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V.jug. Int

Gl s.-max.

FiG. 519. — Vaisseaux et nerfs de la face latérale de la langue. D'après Farabeuf, in thèse Launay.

supérieur, soit du filet carotidien de ce ganglion et qui vient se jeter dans l'hy poglosse à sa sortie du canal condylien antérieur.

5) Avec le pneumogastrique. ~ L'anastomose avec le pneumogastrique, que nous avons déjà signalée en étudiant ce nerf, est formée par un ou deux filets qui se détachent de l'hypoglosse à sa sortie du crâne et vont se jeter dans le ganglion plexiforme.

Il existe parfois à l'intérieur du crâne un rameau anastomotique très grêle qui se détache d'un filet radiculaire du pneumogastrique et va se jeter dans l'hypoglosse au moment ou ce nerf s'engage dans le canal condylien antérieur. Les observations de Santonni et de Mayer constituent des faits de ce genre et c'est à tort qu'ils sont parfois décrits comme des cas de racines postérieures de l'hypoglosse (voir plus loin).

c) Avec le lingual. — Cette anastomose, déjà indiquée page 830, affecte la forme d'une arcade à concavité postérieure qui réunit le hngual et l'hypoglosse au moment où ces deux nerfs croisent la face externe du muscle hyoglosse. Nous avons vu que, d'après Luschka, cette arcade apporterait à la 12^ paire les filets sensitifs du nerf méningien.

d) Avec les nerfs cervicaux. — La portion extra-crànienne de la 12= paire est unie aux nerfs cervicaux par deux anastomoses ; l'une supérieure, l'autre inférieure ^

1 A côté de ces anastomoses extra-crâniennes constantes, il faut signaler, à titre d'anomalie d'ailleurs très rare, l'existence possible d'une anastomose intra-crânienne entre les filets radiculaires de la 12' paire et la pic- •mière racine cervicale postérieure (Arnold, Hartmann, cités par Beck. Loc. cit., p. 340.)

NERFS CRANIENS.

1) Anastomoss supérieure. — L'anastomose supérieure se détache de l'arcade anastomotique qui unit le premier et le deuxième nerf cervical antérieur à leur sortie du canal transversaire. Elle va se jeter dans l'hypoglosse au niveau du point où ce nerf croise l'apophyse transverse de l'axis. Cette anastomose est le plus souvent constituée par un filet unique (124 fois sur 160 cas examinés, Betti U. A.), rarement par deux (29 fois sur 160), exceptionnellement par trois ou plus (7 fois sur 160).

2) Anastomose Inférieure. — Cette anastomose a été déjà étudiée dans sa disposition normale et dans ses variétés. (Voy. Distribution de l'hypoglosse.)

Constitution anatomique. — La constitution anatomique de ces anastomoses a donné lieu à un grand nombre de recherches. C'est Baclc' qui, en 1835, a posé pour la première fois le problème et essayé de le résoudre, en admettant que ces anastomoses étaient essentiellement formées par des fibres que les nerfs cervicaux apportent à la 12'^ paire. C'est cette théorie que Hoir- a récemment reprise et développée dans un mémoire, resté classique. D'après Holl, les fibres que le plexus cervical envoient à la 12° paire pourraient être divisées en trois groupes. (Voy. fig. 520).

1" Le premier groupe est formé par des fibres qui parviennent à l'hypoglosse par l'anastomose supérieure et suivent dans le tronc de la 12" paire un trajet récurrent. Peut-être sont-ce ces fibres qui fournissent à l'hypoglosse les éléments du nerf méningien, éléments que Luschka fait venir du nerf lingual.

2' Les fibres du deuxième groupe arrivent à l'hypoglosse par la même voie que les précédentes, mais elles se dirigent vers la périphérie ; elles parviennent ainsi jusqu'à l'origine de la branche descendante; elles se séparent à ce niveau en deux groupes secondaires : a) Les unes prennent part à la constitution de la branche descendante ; b), les autres continuent leur trajet dans le tronc de l'hypoglosse qu'elles abandonnent ensuite pour contribuer à former les rameaux du thyro-hyoïdien et du génio-hyoïdien.

3" Le troisième groupe est formé par les fibres constituantes de la branche descendante interne du plexus cervical. Comme les précédentes, elles forment deux systèmes différents : a) Les unes se réunissent aux fibres que le groupe précédent envoie à la branche descendante de l'hypoglosse pour former les rameaux de l'omoplato-hyoïdien, du sterno-cléidohyoïdien et du sterno-thyroïdien ; 6) les autres remontent vers la 12= paire et vont prendre part à la constitution des nerfs du thyrohyoïdien et du génie-hyoïdien.

On arrive ainsi aux conclusions suivantes :

1 " L'anastomose supérieure est exclusivement formée par des fibres allant du plexus cervical à la 12° paire.

2=' La branche descendante de l'hypoglosse est constituée par des fibres d'origine cervicale dont les unes sont apportées à la 12° paire par l'anastomose supérieure et dont les autres arrivent à fhypoglosse par la branche descendante interne du plexus cervical.

