DISTRIBUTION PÉRIPHÉRIQUE DU SYMPATHIQUE PELVIEN
Le sympathique pelvien émet deux ordres de rameaux :
1" Des rameaux internes grêles qui gagnent la ligne médiane où ils s'anastomosent avec ceux du côté opposé en un plexus à mailles assez lâches qui entoure l'artère sacrée moyenne. En outre du plexus sacré moyen, il existe des anastomoses transversales entre les deux cordons sympathiques, anastomoses appliquées à la face antérieure du sacrum, et desquelles naissent des filets périostiques et osseux. Les rameaux plus inférieurs et en particulier ceux du nerf coccygien se rendent aux glandes anales.
2° Des rameau:irai2iérieizrs, volumineux par rapport aux précédents, qui vont participer à la formation du plexus hypogastrique.
PLEXUS HYPOGASTRIQUE Syn. : Plexus hypogastrique latéral; plexus hypogastricus, Anat. Nom.
C'est un des plexus les plus volumineux et les plus complexes qui soient fournis par le sympathique; il innerve tous les viscères du petit bassin, et se divise en plexus secondaires dont les principaux sont destinés à la vessie, au rectum et aux organes génitaux. Le plexus hypogastrique est pair et symétrique, mais les plexus droit et gauche sont unis par des anastomoses transversales qui établissent entre eux d'étroites relations complétées par les anastomoses terminales qui se font dans des organes pour la plupart impairs et médians.
Constitution. — Le plexus hypogastrique n'est pas seulement formé par les branches antérieures du sympathique pelvien ; il reçoit le plexus hypogastrique supérieur, c'est-à-dire la terminaison du plexus aortico-abdominal (Voy. page 1216). Nous savons de plus que le plexus de l'aorte abdominale, renforcé par de nombreux filets issus des ganglions lombaires, se porte en grande partie sur les artères iliaques primitives pour former les plexus hypogastriques latéraux. Chacun de ces plexus fournit quelques filets à l'artère iliaque externe, puis descend sur l'iliaque interne à l'extrémité terminale de laquelle il reçoit les filets du sympathique pelvien. Nous avons vu également que les nerfs viscéraux du plexus sacré passent dans le plexus hypogastrique, et que des filets anastomotiques du plexus mésentérique inférieur lui parviennent le long des artères hémorrhoïdales supérieures. Ainsi constitué, chaque plexus hypogastrique se présente comme un amas pelotonné de cordons nerveux richement anastomosés sur lesquels se montrent de distance en distance de petits renflements ganglionnaires.
Rapports- — Le plexus hypogastrique est appliqué sur les côtés du rectum, entre cet organe et la face interne du releveur de l'anus. Il chemine d'arrière en avant entre ce muscle et l'aponévrose périnéale supérieure, et vient s'étaler contre le bas-fond de la vessie au-dessous du péritoine qui tapisse les parois du cul-de-sac vésico-rectal. Chez la femme, il longe le bord externe des replis utéro-sacrés, et atteint la partie supérieure et postérieure du vagin vers la base
des ligaments larges.
Dans la plupart des cas, le plexus droit et le plexus gauche ne présentent exactement ni la même disposition ni le même volume.
Distribution- — Du plexus hypogastrique se détachent un certain nomhre de plexus secondaires disposés symétriquement de chaque côté du corps. Nous
Plex. ren
Pi. aorl. abd
5' lonib. .
PI. lujp.
— Plex. més.siq).
PL mes. înf.
T g. sac
Vessie.
PI. hémor
FiG. 611. — Plexus hypogastrique chez Thomme. — D'après Hirschfeld.
les rangerons en deux groupes, suivant qu'ils sont communs aux deux sexes ou qu'ils sont différents chez l'homme et chez la femme. Ce dernier groupe renferme évidemment les plexus des organes génitaux.
a) Plexus communs aux deux sexes. — Dans ce groupe se trouvent: 1° Le plexus de l'artère hémorrhoïdale moyenne; 2° le plexus vésical.
