‹ Traité d'anatomie humaineChapitre 135 sur 368 · C. dentelé · texte numérisé non relu

C. dentelé

FiG. 305. — Les pédoncules cérébelleux supérieurs.

Origine et entrecroisement. — Figure demi-schématique.

draxile; ces cellules sont, comme nous l'avons vu, en connexion avec la terminaison des fibres de Purkinje. Un petit nombre de fibres nerveuses ont pour origine i'écoi'ce même, et par conséquent les cellules de Purkinje (Marchi, Cajal, Van Gehuchten). Les observateurs récents admettent que toutes ces fibres sans exception subissent l'entrecroisement sous les tubercules quadrijumeaux. Elles aboutissent au noyau rouge ; une partie s'y termine, l'autre se poursuit directement jusqu'à la couche optique. Le noyau rouge étant à son tour uni au thalamus (noyau externe ou interne), ou même directement à l'écorce cérébrale, le pédoncule cérébelleux supérieur constitue une voie centrifuge cérébello-corticale, coupée par des relais variés (neurones rubro-cérébelleux, rubro-thalamiques et thalamo-corticaux).

A côté de ces fibres efTérentes existent, mais en très petit nombre, des fibres afférentes centripètes.

Le noyau rouge n'est pas le seul aboutissant ou le seul lieu de passage du pédoncule supérieur. Cajal a découvert qu'un grand nombre de fibres, après avoir subi l'entre-croisement (Van Gehuchten), se bifurquent en deux bran-

[CIIARPV:

NEVROLOGIE.

ches, ruiio ascendante qui continue son trajet vers le noyau rouge, l'autre descendante, ou bien émettent une grosse collatérale descendante. Branches de division ou bien collatérales, ces fibres se réunissent en un faisceau longitudinal qui descend dans la protubérance et le bulbe, en dedans du noyau gélatineux du trijumeau. Elles abandonnent des collatérales au noyau masticateur, aux noyaux du facial, du moteur externe, des nerfs mixtes et à la substance réticulée, et se terminent dans la moelle, on ne sait où, car on n'a pu les suivre plus loin que l'olive.

Cajal appelle ces fibres faisceau cérébelleux descendant latéral. Ce nom est déjà appliqué à un groupe de fibres décrit par Thomas. Nous le désignerons sous le nom de faisceau descendant de Cajal. Il est difficile, pour le moment, de Fidentifier avec d'autres faisceaux indiqués par Marchi, par Edinger et par Bechterew.

(Cajal, Beitrag. z. Stud. der Medulla oblongata, I, 1896).

Thomas décrit un autre faisceau descendant, le faisceau en crochet de RiisseU. qui, né dans le corps dentelé, et partiellement dans l'écorce et le noyau du toit, contourne en crochet le pédoncule cérébelleux supérieur sur la face externe du faisceau de Gowers et descend dans la protubérance et dans le bulbe. Il se termine en partie dans les nojaux de Deiters et de Bechterew, confondu avec les fibres cérébello-vestibulaires du corps restiforme, et en partie dans la moelle jusqu'à la région dorsale moyenne. (Thomas. Le cervelet. Thèse de Paris, 1897.)

2° Faisceau de Gowers. — Nous avons vu plus haut (p. .386) que ce faisceau émergeant de la protubérance contourne le pédoncule cérébelleux et pénètre sur son bord interne dans le centre médullaire du cervelet. Il se termine, après croisement partiel, dans l'écorce du vermis antérieur. C'est par conséquent une voie afférente, centripète, dont l'origine est dans la moelle.

B. — Pédoncules cérébelleux moyens. — Ces pédoncules unissent le cervelet avec les noyaux gris de la protubérance; leur position excen-

FiG. 300. — Les pédoncules cérébelleux moyens.

Coupe horizontale du cervelet. — Figure demi-schématique.

trique fait déjà présumer qu"ls sont surtout en rapport avec l'hémisphère cérébelleux, bien plus qu'avec le lobe médian ou le corps dentelé. Ce sont leurs

fibres qui constituent la plus grande partie des- fibres semi-circulaires, que Ton observe dans le noyau blanc de l'hémisphère.