3° Les muscles innervés par l'arcade anastomotique qui unit la branche descendante de l'hypoglosse à la branche descendante du plexus cervical, appartiennent au territoire moteur des racines cervicales. Il en est de même du thyro-hyoïdien et du mylo-hyoïdien. Le grand hypoglosse se disti'ibue donc exclusivement aux muscles de la langue.

1. Back. Annotationes de nervis hypoglosse et laryngeis. Zurich, 1833.

'2. M.HoLL. Beobaeht. iiber die Anastomoseii des Nervus hypoglossus. Zeitschr. f. Anat. u. Entivlckelicng Bd II, 1876, p. 8-2.

FiG. 520. — Schéma montrant les rapports du grand hypoglosse et des premiers nerfs ' cervicaux (d'après M. Holl).

Les racines cervicales, en noir; le grand hypoglosse, en jaune.

POIRIER ET CH.VRPy.

Les conclusions si nettes de Moritz IIoll ne paraissent malheureusement pas rigoureusement démontrées. Le contrôle physiologique des dissections et des examens histologiques de HoU a donné des résultats discordants. Alors que Beevor et Horsley*, expérimentant sur le macaque, arrivent à affirmer avec Iloll la distribution exclusive de la 12= paire aux muscles de la langue, Wertheimer-, opérant sur le chien, obtient des résultats absolument différents; après avoir coupé la branche descendante du plexus cervical, il excite l'hypoglosse et voit se contracter le sterno-cléïdo-hyoïdien et le thyro-hyoïdien. Il est ainsi amené à admettre que la 12° paire contribue à l'innervation des muscles de la région sus-hyoïdienne et partant à la constitution de la branche descendante.

En présence de ces résultats divergents, il est difficile à l'heure actuelle d'être fixé sur ce point d'anatomie. En attendant que de nouvelles recherches l'aient définitivement tranché, il est assez naturel d'admettre à priori que les nerfs cervicaux et le grand hypoglosse prennent également part à la constitution de la grande arcade anastomotique qui les unit et que les muscles sous-hyoïdiens ont une double source d'innervation. Cette innervation en partie double existe en effet pour d'autres muscles du cou, comme le sterno-cléïdo-mastoïdien et le trapèze ; nous avons vu, en étudiant le spinal, que ce nerf formait avec les rameaux cervicaux de ces deux muscles du cou des arcades anastomotiques qui rappellent celle qui unit l'hypoglosse aux nerfs cervicaux, avec cette seule différence qu'elles sont intra-musculaires.

Signification morphologique et homologies. — Le grand hypoglosse appartient au gTOupe des nerfs encéphaliques ventraux (Voy. Généralités, page 763). Sa nature ventrale est attestée : 1" par sa distribution à des muscles dérivés des somites céphaliques; 2" par son origine aux dépens de cette partie de la substance grise motrice du bulbe qui prolonge vers l'encéphale le groupe cellulaire antéro-interne des cornes antérieures de la moelle ; 3" enfin par son émergence au niveau du sillon préolivaire qui fait suite en haut à la ligne d'émergence des racines antérieures de la moelle.

Comme tous les nerfs crâniens du système ventral, l'hypoglosse est l'homologue des racines médullaires antérieures ; toutefois il ne doit pas être regardé comme répondant à une seule de ces racines, mais comme le produit de la fusion de plusieurs de celles-ci. Les recherches de Froriep^ (1882) ne laissent aucun doute sur ce point. Etudiant le mode de développement de la région occipitale chez des embryons de ruminants, Froriep a vu que cette région présente originairement 3 segments mésodermiques; à chacun de ces somites occipitaux répond un nerf construit sur le type des nerfs rachidiens. Mais cette disposition métamérique de la zone occipitale est de courte durée. Il se produit rapidement une fusion des somites occipitaux et des nerfs qui leur sont annexés; c'est de la fusion de ces 3 nerfs que résulte la formation de l'hypoglosse. Les recherches embryologiques d'Iversen'* chez Protopterus, de Ostroumofî ■'^ chez les Sélaciens, de Chiarugi" chez les reptiles, les oiseaux et certains mammifères et enfin de Martin'' chez le chat, ont confirmé les conclusions de Froriep. Encore que le nombre des somites occipitaux, et

I. Beevor andHorsley. Note on sonie of the motor functioii of certain cranial nerves andof the three first cervical nerves, in the Monkey. Proc. Roy. Soc, 1880.

•2. Wertheimer. Des anastomoses de l'hypoglosse avec les nerfs cervicaux : origine et rôle de la branche descendante. Bull. Soc. Biologie, Paris, 1884.

3. Froriep. Uber ein Ganglion des Hypoglossus und Wirbelanlagen in der Occipitalregion. Archiv. f. Anat. u. Entwickel., 1882, p. 27.

4. IvERSEN. Bemerkungen iiber die dorsalen WurzelndesNervus hypoglossus. Berichte der naturf. Gesellsch. Freiburg, 1886, II Bd., I Heft, p. 34.

