II. — FIBRES DE LA VOIE CÉRÉBELLEUSE
Les connexions de l'écorce cérébrale avec le cervelet sont indirectes, c'est-àdire qu'elles se composent de plusieurs segments ou neurones. Aucune fibre ne provient du cervelet même ou n'y arrive; toutes s'interrompent dans des ganglions interposés, noyau rouge, noyaux gris protubérantiels.
Les deux voies les mieux connues sont le faisceau pédonculaire externe ou de Meynert et les radiations du noyau rouge. La première contient unique-
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NEVROLOGIE.
F. cleMeyn
ment des fibres centrifuges; la seconde est mixte, mais les fibres corticipètes sont de beaucoup prédominantes.
l" Faisceau pédonculaire externe, de Meynert, ou faisceau temporo-protubérantiel. — Appelé par Meynert et par quelques auteurs à sa suite, par Déjerine notamment, faisceau de Tilrck, par d'autres faisceau sensitif, faisceau de Meynert, ce faisceau porte des dénominations mal choisies. Il y a déjà un faisceau de Tlïrck, le pyramidal direct, et un faisceau de Meynert, le faisceau rétroflexe. Quant h son caractère sensitif, il n'est plus admis depuis qu'on a reconnu que sa section ou sa dégénération ne produisent aucune anesthésie, et que les voies sensitives passent par la calotte et non par le pied du pédoncule cérébral.
Son origine a été cherchée tour à tour dans le lobe occipital et dans le lobe temporal seuls ou réunis. Déjerine (1893) s'est fondé sur des observations précises de dégénération secondaire pour affirmer ce que Flechsig avait déjà entrevu : le faisceau de Meynert naît exclusivement dans le lobe temporal, dans sa portion moyenne qui comprend les deuxième et troisième circonvolutions temporales. Les lésions corticales limitées au lobe occipital laissent toujours intact le faisceau de Meynert, tandis que, dans cinq cas d'altération des deuxième et troisième temporales, il était dégénéré.
De la partie moyenne du lobe temporal, ses fibres se dirigent horizontalement sous le noyau lenticulaire et abordent le pédoncule cérébral à la partie externe de la région sousoptique. Elles ne passent donc que dans la partie tout à fait inférieure de la capsule interne. Dans le pédoncule cérébral, elles se placent en dehors du faisceau pyramidal et occupent le quart ou le cinquième externe du pied pédonculaire. De là le faisceau s'engage dans la protubérance et se termine dans ses noyaux ganglionnaires ventraux ou antérieurs. Il ne se prolonge directement ni dans la moelle ni dans le cervelet, car sa dégénération ne s'étend ni aux pyramides, ni aux pédoncules cérébelleux moyens.
Ses fibres ont pour origine les cellules de l'écorce temporale, suivent un trajet centrifuge, puisque leur dégénération est descendante, et aboutissent par leurs ramifications terminales aux noyaux gris supérieurs et postérieurs de la protubérance dont on a, dans certains cas, constaté l'atrophie, à la suite de lésions anciennes du faisceau. Elles ne dépassent pas le tiers supérieur du pont de Varole.Au reste ce faisceau dégénère rarement, soit parce qu'il est profondément placé, dans la base du cerveau, à l'abri des causes de destruction, soit parce qu'il appartient au territoire vasculaire de la cérébrale postérieure
F. génie.
FiG. 346. — Le pied du pédoncule cérébral.
Faisceaux du pied schématisés sur une coupe perspective. — La voie
motrice en rouge.
(système vertébral), dont les lésions sont plus rares que celles du système carotidien.
Le faisceau pédonculaire latéral est un faisceau cortico-protubérantiel ou plus exactement temporo-protubérantiel, et comme les noyaux du pont sont des ganglions reliés au cervelet par le pédoncule cérébelleux moyen, il est bien probable qu'il représente une voie centrifuge (centripète pour le cervelet), voie cortico-ponto-céréhelleuse, qui transmet à l'écorce cérébelleuse les excitations régulatrices ou autres nées dans l'écorce cérébrale.
2» Radiations du noyau rouge. — Le noyau rouge, situé dans la calotte du pédoncule cérébral, reçoit les fibres croisées du pédoncule cérébelleux supérieur, qui lui-même provient surtout du corps dentelé. Une partie de ces fibres se termine dans le noyau rouge, qui à son tour envoie les axones de ses cellules nerveuses dans la couche optique; l'autre partie traverse le ganglion et se rend directement dans le thalamus, dans ses noyaux externe et interne. A son tour, la couche optique, par ses fibres corticipètes, prolonge jusqu'à l'écorce cette voie cérébelleuse ascendante, encore très imparfaitement connue. (Thomas, Le cervelet. Th. de Paris, 1897.)
Déjerine a montré qu'un certain nombre de fibres corticifuges, nées surtout dans le lobe pariétal, vont directement de l'écorce au noyau rouge en passant par le segment postérieur de la capsule interne, fibres cortico-rubriques.