EMBRYON A LA FIN DU TROISIÈME JOUR
§ 23. Extrémité céphaliqne, arem branchiaux. — À la fin du
troisième jour les bourgeons branchiaux dont nous avons parlé précédemment se sont assez accusés pour que nous puissions maintenant en donner une description plus détaillée.
On peut les représenter comme des bourgeonnements du mésoderme
qui progressent d'arrière en avant dans toute l'étendue de l'extrémité céphalique. Ceux qui se forment sur la tête délimiteront les différentes cavités de la face ; ceux qui naissent plus bas formeront le cou ; enfin les plus inférieurs passent par-dessus la lame fibro-amniolique pour fermer la paroi thoracique ; la portion de cette lame qui reste ainsi ren- FiG. 58. — Embryon au fermée devient la paroi antérieure du péricarde.
3* jour. — a, dépression ^ j i j ' i * j
olfactive ; *, optique; ™"^ comprendre le développement du premier d, auditive; o, premier arcquej'ai eu déjà l'occasiond'exposer dans la thèse
d'agrégation de M. Rémy, il faut se rappeler les dispositions des organes des sens dont les premières traces existent déjà sous la forme de vésicules olfactives, optiques et auditives (voy. page H2). Ces vésicules formées, voici pour moi commentsefaitledéveloppementdesarcs. Autour de ces vésicules le feuillet moyen subit une sorte d'hypertrophie. Arrêté pour ainsi dire dans son expansion au niveau des dépressions oculaire et olfactives, il les déborde d'abord par la partie supérieure où il forme un sourcil ; puis les extrémités de ce sourcil s'allongent et descendent, mais sans se réunir en dessous. On voit donc ainsi une série de bourrelets descendant de la partie antérieure de l'extrémité céphalique. Le bourrelet le plus antérieur forme un bourgeon, ou bourgeon incisif, où se développe l'os du même nom et qui est limité en arrière par la tache olfactive. Un second bourgeon est produit entre la dépression oculaire et la dépression olfactive par la réunion de deux boun*elets voisins. Leder-
nier bourrelet qui est en arrière de la vésicule oculaire va se souder à Vs^c maxillaire.
Entre tous ces bourgeons, se trouvent des dépressions ou fentes qui convergent toutes vers un enfoncement du feuillet externe, situé sous la vésicule cérébrale antérieure en avant de Textrémilé supérieure de Taditus anterior, et séparé de cette cavité par la paroi antérieure du capuchon céphalique. Ces dépressions ébauchent déjà la cavité naso-buccale avec les diiïérents conduits qui viennent y aboutir.
La dépression olfactive par suite du développement du boui^eon placé entre elle et Tœil, se trouve être bientôt au fond d'une cavité en fonnede fente ouverte inférieuremenl et h direction oblique en dedans et en arrière, ainsi qu'on le voit sur la fig. 59. Cette fente s'unit à celle qui lui correspond de l'autre coté, délimitant ainsi à elles deux le bourgeon incisif. Telle est la première ébauche de la cavité nasale, représentée par ces deux fentes obliques, d'avant en arrière et de dehors en dedans. Entre les extrémités antérieures des bourrelets qui entourent la vésicule oculaire se trouve une deuxième fente qui va rejoindre obliquement les premières au-dessous de la tête : elle représente le commencement du canal nasal.
Ces fentes ainsi établies se ferment peu à peu dans leur partie la plus externe par le rapprochement des extrémités inférieures des bourrelets dont nous avons parlé, de telle sorte que les fosses nasales sont bientôt représentées par deux canaux s'ouvrant au dehors par deux orifices circulaires. Plus en arrière ce sont de simples gouttières renversées. De même la fente qui partait de la partie inférieure de la vésicule oculaire se ferme progressivement de dehors en dedans, et finit par former un canal qui rejoignant en dessous la gouttière olfactive devient le canal nasal.
En arrière de la vésicule olfactive le bourrelet descendant va contribuer de même à former le premier arc branchial proprement dit, qui ne tarde pas à se diviser en deux pour former chacune des mâchoires.
Frc. 59. — Tète d*embryon de mouton, après la formation du bourgeon incisif, a, fente olfactive marquant le début de la fosse nasale correspondante; 5, sens de la vue ; c, bourgeon maxillaire.