5. OsTROUMOFF. Uber die Froriep'schen Ganglien bei den Selachiern. Zool. Anz.,Xlï, p. 203.

6. Chiarugi. a) Boll. Acad. di Siena, t. YI, 1888, p. 57. — 6) Anat. Anz., IV, 1889, p. 32. — c) Atli Soc. tosG. Se. nat. Pisa, X, 1889, p. 149-245. — d) Archives ital. Biologie, XIII, 1890, p. 309. — e) Monilore Zoolog.ilaliano. Ann. III, 1892, p. 57.

7. Martin. Die erste EntwickeUing der Kopfnerven bei der Katze. Oeslerreich. Monatsschr. f. Thierheilh., Wien, XV Jahrg, 1890, p. 337 et 385.

NERFS CRANIENS.

partant des nerfs qui leur sont annexés, varie avec les espèces, tous ces auteurs arrivent à admettre que l'hypoglosse est le produit de la fusion de plusieurs nerfs occipitaux.

En étudiant l'hypoglosse dans la série des mammifères, Beck a retrouvé, chez les sujets adultes, des traces de la disposition métamérique embryonnaire; c'est ainsi que chez certaines espèces, et notamment les ongulés, il a vu les racines de l'hypoglosse se condenser en 3 troncs qui ne se réunissaient qu'à leur sortie du canal condylien antérieur.

Chez l'homme adulte, l'hypoglosse, comme d'ailleurs tous les autres nerfs

Glosso-phar.

Pneumo. — \ — i V.\ .

R.post.hypogl.

V° rac. cervic. .

Pofl.méduU.spin. ..

Fac. et acoust.

Glosso-phar.

Pneumo.

S pin.

■ Hypogi.

Rac. poster, hypog.

A. vertébr.

l" r. cerv. post.

2' r. cervic. post.

Fio. 521. — Racine postérieure de l'hypoglosse (modifié, d'après Beck.)

A, chez le mouton ; B, chez l'homme.

crâniens ventraux, est un nerf purement moteur. Mais, produit de la fusion de plusieurs nerfs à type spinal, il doit présenter originairement des racines postérieures. C'est en effet ce que montre l'étude de son développement ontogénique et phylogénique.

Chez des embryons humains de 6™'", 9 et de 10'"'", 2, His* a vu, annexé à l'hypoglosse, un ganglion qui disparaît d'ailleurs très rapidement. Chez toutes les espèces animales où la portion sensitive de la 12'-' paire a été systématiquement recherchée au cours du développement, elle a été retrouvée. Mais, alors que, chez l'homme, la régression de cette portion sensitive est, normalement du moins, rapide et complète, nous voyons, chez nombre d'espèces animales, l'hypoglosse conserver ses racines postérieures. Chez les vertébrés inférieurs, c'est là chose fréquente. Chez les mammifères, cette persistance est normale chez les Ruminants, fréquente chez les Carnivores et les Equidés, plus rare dans les autres espèces (Froriep et Beck). Le nombre et le volume de ces racines

1. B.IS. Anat. Menschlicher Embryonen.Heh. m, Leipzig 1885, p. 89. der Kopfnerven. Archiv. f. Anat.ii. Entwick., 1887, p. -379

Die morphologische Betrachlunc

postérieures de l'hypoglosse sont d'ailleurs sujets à de grandes variétés; d'une façon générale la disposition de ces racines semble régie par la loi suivante : les racines postérieures de l'hypoglosse présentent leur maximum de développement au niveau de la partie caudale de la 12'^ paire; en d'autres termes la régression de la portion sensitive de l'hypoglosse marche de l'encéphale vers la moelle.

Chez l'homme, la persistance d'une racine postérieure de l'hypoglosse est une anomalie tout à fait exceptionnelle. Froriep et Beck ont examiné 32 sujets sans la rencontrer. Beck, qui a soumis les observations déjà publiées à un contrôle rigoureux, rejette comme inexacts ou insuffisamment démontrés les cas de SantoriniS de Mayer^ et de Vulpian^. Restent alors les observations de Chiarugi* et de Kazzander^ auxquelles il faut joindre deux cas nouveaux signalés par ïestut". Dans tous ces cas, la racine postérieure de la 12*^ paire affecte la disposition suivante. Elle sort du sillon collatéral du bulbe au-dessous des filets radiculaires de la portion bulbaire du spinal ; elle se porte alors en haut et en dehors, croise soit la face postérieure, soit la face antérieure du tronc du spinal et, après avoir présenté un léger renflement ganglionnaire, vient se joindre aux racines antérieures.

La régression de la portion sensitive de la 1 2*^ paire n'a rien qui puisse nous étonner. Nous avons déjà rencontré un fait analogue pour les autres nerfs crâniens ventraux chez lesquels cette régression est plus marquée encore. Mais il est intéressant de remarquer avec Froriep et Beck que cette atrophie du système radiculaire postérieur peut s'étendre au premier nerf cervical ; on verra en effet, en étudiant ce dernier, que la réduction extrême et même la disparition complète de sa racine postérieure est chose relativement fréquente.

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