1" Plexus hémorrhoïdal moyen (Cruveilhier, Sappey). — Il embrasse l'artère hémorrhoïdale moyenne, et ses filets vont se distribuer à l'ampoule rectale et
à l'anus au niveau duquel ils s'unissent avec ceux venus des plexus de la prostate (ou du vagin) et quelques ramuscules du nerf honteux interne ; il reçoit aussi la terminaison du plexus mésentérique inférieur au niveau de l'anastomose des artères hémorrhoïdales. Les nerfs de ce plexus paraissent contenir à peu près en quantité égale des fibres blanches et des fibres grises ; Sappey a pu les suivre à travers la tunique musculeuse jusqu'cà la muqueuse rectale.
2" Plexus vésical. — Il naît de la partie antérieure et inférieure du plexus
l'\g- sac.
Pl.hyp.--
Sclat.
N. vise.
PI. utci'in.
. Rectum.
Utérus.
FiG. 612. — Plexus hypogastrique chez la femme. — D'après Hirschfeld.
hypogastrique, et aborde la vessie avec les artères vésicales postérieures et inférieures ; il est surtout épais et serré dans la région du trigone vers le point d'abouchement des uretères. Les mailles qui le constituent sont plus grêles que celles du plexus hémorrlioïdal, on y distingue trois ordres de filets : «)des filets ascendants qui se portent vers le sommet de la vessie, et dont quelques-uns remontent sur les uretères ; b) des filets transversaux, plus superficiels que les plexus veineux, qui par les faces latérales de la vessie gagnent la face antérieure de cet organe; c) des filets descendants, les plus volumineux, qui s'insinuent entre la base de la vessie et la prostate, et se distribuent au trigone et au col
vésical ; quelques-uns accompagnent le canal de l'urèthre jusqu'à sa portion membraneuse. Tous ces rameaux nerveux fréquemment anastomosés laissent voir de distance en distance de petits renflements ganglionnaires ; la plupart sont des nerfs vaso-moteurs, et quelques-uns arrivent jusqu'à la muqueuse dans laquelle ils se terminent au contact de l'épithélium. Giannuzzi, Budge et quelques autres physiologistes pensaient que les nerfs moteurs de la vessie se rendaient de la moelle dans le plexus hypogastrique par les deux ou trois premiers nerfs sacrés, mais des recherches récentes ont montré que ces nerfs passent par le plexus aortique et par le ganglion mésentérique inférieur (Courtade et Guy on).
b) Plexus des organes génitaux. — Ces plexus différents dans les deux sexes, sont au nombre de deux : 1" le plexus déférentiel ; et 2° le plexus prostatique chez l'homme; qui répondent chez la femme : 1° au plexus vaginal et 2° au plexus caverneux du clitoris.
Homme. — 1" Plexus déférentiel (plexus des vésicules séminales et du canal déférent; plexus spermatique inférieur). — Intimement uni au plexus vésical et en particulier aux filets des uretères, ce plexus est formé par un riche réseau nerveux qui entoure les vésicules séminales. Parvenu au niveau des ampoules séminales, il devient plus dense, et envoie des filets qui accompagnent le canal déférent jusqu'à l'orifice inguinal interne où ils s'anastomosent avec le plexus spermatique.
