II. — NERF OPTIQUE. 2« paire
On ne peut assimiler le nerf oplirpie aux autres nerfs crâniens, car la rétine d'où il provient est déjà nue partie cérébrale. Imi efîet l'œil, dans sa |)ar (ie sensorielle, déi'ive enibryol()gi(|neiiient de la vésicule oculaire priniilive, elle-même [)roIongernenl du (;erveau antérieur primordial, et le nerropti(|ue n'est que le pédicule qui unissait la vésicule oculaire à la vésicule cérébrale. Le nerf optique a la structure des faisceaux centraux, ses fibres possèdent une gaine de m véline sans gaine deSchwann; son tissu interstitiel est névrogliqne; sectionné, le nerf peut retrouver sa continuité anatoniique, a|)parenteau moins, mais non physiologique; il ne conduit plus les impressions lumineuses'. Enfin le chiasma et les bandelettes o|)tiques ne sont ([n'en partie des voies rétiniennes, et renferment des commissures céi'ébrales étrangères à la vision.
Tout le systèmeconducteur, depuis le globe oculaire, appaidient donc aux voies centrales et non aux voies périphériques. Le noyau d'origine des fibres optiques doit être cherché dans la rétine, et spécialement dans la couche de cellules nerveuses la plus extérieure, cellules bipolaires comme celles des ganglions de l'oreille et des ganglions spinaux embryonnaires. Ces cellules, par leur |irolongementprotoplasmique, reçoivent les excitations hunineuses des coneset des bâtonnets et par leur prolongement nerveux les transmettent auxgrandes cellules ganglionnaires des couches moyennes de la rétine. Toute la voie extérieure, le neurone périphérique sensitif, est ainsi réduite à quelques dixièmes de millimètre, alors que dans les autres nerfs elle mesure la longueur même des nerfs, aconstiijue, trijumeau, sciati([ue. Le noyau terminal est rejirésenté par la couche nerveuse profonde de la rétine, où sont les cellules ganglionnaires géantes dont le prolongement cylindraxile sort du globe de l'œil en devenant fibre du nerf opt ique. Ainsi le nerf optique n'est assimilable ni à un nerf périphérique ni à une racine i)ostérieure ; c'est un faisceau central détaché, projeté hors du cerveau.
Les voies optiijuos centrales, de la rétine où elles naissent jns([u'à l'écorce du cerveau où elles se terminent, comprennent deux parties bien dilTérenles: l°une partie exlra-céréhraJe ou antérieure, superficielle et libre, connue de tout temps, facile à voir, qui s'étend du globe de l'œil à la l)ase du cerveau et dans laquelle se rangent le nerf opti([ue, le chiasma et la bandelette optif[ue ; 2° une partie intra-cérébrale ou postérieure, [)rofonde, noyée dans la substance blan(die du cerveau, invisible ou à peu près sur des pièces fraîches et qui n'a pu être déterminée que par des méthodes spéciales, comme pour les faisceaux de la moelle. Cette deuxième partie comprend les centres ganglionnaires (tubercules (|uadr. antér. ; corps genouillé externe et couche optique), les radiations optiques et le centre cortical visuel.
Le point de jonction de ces deux parties se fait sur les cotés du cerveau moyen et du cerveau intermédiaire ; en ce point la bandelette optique s'enfonce dans les centres ganglionnaires, au-dessous de la couche optique, et c'est là que pour les anatomistes est Voriginc apparente du nerf opti(jiie, c'est-à-dire son émergence cérébrale.
NÉVROLOGIE