière présente une brièveté anormale, la tibiale postérieure fournit l’artère nourricière du tibia.
Derrière la malléole interne, cette artère donne un rameau qui se porte transversalement en dehors pour s’anastomoser avec un rameau semblable venu de la péronière.
Sous la voûte du calcanéum la tibiale postérieure donne naissance : 1° à des rameaux qui se distribuent au périoste, au muscle adducteur du gros orteil, au court fléchisseur commun des orteils et aux téguments ; 2° à d’autres rameaux d’un moindre calibre qui remontent sur le bord interne du pied pour s’anastomoser avec des rameaux descendants de la malléolaire interne, branche de la tibiale antérieure.
§ 11. — Artères plantaires.
Les artères plantaires, branches de bifurcation de la tibiale postérieure, naissent au niveau du ligament annulaire interne, sous la voûte du calcanéum, et se séparent aussitôt à angle aigu pour se porter, l’une sur le bord interne, l’autre vers le bord externe de la plante du pied.
1° Artère plantaire interne. — Beaucoup plus petite que l’externe, elle marche horizontalement d’arrière en avant, le long de la partie interne delà plante du pied, entre l’adducteur et le court fléchisseur du gros orteil, et se termine au niveau de la première articulation métatarsophalangienne.
Les branches qu’elle fournit dans son trajet peuvent être distinguées : 1° en inférieures, destinées à l’adducteur et aux téguments de la plante du pied; 2° en supérieures, plus grêles, qui se rendent dans le court fléchisseur et fabducteur oblique du gros orteil, dans les articulations tarsiennes et tarso-métalarsiennes, dans les os du tarse et le premier métatarsien; 3° en internes, qui se partagent sur le bord interne du pied, en rameaux périostiques et rameaux cutanés; 4° en externes, plus importantes, qui se distribuent au court fléchisseur commun des orteils, au tendon du long fléchisseur commun étaux muscles lombricaux.
ARTÈRES PLANTAIRES.
.2° Artère plantaire externe. — Continuation (le la lihiale postérieure par son volume plus considérable que celui de ta -plantaire interne, cette artère se dirige obliquement en bas, en dehors et en avant, entre le court fléchisseur commun et l’accessoire du long fléchisseur commun des orteils. Elle marche ensuite d’arrière en avant dans l’intervalle du court fléchisseur commun et de l’abducteur du petit orteil; puis change de direction au niveau de l’extrémité postérieure du cinquième métatarsien pour se porter de dehors en dedans, vers l’extrémité postérieure du premier espace interosseux oïl elle s’anastomose à plein canal avec la pédieuse. Sa partie terminale, profondément située entre l’extrémité postérieure des os du métatarse et l’abducteur oblique du gros orteil, décrit une courbe qui lui a mérité le nom d 'arcade plantaire. Cette arcade n’est pas transversale comme celles de la paume de la main, mais obliquement dirigée, de telle sorte que sa convexité se tourne vers le petit orteil, tandis que sa concavité regarde en arrière et en dedans.
Les branches provenant de la plantaire externe sont très nombreuses. Dans le trajet qu’elle parcourt de son origine à l’extrémité postérieure du cinquième métatarsien, elle donne : 1° des branches inférieures ou musculo-cutanées qui se distribuent à l’adducteur du gros orteil, au court fléchisseur commun, à l’abducteur du petit orteil et aux téguments; 2° des branches supérieures qui se ramifient dans les articulations des os du tarse, et l’accessoire du long fléchisseur; 3° une branche antérieure qui pourrait être considérée comme une branche de l’arcade plantaire, et qui, après avoir croisé le court fléchisseur du petit orteil, suit le bord externe de cet orteil dont elle constitue la collatérale externe.
De Yarcade plantaire naissent : 1° des branches postérieures et inférieures, extrêmement déliées, destinées à l’abducteur oblique du gros orteil et aux articulations tarso-métatarsiennes;
2° Des branches supérieures ou perforan tes postérieures , au nombre de trois, qui s’engagent dans l’extrémité postérieure des trois derniers espaces interosseux et montent verticalement vers la face supérieure du métatarse, sur laquelle elles s’anastomosent avec les interosseuses dorsales. La pédieuse représente la perforante du premier espace ;
3° Des branches antérieures ou inter osseuses plantaires , au nombre de quatre, distinguées par les noms de première, deuxième, troisième et quatrième, en procédant de dedans en dehors.
La première interosseuse plantaire , plus volumineuse que les suivantes, naît au niveau de l’anastomose de la plantaire externe avec la pédieuse, et semble tirer son origine beaucoup moins de la première (le ces artères que de la seconde, dont elle a été considérée par quelques auteurs comme une branche de terminaison. Elle se porte d’arrière en avant entre le premier os du métatarse et l’abducteur oblique du gros
orteil, auquel elle donne des rameaux ainsi qu’au court fléchisseur de cet orteil. — Lorsque celte artère est arrivée à l’extrémité antérieure du premier espace inter-métatarsien, elle émet une branche qui tantôt s’anastomose avec la partie terminale de la plantaire interne, pour former la collatérale interne du gros orteil et tantôt constitue à elle seule cette collatérale. Poursuivant ensuite son trajet, elle se bifurque pour former la collatérale externe du gros orteil et la collatérale interne du second orteil.
Les trois dernières interosseuses plantaires se portent directement d’arrière en avant, dans l’espace qui leur correspond, en donnant quelques ramuscules aux muscles interosseux. — Parvenues à l’extrémité antérieure des os du métatarse, elles passent au-dessus du muscle abducteur transverse et fournissent chacune un ou deux petits rameaux appelés perforants antérieurs , lesquels s’élèvent verticalement et s’anastomosent avec les interosseuses dorsales dont ils renforcent le volume. Après avoir émis ces rameaux ascendants, les interosseuses plantaires continuent de se porter en avant, passent entre les tètes des
Fig. 424. — Artères plantaires Fig. 425. — Artères plantaires
en rapport avec les muscles. isolées des muscles.
