‹ Traité d'anatomie descriptiveChapitre 43 sur 481 · I. — Muscle pyramidal · texte numérisé non relu

I. — Muscle pyramidal

Situé sur la bosse nasale et la moitié supérieure du dos du nez; vertical comme le bord interne du frontal, qu’il semble prolonger.

Insertions. — Son extrémité inférieure, épanouie et très pâle, s’attache : 1° par ses fibres superficielles, sur une petite lame fibreuse qui recouvre les cartilages latéraux du nez et qui lui est commune avec les muscles transverses ou constricteurs des narines ; 2° par ses fibres profondes au tiers inférieur du bord interne de l’os du nez. — De cette double origine, il se dirige verticalement en haut, en diminuant de largeur et augmentant d’épaisseur; prend alors la forme d’un petit faisceau presque arrondi, de couleur rouge, qui repose sur la racine du nez ; puis monte sur la bosse nasale, en s’aplatissant et s’élargissant de nouveau. Parvenu au niveau des sourcils, le pyramidal semble se continuer avec la partie correspondante du frontal ; mais en réalité les deux muscles s’arrêtent à cette limite, en se pénétrant réciproquement. Leurs fibres, parallèlement entremêlées, ne tardent pas à se séparer pour aller se fixer à la peau, celles du frontal de haut en bas, celles du pyramidal de bas en haut, et sur un point plus élevé que les précédentes.

Rapports. — Sa face antérieure, concave de haut en bas, convexe transversalement, est unie à la peau d’une manière intime dans son tiers supérieur, plus faiblement dans ses deux tiers inférieurs.

Sur sa face postérieure convexe et concave en sens inverse, on remarque une très mince lame fibreuse qui n’adhère aux os sous-jacents que par un tissu conjonctif lâche et qui lui permet de glisser sur ces os au moment où il se contracte.

Son bord interne, vertical, se juxtapose à celui du muscle opposé dont le sépare une simple ligne celluleuse, en sorte que les deux pyramidaux semblent ne former qu’un seul muscle impair et médian.

Son bord externe, beaucoup plus mince, répond de bas en haut atx triangulaire du nez, à l’élévateur commun de l’aile du nez et de la lèvre supérieure et à l’orbiculaire des paupières.

Action. — Le pyramidal est l’antagoniste du frontal. En 1855, Duchenne (de Boulogne) a constaté cet antagonisme, qu’il pense avoir découvert, et dans son dernier ouvrage, publié en 1867, il maintient ses prétentions à cet égard. Mais, en 1847, voici comment je m’exprimais dans la première édition de mon Traité (T anatomie descriptive :

(( Les pyramidaux déterminent le plissement transversal des téguments compris entre les deux sourcils. Leur extrémité inférieure représente constamment leur insertion fixe : aussi, tandis que les plis occasionnés parles contractions du frontal s’effectuent de bas en haut ou par ascension, ceux que produisent les pyramidaux se forment de haut en bas ou par abaissement. Pendant l’action du premier, les pyramidaux s’allongent consécutivement à l’élévation de la couche tégumentaire ; pendant l’action des derniers, le frontal subit une élongation analogue due à l’abaissement des mêmes téguments ; par conséquent, ces muscles sont éminemment antagonistes. »

L’antagonisme des pyramidaux et des frontaux était donc parfaitement connu depuis 1847, lorsque Duchenne (de Boulogne) a pris la peine de le découvrir en 1855. Pour le démontrer, j’avais eu recours simplement à la volonté, excitant non moins énergique que les courants électriques. Chacun peut en effet constater sur soi-même que l’action des frontaux et des pyramidaux est inverse, que les uns s’allongent lorsque les autres se raccourcissent, et réciproquement. En posant un doigt de la main droite sur les pyramidaux et un doigt de la main gauche sur l’un des frontaux, on sent très bien qu’au moment où les premiers se contractent, les seconds sont attirés en bas; que lorsque les frontaux entrent en action, les pyramidaux s’allongent de bas en haut.

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