Fig. 60. — Tète d'embryon de mouton, alors que la bouche est formée. — a, frtite olfactive transformée en canal ; 5, cristallin; c, bourgeon maxillaire supérieur.
Ainsi se formotil succossivement de haut en bas une série de bourgeons f)ui parlent des parties latérales de l'embrjon et tendent à s'unir sur la ligne médiane. Je ne sais pas encore quel rapport doit exister entre la vésicule auditive et le développement de la première Tente branchiale qui lui coh*espond.
On désigne généralement du nom d'arc branciiial les bourgeons qui naissent au-dessous de la vésicule optique. Ainsi se trouvent à droite et â gaurhe successivement les quatre arcs liranchiaux.
Dans cette série de bourgeons ou d'arcs superposés se produisent des organes importants dont voici l'énumération :
i Petites corne» de l'hyolJe Pt corps Élrier Ligacncnt stylo-tijoiclien.
/ Ganduil auditif externe.
Fcnlo entre le deuxième cl le \ Caisse du Ijmpan.
troisiècne ) Trompe d'Eustache.
' Rvcnls de cerUiii* squales et descélar^ét.
Troisième arc t Grandes cornes Je l'hyoïde.
Quatrième an | Pièces du larynx.
EXTRÉMITÉ CAUDj^LP..
§ ât. La seconde moitié du troisième jour est caractérisée surtout par des phénomènes importants qui se produisent sur l'extrémité caudale : la formation de l'allantoîde , de l'inleslin postérieur, l'enfoncement anal, etc., le capuchon amniotique postérieur.
De même que l'extrémité céphalique s'était Tormée par une sorte d'épaississement et d'incurvation de toute la prtie supérieure de l'embryon, de même l'extrémité caudale se renfle, se courbe en avant, en même temps que tes parties latérales se rapprochent de façon à former une sorte de sabot ouvert en haut ! et logeant le cul-de-sac inférieur du feuillet interne, ' ou intestin inférieur. La portion d'intestin avoisi- . nant ce cul-de-sac est, comme dans toute la hauteur ' de l'embryon, adhérente en arrière au mésoderme non divisé par la fente pleuropéritonéale, et libre en avant et sur les côtés dans cette cavité. Au moment où l'extrémité postérieure prend cette forme, on aperçoit
cule allantoïdienne; b, iéprcBsioi caudalf.
PRÉLIMINAIRES d'EMBRYOGÉNIE. 121
en arrière d'elle un arc de cercle, produit par l'amnios et semblable au repli amniotique, qui surmontait l'embryon du côté de la tète au commencement de la deuxième journée.
Peu à peu ce repli enveloppe l'extrémité caudale et s'étend sur le dos, comme l'avait fait le capuchon céphalique. A la fin de la troisième journée, ces deux amnios se rejoignent en un point qui, nous l'avons vu, correspond à la région lombaire, et ainsi l'embryon se trouve renfermé dans un sacqui, s'insérantun peu au«dessus et en avant du cœur, passe sur la léte et enveloppe tout le dos et la région caudale.
Sur la région ventrale, l'embryon étant encore largement ouvert, l'amnios s'insère sur les bords de la gouttière qu'il présente en avant.
Jlllantoïde. — Sur la partie antérieure de cette sorte de sabot renversé, qui constitue l'extrémité inférieure de l'embryon, on voit apparaître une saillie dont nous expliquerons plus loin la formation. Celte saillie, grosse d'abord comme une petite tête d'épingle, grandit rapidement, se couvre d'arborisations vasculaires et devient vésiculeuse. C'est Tallantoïde {a, fig. 61). Dans les heures qui suivent, au commencement du quatrième jour, elle est grosse comme un pois et se rejette sur le côté. Son développement est rapide, et les jours suivants elle remplit une grande partie de la cavité de l'œuf. On aperçoit à sa surface des artères volumineuses qui naissent de la partie inférieure des aortes descendantes et des veines qui vont se jeter dans les renflements de la base du cœur. Il va donc sur l'allantoïde une circulation extra-embryonnaire comparable à la circulation omphalo-mésentérique. Cette seconde circulation n'a point de rapport avec le vitellus nutritif, comme la première. Elle sert chez l'oiseau à la respiration de l'embryon. Chez les mammifères, la vésicule allantoïde subit des modific^ti^ons que nous aurons à étudier à propos du placenta, et par le moyen desquelles elle peut servir à mettre en contact le sang maternel avec le sang du fœtus.