Fig. 42i. — 1. Plantaire externe décrivant une courbure à concavité interne et disparaissant sous le muscle abducteur oblique du gros orteil, au niveau duquel son trajet est représenté par une ligne ponctuée. — 2. Plantaire interne.
Fig. 425. — 1. Plantaire externe découverte sur toute sa longueur. — 2. Plantaire interne. — 3. Arcade plantaire. — 4, 4, 4,4. Interosseuses plantaires. — 5, 5,5, 5. Collatérales des orteils.
PARALLÈLE DES ARTÈRES. f)49
os du métatarse, et se divisent, en deux branches qui constituent les collatérales interne et externe des orteils correspondants.
Les collatérales des orteils, beaucoup plus courtes et plus petites que celles des doigts, se comportent d’ailleurs de la même manière.
Parallèle des branches verticalement ascendantes et descendantes
de V aorte.
Les branches verticalement ascendantes de l’aorte se distribuent à l’extrémité céphalique de l’axe rachidien, et les branches verticalement descendantes à l’extrémité coccygienne de cet axe. Les premières au nombre de quatre sont représentées par les deux carotides primitives et les deux vertébrales ; se distribuant au cou et à la tête, elles peuvent être collectivement désignées sous le nom d'aorte cervico-céphalique. Les secondes, qui se trouvent ramenées à l’unité, sont représentées par la sacrée moyenne que nous appellerons par opposition à la précédente, aorte sacro-coccygienne.
Entre ces deux artères combien la différence est grande au premier aspect ! D’un côté quatre courants artériels de premier ordre, deux à droite et deux à gauche ; de l’autre un simple filet sanguin situé sur la ligne médiane. Ce qui nous frappe dans ce rapprochement des aortes cervico-céphalique et sacro-coccygienne , c’est donc le nombre et l’énorme calibre des troncs de la première qui contrastent si étrangement avec l’unité et la ténuité de la seconde.
Celle différence reconnaît surtout pour cause la duplicité des parties supérieures du corps ; or les artères étant subordonnées, dans leur distribution, aux organes, et ceux-ci étant dédoublés, le tronc artériel qu’ils reçoivent est dédoublé aussi.
Comme d’une autre part les organes ont ici une extrême importance et un volume considérable, chacune des moitiés de ce tronc a été dédoublée encore, non pour transmettre à ceux-ci une plus grande quantité de sang, mais pour multiplier en leur faveur les sources auxquelles ils le puisent, afin de mieux sauvegarder leur nutrition et l’intégrité de leurs fonctious ; malgré la pluralité des troncs qui composent l’aorte cervico-céphalique, celle-ci peut donc être considérée comme le prolongement du tronc qui rampe au-devant du rachis. De même que ce tronc, elle donne des branches pariétales et des branches viscérales : la portion cervicale de la vertébrale et la carotide externe prolongent la série des artères pariétales; la carotide interne prolonge la série des artères viscérales.
Il en est de même de l’artère sacro-coccygienne qui la rappelle mieux encore, par l’ensemble de ses branches, et par sa disposition, surtout chez les animaux dont les vertèbres coccygiennes sont très développées.
ANfîIOLOGlE.
Le tronc aortique en résumé comprend quatre portions : deux portions moyennes qui correspondent aux vertèbres dorsales et lombaires, et deux portions extrêmes qui se trouvent en rapport, Lune avec les vertèbres crâniennes, l’autre avec les vertèbres sacrées et coccygiennes.
Parallèle des artères qui se distribuent aux membres supérieurs
et inférieurs.
Le tronc qui dans le membre thoracique s’étend de l’épaule au pli du coude, est représenté dans le membre abdominal par celui qui se porte du bassin à l’anneau du soléaire : la sous-clavière correspond à l’iliaque primitive, l’axillaire à l’iliaque externe, l’humérale à la fémorale, l’artère du pli du coude à celle du creux poplité.
Les trois branches qui partent de la sous-clavière entre les scalènes, et qui naissent si souvent par un tronc commun, ont pour analogue sur le membre inférieur l’iliaque interne. — De ces trois branches, l’une fait partie du système des artères viscérales, c’est la thyroïdienne inférieure ; les deux autres, la scapulaire supérieure et la scapulaire postérieure sont des artères musculaires qui contournent la partie postérieure de l’épaule. L’iliaque interne comprend de même un groupe d’artères viscérales et deux artères musculaires, la fessière et l’ischiatique, qui vont se ramifier dans les muscles de la hanche.
La mammaire interne est représentée par l’épigastrique, la scapulaire inférieure par la circonflexe iliaque, la circonflexe postérieure de l’épaule par la circonflexe interne du pli de l’aine, la circonflexe antérieure par la circonflexe externe, l’humérale profonde par la fémorale profonde, les récurrentes cubitales et radiales par les articulaires du genou.
A la portion antibrachiale de la radiale correspond la tibiale antérieure ; à sa portion carpienne la pédieuse; à sa portion palmaire l’arcade plantaire.
Le tronc tibio-péronier et la tibiale postérieure rappellent la cubitale, la péronière le tronc des interosseuses, et la plantaire externe l’arcade palmaire superficielle.
En poursuivant ce parallèle, on remarquera l’analogie des interosseuses de la main avec les inlerosseuses du pied, et celle des collatérales des doigts avec les collatérales des orteils.
Les artères du membre abdominal répètent donc celles du membre thoracique, de même que les artères situées au-devant des extrémités du rachis répètent celles de sa partie moyenne.