RAPPORTS DES NERFS
s'applique avec de nombreuses variantes, du reste, aux autres nerfs crâniens ou rachidiens; mais nulle part elle n'est aussi simple et aussi démontrable. Pour les nerfs rachidiens la disposition ordinaire est la suivante. A son émergence: sur la périphérie de la moelle, la racine nerveuse, antérieure ou postérieure, présente un étranglement; elle est entourée) à ce niveau parla pie-mère qui forme des anneaux conjonctifs autour de ses faisceaux et se prolonge extérieurement sur elle. Chacun des gros faisceaux ou filets de la racine traverse le vaste espace sous-arachnoïdien accompagné par des lamelles piales et une mince couche de tissu sous-arachnoïdien; près du trou de conjugaison, il subit un nouvel étranglement, en même temps que ses faisceaux se rassemblent en uii seul tronc; l'arachnoïde viscérale se réfléchit sur lui, l'engaine et le suit jus- ([u'au ganglion; il en est de môme de la dure-mère. Ainsi dans l'espace sous-
MoHle
Pir m'cre Tissu sous-arach..
Arach. .l'iscér.
■ Dure-mère
Espace sub-dural {cav. arach.)
Racine neigeuse
Espace sous-arach.
Verli-bre
FiG. 103. — Rapports d'un nerf rachidien avec les méninges.
Un filet d'une racine racliidienne sort de la moelle à gauche, traverse l'espace sous-arachnoïdien et s'engage à droite dans un trou de conjugaison. La pie-mère en rouge, la cavité arachnoïdienne ou subdurale en bleu. (Grossi. — D'après Retzius.)
arachnoïdien, la racine nerveuse a une gaine piale et autour d'elle du tissu sous-arachnoïdien ; au delà de cet espace, elle possède en plus une gaine arachnoïdienne et une gaine durale. Comme sur le nerf optique, les espaces intraet sous-arachnoïdiens sont cloisonnés, mais communiquent avec ceux de la moelle. Cette distinction nette des gaines et des espaces cesse après un court trajet, déjà avant le ganglion pour la racine postérieure; les trois gaines méningées tendent à se confondre et se transforment pour constituer les enveloppes du nerf périphérique.
La continuité de structure sur toute la longueur du nerf périphérique parait exister au moins pour l'espace sous-arachnoïdien ; car plusieurs expérimentateurs ont constaté que si l'on injecte sur l'animal vivant une matière colorante en grains dans le liquide céphalo-rachidien, on retrouve ces grains quelques jours plus tard dans les nerfs intercostaux, dans les nerfs lombaires, surtout dans les nerfs optiques; inversement les injections dans les nerfs périphériques
[CHARPY.]
156 NEVROLOGIE.
arrivent sous Farachnoïde des centres. Si cela est vrai, les nerfs, c'est-à-dire leurs faisceaux constitutifs, sont plongés tout entiers, de leur origine à leur terminaison, dans le même liquide qui baigne les centres nerveux, fait important, car il doit entraîner ime certaine solidarité fonctionnelle et pathologique par la transmission dans les deux sens d'actions physiques ou chimiques primitivement localisées.
La littérature anatomique, en dehors des questions de physiologie qui concernent le liquide céphalo-rachidien et des chapitres consacrés dans les traités classiques à l'étude des méninges, comprend sur ce sujet un certain nombre de travaux de peu d'étendue, mentionnés pour la plupart dans la Névrologie de Schwalbe (p. 775 et 798), et un ouvrage capital, celui de Key et Retzius (Studien in der Anatomie des Nervensy stems und des Bindegeivebes, Stockholm, 1875 et 1876). On trouvera dans cette œuvre monumentale une bibliographie critique de tous les travaux antérieurs, des recherches originales devenues classiques et des planches magnifiques. Plusieurs de nos figures sont imitées ou inspirées des beaux dessins que la science doit aux anatomistes suédois.
Voy. aussi Retzius : Dos Menschenhirn, 1896.
Cervelet -
Ce-i^eau
Prolitbérance Bulbe