X. NERF PNEUMOGASTRIQUE — 10= paire
Le nerl jineumo-gastrique ou nerf de la dixième paire, appelé encore nerf vague, h cause de l'étendue de son territoire, est un nerf mixte, tout à la fois et dès son origine moteur et sensitif, destiné non seulement, comme l'indique son nom, aux poumons et à l'estomac, mais encore à la partie supérieure du tube digestif, aux voies respiratoires et au cœur. Son origine apparente ou émergence occupe une hauteur de 5 mm. ; les filets nerveux sortent en plusieurs groupes, entre le glosso-pharyngien et le spinal bulbaire, dans le sillon collatéral des nerfs mixtes.
A leur émergence les filets radiculaires sont mixtes ; mais, dans l'intérieur du bulbe, les origines sont différentes poyr les fibres de la motricité et pour celles de la sensibilité. Nous devons donc distinguer une portion motrice et une portion sensitive.
{0 Portion motrice du nerf vague. — Les fibres motrices ont pour origine un noyau cellulaire connu depuis Krause sous le nom de noyau ambigu, nucleus ambiguus, appelé encore noyau ventral du vague. Cette assertion s'appuie sur la constatation directe des cellules radiculaires, sur les recherches embryologiques (Bechterew) et sur l'atrophie du noyau consécutive à l'extirpation du nerf pneumo-gastrique (Gudden, Dees).
Le noyau ambigu peut être considéré comme le prolongement bulbaire du groupe externe de la corne antérieure de la moelle, groupe qui dans la région cervicale donne naissance au spinal médullaire, et qui, dans le bulbe, devenu noyau ambigu, émet les racines du spinal bulbaire, du pneumogastrique et du glosso-pharyngien, tandis que le groupe interne des cellules motrices a pour continuation dans la moelle allongée le noyau de l'hypoglosse. Il est profond, et non superficiel comme le noyau de l'hypoglosse c[ui est sous le plancher ventriculaire; il est au milieu de la formation réticulée, au centre d'un espace limité en avant par l'olive et la parolive externe, en arrière par le noyau sensitif des nerfs mixtes, en dedans par les fibres de l'hypoglosse, en dehors par les fibres horizontales des nerfs mixtes et la racine descendante du trijumeau. Sa longueur est un peu plus grande que celle du noyau de l'hypoglosse, il mesure près de 2 cm. de hauteur et se prolonge depuis l'extrémité inférieure de l'olive jusqu'au noyau du facial.
Le noyau ambigu est composé de cellules nerveuses grandes et multipolaires. On trouve aussi quelques cellules à cylindre-axe court. Entre les cellules est un plexus relativement pauvre, formé de fines arborisations qui paraissent provenir des collatérales du trijumeau et de celles des fibres réticulées.
Tx'ois nerfs échelonnés naissent du noyau ambigu. Ce sont : en bas le spinal bulbaire ou accessoire du vague, au-dessus de lui les fibres motrices du pneumogastrique, et à l'extrémité supérieure celles du glosso-pharyngien. Il est difficile de déterminer le territoire de chacun de ces nerfs.
Les fibres nées des cellules radiculaires du noyau ambigu, et d'abord espacées à leur origine, se constituent en faisceaux qui, au lieu de se diriger en avant par le plus court chemin, se dirigent en arrière vers le noyau sensitif du vague; là elles se recourbent brusquement pour s'unir aux fibres sensitives et suivre avec elles un trajet oblique en avant et en dehors, presque parallèle au
Ilypogl.
A^ de l'aile grise
.Ac. r.
desc.
premier. Ce trajet est direct, homolatéral; on n'a pas observé de façon certaine l'entre-croisement de fibres d'un côté à l'autre.
2" Portion sensitive du nerf vague. — La portion sensitive a son noyau d'origine dans les ganglions jugulaire et plexiforme du pneumogastrique. Ces ganglions, pareils aux ganglions rachidiens, contiennent des cellules nerveuses unipolaires à branche divisée en T; la branche périphérique ou externe est celle qui arrive des organes respiratoire ou digestif ; la branche centrale ou interne gagne le bulbe, entre par le sillon des nerfs mixtes et, mêlée aux fibres motrices, se dirige en ligne droite en arrière et en dedans, sous forme de minces faisceaux qui traversent la racine du trijumeau et sa substance gélatineuse. Avant • d'atteindre la substance grise du plancher, la racine sensitive, pareille aux racines postérieures de la moelle, se bifurque en deux branches : une bi-anche courte, horizontale, qui pénètre et se termine dans le noyau dorsal du pneumogastrique, une branche descendante longue, beaucoup plus importante, qui s'incorpore au faisceau solitaire. Cette dernière se prolonge jusqu'à
l'entre-croisement des Fig. 280. — Origines du nerf hypoglosse et du pneumogastrique. pyramides. Coupe transversale par la partie supérieure de l'olive. Grossie trois fois. —
Ti • . 1 1 Pour Van Geliuchten, le noyau de l'aile grise est le noyau dorsal inoleur du pn.
noyaux terminaux
sensitifs pour le nerf vague, lé noyau dorsal, sous-ventriculaire ou noyau de Vaile grise, et le noyau du faisceau solitaire; dans l'un comme dans l'autre, les fibres afférentes se terminent par des arborisations libres, autour des cellules nerveuses. Le cylindre-axe de ces cellules passe, non pas dans les racines du pneumogastrique, mais dans le ruban de Reil qui le conduit au cerveau; cellules et cylindre-axes représentent la voie centrale ou cérébrale.
Le noyait de l'aile grise ou noyau dorsal s'étend depuis l'extrémité inférieure de l'olive jusqu'aux stries acoustiques. Dans le plancher ventriculaire, il est superficiel et correspond à l'aile grise ou trigone du pneumogastrique. Un petit amas de cellules nerveuses de signification inconnue, indi-
F. soin.
Trij.r.desc.
N. mixte
N. ambigu
Olive
Hypoglosse
Pyr. ant.
[CHABPY.]
400 NÉVROLOGIE.
que sous le nom de noyau intercalaire de Staderini, le sépare du noyau de l'hypoglosse.
Le noyau du faisceau solitaire est un long amas vertical de petites cellules que nous décrirons à propos du giosso-pharyngien. Ces deux noyaux sensitifs et le noyau ambigu moteur sont communs aux nerfs de la 10*^ et de la 9*^ paire.
Opinion de Marinesco et de Van Gehuchten. — Nous venons d'exposer la description classique, celle de Kœlliker et de Bechterevv. Van Gehuchten, qui se fonde surtout sur les phénomènes de chromolyse cellulaire consécutifs à l'extirpation des nerfs, est arrivé à des résultats bien différents que nous résumons ainsi :
Le noyau ambigu, noyau ventral à grandes cellules, est bien un noyau moteur, mais il est exclusivement affecté au pneumo-gastrique.
Celui-ci possède un second noyau moteur qui lui est commun avec le nerf spinal, c'est le noyau de l'aile grise ou noyau dorsal à petites cellules, considéré à tort comme de nature sensitive. Ce noyau paraît être l'origine de la portion inférieure sous-pharyngienne du nerf vague, celle qui dessert surtout des muscles lisses.
Le noyau sensitif terminal du pneumo-gastrique est uniquement le noyau du faisceau solitaire, qu'il partage avec le giosso-pharyngien et le nerf de Wrisberg.
Cette opinion de Van Gehuchten avait déjà été émise par Vincenzi et par Marinesco; elle est acceptée par Edinger, par Cajal et par Bruce (Presse médicale,