Le pédoncule moyen est essentiellement une voie afférente du cervelet, voie centripète ou ponto-cérébelleuse. Les fibres naissent dans les cellules des noyaux gris du pont; elles occupent les trois couches transversales connues sous le nom de stratum superficiel, intermédiaire et profond. Quelques-unes sont directes (fibres homo-latérales), mais la plupart sont croisées (fibres contro-latérales de quelques auteurs). Elles se terminent dans l'écorce hémisphérique.

Il est important de remarquer que ces noyaux protubérantiels sont, à leur tour, en rapport avec l'écorce cérébrale par un double système de fibres : par d'innombrables collatérales émanées du faisceau pyramidal, et surtout par des filtres terminales qui proviennent des régions centrales du manteau et passent par le pied du pédoncule cérébral. Ils ne sont donc qu'un relais, une station interposée sur la voie cérébro-cérébelleuse.

A côté de ces fibres centripètes qui forment le contingent principal, il existe un petit nombre de fibres centrifuges ou efférentes, constatées chez l'homme et chez les animaux, qui proviennent de l'écorce même du cerveau et se terminent dans les noyaux du pont.

C. — Pédoncules cérébelleux inférieurs. — Nous employons ce terme comme synonyme de corps restiforme, bien que quelques auteurs réservent ce dernier terme à la moitié inférieure, juxta-ventriculaire, des pédoncules, et d'autres à la partie externe de ces mêmes pédoncules.

Comme les pédoncules moyens, les inférieurs contiennent presque exclusivement des fibres afférentes, centripètes, en grande partie croisées et qui se terminent dans l'écorce cérébelleuse, sans contracter de rapport avec le corps dentelé. Ces fibres sont, les unes d'origine médullaire : faisceau cérébelleux de Flechsig; les autres, de beaucoup plus nombreuses, d'origine bulbaire : fibres des noyaux postérieurs, faisceau olivaire et faisceau vestibulaire.

1° Faisceau cérébelleux direct ou de Flechsig. — Nous avons décrit déjà (p. 206 et .383) le trajet de ces fibres qui, nées dans les cellules de la colonne de Clarke, contournent la face externe du bulbe, pénètrent dans le corps restiforme et dans le cervelet, et vont, après s'être en majeure partie croisées, se terminer dans les vermis supérieur et postérieur du lobe médian, au-dessus et en arrière de la terminaison du faisceau de Gowers.

2'^ Fibres des noyaux de Goll et de Burdach. — Elles proviennent des noyaux du cordon postérieur, principalement de leur partie externe (noyau externe ou de Monakow), et, comme on le sait, ces noyaux ont, à leur tour, reçu la terminaison des fibres radiculaires longues de la moelle, en même temps que la grosse masse de leurs cellules envoient leurs cylindre-axes, non pas au cervelet, mais dans le ruban de Reil ou ruban sensitif. Ces fibres bulbaires aboutissent à l'écorce cérébelleuse après un croisement partiel. Peut-être un certain nombre prennent-elles la voie indirecte de l'olive.

Thomas et d'autres auteurs mettent en doute l'existence de ces fibres ascendantes des noj'aux. En revanche ils admettent :

\" Des fibres médullaires directes, qui proviendraient des racines postérieures ou des fibres de cordon, sans passer par les noyaux;

[CHARPY.]

NEVROLOGIE.

C dent.

Venir.

2° Des fibres descendantes, d'ailleurs peu nombreuses, qui, de Técorce bémisphérique, iraient se terminer dans le noj'au de Burdach, dans le nojau du cordon latéral et dans la substance réticulée.

D'autre part, le noyau du cordon latéral, dans lequel se termine une partie du faisceau de Gowers, enverrait des fibres ascendantes au cervelet.

