‹ Traité d'anatomie humaineChapitre 44 sur 368 · TISSU DE SOUTIEN · texte numérisé non relu

TISSU DE SOUTIEN

Clois. inéd. post.

Clois. int. post.

Rac. post.

Clois. la t.

pales ramifications. Il en résulte une sorte de charpente conjonctive et vasculaire qui soutient les éléments nerveux ; si on arrache un de ces vaisseaux pénétrants, on voit que des parcelles de substance blanche restent adhérentes à ses parois. Cette cloison piale n'est d'ailleurs au contact immédiat ni des faisceaux de tubes nerveux ni des vaisseaux; elle est séparée des premiers par une couche de névroglie, et des seconds par une invagination du tissu sousarachnoïdien ; celui-ci fournit aux vaisseaux une gaine spéciale lymphatique, interposée entre la paroi vasculaire et la gaine piale adventitielle. On peut répartir les cloisons en trois groupes.

Les cloisons de premier ordre comprennent : 1° la cloison médiane antérieure ou septum médian, dans le sillon correspondant; au début c'est une lame double, une invagination de toute la pie-mère, mais plus tard la lame est unique et se bifurque seulement au fond du sillon pour engainer les artères centrales droite et gauche ; 2'^ la cloison intermédiaire postérieure, qui remplit le sillon de même nom, entre le cordon de GoU et celui de Burdach . — Quant au septum du sillon médian postérieur, il est composé uniquement de tissu névroglique ; ainsi que l'a montré v. Lenhossék, la pie-mère passe d'un côté à l'autre de la moelle sans pénétrer dans son intérieur.

Les cloisons de second ordre traversent toute la substance lîlanche et aboutissent à la périphérie de la substance grise ; elles sont moins larges et moins constantes que les premières. Il y en a de 1 0 à 1 5 autour du cordon antéro-latéral. Les plus remarquables sont celles qui vont au sommet de la corne postérieure avec les vaisseaux correspondants, les lames épaisses qui accompagnent les racines antérieures et leurs vaisseaux, et un septum que l'on rencontre sur la plupart des coupes abordant transversalement la corne latérale et la formation réticulée. — Dans les cloisons de troisième ordre se rangent tous les prolongements de la pie-mère qui pénètrent avec les artères courtes et se perdent promptement dans la substance blanche.

La disposition générale de toutes ces travées est radiée; elles se dirigent en lignes droites, arquées ou ondulées, vers la substance grise du côté correspondant; les cloisons de premier ordre et celles qui occupent les cordons postérieurs ont une direction sagittale, c'està-dire antéro-postérieure. Une fois entrées dans la moelle, elles émettent à angle droit ou

Corn. lat.

Pie-mère

Corne anl.

Clois. iriéd. ant

FiG. 125. — Charpentes conjonctives de la moelle. — Irradiations de la pie-mère formant les cloisons.

t^ie-mère en rouge ; coupe transversale de la moelle thoracique. — La cloison postérieure est névroglique.

[CIIARPY.]

184 NÉVROLOGIE.

aigu dos cloisons latérales secondaires qui, s'unissant aux cloisons voisines, déterminent des espaces en trialigle ou en trapèze; la surface de la substance blanche se trouve ainsi divisée en un réseau à mailles polygonales, dont le champ est très variable. La substance grise n'est pas cloisonnée, la disposition de ses cellules et de ses plexus étant tout autre que celles des cordons de la substance blanche, mais elle n'en renferme pas moins des espaces conjonctifs importants, autour des gros vaisseaux centraux qui ont pénétré au fond du sillon antérieur.

Partout les cloisons conjonctives sont tapissées ou enveloppées par la névroglie, et le tissu conjonctif cesse dans les minces cloisons ou autour des vaisseaux de petit calibre, pour être remplacé par le tissu névroglique seul. Chacun de ces deux tissus peut être altéré individuellement; il y a des néoplasmes et des scléroses d'origine névroglique, il en est d'origine conjonctive; les gliomes, les lésions de la maladie de Friedreich, la syringomyélie ressortissent du premier; l'ataxie locomotrice, les scléroses irrégulières dépendent surtout du second.

2" Épithélium épendymaire. — Les cellules épitliéliales cylindriques qui circonscrivent en bordure le canal central sont, pendant la période embryonnaire des vertébrés supérieurs et pendant toute la vie chez les vertébrés inférieurs (poissons, reptiles, batraciens), Tunique soutien de la moelle. Elles émettent par leur base un prolongement filiforme qui se dirige radiairement vers la périphérie, se dichotomise à mesure qu'il s'éloigne et finit par un renflement aplati qui s'insère à la face profonde de la pie-mère. La moelle est alors divisée en secteurs par ces expansions périphériques, figurant des fils tendus entre deux cadres ; cette disposition existe au début dans la moelle de l'homme, mais ce n'est qu'un échafaudage provisoire, qui disparaît avec la vie fœtale; il n'en reste des traces qu'au niveau des commissures (lig. 126).

3" Névroglie. — Comme on l'a vu plus haut (Chap. Il) la névroglie est constituée par des éléments isolés et indépendants, qui ne forment pas un tissii à proprement parler. Ces éléments sont des cellules arachniformes, minces et plates, émettant de nombreux prolongements fibrillaires qui se dichotomisent ou non, mais ne s'anastomosent pas avec ceux des cellules voisines. Parmi ces cellules les unes sont orientées en sens radié par rapport au canal central et sont probablement des cellules épendymaires émigrées, les autres n'ont aucune direction définie.

Dans la substance blanche, les cellules névrogliques sont volumineuses ; leurs fibres sont longues et rigides. On distingue la névroglie marginale, celle des sillons et celle des faisceaux.

1" La névroglie marginale forme autqur de la moelle et sous la pie-mère une couche grise dont l'épaisseur varie de 2 à 30 [x et peut atteindre un dixième de millimètre. A l'émergence des racines nerveuses, elle les accompagne dans la moelle sur un court trajet et remplace la gaine de Schwann qui fait défaut.

2° La névroglie des sillons, invagination de la couche périphérique, tapisse les faces des sillons et fissures dans lesquels s'engagent les vaisseaux avec leur gaine de pie-mère. La plus remarquable et la seule constante est celle qui forme le septum médian postérieur : Elle émane de la névroglie centrale et présente son plus grand développement à la région lombaire.

3° La névroglie interfascicidaire est le squelette des fibres nerveuses. Elle sépare les faisceaux et les fibres de ces faisceaux. Elle est plus abondante dans le cordon de Goll, qui prend une teinte rosée sur les pièces colorées au carmin.

Dans la substance grise, la plupart des cellules ont des prolongements très

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