2° Plexus prostatique. — Ce plexus apparaît fréquemment comme un prolongement du précédent; il s'étale d'abord entre la prostate et le releveur de l'anus, et laisse voir de distance en distance des ganglions dont le volume varie de 2 à 7 millimètres (J. Mûller). Il reçoit bientôt quelques filets des nerfs viscéraux du plexus sacré; dès la région moyenne de la prostate, il devient nettement distinct, et chemine au milieu des nombreuses veines prostatiques. • Le plexus prostatique se prolonge en avant par le plexus caverneux, qui, des parois latérales de la prostate, gagne la région membraneuse de l'urèthre; il perfore alors l'aponévrose périnéale moyenne, et atteint sous la symphyse du pubis la racine des corps caverneux. Après avoir reçu quelques rameaux anastomotiques du nerf honteux interne, les filets du plexus caverneux prennent le nom de nerfs caverneux parmi lesquels il en existe un plus volumineux appelé grand nerf caverneux (J . Mûller), les autres étant alors dits petits nerfs caverneux. Ces derniers traversent l'albuginée du corps caverneux, et vont se perdre sur les artères hélicines ou dans le tissu érectile ; quant au grand nerf caverneux, il passe sur la face dorsale de la verge, chemine sous le fascia pénis et, vers la partie moyenne de cet organe, s'unit au nerf dorsal, branche du honteux interne, après avoir fourni des filets vasculaires à l'artère dorsale. Pendant son trajet, il envoie dans les corps érectiles de fins ramuscules qui se comportent comme les petits nerfs caverneux. Parmi les filets émanés du grand nerf caverneux, certains atteignent le corps spongieux, et se terminent au contact des dernières ramifications de l'artère bulbaire.
Femme. — Les plexus génitaux de la femme décrits et figurés par Walter et J. Hunter ont été démontrés d'une manière définitive en 1841 par Robert Lee
et par Jobert de Lamballe. — i° Plexus vaginal ou ittéru-vaginal. — Il est formé par de petits nerfs aplatis qui accompagnent l'artère vaginale et l'artère utérine, le long desquelles ils parviennent aux parois latérales du vagin, en suivant la base des ligaments larges. Ce plexus émet à la hauteur du col utérin : a) des rameaux ascendants ou utérins qui remontent le long de l'artère utérine, pénètrent dans la matrice avec les branches de ce vaisseau, et vont s'anastomoser à l'angle supérieur de l'utérus avec le plexus ovarique; b) des rameaux descendants ou vaginaux qui vont s'étaler sur les parois du vagin. Ces derniers constituent le plexus vaginal proprement dit, et contiennent beaucoup de fibres blanches venues des nerfs sacrés ; ils s'unissent sur la paroi antérieure du vagin avec des filets détachés du plexus vésical, et de la réunion de ces différents nerfs résulte le plexus caverneux du clitoris.
Les filets utérins contenus dans le bord viscéral du ligament large, envoient des filets secondaires sur la face antérieure et sur la face postérieure de l'utérus; parmi ces derniers, certains s'enfoncent dans la musculature de la matrice, les autres cheminent sous le péritoine, et s'anastomosent avec ceux du côté opposé. Le plexus utérin laisse voir de petits ganglions, surtout au voisinage de l'isthme ; signalés par Remak en 1840, ils ont été minutieusement décrits par Frankenhauser(1867) et par Rein (1880). D'après Frankenhauser, il existerait un ganglion cervical constant formé souvent par un peloton nerveux contenant des cellules ganglionnaires. « Pendant le cours de la grossesse, les nerfs de l'utérus participent à l'hypertrophie générale de l'organe » (Sappey). Si le fait a été admis et constaté par bon nombre d'auteurs, on ignore encore le mécanisme de cette augmentation de volume.
2" Plexus caverneux du clitoris. — Analogue au plexus prostatique et au plexus caverneux de l'homme, il occupe la paroi antérieure du vagin et se comporte vis-à-vis des organes érectiles de la femme, comme le plexus caverneux chez l'homme. Toutefois le plexus caverneux du clitoris envoie des filets nettement distincts à la portion antérieure de l'urèthre.
On admet encore, sans que cela ait été anatomiquement démontré, comme le remarquait déjà Gruveilhier, que le plexus hypogastrique envoie des plexus secondaires sur les branches extra-pelviennes de l'artère iliaque interne. Il existerait de même un plexus sympathique sur l'artère iliaque externe, sur la fémorale et sur la poplitée.