3° Faisceau olivaire. — Depuis longtemps, des observations d'anatomie pathologique chez l'homme, et l'expérimentation chez les animaux, ont démontré les rapports croisés qui unissent l'olive et le cervelet. Elles ont lieu par le fai><ceau olivaire qui constitue la plus grosse part du corps restiforme. Les fibres

naissent des cellules vermis sup. olivaires et aussi des

parolives et du noyau arciforme, dont les dégénérations accompagnent celles de l'olive bulbaire. Quelquesunes paraissent être directes ; mais la grande m aj 0 ri té sortant du hile se croise dans le raphé, dans la couche inter-oliv. (fibres arciformes antérieures) et monte dans la partie externe du corps restiforme. Elles aboutissent, non pas au corps dentelé, comme on l'a cru longtemps, mais, ainsi qu'il est de règle pour les fibres afférentes, dans l'écorce cérébelleuse. Le lobe médian et accessoirement les hémisphères reçoivent leurs arborisations.

L'olive bulbaire, à son tour, est en connexion avec le cerveau ; elle représente une station intermédiaire entre cet organe et le cervelet. On n'admet plus qu'elle soit unie à la moelle ; on n'a pas retrouvé les faisceaux spinaux indiqués par Kœlliker et par Luys ; toutefois, elle pourrait encore lui être indirectement reliée, s'il est vrai qu'elle reçoit des fibres des noyaux de Goll et de Burdach. On ne connaît d'une façon certaine que ses connexions avec des centres plus élevés, par le faisceau central de la calotte de Bechterew (faisceau olivaire cérébral de Luys), faisceau qui passe dans la calotte protubérantielle entre l'olive supérieure et le ruban de Reil, et que Bechterew et Flechsig auraient suivi jusque dans le noyau lenticulaire des corps striés, tandis que, suivant Déjerine, il se termine dans la capsule du noyau rouge, lui-même uni

cei eb du ect

Col. de Clarke

FiG. 307.

Les pédoncules cérébelleux inférieurs.

Figure schématique.

directement à l'écorce cérébrale. On a observé sa dégénération descendante.

i° Faisceau vestibulaire. — Ces fibres occupent dans le pédoncule inférieur une partie connue sous le nom de segment interne du corps restiforme, partie infiltrée de traînées de substance grise (noyaux ou ganglions restiformes) qui se rattachent, d'une part au noyau de Deiters et au noyau du toit, d'autre part aussi aux noyaux de Goll et de Burdach, car Van Gehuchten a constaté que les racines des deux premiers nerfs cervicaux remontaient jusqu'à ce niveau. Elles proviennent des noyaux dans lesquels se terminent le nerf vestibulaire, noyaux de Bechterew, de Deiters et noyau descendant de Roller. Un certain nombre, comme nous l'avons dit (p. 405), ne sont, d'après Cajal, qu'une branche de bifurcation du nerf vestibulaire et représentent, par suite, des fibres radiculaires directes, unies seulement par des collatérales aux noyaux précédents. Ces fibres montent sur la face interne du pédoncule et se terminent dans le cervelet. Leur aboutissant est mal déterminé ; on a indiqué les noyaux du toit, le corps dentelé et l'écorce cérébelleuse.

Ce faisceau contient en outre des fibres descendantes, dont l'origine précise et le croisement sont encore plus mal définis.

Le faisceau vestibulaire est le faisceau cérébello-vestibulaire de Thomas, le faisceau cérébelleux acoustique de Cajal, le faisceau cérébelleux sensoriel cVEclinger. Ce dernier auteur fait observer que chez les vertébrés inférieurs un faisceau puissant, issu du ganglion de Casser, pénètre avec le trijumeau dans le pont et se rend directement dans le cervelet. Chez les vertébrés supérieurs, le faisceau direct n'est plus représenté que par les faisceaux vestibulaires que nous avons décrits, et peut-être par quelques fibres ascendantes du trijumeau (Edinger, Neurol. Centralblatt, 1899).

Page 1