V. — Myrtiforme
Situé au-dessous de l’aile du nez, entre le bord alvéolaire et la muqueuse buccale qui le recouvre en partie; Verticalement dirigé; mince, aplati, quadrilatère.
Insertions. — Le myrtiforme s’attache inférieurement, non à la fossette qui surmonte les incisives, mais à une saillie du bord alvéolaire qui correspond à l’incisive latérale, à la canine, et à la première petite molaire; il prend en outre quelques insertions sur la partie correspondante de la muqueuse gingivale. Né de cette double origine, le muscle monte en s’élargissant vers la base du nez. Ses fibres peuvent être divisées d’après leur direction en internes ou obliques, moyennes ou verticales, et externes ou demi-circulaires.
Les fibres internes se portent en haut et en dedans pour aller s’attacher à l’extrémité postérieure de la branche interne du cartilage de l’aile du nez et aux téguments qui la recouvrent.
Les fibres moyennes s’attachent à tout l’espace compris entre la souscloison et la partie postérieure de l’aile du nez.
Les fibres externes, d’autant plus longues qu’elles sont plus éloignées du plan médian, s’insèrent à toute la hauteur de l’extrémité postérieure de l’aile du nez. en décrivant une courbe à concavité antérieure. Elles s’entre-croisentau niveau de leur insertion avec celles du transverse. Les plus élevées semblent même se continuer avec ces dernières, de telle sorte que les deux muscles forment autour de l’entrée des fosses nasales un demi-sphincter.
(1) Albinus, Ilist. mmcul., 1734, p. 150. iv° édit.
il. — 8
Rapports. — Le myrtiforme est recouvert par la muqueuse buccale, l’orbiculaire des lèvres et les deux élévateurs communs. Il recouvre la partie antérieure du bord alvéolaire.
Action. — Ce muscle a pour destination d’abaisser l’aile du nez. En même temps qu’il l’attire en bas, il rapproche son extrémité postérieure de la sous-cloison, et rétrécit par conséquent l’entrée des fosses nasales. Son action, ainsi que nous l’avons vu, est toujours associée à celle du transverse : disposés sur une ligne demi-circulaire et se contractant simultanément, les deux muscles jouent le rôle d’un constricteur. En opposition avec ce constricteur, on trouve le dilatateur; mais celui-ci n’intervient que dans certaines conditions, dans l’action de flairer, dans les accès de suffocation, dans l’expression de certaines passions par exemple. Le plus communément, lorsque le sphincter se relâche, le vestibule des fosses nasales reprend ses dimensions premières, en vertu de la seule élasticité de ses parois.
En terminant l’étude des muscles situés sur les parties latérales du nez, je dois mentionner encore un faisceau musculaire qui est sous-jacent à l’élévateur commun superficiel, et plus bas à l’élévateur commun profond. Ce muscle avait fort embarrassé Albinus, qui en parle dans les termes suivants: « J’ai vu un certain muscle rectiligne et obliquement descendant qui adhère sur toute sa longueur à l’os maxillaire, el qui ne s’insère à aucune partie molle qu’il puisse mouvoir; ce muscle ne semble donc avoir aucun usage. » Si étrange que semble cette conclusion, elle m’avait d’abord paru exacte. Plus tard, cependant, j’ai pu constater que ce muscle descend jusqu’à la muqueuse gingivale à laquelle il adhère, et j’ai dû penser alors qu’il avait pour usage de soutenir el de tendre en quelque sorte le repli que forme la muqueuse buccale en passant de la lèvre supérieure sur l’arcade alvéolaire. On pourrait donc l’appeler muscle tenseur de la muqueuse alvéolo-labiale. Il est constant, mais très variable dans ses dimensions.
§ 7. — Muscles qui s’attachent a la peau des lèvres.
Indépendamment des deux élévateurs communs qui s’insèrent l’un et l’autre, en partie, aux téguments de la lèvre supérieure, il existe six autres muscles qui s’attachent par leur extrémité mobile à la peau des lèvres ; ce sont, en procédant de haut en bas : le grand et le petit zygomatiques, le canin , le risorius de Santorini, le triangulaire des lèvres et le carré du menton. Chacun de ceux-ci étant pair et semblablement disposé ;i droite et à gauche, on voit que le plan musculaire superficiel ou sous-cutané des lèvres comprend seize muscles qui, de l’orifice buccal, rayonnent dans toutes les directions (lig. 284).