II. Muscles «le ln houppe «lu menton
Ces muscles occupent le bord inférieur du sillon qui sépare la lèvre du menton. Ils se présentent sous l’aspect de deux faisceaux conoïdes, juxtaposés, obliquement dirigés en bas et en avant.
Insertions. — Par leur sommet, ces faisceaux colloïdes s’attachent sur les côtés de la symphyse de la mâchoire, immédiatement au-dessous de la muqueuse gingivale, à l’aide de courtes fibres tendineuses. De la symphyse ils se portent en bas et en avant, en s’épanouissant, et s’insèrent aux téguments qui recouvrent la partie la plus saillante du menton. Leur moitié supérieure est rouge ; leur moitié inférieure ou leur base, d’une teinte beaucoup plus pâle, est jaunâtre.
Rapports. — En haut, les muscles de la houppe du menton sont recouverts par la muqueuse buccale, par les fibres les plus inférieures de l’orbiculaire, et par les fibres les plus élevées et les plus internes des
MUSCLE MASSÉTER.
carrés du menton. En bas, ils répondent aux fibres entre-croisées des deux peauciers du cou, fibres qui viennent s’attacher à la peau du menton au-dessous de leur base, et qui jouent, à leur égard, le rôle de muscles antagonistes. En dehors, ils sont en rapport avec les carrés, qui croisent leur direction à angle aigu. En dedans, ils sont séparés par une lamelle fibro-élastique, très dense, de figure triangulaire, dont l’épaisseur diminue de haut en bas. Cette lamelle se fixe en arrière à la partie médiane delà mâchoire; elle se continue par son bord antérieur avec le cul-de-sac de la muqueuse, et plus bas avec les téguments qu’elle attire vers la symphyse, d’où la dépression comprise entre la lèvre cl le menton.
Action. — Ces muscles impriment aux téguments du menton un mouvement d’élévation, et les appliquent contre la symphyse de la mâchoire. Ils élèvent ainsi mécaniquement la lèvre inférieure en la renversant un peu en dehors, en même temps qu’ils repoussent en haut les débris alimentaires tombés au-devant des incisives.
§ 10. — Région temporo-maxillaire.
Elle comprend deux muscles remarquables par leur volume plus considérable que celui de tous les autres muscles de la tête, et par la puissance dont ils sont doués : le masséter , qui recouvre la branche de la mâchoire; le temporal , qui remplit la fosse de ce nom.
Préparation. — Le masséter étant plus superficiel et devant être enlevé pour mettre complètement à découvert le temporal, il convient de le préparer et de l’étudier d’abord. On complétera ensuite la préparation de celui-ci. Les données suivantes permettront d’atteindre ce double but : 1° inciser horizontalement les téguments sur le trajet de l’arcade zygomatique, et verticalement sur la partie moyenne du masséter, en faisant remonter cette dernière incision sur la tempe; 2° détacher ces téguments de manière à mettre en évidence, en haut l’aponévrose très forte qui recouvre le temporal, et en bas l’aponévrose mince qui voile le masséter, puis les étudier l’une et l’autre ; 3° enlever la parotide et achever de découvrir la façe externe de ce muscle; 4° couper l’aponévrose temporale à son attache inférieure, scier ensuite l’arcade zygomatique à ses deux extrémités, puis la rabattre sur le masséter ; 5° enfin terminer la préparation du temporal.