Constitution du sympathique pelvien. — Les viscères contenus dans le petit bassin reçoivent leur innervation centrale par l'intermédiaire des rameaux communicants lombaires et sacrés qui aboutissent aux plexus hypog-astriques ; les organes génito-urinaires sont surtout tributaires de la portion lombaire. Nous passerons successivement en revue : 1° les nerfs issus de la région lombaire; 2» les nerfs émanés de la portion sacrée.
1° Nerfs issus de la portion lombaire :
a) Nerfs vaso-moteurs de la verge ou du clitoris. — Les filets vaso-constricteurs proviennent des nerfs lombaires supérieurs; François-Frank a montré que la majeure partie passaient par le ganglion raésentérique inférieur et par le plexus hypogastrique. Des fibres vaso-dilatatrices les accompagnent.
6) Nerfs moteurs de la vessie. — Ils suivent le trajet des rameaux communicants supérieurs de la région lombaire, et descendent par l'intermédiaire du plexus aortique dans le ganglion mésentérique inférieur, et dans le plexus hypogastrique. Les fibres destinées au sphincter vésical et à la musculature circulaire de la vessie paraissent
associées aux fibres inhibilrices de la musculature longitudinale (Bradford, Fellner, Courtade et Guyon).
c) No^fs moteurs de Vutérus. — D'après Sherrington, ces nerfs quittent la moelle par les 2= et 3'= paires lombaires, chez le chat; chez la femme, ils naissent du 1<^'' et 2'= lombaire et quelques-uns se rendent au ligament rond.
2" Nerfs issus de la portion sacrée.
Il n'y a pas à proprement parler de fibres blanches allant de la région sacrée dans les plexus sympathiques, les rameaux communicants étant surtout formés de fibres grises (Harman).
Chez le chat, Sherrington a trouvé dans la portion sacrée de la moelle, les nerfs vasoconstricteurs des vaisseaux du membre postérieur, ainsi que des filets sudoripares et pilomoteurs pour le train postérieur et pour la queue.
Les nerfs dits viscéraux du plexus honteux représentent les rameaux communicants des 2" et 3'= paires sacrées; ils comprennent :
a) Les filets moteurs pour les fibres longitudinales, elle?, fdets inhibiteurs pour les fibres circulaires du rectum (Fellner, Courtade et Guyon):
b) Les principaux nerfs moteurs de la vessie (mêmes auteurs);
c) Les nerfs moteurs de Vutérus (Spiegeberg, Kehrer, etc) ;
d) Les nerfs vaso-dilatateurs du pénis ou nerfs érecteurs (François-Frank, Morat). Les nerfs sécrétoires de la prostate.
Distribution du sympathique pelvien.
Rameaux internes
Ganglions I sacrés.
Rameaux
externes.
Plexus
hypogastriques
Plexus pour l'artère sacrée moyenne^.
Anastomoses ) Filets périostiques et osseux pour la face ■ j transversales, j antérieure du sacrum.
VFil
Plexus communs aux I deux sexes
lets pour les glandes anales.
/ Plexus hémorrhoïdal moyen.
\ /Filets ascendants.
Plexus 'énitaux.
Plexus vésical.
Homme
Femme
' Filets transversaux.
i Filets descendants ' pour ',
if Plexus déférentiel.
/ Plexus prostatique, i Plexus utero- ( Filets pour l'utérus.
. I vaginal. . . ( Filets pour le vagin. ( Plexus caverneux du clitoris.
Vésicaux.
Urétéraux.
Le col vésical.
La prostate.
L'urèthre.
Plexus caverneux.
Variations du sympathique. — Les principales ont été signalées au cours de la description ; d'ailleurs les observations en sont assez rares, à cause du petit nombre de dissections que l'on fait sur le sympathique, et particulièrement sur les nerfs périphériques de ce système.