‹ Traité d'anatomie descriptiveChapitre 74 sur 481 · IV. — Risorius de Santorini · texte numérisé non relu

IV. — Risorius de Santorini

Le risorius décrit et représenté par Santorini, en 1739, a été considéré depuis cette époque comme une dépendance du peaucier cervical. Mais ses insertions, ses attributions, attestent clairement qu’il jouit d’une action propre, et qu’il appartient à ce petit groupe de muscles que nous voyons rayonner autour de l’orifice buccal. Très superficiel, extrêmement mince, de figure triangulaire, il se dirige transversalement ou obliquement de la commissure labiale vers le bord antérieur du sternomastoïdien.

Insertions. — Ce muscle tire son origine de la couche cellulo-fibreuse qui recouvre la glande parotide. Il naît tantôt par deux ou trois languettes d’inégale longueur et d’inégale largeur, tantôt par de nombreux et très minimes fascicules qui se réunissent presque aussitôt pour le constituer. Souvent son extrémité postérieure ne dépasse pas la surface de la parotide, ou bien elle répond au bord antérieur du sterno-mastoïdien. Mais il n’est pas rare de la voir se prolonger jusque sur la partie moyenne de celui-ci; je l’ai même vu s’avancer jusqu’à son bord postérieur. Son insertion fixe est donc extrêmement variable. Quel que soit leur point de départ, les faisceaux ou fascicules qui doivent le constituer se rapprochent et forment par leur convergence une lame triangulaire, transversale ou légèrement ascendante, qui se dirige d’arrière en avant, en se rétrécissant de plus en plus. Parvenues au niveau de la commissure des lèvres, ses fibres se mêlent à celles des muscles grand zygomatique et triangulaire, et s’attachent pour la plupart à la peau. D’autres, se joignent à la partie correspondante du buccinateur, pour s’insérer comme celui-ci à la muqueuse buccale.

Rapports. — Le risorius est situé sur le même plan que le peaucier du cou. Aucune ligne de démarcation ne le sépare le plus habituellement de celui-ci, en sorte qu’il semble véritablement en faire partie. J’ai vu deux fois cependant les fibres postérieures du peaucier cervical affecter une direction perpendiculaire à celles du risorius, dont l’indépendance, même au point de vue anatomique, devenait ainsi très évidente. — Sa face externe adhère à la peau. Sa face interne recouvre le buccinateur, la moitié inférieure du masséter, la glande parotide, et quelquefois une minime partie du sterno-mastoïdien.

Action. — Le risorius attire l’angle des lèvres directement en dehors.

>1 YOLOCiIE.

Les deux muscles, se contractant à la fois, ont donc pour effet d’éloigner les deux commissures l’une de l’autre. Dans le sourire, à l’expression duquel ils semblent surtout destinés, les lèvres s’allongent sans que l’orifice buccal s’entr’ouvre. Si les autres muscles de la même région prennent part à l’expression des sentiments qui provoquent le rire, cet orifice se dilate et affecte alors des dimensions et un mode de configuration qui offrent d’infinies variétés et autant de modes différents d’expression.

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