‹ Traité d'anatomie descriptiveChapitre 409 sur 481 · VEINE PORTE · texte numérisé non relu

VEINE PORTE

Semblable dans sa disposition générale an canal à sang noir, le système veineux abdominal en diffère : 1° par sa partie centrale qui est dépourvue de renflement; 2° par ses branches qui offrent comme ses racines la structure des veines: 3° par sa conformation intérieure : il ne présente aucun repli valvulaire.

A. Portion convergente de la veine porte.

Les racines ou vaisseaux convergents de la veine porte correspondent aux artères mésentérique supérieure, mésentérique inférieure, splénique, coronaire stomachique, et à toute la partie de l’artère hépatique qui ne se termine pas dans le foie.

Chacune de ces artères est accompagnée d’une veine qui en suit exactement le trajet, en sorte que la connaissance des premières entraîne celle des secondes. Il existe par conséquent une veine mésentérique supérieure , une veine mésentérique inférieure , une veine splénique , une veine coronaire stomachique , et trois veines pour les branches collatérales de l’artère hépatique, savoir : la veine gastro-épiploïque droite , la veine pylorique et la veine cystique.

1° Veine mésentérique supérieure ou grande mésaraïque. — Elle

naît de toute l’étendue de l’intestin grêle et de la moitié droite du gros intestin. Son origine a lieu, comme celle de la plupart des veines du tube digestif, par un réseau sous-muqueux. Les radicules émanées de ce réseau se dirigent d’avant en arrière, les unes à droite et les autres à gauche, en embrassant chacune la moitié de l’intestin qui leur correspond, et arrivent vers le bord libre du repli péritonéal en recevant les veinules parties de la tunique musculaire. Dans ce repli elles forment comme les divisions artérielles, auxquelles elles sont accolées une, deux et même trois séries d’arcades, qui se réunissent vers le bord adhérent du mésentère en un seul tronc auquel se rendent aussi les trois veines coliques. Ce tronc se dirige de droite à gauche et de bas en haut. Arrivée au niveau de la troisième portion du duodénum, la grande mésaraïque passe entre cette portion et le bord inférieur du pancréas sous lequel elle s’engage, puis se réunit à la veine splénique.

Sous le pancréas la mésentérique supérieure reçoit plusieurs veines pancréatiques, quelques veines duodénales et la veine gastro-épiploïque droite, qui se jette quelquefois dans la première colique droite.

2° Veine mésentérique inférieure ou petite mésaraïque. — Elle naît par trois branches qui répondent aux trois artères coliques gauches. Ces branches émanent : 1° des parois du rectum où elles communiquent avec les veines hémorrhoïdales moyennes et inférieures, branches de l’ hypogastrique; 2° des parois de l’S iliaque du côlon, du côlon descen-

ANGIOLOGIE.

dant et de la moitié gauche du côlon transverse, au niveau duquel elle s’anastomose avec la grande mésaraïque par l’intermédiaire des premières coliques droite et gauche. En se réunissant, ces trois branches forment le tronc de la mésentérique inférieure qui marche parallèlement à celui de la mésentérique supérieure. Parvenue au niveau de la terminaison de celle-ci, elle monte solitairement au-dessous du péritoine, sur le côté gauche de la colonne lombaire, jusqu’au bord inférieur du pancréas sous lequel elle s’engage pour s’ouvrir dans la splénique ou dans l’angle de réunion de cette veine avec la mésentérique supérieure.

Cette veine, de même que la précédente, reçoit un grand nombre de rameaux qui émanent des ganglions situés dans les replis du péritoine.

3° Veine splénique, — La veine splénique est la plus volumineuse de toutes les branches d’origine de la veine porte. Elle naît du tissu propre de la rate par des radicules très multipliées qui se réunissent pour former des rameaux et des branches, en nombre égal à celui des divisions artérielles. Ces branches, émanées de chacun des lobes de l’organe, convergent vers la scissure de sa face interne, et forment bientôt un seul tronc. Celui-ci se porte horizontalement de gauche à droite, sans décrire aucune flexuosité. Il est situé au-dessous de l’artère splénique et derrière le pancréas, dont il croise obliquement le grand axe. En s’unissant, au voisinage de la troisième portion du duodénum, à la grande mésaraïque, il constitue le tronc de la veine porte.

La veine splénique reçoit : 1° les veines du grand cul-de-sac de l’estomac, vasa breviora , qui se jettent ordinairement dans l’une de ses branches d’origine; 2° la veine gastro-épiploïque gauche qui s’anastomose par son extrémité opposée avec la gastro-épiploïque droite; 3° des veines pancréatiques; 4° des veines duodénales; 5° enfin la petite mésaraïque. De la réunion de cette dernière veine à la splénique il suit que le système veineux abdominal prend naissance par deux racines principales.

B. Tronc de 1» veine porte.

Le tronc de la veine porte, constitué par la réunion des veines splénique et mésentérique supérieure, s’étend du bord inférieur du pancréas au sillon transverse du foie dans lequel il se divise en deux branches.

Sa longueur varie de 10 à 12 centimètres.

Sa direction , un peu oblique de bas en haut et de gauche à droite, croise à angle aigu celle de la veine cave inférieure, qui est verticale.

Rapports. — Il répond : en avant, au pancréas, dont la face postérieure se creuse en gouttière pour le recevoir, à la seconde portion du duodénum, à l’artère hépatique et au canal cholédoque ; en arrière, à l’hiatus de Winslow, qui le sépare de la veine cave ascendante.

VETNE PORTE.

Le tronc de la veine porte reçoit : 1° inférieurement, quelques veines pancréatiques et duodénales ; 2° un peu plus haut et à gauche, une veine beaucoup plus importante, la veine coronaire stomachique ; 3° en avant, la veine pylorique ; 4° enfin la veine cystique qui s’ouvre dans sa partie moyenne. Toutes ces veines suivent dans leur trajet les artères du même nom et présentent les mêmes rapports.

Par la constitution de sa tunique moyenne ou musculaire, nous avons vu que le tronc de la veine porte différé très notablement des veines qui lui donnent naissance. Dans chacune de celles-ci, la tunique moyenne se compose d’une seule couche à fibres circulaires ; dans le tronc de la veine porte, à cette couche circulaire se superpose une couche plus épaisse et plexiforme formée de gros faisceaux longitudinaux, qui s’unissent dans leur trajet par des faisceaux plus petits.

Page 1