VENTRICULES LATÉRAUX
du corps calleux, à la partie temporale de ce tapetuni, mais qui appartiennent en grande partie aux fibres d'association fronto-occipitales.
La paroi inférieure ou interne, convexe, est représentée par la face libre et saillante (alveus) de la corne d'Ammon, sur laquelle s'est épanouie la branche postérieure des piliers du trigone, par la fimbria et par le corps godronné. La fimbria, ou corps frangé, reçoit en arrière la bi"anche antérieure des piliers du trigone et se termine en avant dans la substance blanche du lobule de l'hippocampe; le corps godronné s'unit en avant et en arrière avec la substance grise de la cinquième circonvolution temporale et reçoit aussi par son extrémité postérieure les tractus gris de Lancisi. Quant à la corne d'Ammon, que nous avons décrite avec les circonvolutions cérébrales (p. 319), elle se montre sous sa forme de bourrelet bosselé et arqué, dont la tête s'encadre en avant dans le crochet du lobule de l'hippocampe tandis que sa queue effilée va se confondre avec le pilier du trigone et l'ergot de Morand.
En dehors et en dessous de la corne d'Ammon, concentriquement à sa courbe et séparée d'elle par un sillon, se voit une seconde saillie semblable, appelée éminence collatérale (ou accessoire du pied d'hippocampe, cuissart de Malacarne). Elle est produite par le c[uatrième sillon temporal ou sillon collatéral, qui anormalement profond, refoule la substance blanche dans la cavité ventrîculaire. Elle est souvent aplatie et peu distincte.
Le bord externe, en même temps inférieur, répond à la jonction de la corne d'Ammon ou de son accessoire avec la face supérieure, par conséquent de Falveus avec le tapetum.
Le bord interne et supérieur, curviligne à concavité interne, est percé d'une fissure qui est la partie latérale de la fente de Bichat. La bandelette optique forme sa lèvre supérieure, et la fimbria de la corne d'Ammon sa lèvre inférieure. D'une lèvre à l'autre s'étend un feuillet épithélial, ancienne paroi de la vésicule hémisphérique embryonnaire conservée sous sa forme primitive ; ce feuillet est refoulé en dedans par la pie-mère qui s'engage à travers la fente de Bichat et bourgeonne dans la cavité en touffes vasculaires on, plexus choroïdes (fig. 236). La fente de Bichat est en réalité fermée; l'épithélium ventriculaire qui coiffe les plexus choroïdes sépare la cavité d'avec la pie-mère, et celle-ci à son tour sépare la paroi épithéliale de l'espace sous-arachnoïdien central. Comme nous l'avons exposé, quelques auteurs pensent qu'il se fait ultérieurement une résorption dans la paroi épithéliale et pie-mérienne qui comble la fente de Bichat, et que le liquide intra-venti-iculaire peut communiquer avec le liquide céphalo-rachidien.
3" Corne occipitale. — La corne occipitale ou corne postérieure, appelée encore cavité digitale, cavité ancyroïde, en forme de doigt courbé ou d'ancre, se détache du canal ventriculaire au-dessous et en dehors du bourrelet du corps calleux et se dirige horizontalement, dans le lobe occipital, en inclinant vers la ligne médiane. Sa forme est arquée à concavité interne. C'est un diverticulum de la corne inférieure produit par l'extension postérieure du cerveau.
Sa longueur est des plus variables suivant les différents sujets et même d'un côté à l'autre du cerveau ; elle mesui^e 3 cm. en moyenne. Dans les 2/3 des cas, la cavité gauche est plus considérable.
[C HA RPV.]
NÉVROLOGIK.
Bord sagittal
Face inl.
Fore, (bulbe)
Se. cale.
Rad. opi.
Tapslum
/•'. long. in(.
Sa coupe transversale montre que la cavité est un canal en forme de pyramide triangulaire. Le sommet ou extrémité postérieure est effilé en pointe et séparé de l'extrémité postérieure du lobe occipital par une distance très variable, depuis quelques millimètres jusqu'à 3 cm. (23 mm. en moyenne). L'extrémité antérieure s'unit au ventricule latéral, au niveau de son coude de réflexion. Ce coude est le carrefour {trigone du ventricule, Schwalbe), d'où partent les trois cornes. C'est la partie la plus large ; elle est triangulaire sur la coupe et occupée par un renflement du plexus choroïde, le glomus ou fflomérule choroïdien. — La face inférieure, plane, est horizontale. — La
face externe, concave, est plutôt latéro-supérieure ; elle est constituée par la portion occipitale du tapis du corpscalleux, étendue en nappe très mince, et autour du tapis, par les radiations optiques. — La face interne, convexe, très amincie en certains points oh ellen'est qu'à 3 mm. de la face interne du cerveau , présente deux saillies superposées. La sailliesupérieure, inconstante (bulbe de la corne occi pitale), est due au relief du forceps postérieur, irradiation du bourrelet du corps calleux et aussi à l'enfoncement de la scissure occipitale. La saillie inférieure, plus considérable, est Vergot de Morand.
On appelle ainsi (et encore : petit hippocampe, calcar, c'est-à-dire éperon ou' serre d'oiseau) une saillie blanche, courbe à convexité supérieure et externe,, qui longe la partie inférieure de la face interne et se continue en avant avecla corne d'Ammon. L'ergot varie beaucoup dans ses dimensions; il est grand ou petit, lisse ou plissé, large ou allongé. Il manque quelquefois, 1 loissur 20 (Wenzel). Dans sa forme compliquée, il a 8 mm. de large, occupe toute la hauteur de la face interne et présente de légers sillons transversaux. Une coupe vertico-transversale montre qu'il est tout simplement,, non pas une circonvolution retournée comme on l'a dit longtemps, mais la partie profonde de la scissure calcarine faisant relief dans la cavité ventriculaire. Il répond à la branche antérieure de cette scissure, c'est-à-dire à la tige qui lui est commune avec la scissure occipitale interne ou queue de l'Y. Lesvariations nombreuses de l'ergot sont liées à celle de la partie terminale de la calcarine. J'ai vu plusieurs fois un ergot à peine apparent et dédoublé en
Ergot
Fie. 204. — La corne occipitale, coupée transversalement.
VENTRICULES LATERAUX.
deux bourrelets de faible saillie correspondre à une scissure calcarine bifurquée dans sa pi-ofondeur. A de rares exceptions près, la corne occipitale et
FiG. 263. — Moule des ventricules, avec l'alliage de Wood, vu par la face inférieure
(d'après Retzius).
On remarque : sur la ligne médiane le 3° ventricule, terminé en avant par le recessus optique, ro, et communiquant avec les ventricules latér. par le trou de Monro, tM. — En arrière, l'aqueduc et le k° ventricule avec ses recessus latéraux qui s ouvrent par le trou de Luschka, tL,\&t ses recessus postérieur et supérieur, rsp.
Dans les ventricules latéraux : les trois cornes, co, ci et cp ; — les empreintes des plexus choroïdes, pi ; de la queue du noyau caudé, c: de la corne d'Ammon, cA; de l'émin. collatér. ec ; de l'ergot de Morand, eM, et du bulbe de la corne poster., b.
l'ergot n'existent que chez l'homme et chez les singes; ils sont liés au développement de la partie postérieure du cerveau et à la formation du lobe occipital,, laquelle entraîne à son tour l'apparition de la scissure calcarine.
\CHARPY.],.